En 2024, le monde entier aura les yeux rivés sur Paris, où des athlètes de tous les pays se mesureront lors de la 33e édition des Jeux Olympiques modernes. Cette compétition est une résurgence d'une tradition vieille de plus de 2 500 ans, lorsque des athlètes se rencontraient tous les quatre ans dans le centre religieux d'Olympie. Mais les Jeux Olympiques ne sont pas qu'une simple compétition sportive, ils sont le reflet d'une civilisation, de ses valeurs et de son histoire.

Les Jeux Olympiques Antiques : Une Manifestation Religieuse et Politique

Les premiers Jeux olympiques antiques remontent à 776 avant J.-C. Ils étaient organisés tous les 4 ans en l’honneur du dieu Zeus, en Grèce, dans le stade d’Olympie. Ces Jeux ne relevaient pas uniquement de la compétition sportive ; ils assuraient la cohésion entre les cités grecques, qui étaient en perpétuel conflit. Dès les premiers siècles de la Grèce antique, les Jeux olympiques, manifestation religieuse, eurent une fonction politique. Les Jeux olympiques, comme tous les autres grands jeux panhelléniques, étaient en effet d'abord une manifestation religieuse. La tradition veut qu'ils aient été institués en 776 av. J.-C, pour commémorer la victoire remportée à la course de char par Pélops sur Oenomaos, le roi de Pisa, dont il souhaitait épouser la fille.

Le sanctuaire d'Olympie était l'un des grands sanctuaires panhelléniques. On y vénérait Zeus et Héra, son épouse. Aux temps les plus anciens, le sanctuaire dépendait de la petite cité de Pisa. Mais à partir du VIe siècle, il fut rattaché au territoire d'Élis, et les Éléens assurèrent pendant des siècles la gestion du sanctuaire et la présidence des Jeux. Élis était une petite cité du Péloponnèse qui ne joua jamais un grand rôle dans l'histoire politique du monde grec.

Le Déroulement des Compétitions

Les Jeux se déroulaient pendant cinq jours, en été, le troisième jour des Jeux devant coïncider avec la deuxième ou la troisième lune après le solstice. Le premier jour était uniquement consacré aux manifestations religieuses : processions, prières, sacrifices. Les épreuves sportives proprement dites commençaient le second jour par la course de chars, qui avait lieu à l'hippodrome, un vaste espace rectangulaire ouvert dont chaque équipage engagé dans la course devait accomplir douze fois le tour. Puis venaient successivement la course de chevaux et les différentes épreuves du pentathlon. La matinée du troisième jour était marquée par une grande procession, une hécatombe (sacrifice de cent bœufs), suivie d'un banquet dans la maison des magistrats auxquels étaient conviés les juges, les prêtres, les ambassadeurs et les athlètes. L'après-midi était réservé aux « juniors » (douze à dix-huit ans). Les deux derniers jours étaient marqués par différentes épreuves, en particulier des sports violents comme la boxe, le pancrace, la lutte, etc., et les jeux s'achevaient par une course de quatre cents mètres accomplie par des guerriers en armes.

Toutes ces épreuves paraissent s'être fixées durant le premier siècle de l'histoire des Jeux, et hormis quelques innovations sans lendemain le programme olympique semble bien être demeuré inchangé du milieu du VIIe siècle av. J.-C.

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Les Athlètes et les Valeurs

Jusqu'au Ve siècle, les athlètes se recrutaient exclusivement parmi les membres de l'aristocratie des cités. Les Péloponnésiens formaient la majorité des vainqueurs, les seuls dont les noms soient parvenus jusqu'à nous, et qui étaient récompensés par l'octroi d'une couronne d'olivier. Bien entendu, aucun nom de femmes parmi les Olympionices : elles ne pouvaient participer aux Jeux, pas même y assister en spectatrices. Une femme toutefois remporta deux fois la course de chars. Mais c'est que la victoire allait au propriétaire du char et non au cocher qui prenait part à la course.

A partir du Ve siècle, on constate toutefois une double évolution. D'une part, l'origine sociale des athlètes se modifie, et il n'est pas rare de trouver des gens de condition modeste parmi les vainqueurs olympiques. D'autre part, on constate une professionnalisation du monde des athlètes, allant de pair avec un entraînement beaucoup plus intensif, et le développement d'écoles spécialisées.

Manifestation religieuse, les Jeux étaient donc inséparables d'un système de valeurs qui était celui de l'aristocratie grecque. Le vainqueur était le meilleur, et la victoire contenait en elle-même sa récompense.

