L'infection à Mycoplasma pneumoniae (Mp) est une infection respiratoire courante, particulièrement chez les enfants et les jeunes adultes. Depuis la fin de l'été, la France a constaté une augmentation des infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae, avec une augmentation des pneumonies liées à cette bactérie. Cet article vise à fournir des informations complètes sur les symptômes, le diagnostic, le traitement et la prise en charge de Mycoplasma pneumoniae chez l'enfant.
Qu'est-ce que Mycoplasma pneumoniae ?
Mycoplasma pneumoniae est une petite bactérie pléomorphe strictement humaine, dépourvue de paroi cellulaire. Cette absence de paroi explique pourquoi elle n'est pas visible à la coloration de Gram et pourquoi les bêta-lactamines (une classe d'antibiotiques) sont inactives contre elle. Ce sont des bactéries liées aux cellules.
Mycoplasma pneumoniae est une bactérie principalement responsable d'infections des voies respiratoires supérieures (angines, pharyngites…) ou inférieures plutôt bénignes, dont la principale complication est la pneumonie.
Épidémiologie et transmission
Les infections à Mp surviennent dans le monde entier, en toute saison et dans tous les environnements géographiques, sur un mode endémo-épidémique. Mycoplasma pneumoniae se propage principalement par des gouttelettes respiratoires lors d'un contact étroit avec les personnes infectées, le plus souvent symptomatiques. C'est ce qui explique que lorsque les mesures « COVID » étaient appliquées, il y a eu un effondrement des pathologies à Mp.
La durée d'incubation est de 1 à 4 semaines. Le portage asymptomatique après l'infection, voire avant, peut durer des semaines, voire des mois. C'est ce qui explique qu'une PCR positive est fréquente chez l'enfant sans symptôme (jusqu'à 20% dans certaines études). L'immunité après l'infection n'est pas de longue durée.
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L'incidence des infections à Mp est la plus élevée chez les enfants âgés de 5 à 15 ans, tandis que le pourcentage est le plus élevé à la fin de l'adolescence et au début de l'âge adulte, lorsque les infections respiratoires dues à d'autres causes sont moins fréquentes. Les infections à Mp sont rares chez les moins de 4 ans et de plus de 60 ans. Les scientifiques ne s’expliquent cependant pas pourquoi les infections à mycoplasma pneumoniae ne touchent pas plus les enfants de 1 à 5 ans.
Symptômes de l'infection à Mycoplasma pneumoniae chez l'enfant
Les symptômes d'une pneumonie à M. pneumoniae sont comparables aux symptômes d'autres maladies hivernales : fièvre légère, toux, céphalée, malaise… Dans le contexte épidémique actuel, ce type de pneumonie est à envisager en cas de pneumonie aiguë communautaire se développant progressivement et présentant des signes respiratoires discrets lors de l'examen clinique. Elle s'accompagne parfois de signes extra-respiratoires, notamment dermatologiques ou neurologiques.
Les infections à Mp sont une cause fréquente d'infections des voies respiratoires supérieures et inférieures (rhino-pharyngite, trachéo-bronchite et bronchite aiguës, pneumonie…). Les symptômes sont variables et comprennent la toux, la malaise, la fièvre et occasionnellement des maux de tête. La bronchite aiguë et les infections des voies respiratoires supérieures à Mp sont généralement bénignes et guérissent spontanément.
Environ 25% des enfants d'âge scolaire (> 5 ans) infectés développeront une pneumonie avec toux et râles à l'examen physique dans les jours suivant le début des symptômes constitutionnels. La toux, initialement non productive, peut devenir productive, persister pendant 3 à 4 semaines et être accompagnée de sifflements. L'infection a été associée à des exacerbations de l'asthme. Une pneumonie sévère avec épanchement pleural peut survenir, en particulier chez les patients atteints de drépanocytose, de trisomie 21, d'immunodéficiences et de maladies cardiorespiratoires chroniques.
Un bébé enrhumé, le nez qui coule ou une légère fièvre peuvent être les symptômes d'une infection à mycoplasma pneumoniae, souvent bénigne et ne nécessitant aucune prise en charge. En effet, les bébés sont très largement épargnés : seules 5 à 10 % des infections respiratoires bactériennes à l’origine d’une détresse respiratoire chez les tout-petits sont dues à cette bactérie. Les tout-petits bénéficient de la protection des anti-corps maternels (transmis pendant la grossesse et à l’accouchement) pendant leurs premiers 9 à 12 mois, ce qui expliquerait qu’ils soient épargnés par ces infections comme par les autres grandes maladies infantiles.
