La mort subite du nourrisson (MSN), aussi connue sous le nom de syndrome de mort subite du nourrisson (SMSN), est un événement tragique et inattendu qui touche les nourrissons apparemment en bonne santé, le plus souvent pendant leur sommeil. Bien que les causes exactes de la MSN restent inconnues, des recherches approfondies ont permis d'identifier des facteurs de risque et des mesures de prévention efficaces. En Belgique, comme dans d'autres pays industrialisés, la MSN est une préoccupation majeure de santé publique. Cet article explore les causes potentielles de la MSN, les facteurs de risque identifiés et les stratégies de prévention recommandées, en mettant l'accent sur le contexte belge.
L'ampleur du problème en Belgique
En Belgique, les accidents sont la première cause de mortalité chez les jeunes enfants de moins de 15 ans. De ce point de vue, la situation est comparable avec celle des autres pays industrialisés. En 1997, pour l’ensemble de nos Régions et Communautés, le pourcentage de décès par accidents non liés au transport était de 26% chez les enfants entre 1 et 4 ans, 19% chez les enfants de 5 à 9 ans et de 10% chez les enfants de 10 à 14 ans.Les accidents mortels chez les bébés sont surtout dus aux suffocations (entre des barreaux, par une cordelette, par inhalation d’objet ou par enfouissement sous les couvertures). Chez les enfants de 1 à 4 ans, 1/3 des décès est dû aux noyades, et le reste aux incendies, à l’inhalation d’objets, aux intoxications et aux chutes.
Comprendre la mort subite du nourrisson
La mort subite du nourrisson frappe certains nourrissons apparemment en bonne santé ; ni l'histoire de l'enfant, ni l'observation de la scène de la mort, ni les examens réalisés post mortem ne permettent d'expliquer le décès. Au contraire, les informations fournies par une autopsie complète et approfondie permettent d'identifier une cause cachée dans 15 à 50 pour cent des cas de mort inattendue du nourrisson selon le nombre d'investigations pratiquées. Mais dans les cas de mort subite du nourrisson, il n'y a pas de raison apparente à la mort.
Facteurs de risque et vulnérabilités
Malgré des recherches intensives, la compréhension des mécanismes responsables d'une mort subite du nourrisson reste partielle. Voyons d'abord quels sont les facteurs de vulnérabilité de l'enfant. Ceux-ci seraient soit génétiques, soit dus à un développement in utero défavorable, soit dus à une naissance prématurée ou difficile.
- Facteurs Génétiques: On répartit les composantes génétiques des morts subites du nourrisson en deux catégories. Le syndrome du qt long - un désordre de l'activité électrique du cœur - est une autre maladie génétique responsable de rares cas de mort subite. La maladie se manifeste par un allongement de l'intervalle dit qt sur un électrocardiogramme. La seconde catégorie d'anomalies génétiques regroupe des polymorphismes, c'est-à-dire des variations de gènes normaux qui deviennent des facteurs de risque dans des situations critiques ; elles peuvent donc prédisposer les enfants à une mort subite. Par exemple, les enfants décédés de mort subite auraient les versions de gènes qui correspondent à une activité importante du transporteur de la sérotonine dans diverses régions du cerveau ; cela engendre une diminution de la disponibilité en sérotonine pour ses récepteurs neuronaux.
- Anomalies du développement prénatal: Aux risques génétiques, s'ajoutent les anomalies du développement prénatal. On a constaté une augmentation du risque de mort subite du nourrisson quand il existe des anomalies du placenta pendant la grossesse, quand la mère fume ou quand le bébé naît prématurément ou avec un petit poids. Cela suggère que l'environnement intra-utérin pendant la grossesse joue un rôle important.
- Facteurs Environnementaux: Enfin, les études épidémiologiques ont montré que des facteurs environnementaux - le troisième facteur de risque - augmentent le risque de mort subite. Une infection virale ou bactérienne sans gravité pour un enfant plus âgé peut déstabiliser les commandes cardiaques ou respiratoires d'un nourrisson. Toutefois, la plupart des facteurs environnementaux délétères sont liés aux habitudes de puériculture : les risques augmentent quand le nourrisson dort sur le ventre, sur une surface de couchage molle, sous une couette, dans une pièce trop chaude, son visage recouvert d'un drap ou d'une couverture, ou qu'il a été privé de quelques heures de sommeil. Récemment, une étude aux Pays-Bas a montré que les nourrissons décèdent davantage dans les crèches qu'à domicile. Pourtant, les consignes de sécurité sont mieux suivies dans ces structures d'accueil. Les auteurs ont suggéré que le stress ou des modifications des rythmes veille-sommeil seraient en cause.
