La Vendée, région de l'Ouest de la France, possède une histoire riche et complexe, marquée par des traditions fortes, des conflits majeurs et une identité culturelle particulière. Cet article explore les différentes facettes de son histoire, des temps préhistoriques à nos jours, en mettant en lumière les événements clés et les figures emblématiques qui ont façonné son identité.
Des Origines Préhistoriques à l'Époque Romaine
Les premiers signes d'occupation humaine en Vendée remontent au Néolithique, comme en témoignent les nombreux mégalithes présents sur le territoire. On retrouve des dolmens et des menhirs notamment dans la région d'Avrillé et du Bernard. Avrillé compte 8 mégalithes, tandis que Le Bernard en possède 3. Le menhir du Camp de César à Avrillé, impressionnant avec ses 8,70 mètres de haut et son poids estimé à 85 tonnes, illustre l'importance de ces monuments préhistoriques.
À la fin du quatrième millénaire, les populations agricoles se regroupent autour du golfe marin, marquant le début de la période celtique. Deux peuples se partagent alors le territoire : les Pictons au sud du Lay et les Ambilatres, peuple armoricain, au nord. Les Pictons, agriculteurs, éleveurs, pêcheurs, marins et ostréiculteurs, exploitent également le sel en faisant chauffer la saumure. Des enceintes fortifiées datant du Néolithique récent, entre 3500 et 2800 av. J.-C., ont été découvertes à Champ-Durand (Nieul-sur-l'Autise) et au Vieil-Auzay. Un four de métallurgiste, datant de 2500 av. J.-C., a été retrouvé à la République (Talmont-Saint-Hilaire), témoignant de l'activité métallurgique de la région. Des haches de bronze datant de 1300 et 1200 av. J.-C., dites vendéennes, attestent également de l'intense activité commerciale de la région.
En 56 av. J.-C., les troupes romaines envahissent la Vendée. Les Pictons offrent peu de résistance aux légions de César, contrairement aux Ambilatres du nord du Lay qui poursuivent la lutte. Durinum (Saint-Georges-de-Montaigu) devient un carrefour important, et de luxueuses villas s'élèvent sur la côte. Le commerce et l'artisanat prospèrent, comme en témoignent les verreries du musée de Fontenay-le-Comte et les pièces de monnaie frappées de symboles propres aux Pictons. L'antique religion celte disparaît progressivement.
Christianisation et Moyen Âge
En 351, les chrétiens de Poitiers élisent Hilaire comme évêque, dont la sainteté contribue à l'évangélisation de la région. La présence religieuse s'intensifie lorsque saint Philbert installe une communauté monastique à Noirmoutier, dont le rayonnement s'étend jusqu'à Luçon et Saint-Michel-en-l'Herm.
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En 406, Alains, Suèves et Vandales ravagent le Poitou, et les Wisigoths s'emparent de la région en 462. Le Moyen Âge, qui s'étend de la fin de l'Antiquité au début de la Renaissance (du Ve à la fin du XVe siècle), est traditionnellement considéré comme commençant en 476, date de la déposition du dernier empereur romain.
À partir de 799, les raids meurtriers des Normands durent deux siècles. Les moines fuient en emportant leurs reliques, et les paysans cherchent refuge dans des souterrains. Pour faire face à cette insécurité, on compte sur les seigneurs et les religieux, ce qui entraîne la construction de donjons et de remparts. Les vicomtes de Thouars dominent le nord, l'ouest et une partie du sud, tandis que la puissance comtale s'étend autour de Talmond. L'art roman s'affirme au XIIe siècle, comme en témoignent les églises de Vouvant, Foussais et Benet.
Du XIIe au XVe siècle, la région oscille entre Capétiens et Plantagenêt. En 1137, Aliénor, héritière des ducs d'Aquitaine, épouse le roi de France Louis VII, doublant ainsi l'étendue de ses états. Cependant, c'est le second mariage d'Aliénor, en 1152, avec Henri II Plantagenêt, qui fera basculer le Poitou sous domination anglaise. Son fils, Richard Cœur de Lion, attaché au Talmondais, s'opposera à son père, soutenu par les barons poitevins et aquitains.
Après la mort d'Aliénor en 1204, Philippe-Auguste entreprend la reconquête du Poitou. Victorieux des Anglais à Bouvines, il consolide son empire sur la région. En 1241, saint Louis confie le Poitou en apanage à son frère Alphonse, malgré le refus de Lusignan et son cousin Geoffroy la Grand-Dent, qui doivent capituler. Les XIIe et XIIIe siècles voient le développement de l'exploitation des marais salants de Bouin et Beauvoir, ainsi que l'augmentation du commerce avec les pays nordiques.
La guerre de Cent Ans place le bas Poitou au cœur de batailles sanglantes. Repris brièvement par les Anglais en vertu du traité de Brétigny en 1360, il réintègre le royaume de France grâce au chevalier breton Du Guesclin et Olivier de Clisson. Fontenay-le-Comte est à nouveau sous domination anglaise en 1411. Le début du XVIe siècle marque l'âge d'or vendéen, avec la Renaissance qui restaure la prospérité.