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Diagnostic
Le diagnostic de l'infection à Mycoplasma pneumoniae repose sur :
- La PCR (Polymerase Chain Reaction): sensible et spécifique, souvent intégrée dans les kits de PCR multiplex. Le principal écueil est que de nombreux enfants sans symptôme ou avec des symptômes mineurs ont une PCR positive. Le risque est d'attribuer les symptômes observés à tort à Mp. Les PCR multiplex retrouvent souvent des virus associés.
- Les tests sérologiques: en général, les anticorps IgM ne sont pas détectables au cours des 7 premiers jours suivant l'apparition des symptômes. Bien que la présence d'anticorps IgM puisse indiquer une infection récente, des faux positifs peuvent se produire, et les anticorps IgM peuvent persister dans le sérum pendant plusieurs mois, voire plusieurs années, et ne pas indiquer une infection aiguë.
- Radiographie du thorax : La HAS recommande d’effectuer une radiographie du thorax pour étayer le diagnostic et rechercher d’éventuelles complications.
Traitement
L'immense majorité des infections à Mp guérissent spontanément. Les preuves du bénéfice de l'antibiothérapie pour les enfants non hospitalisés présentant une infection respiratoire basse attribuable à Mp sont limitées.
La HAS rappelle qu’une antibiothérapie est indiquée en cas de suspicion de pneumonie à M. pneumoniae, et ce, sans attendre la radiographie thoracique. Les macrolides, notamment l’azithromycine ou la clarithromycine, sont indiqués en 1ère intention, avec peu de souches résistantes actuellement en France. L’antibiothérapie doit être efficace dans les 48 à 72h. Si tel n’est pas le cas, l’état du patient doit être réévalué. Les indications d’hospitalisation sont les mêmes que celles pour toute pneumonie aiguë communautaire.
L'azithromycine avec IVIG contre la RMPP chez les enfants réduit de manière notable les symptômes. De plus, la durée d’hospitalisation est raccourcie de 5,72 jours en moyenne. Le traitement par la combinaison offre une efficacité accrue pour traiter la RMPP chez les enfants.
La bactérie Mycoplasma pneumoniae peut être facilement neutralisée par des antibiotiques, mais certains lui résistent. Ceux appartenant à la famille des macrolides sont généralement assez efficaces, comme l’azithromycine, qui peut être administrée sans danger à des enfants.
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Prise en charge et prévention
La majorité des malades guérissent sans traitement, avec du temps et du repos, parfois des médicaments sans ordonnance pour soulager les symptômes.
La bactérie se transmet essentiellement par gouttelettes respiratoires et par contact prolongé avec une personne infectée, par exemple lorsque deux écoliers jouent ensemble. Ce qui explique qu’elle aime se développer dans les écoles ou les crèches.
Les mesures de prévention incluent :
- L'hygiène des mains : se laver régulièrement les mains avec de l'eau et du savon.
- L'étiquette respiratoire : tousser ou éternuer dans son coude ou dans un mouchoir.
- Éviter le contact étroit avec les personnes malades.
RMPP (Pneumonie réfractaire à Mycoplasma pneumoniae)
La pneumonie réfractaire à Mycoplasma pneumoniae (RMPP) présente des symptômes persistants et graves. Une étude a démontré que l'azithromycine combinée à l'immunoglobuline intraveineuse (IVIG) offre une efficacité accrue pour traiter la RMPP chez les enfants, réduisant de manière notable les symptômes et la durée d'hospitalisation.
Situation actuelle en France (2023-2024)
Depuis la fin de l’été 2023, le nombre d’infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae augmente en France, avec une émergence de pneumonies liées à cette bactérie. Selon Santé Publique France, elle est responsable de 30 à 50% de ces pneumonies chez les enfants.
La France observe une hausse des infections respiratoires dues à la bactérie Mycoplasme depuis fin 2023. Cette maladie est souvent bénigne, mais peut évoluer en pneumonie grave chez les plus fragiles.
Santé Publique France rapportait "des augmentations inhabituelles d'infections respiratoires à Mycoplasma pneumoniae". "Cette bactérie est globalement bénigne, dont l'évolution est souvent favorable.
Un système de surveillance serait actuellement déployé sur l’ensemble du territoire pour recenser les nouveaux cas et connaître l’ampleur de la propagation.
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