Mécanismes impliqués dans la MSN
Trois mécanismes ont été impliqués dans la mort subite du nourrisson : un déficit du contrôle respiratoire, un déficit des mécanismes d'éveil et un déficit du système nerveux autonome. Certaines études ont ainsi mis en évidence un manque d'oxygénation des tissus chez près de 40 pour cent des victimes. Cette hypoxie résulterait d'épisodes d'obstructions respiratoires, c'est-à-dire que les poumons n'auraient pas apporté suffisamment d'oxygène au sang à un moment donné.
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- Déficit du contrôle respiratoire: Les nourrissons en bonne santé peuvent présenter quelques apnées obstructives. Ces dernières se manifestent surtout durant le sommeil agité, en fin de nuit. La fréquence des apnées obstructives diminue entre la 8e et la 12e semaines de vie. Les garçons en ont plus que les filles. Plusieurs causes expliquent ces obstructions : l'exposition prénatale au tabac, un rétrécissement des voies aériennes supérieures (en raison d'une inflammation par exemple), un manque de sommeil, un déséquilibre du système nerveux autonome ou l'administration de sédatifs… Ce rétrécissement peut aussi être héréditaire. Certaines familles présentent une anatomie faciale qui les prédispose aux pauses respiratoires.
- Déficit des mécanismes d'éveil: La réponse à cette question est liée à la capacité de « ressuscitation » de l'enfant et en particulier à la facilité avec laquelle il s'éveille en cas de danger. L'éveil permet au cerveau de contrôler les fonctions respiratoires ou cardiaques quand celles-ci sont déficientes durant le sommeil. Les réactions d'éveil dépendent des éveils dits corticaux - des activités électriques atteignant le cortex et visibles sur l'électroencéphalogramme - et des éveils sous-corticaux - des activités électriques n'atteignant que les structures sous-corticales dans le cerveau, et non visibles sur l'électroencéphalogramme. Les enregistrements cérébraux des victimes de mort subite montrent moins d'éveils corticaux en fin de nuit, et davantage d'activations sous-corticales en début de nuit. Tous les facteurs de risque évoqués augmentent le seuil d'éveil. C'est le cas du tabagisme maternel durant la grossesse, de la privation de quelques heures de sommeil, de la position ventrale pendant le sommeil, d'un environnement surchauffé, d'un drap sur le visage.
- Déficit du système nerveux autonome: Le dernier mécanisme impliqué dans la mort subite du nourrisson pendant son sommeil est un dysfonctionnement du système nerveux autonome ; celui-ci contrôle la fonction cardio-vasculaire et différents organes des vertébrés. Une activation du système orthosympathique engendre par exemple une augmentation de la fréquence cardiaque et de la pression artérielle, une stimulation des glandes sudoripares, une stimulation de la libération de glucose par le foie, une augmentation du diamètre des bronches, etc. Tous les facteurs de risque, tels la position ventrale, le tabagisme maternel, la privation de sommeil, l'augmentation de la température ambiante, déséquilibrent le système nerveux autonome en faveur du système orthosympathique.
Recommandations pour un sommeil sûr
Il existe des règles simples de couchage pour éviter la mort inattendue du nourrisson de moins de deux ans.
- Position de sommeil: La première année de sa vie, un bébé doit être couché uniquement sur le dos, sur un matelas ferme, adapté aux dimensions d’un lit à barreaux. Une étude montre que sur 311 paquets de couches représentant des bébés, 79 % comportent des images de nourrissons sur le ventre, dans une position contre-indiquée. Il ne faut pas coucher un bébé sur le ventre, selon les recommandations des autorités sanitaires.
- Environnement de sommeil: Il est crucial d'éliminer tout objet mou ou lâche du lit de bébé, notamment les coussins, doudous, couettes, cale-bébés ou surmatelas. Par ailleurs, le bébé doit être couvert avec un surpyjama, une turbulette ou une gigoteuse, d’épaisseur variable selon la saison. Évitez également les tours de lit avant 18 mois, ils sont fortement déconseillés par les pédiatres qui pointent du doigt le risque d’hyperthermie et d’étouffement si le bébé enfouit sa tête dans le tour de lit.
