Bourvil, de son vrai nom André Robert Raimbourg, est une figure emblématique du cinéma et de la chanson française. Son visage rond, son sourire tendre et sa bonhomie naturelle ont fait de lui l'un des acteurs les plus aimés du public. Il a su, avec une rare polyvalence, alterner les rôles comiques et dramatiques, laissant une empreinte indélébile dans le paysage culturel français.

Les jeunes années d'André Raimbourg

André Robert Raimbourg voit le jour le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare, un petit village de Seine-Maritime, au sein d'une famille d'agriculteurs normands. Son père, Albert René Raimbourg, décède prématurément en 1918, des suites de la grippe espagnole, alors qu'André n'a qu'un an. Sa mère, Eugénie Pascaline Hortense Marie Pesquet, se remarie en 1924 avec Joseph Ménard, également agriculteur. La famille s'installe alors dans le village de Bourville, qui inspirera plus tard le pseudonyme de l'artiste.

Dès son plus jeune âge, André est passionné par la musique. Il apprend à jouer de l'harmonica, du cornet à piston et de l'accordéon. Cette polyvalence musicale témoigne d'un talent naturel et d'une passion profonde. Après un apprentissage de boulanger, il décide de tenter sa chance dans le monde du spectacle.

Des radio-crochets aux cabarets parisiens

Au début des années 1940, André Raimbourg monte à Paris et participe à des radio-crochets, ces concours radiophoniques très populaires à l'époque. Il y imite son idole, Fernandel, et se fait remarquer par son personnage de paysan normand naïf et attachant. Vêtu d'un costume simple et d'une casquette, il incarne un provincial débarquant à la capitale.

Son succès radiophonique lui ouvre les portes des cabarets et des scènes parisiennes. Il se produit régulièrement, peaufine son personnage et développe son répertoire. C'est à cette époque qu'il adopte le pseudonyme de Bourvil, en référence à son village d'enfance.

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L'ascension cinématographique

Le véritable tournant de sa carrière survient au milieu des années 1940, lorsque le cinéma français s'intéresse à ce chanteur comique devenu populaire. Il fait sa première apparition au cinéma dans « La Ferme du pendu » (1945) de Jean Dréville, où il interprète la chanson « Les Crayons ».

Très vite, Bourvil se retrouve cantonné dans des personnages qui se distinguent par leur gentillesse, leur bonhomie, voire leur naïveté. C'est notamment le cas dans « Le Passe-muraille » (1951) et « Le Trou normand » (1952), comédies réalisées par Jean Boyer.

Au milieu des années 50, il cherche à diversifier ses emplois et tourne dans des œuvres plus ambitieuses, parfois même dramatiques, où il s’avère poignant.

La consécration

La consécration arrive en 1956 avec le film « La Traversée de Paris » de Claude Autant-Lara, aux côtés de Jean Gabin. Bourvil y incarne Martin, un chômeur contraint de transporter clandestinement de la viande pendant l'Occupation. Son interprétation lui vaut la Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine au Festival de Venise.

Dès lors, Bourvil devient un acteur incontournable du cinéma français. Il alterne avec succès les rôles comiques et dramatiques, prouvant sa capacité à émouvoir autant qu'à faire rire.

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Les grands succès

Dans les années 60, Bourvil revient fréquemment à la comédie, plus élaborée, et triomphe dans des classiques comme « Un drôle de paroissien » (Mocky, 1963), « La cuisine au beurre » (Grangier, 1963), « Le corniaud » (Oury, 1965). Bourvil enchaîne avec d’autres succès dont « La grande lessive » (Mocky, 1968), « Le cerveau » (Oury, 1969), « Le mur de l’Atlantique » (Camus, 1970).

Parmi ses plus grands succès, on peut citer :

  • « Le Corniaud » (1965) et « La Grande Vadrouille » (1966) de Gérard Oury, où il forme un duo irrésistible avec Louis de Funès.
  • « Le Bossu » (1959) et « Le Capitan » (1960) de André Hunebelle, films de cape et d'épée où il donne la réplique à Jean Marais.
  • « La Cuisine au beurre » (1963) de Gilles Grangier, où il partage l'affiche avec Fernandel.

Un artiste polyvalent

Outre sa carrière d'acteur, Bourvil est également un chanteur populaire. Il interprète près de 300 chansons, souvent humoristiques et tendres, qui font partie intégrante de son personnage. Parmi ses titres les plus connus, on peut citer "Les Crayons", "A bicyclette", "La Tactique du gendarme" et "Salade de fruits".

Il reste plusieurs années à l'affiche de l'ABC dans La Route fleurie de Lopez et Vinci, avec Georges Guétary et Annie Cordy et connaîtra d'autres succès populaires avec Pacifico, Ouah ! Ouah ! et La Bonne Planque, comédie où il a Pierrette Bruno pour partenaire.

Les rôles dramatiques

Bourvil a également prouvé son talent dans des rôles dramatiques, notamment dans :

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  • « La Traversée de Paris » (1956) de Claude Autant-Lara, où il incarne un chômeur contraint de transporter de la viande clandestine pendant l'Occupation.
  • « Le Miroir à deux faces » (1958) d'André Cayatte, où il joue un mari manipulateur et odieux envers sa femme.
  • « Les Misérables » (1958) de Jean-Paul Le Chanois, où il interprète le rôle de Thénardier.
  • « Le Cercle rouge » (1970) de Jean-Pierre Melville, où il incarne un commissaire de police solitaire et obstiné.

Les collaborations marquantes

Tout au long de sa carrière, Bourvil a collaboré avec de nombreux réalisateurs et acteurs de renom. Parmi ses partenaires les plus marquants, on peut citer :

  • Louis de Funès, avec qui il forme un duo comique légendaire dans « Le Corniaud » et « La Grande Vadrouille ».
  • Jean Gabin, avec qui il partage l'affiche de « La Traversée de Paris ».
  • Fernandel, avec qui il joue dans « La Cuisine au beurre ».
  • Jean Marais, avec qui il tourne dans « Le Bossu » et « Le Capitan ».
  • Lino Ventura, avec qui il partage l'affiche des « Grandes gueules ».
  • Jean-Paul Belmondo, avec qui il joue dans « Le Cerveau ».
  • Michèle Morgan, avec qui il partage l'affiche de « Le Miroir à deux faces ».
  • Yves Montand et Alain Delon, avec qui il tourne dans « Le Cercle rouge ».

La maladie et la disparition

En 1967, lors du tournage des « Cracks », Bourvil apprend qu'il est atteint de la maladie de Kahler, un cancer de la moelle osseuse. Malgré la maladie, il continue de tourner avec courage et professionnalisme.

Il s'éteint le 23 septembre 1970, à l'âge de 53 ans, quelques semaines après la sortie de son dernier film, « Le Cercle rouge ». Sa disparition suscite une immense émotion en France et dans le monde entier.

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