Nathalie Rheims, née en 1959 à Paris, est une figure marquante du paysage culturel français. Romancière, productrice, et ancienne comédienne, sa vie est un entrelacement de passions artistiques, de relations complexes et de controverses familiales. Cet article explore les différentes facettes de sa vie, de son enfance atypique à ses histoires d'amour passionnées, en passant par les accusations de détournement d'héritage.
Une enfance peu banale et des interrogations identitaires
L'enfance de Nathalie Rheims est marquée par une particularité : très jeune, elle est confiée à des séances d'analyse avec Serge Leibovici, un psychanalyste éminent. Cette expérience prend une tournure troublante à l'adolescence, lorsqu'un échange entendu par hasard sème le doute dans son esprit. Et si Leibovici était son père biologique, et non Maurice Rheims, l'académicien ? Cette question lancinante traverse son roman « Ne vois-tu pas que je brûle », où elle explore les thèmes du secret, du mensonge et de la quête d'identité. Le livre dépeint la désinvolture d'adultes rois de la dissimulation, un socle instable sur lequel la jeune Nathalie doit naviguer, jonglant entre l'imaginaire et la réalité.
Dans ce roman, Nathalie Rheims explore une énigme personnelle, préférant son essence à sa résolution. Elle avance en funambule, cherchant la vérité entre un père officiel, Maurice Rheims, commissaire-priseur mondain et peu attentif, et un psychanalyste, Serge Leibovici, qui lui accorde une attention régulière. Cette dualité paternelle la pousse à s'adapter aux frontières fluctuantes entre l'imaginaire et la vie réelle, faisant d'elle une spectatrice précoce du théâtre de la comédie humaine.
Carrière artistique : du théâtre à l'écriture et à la production
Nathalie Rheims débute sa carrière artistique sur les planches. À 17 ans, elle intègre le conservatoire de la rue Blanche et joue dans La mante polaire aux côtés de Maria Casares. Elle alterne ensuite théâtre et téléfilms, apparaissant notamment dans Un mari, c’est un mari (1976), avant de devenir journaliste pour le magazine Elle dans les années 80.
À la fin des années 80, elle opère un tournant décisif en se consacrant à l'écriture. Son premier roman, L’Un pour l’autre, dédié à son frère décédé, Louis Rheims, paraît en 1999 et est salué par le prix du Gai Savoir. Ce roman marque le début d'une prolifique carrière littéraire, avec la publication de nombreux ouvrages tels que Lettre d’une amoureuse morte, Les Fleurs du silence, L’Ange de la dernière heure, Lumière invisible à mes yeux, Journal intime, et plus récemment, Place Colette et Au long des jours.
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Parallèlement à l'écriture, Nathalie Rheims s'investit dans la production cinématographique. Après avoir quitté Léo Scheer, elle s'associe au réalisateur Claude Berri et crée la société Hirsch Production. Ensemble, ils produisent plusieurs films à succès, dont Une femme de ménage (2002), Ensemble, c’est tout (2007) et Trésor (2009).
Amours passionnées : Mouloudji et Claude Berri
La vie sentimentale de Nathalie Rheims est marquée par deux relations importantes : celle avec le chanteur Marcel Mouloudji et celle avec le réalisateur Claude Berri. En 1974, à l'âge de 18 ans, elle vit une histoire d'amour passionnée avec Marcel Mouloudji, alors âgé de 55 ans. Cette liaison, qu'elle révèle publiquement des années plus tard, la marque profondément. Elle décrit Mouloudji comme un homme extraordinaire, un artiste complet, et leur relation comme une histoire d'amour folle. Elle avoue avoir toujours été attirée par les hommes plus âgés, "cabossés par la vie".
Quelques années plus tard, Nathalie Rheims rencontre Claude Berri. Ils entament une relation qui durera une dizaine d'années, jusqu'à la mort du réalisateur en 2009. Nathalie Rheims a été la dernière femme à partager sa vie. Elle décrit leur relation comme un "vase clos", soulignant le caractère secret et solitaire de Claude Berri. Elle témoigne également de l'impact profond qu'il a eu sur son entourage et sur le monde du cinéma.
Accusations de détournement d'héritage : une affaire familiale complexe
Depuis la mort de Claude Berri le 12 janvier 2009, Nathalie Rheims est au cœur d'une affaire judiciaire complexe qui l'oppose à son beau-fils, Thomas Langmann. Ce dernier l'accuse d'avoir détourné une partie de l'héritage de son père en dissimulant des centaines de biens, notamment des œuvres d'art de grande valeur.
Thomas Langmann affirme que plus de 600 œuvres d'art, estimées à 200 millions d'euros, lui ont été spoliées par Nathalie Rheims et son demi-frère, Darius Langmann. Parmi ces œuvres figurent des pièces de Dali, Picabia, Man Ray, Paul Klee et Giacometti.
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L'enquête progresse et, selon Le Parisien, Nathalie Rheims pourrait être mise en examen pour "complicité et recel d'abus de confiance". Les juges ont découvert que 434 œuvres ont effectivement été détournées de l'héritage. Cette affaire met en lumière les tensions et les enjeux financiers qui peuvent surgir au sein des familles après un décès, et ternit l'image de Nathalie Rheims.
Famille et origines
Nathalie Rheims est issue d'une famille aux ramifications complexes et prestigieuses. Fille de l'académicien Maurice Rheims et sœur de la photographe Bettina Rheims, elle est également apparentée à la famille Rothschild par sa mère, Lili Krahmer. Son frère, Louis Rheims, avocat, décède à l'âge de 33 ans, un événement tragique qui la marque profondément et auquel elle dédie son premier roman.
L'abandon de sa mère lorsqu'elle avait 15 ans est un autre événement marquant de sa vie. Ces expériences familiales complexes ont sans doute contribué à façonner sa personnalité et à nourrir son œuvre littéraire.
L'empreinte de Louis Rheims
Louis Rheims, le frère de Nathalie, décédé prématurément, est une figure centrale dans sa vie et son œuvre. Avocat brillant et charismatique, il est emporté par un cancer à l'âge de 33 ans. Sa mort est un choc pour toute la famille et laisse une cicatrice indélébile. Nathalie Rheims lui dédie son premier roman, L'Un pour l'autre, et son souvenir plane sur plusieurs de ses écrits.
Louis Rheims était un homme de son temps, un "jeune homme pressé" qui aimait la vie et profitait de chaque instant. Son parcours fulgurant et sa disparition tragique en font une figure emblématique d'une génération.
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