La Fin des Jeux Antiques

La conquête de la Grèce par les Romains au IIe siècle avant J.C. ne va pas être sans conséquence pour l’histoire des J.O. Après 12 siècles d’existence, ils sont interdits par l’empereur romain Théodose 1er en 393 après J.C.

La Renaissance des Jeux Olympiques : Pierre de Coubertin et l'Ère Moderne

À la fin du XIXe siècle, la pratique sportive se développe beaucoup en Grande-Bretagne. En sportif accompli, Pierre de Coubertin a l’occasion de pratiquer de nombreux sports (boxe, aviron, escrime, tir, équitation) lors de ses séjours outre-Manche. Il pense que le rétablissement des Jeux olympiques de l’Antiquité pourrait être un moyen de promouvoir la pratique sportive. C’est dans cette perspective qu’il crée le Comité international olympique, le CIO, en 1894. Les premiers Jeux olympiques internationaux furent institués en 1896 à Athènes à l'initiative du Français Pierre de Coubertin. Coubertin, profondément affecté par la défaite de 1870, n'avait cessé pendant vingt ans de prôner un retour au sport et à l'éducation physique qui avaient tenu une si grande place dans la formation des jeunes Grecs de l'Antiquité. Et c'est d'abord ce retour aux valeurs aristocratiques de la lutte, valeurs « agonistiques », de la Grèce ancienne, que le moderne fondateur des Jeux olympiques avait en vue. Alors que les frontières de l'Europe achevaient de se mettre en place, il pensait trouver dans les Olympiades un gage de paix internationale.

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L’objectif du CIO est de promouvoir l’éducation physique de la jeunesse et un universalisme sportif au service de la paix.

Les Premiers Jeux Olympiques Modernes

Les premiers Jeux olympiques modernes sont organisés à Athènes en 1896. Les jeux d’Athènes réunissent 14 nations. Du 6 au 14 avril 1896, ce sont 245 athlètes, issus de 14 pays dont 11 européens (parmi lesquels la France), qui participent aux premiers Jeux olympiques de l'ère moderne en Grèce à Athènes. Il s'affrontent sur 43 épreuves d'athlétisme, de lutte, d'haltérophilie, de gymnastique, de natation, de tir, de cyclisme et d'escrime. Mais l'événement marquant de cette première édition rénovée des Jeux est la tenue de l'épreuve du marathon, inspirée de l'exploit réalisé par un soldat grec venu annoncer au peuple athénien la victoire des armées helléniques contre l'Empire perse à Marathon.

Les trois éditions suivantes à Paris (1900), puis outre-Atlantique à St. Louis (1904) et, enfin, à Londres (1908), sont diluées dans le programme de grandes expositions universelles ou internationales. Malgré cette confusion, les comités d’organisation successifs posent peu à peu les jalons d’un projet olympique universaliste, qui exclut les femmes, puis limite leur participation à certaines épreuves. En 1912, les premiers Jeux véritablement autonomes se tiennent à Stockholm, en Suède. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale provoque l’annulation des Jeux de 1916 prévus à Berlin.

L'Évolution des Jeux et l'Ouverture aux Femmes

Alors que la Grèce souhaitait les conserver sur son territoire, les deuxièmes Jeux olympiques ont lieu du 14 mai au 28 octobre 1900, à Paris sur décision de Pierre de Coubertin. Lors de cette deuxième édition des Jeux modernes, le Comité international olympique (CIO) décide d'ouvrir certaines épreuves aux femmes, qui en étaient exclues depuis la période antique en raison des valeurs "viriles" de la compétition. Parmi les quelques disciplines qui leur sont désormais ouvertes figurent le tennis sur gazon, la voile, le croquet, l'équitation et le golf. Ces sports sont considérés comme étant compatibles avec la "féminité" à cette époque.

Après leur première participation aux Jeux olympiques dans quelques épreuves en 1900 à Paris, la présence d'athlètes féminines n'a cessé d'augmenter pour atteindre 40 % des sportifs en 2008 aux Jeux de Pékin. Seuls trois pays ne présentent aucune femme dans leur délégation (Arabie saoudite, Brunei et Qatar). Pour la première fois de l'histoire des JO, tous les pays présents ont des équipes mixtes lors de l'édition qui se tient à Londres du 27 juillet au 12 août 2012.

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Les Jeux d'Hiver

Les premiers J.O. d’hiver ont lieu en… France, à Chamonix, en 1924. Orientés autour de la pratique des sports d’hiver, ils comprennent six disciplines : le ski nordique, le patinage, le hockey sur glace, le bobsleigh, la patrouille militaire et le curling. Les Jeux d’hiver ont eu lieu la même année que ceux d’été jusqu’en 1992. En 1921, le Comité international olympique décide de créer la version hivernale des Jeux olympiques d'été, dont la première édition a lieu à Chamonix en 1924. Organisés la même année que leur équivalent estival pendant 70 ans, les JO d'hiver sont finalement décalés de deux ans à partir de 1994.