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Renaissance et Guerres de Religion
Le début du XVIe siècle est une période de prospérité pour la Vendée, marquée par la Renaissance. De nombreux esprits tels que Viète, Rapin, Brissot, Tiraqueau ou Rabelais font de Fontenay-le-Comte un centre culturel européen, ce qui vaut à la ville le titre de Fontaine des beaux esprits décerné par François Ier. De superbes édifices comme la maison Billaud ou la fontaine des Quatre Tias témoignent du style fontenaisien de cette époque. Cette période voit également l'essor portuaire de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, des Sables-d'Olonne, de Noirmoutier et de l'île d'Yeu. Les marins s'aventurent jusqu'à Terre-Neuve pour pêcher, et l'on compte parmi les découvreurs du Canada l'amiral Chabot.
Un intense bouillonnement intellectuel agite la région en 1534, lorsque Calvin prêche à Poitiers. La noblesse et les corporations adhèrent massivement au protestantisme. À partir de 1562, de violents affrontements opposent catholiques et réformés, marquant la première guerre civile qu'ait eue à subir la Vendée. Durant trente-cinq ans, les atroces guerres fratricides se succèdent, entraînant l'émigration de 200 000 personnes, principalement des protestants, vers les pays du nord de l'Europe.
En 1598, Henri de Navarre, futur Henri IV, promulgue l'édit de Nantes, imposant la coexistence religieuse. Talmont, La Garnache et Beauvoir deviennent des places de sûreté protestantes. La paix revient, et Sully, nommé gouverneur de la province, œuvre pour la prospérité économique de la région. La fin de l'exclusion des Huguenots permet l'arrivée en Vendée de nombreux Hollandais qui apportent leur savoir-faire en matière d'endiguement et la bulbiculture.
Du XVIIe Siècle à la Révolution Française
En 1612, Richelieu fonde à Luçon un des premiers séminaires de France et ramène le clergé de son diocèse dans l'orthodoxie catholique. La Réforme tente cependant d'imposer son projet de république fédérative des provinces de l'ouest, et c'est seulement en 1628 que Richelieu, en obtenant la reddition de La Rochelle, règle définitivement ce problème.
La grande pêche décline au profit des ports voisins, et les armateurs et commerçants des Sables-d'Olonne, les gens du roi à Fontenay et la hiérarchie catholique de Luçon prennent de l'importance. Les populations de la côte, coupées de celles du Bocage, ne pressentent pas l'insurrection vendéenne, d'autant plus que la Révolution est au départ plutôt bien acceptée.
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En 1698, on assiste aux premières assemblées protestantes clandestines, dites du désert. Le 28 avril 1716, saint Louis-Marie Grignion de Montfort meurt à Saint-Laurent-sur-Sèvre. En 1787, l'édit de tolérance rend officiellement un état civil aux protestants.
Le 4 août 1789, l'Assemblée vote la disparition des servitudes et des privilèges. Le département est créé en 1790. Il devait s'appeler Les Deux-Lay, mais le physique disgracieux des deux députés de l'époque fait que l'on renonce à cette appellation pour préférer une autre rivière : la Vendée.
Les Guerres de Vendée
Les guerres de Vendée désignent les luttes menées contre la Révolution par les royalistes de l'ouest, à partir de 1793. Cette guerre civile opposa les partisans (bleus) et les adversaires (blancs) du mouvement révolutionnaire dans l'Ouest de la France, au cours de la Révolution Française et plus particulièrement pendant la Première République.
Les premiers troubles en Vendée contre la constitution commencent entre février et mai 1791. L'augmentation des impôts, la conservation de la gabelle et la constitution civile du clergé vont envenimer la situation. Les prêtres doivent dorénavant prêter serment à la constitution civile, ce qu'ils refusent, soutenus par les Vendéens, très pieux. Les prêtres réfractaires sont interdits de culte, mais les cérémonies continuent clandestinement. En septembre 1792, des prêtres réfractaires sont expulsés en Espagne.
La conscription, par les autorités républicaines, de 300 000 hommes célibataires entre 18 et 40 ans, hormis la bourgeoisie et les fonctionnaires, réquisitionnés dans l'armée pour défendre la France, est l'élément déclencheur du soulèvement de mars 1793. Une révolte paysanne et populaire éclate, et de jeunes Vendéens se lancent à l'assaut des petites villes où se tiennent les forces républicaines. Les républicains sont massacrés, les drapeaux tricolores et autres emblèmes révolutionnaires disparaissent, et les révoltés arborent le drapeau blanc et la fleur de lys, le chapelet et le Sacré-Cœur.
À la tête des trois armées formées, quatre nobles sont plébiscités par les paysans. Le marquis de Bonchamps commande l'armée d'Anjou, Cathelineau et Maurice d'Elbée, la grande armée catholique et royale du Bocage vendéen, et François de Charette dirige l'armée du Marais sur la côte. Le 1er août 1793, la Convention ordonne la destruction des maisons et des récoltes.