Les Jeux Paralympiques

La grande fête sportive de l’été ne serait pas tout à fait complète sans les Jeux paralympiques. La 27e édition des Jeux paralympiques aura lieu du 28 août au 8 septembre 2024. Elle rassemblera 91 nations, en compétition dans 22 disciplines. On doit leur création à Sir Ludwig Guttman, un médecin britannique, neurologue. Après la Seconde Guerre mondiale, il prend l’initiative d’organiser des Jeux internationaux dans son hôpital près de Londres. L’ambition du médecin était d’organiser, en parallèle des Jeux olympiques, une compétition réservée aux personnes handicapées. Ce projet se concrétise à Rome en 1960 avec la création des premiers Jeux paralympiques. Ils réunissent 400 athlètes issus de 23 pays.

Du 18 au 25 septembre 1960, des athlètes en fauteuil roulant font pour la première fois leur apparition en marge de la compétition. 400 athlètes en situation de handicap s'affrontent dans huit disciplines : le para athlétisme, le basket fauteuil, la para natation, le para tennis de table, le para tir à l'arc, le billard, le dartchery (mélange de tir à l'arc et fléchettes) ainsi que l'escrime fauteuil. Cette compétition, considérée comme les "premiers Jeux paralympiques de l'histoire", est baptisée "IXe Jeux internationaux de Stoke Mandeville" en hommage à une commune britannique du nord de Londres dont l'hôpital militaire avait accueilli en 1948 une première compétition entre vétérans blessés de la Seconde Guerre mondiale.

Les Symboles et les Traditions

Un drapeau, une devise, la flamme olympique… Pierre de Coubertin a souhaité entourer les J.O. de symboles. On lui doit le drapeau olympique composé de 5 anneaux entrelacés de couleurs différentes. Ils symbolisent les 5 continents qui participaient aux J.O. lors de leur création : le bleu pour l’Europe, le noir pour l’Afrique, le rouge pour l’Amérique, le jaune pour l’Asie et le vert pour l’Océanie. Une flamme brûlait pendant les Jeux olympiques de l’Antiquité. Cette tradition a été reprise pour la première fois lors des J.O. d’Amsterdam en 1928.

Lors des J.O., on entend parler français, notamment au moment des annonces ou de la remise des médailles. Cela n’a rien de surprenant puisque c’est la langue officielle des Jeux olympiques. C’est Pierre de Coubertin qui a souhaité que le français soit inscrit comme langue officielle dans la charte olympique.

Les Jeux Olympiques en France

La France a joué un grand rôle dans l’organisation des Jeux olympiques, en les accueillant à 6 reprises. Les Jeux d’été se sont déroulés à Paris en 1900 et 1924, et s’y dérouleront une nouvelle fois en 2024. Notre pays a également organisé les Jeux d’hiver à 3 reprises : en 1924 à Chamonix, en 1968 à Grenoble et en 1992 à Albertville.

Les Moments Marquants de l'Histoire des Jeux Olympiques Modernes

  • 1908, Londres : C'est lors de l'édition des Jeux de Londres qui se tient du 20 avril au 30 octobre 1908, qu'est prononcé pour la première fois le célèbre adage associé à l'histoire de l'olympisme et au baron de Coubertin : "l'important n'est pas tant de gagner que de participer". En réalité, la formule émane de l'évêque de Pennsylvanie lors de la messe olympique célébrée dans la capitale britannique, et sera ensuite reprise par l'inventeur des Jeux modernes. L'édition londonienne donne aux Jeux son plus célèbre "perdant magnifique", en la personne de Dorando Pietri. La performance de ce sportif italien bouleverse les 70 000 spectateurs du stade olympique britannique, lui qui arrive le premier dans l'enceinte avant de tomber à cinq reprises d'épuisement. Il est finalement aidé par plusieurs médecins pour franchir la ligne, mais disqualifié quelques heures plus tard au profit de l'Américain John Hayes compte tenu de cette aide extérieure lui ayant permis de terminer la course.

  • 1924, Paris : Deuxième édition française, et septième depuis la rénovation des Jeux olympiques, la compétition internationale se déroule du 3 mai au 27 juillet 1924 dans la ville lumière. Plusieurs athlètes mythiques marquent la compétition de leur empreinte, à l'image du coureur de fond finlandais Paavo Nurmi surnommé "l'homme au chronomètre" qui remporte cinq médailles d'or. Le nageur américain Johnny Weissmuller, future vedette de cinéma sous les traits de Tarzan, décroche quant à lui 3 médailles du plus précieux métal. Pour ces derniers Jeux olympiques en France, les athlètes tricolores obtiennent 41 médailles, dont 14 en or, terminant à la 6e place de la compétition.

  • 1936, Berlin : Arrivé au pouvoir en 1933, Adolf Hitler entend profiter de l'opportunité des Jeux olympiques organisés à Berlin du 2 au 16 août 1936 pour diffuser la propagande de son régime et affirmer son autorité aux yeux de l'Europe et du monde. Néanmoins, ce ne sont pas des athlètes allemands qui éclaboussent les épreuves de leur talent mais bien le sportif afro-américain Jesse Owens. Il récolte quatre médailles d'or, dont celle du saut en longueur. Un embarras d'autant plus important pour le Führer que l'athlète originaire d'Alabama l'emporte face au local de la compétition, l'Allemand Luz Long. Les Jeux d'été à Berlin voient pour la première fois apparaître le relai de la flamme olympique. Allumée à Olympie, celle-ci est ensuite transportée jusqu'au site olympique, cette année-là en Allemagne.

  • 1960, Rome : A noter l'éclosion de plusieurs athlètes hors du commun lors des JO d'été de Rome, qui se tiennent du 25 août au 11 septembre 1960, à commencer par le boxeur afro-américain Cassius Clay, qui prendra par la suite le nom de Mohammed Ali. Il remporte la médaille d'or en poids mi-lourd, ce qui permet au futur "boxeur du siècle" de passer professionnel. Le sportif éthiopien Abebe Bikila éclabousse également de son talent cette 14e édition des Jeux d'été en décrochant la médaille d'or du marathon, qui plus est en battant le record du monde.

  • 1972, Munich : Le 5 septembre 1972, en plein milieu des Jeux d'été de Munich qui ont lieu du 26 août au 10 septembre, l'horreur frappe la compétition. Un assaillant masqué, membre du groupe terroriste palestinien Septembre noir, apparaît au balcon des installations de la délégation israélienne dans le village olympique munichois. Plusieurs terroristes tuent deux athlètes israéliens et en prennent 9 autres en otages. L'opération de sauvetage menée par la police allemande est un fiasco : les 9 otages ainsi qu'un policier sont tués, tandis que les assaillants palestiniens sont abattus ou emprisonnés. Cette attaque terroriste mène à la suspension des Jeux pendant 34 heures. Sur le plan sportif, cette 17e édition des JO d'été est marquée par les exploits du nageur américain Mark Spitz qui décroche 7 médailles d'or et établit 7 nouveaux records du monde. Chez les femmes, l'athlète Est-allemande Renate Stecher s'impose sur 100 mètres faisant ainsi passer pour la première fois le record du monde féminin sous les 11 secondes.

  • 1980, Moscou : En 1980, le contexte géopolitique rattrape les Jeux olympiques. La 19e édition des Jeux olympiques d'été est la première à prendre place dans un Etat du bloc communiste, du 19 juillet au 3 août 1980. la compétition est particulièrement affectée par la Guerre froide entre les Etats-Unis et l'URSS, et notamment l'invasion de l'Afghanistan par les Soviétiques l'année précédente. Washington appelle à ce titre à boycotter les Jeux de Moscou, entraînant 67 pays du bloc occidental dans son sillage. Le contexte géopolitique s'invite également dans les épreuves, à l'image du duel remporté par le Polonais Władysław Kozakiewicz qui remporte la médaille d'or en saut à la perche face à son rival soviétique Konstantin Volkov. Alors que Varsovie est sous influence de Moscou, le sportif polonais est victime de sifflets et d'insultes de la part de la foule réunie dans le stade.

  • 1992, Barcelone : Après l'abolition du régime juridique de l'apartheid, fondé sur la discrimination raciale, au début des années 1990, l'Afrique du Sud fait son retour dans le concert des nations olympiques lors des Jeux de Barcelone (23 juillet au 9 août 1992). Les athlètes sud-africains en avaient été exclus lors de l'édition de 1964 à Tokyo. Côté français, Marie-José Pérec s'illustre lors de cette 22e édition des JO d'été en remportant son premier titre olympique sur 400 mètres, 24 ans après Colette Besson qui était devenue la première sportive française à gagner une course, lors des JO de Mexico en 1968.

  • 2012, Londres : En outre, cette 27e édition est également marquée par les exploits du Jamaïcain Usain Bolt qui réalise un nouveau doublé lors des épreuves du 100 mètres et du 200 mètres, quatre ans après celui de Pékin en 2008.

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