Le général Turreau se rend tristement célèbre en signant une des pages les plus noires de la République, tant les atrocités commises par les "colonnes infernales" dépassent l'entendement. En décembre 1794, la Convention tente de mettre un terme à la guerre et signe un décret d'amnistie le 2 décembre. Le 23, la Convention décide d'entamer des négociations qui se poursuivront jusqu'en février 1795. La paix est signée à Nantes le 17 février 1795 (traité de la Jaunaie).
Cependant, De Charette reprend les armes en mai. Il sera traqué par les colonnes de Travot, capturé le 22 mars 1796 et exécuté le 25. Le département, quelques années après sa création officielle, est épuisé et exsangue, ayant perdu le cinquième de sa population.
Conséquences et Reconstruction
La guerre de Vendée laisse des cicatrices profondes dans la région. Jean-Baptiste Carrier, représentant de la Convention à Nantes, est responsable de la répression meurtrière qui s'abat sur la ville à l'hiver 1793. Il est jugé et exécuté en décembre 1794 pour la disparition de milliers de Vendéens et de révolutionnaires, hommes et femmes, enfants même, noyés en Loire, fusillés sans jugement, morts en prison de privations ou de maladie.
Le 16 juillet 1801, le Concordat est signé, complété le 8 avril 1802 par la loi d'organisation des cultes. Le nombre des évêchés est réduit à cinquante, et le territoire de la Vendée est rattaché au diocèse de La Rochelle.
Le phénomène connu sous le nom de "Petite Église" a eu en Vendée une ampleur particulière. La suppression des fêtes religieuses traditionnelles, l'admission de prêtres imposés par la Révolution dans l'église officielle et la vente des biens nationaux sont rejetées par ceux que l'on nomme bientôt les "dissidents". Un culte s'instaure, qui restaure toutes les fêtes religieuses d'avant 1789, impose un jeûne le jeudi et le vendredi de chaque semaine et demande un mariage au sein de la communauté.
La Restauration est accueillie avec enthousiasme, mais la déception est grande de voir le concordat maintenu. Le mouvement royaliste s'éteint avec la guerre, et les troubles royalistes de 1815 ou 1832 ne seront que peu de chose. On s'emploie à reconstruire presbytères et églises.
Période Contemporaine
À partir de 1879, une offensive est lancée contre les écoles congréganistes, très nombreuses en Vendée. La question scolaire devient l'enjeu central des luttes électorales. C'est la législation Ferry-Goblet qui institue la laïcité des programmes de l'enseignement primaire public et de son personnel.
Comme chaque département, la Vendée a vu ses hommes partir à la guerre de 1914. Elle a subi plus de pertes que les autres : 5 % des Vendéens y ont péri contre une moyenne de 3,5 % pour le reste de la France. C'est un Vendéen, Georges Clemenceau, qui en 1917, devient président du Conseil.
Le 22 juin 1940, les troupes allemandes pénètrent en Vendée, et en septembre de la même année est supprimée la législation anti-congréganiste du début du siècle. Seigneuret, chef du mouvement de résistance qu'il a organisé dès septembre 1940, est fusillé au Mont-Valérien.
Des agriculteurs et des artisans, souvent militants catholiques, industrialisent le Bocage, marquant le début du "miracle économique" vendéen. À l'initiative de Philippe de Villiers, création du spectacle du Puy du Fou en 1978. Depuis, la notoriété du parc ne cesse de s'accroître, démontrant cette belle réussite vendéenne.
Évolution Démographique Récente
En 2023, la région des Pays de la Loire a enregistré un nombre de naissances aussi bas qu'en 1942, durant la Seconde Guerre mondiale. Le taux de fécondité dans la région, qui chute à 1,68 enfant par femme, se rapproche de la moyenne nationale. Malgré cette baisse de la natalité, la population a grimpé de 0,6 % depuis un an, pour atteindre les 3,9 millions d'habitants au 1er janvier 2024, grâce au solde migratoire toujours très positif. L'espérance de vie à la naissance des hommes des Pays de la Loire dépasse pour la première fois les 80 ans, atteignant 80,3 ans, tandis que les Ligériennes vivent jusqu'à 86,2 ans.
La Vendée Aujourd'hui : Entre Tradition et Modernité
La Vendée d'aujourd'hui est une région qui a su préserver son identité culturelle tout en s'ouvrant à la modernité. Les traditions familiales restent importantes, avec une attention particulière portée à la religion, au patois et aux traditions. Le Puy du Fou, avec son spectacle historique mettant en scène des familles vendéennes, illustre cette volonté de conserver et de transmettre l'histoire locale.
L'évolution de la famille Dubé, qui met en lumière les changements entre les générations, les lieux et les modes de vie, témoigne de la capacité de la Vendée à s'adapter tout en gardant ses liens familiaux. La distance est prise avec les habitudes anciennes de hiérarchies internes et d'obéissance, mais la volonté de garder les liens familiaux est affirmée au-delà des divergences de vie et de conviction.
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