- Température de la chambre: Maintenez une température confortable dans votre chambre ou celle du bébé, ni trop chaude ni trop froide, autour de 17°C -20°C, et évitez de trop couvrir votre bébé : un pyjama et une gigoteuse suffisent.
- Tabagisme: La fumée de cigarette augmente le risque de mort subite du nourrisson. Faites en sorte que personne ne fume près du bébé, même à l’extérieur. Le tabagisme maternel est le facteur postnatal le plus important. Il doublerait le risque de mort subite. Il est difficile de distinguer les effets prénatal ou postnatal du tabagisme.
- Allaitement et sucette: Des études ont prouvé que l’allaitement maternel réduisait le risque de mort subite du nourrisson. L’OMS recommande l’allaitement exclusif pendant les six premiers mois. Par ailleurs n’hésitez pas à proposer une tétine à votre tout-petit : des études suggèrent que l’utilisation d’une sucette pendant le sommeil peut réduire le risque de mort subite. Cependant, ne forcez pas votre bébé à l’accepter s’il n’en veut pas.*Dormir dans la chambre des parents, mais pas dans leur lit, serait un facteur protecteur
Surveillance et Moniteurs Respiratoires
Pour certains parents, avoir un système de surveillance dans la chambre du bébé peut offrir une tranquillité d’esprit supplémentaire. Aujourd’hui, des dispositifs de surveillance respiratoire existent, tels que des moniteurs de mouvement respiratoire, afin de coucher son bébé en toute sérénité.
Le Moniteur Nanny Care
Le moniteur Nanny Care surveille la respiration et les mouvements de votre bébé lorsqu’il dort. C’est un matelas composé de capteurs associé à un moniteur de surveillance respiratoire: il surveille la respiration de votre bébé lorsqu’il dort et permet de détecter toute absence ou irrégularité de respiration chez le nourrisson. Ainsi Marie a témoigné lors de l’émission la Maison des Maternelles sur France 5 comment le détecteur respiratoire Nanny Care a sauvé son petit garçon Leopold (aujourd’hui âgé de 5 ans). A 4 mois, Leopold a arrêté de respirer un soir. Le dispositif s’est mis à sonner. Maris s’est précipitée vers son petit. Leopold était blanc et ne réagissait pas. Elle a alors pratiqué les gestes de premiers secours : elle l’a frotté vigoureusement dans le dos pour le stimuler. Elle a commencé la réanimation. Il s’est alors remis à respirer. Elle a ensuite appelé les secours. Les pompiers sont arrivés et ils sont partis aux urgences. Leopold a ensuite été hospitalisé 11 jours pour faire différents examens et vérifier qu’il n’y avait pas de séquelles.
Soumis à de nombreux tests cliniques selon les normes européennes, il témoigne d’une grande fiabilité pour prévenir la mort subite du nourrisson. Durant le sommeil du nourrisson, le moniteur Nanny est en veille constante sur ses mouvements et sa respiration. Le détecteur de mouvements du moniteur Nanny est conçu pour être extrêmement sensible. Grâce à l’unité de contrôle liée au matelas Nanny qui permet une grande détection de mouvement, le rythme respiratoire de votre bébé est assuré. Si aucune respiration n’a été décelée par le Nanny pendant 20 secondes, l’unité de contrôle émet une alarme. Nicolas raconte : « Depuis que nous avons le moniteur Nanny Care, nous faisons dormir notre fille dans sa chambre. C’est super rassurant pour nous, on dort beaucoup plus sereinement. Je le recommande à tous les parents. Seul moniteur anti-onde, le Nanny offre à votre enfant un environnement sain. Rien ne vient le gêner pendant son sommeil. Il n’est pas au contact direct du détecteur. Rien ne vient le perturber dans son sommeil, ni l’appareil, ni les ondes ! Vous avez juste à insérer les piles fournies avec et placer le matelas de détection sous le matelas de votre bébé. Vous introduisez à la première utilisation les 2 piles AA fournies dans la boite avec le Nanny. Le site Nanny Care est le fournisseur officiel du moniteur respiratoire Nanny care en France, depuis 2012. L’équipe du site Nanny-care.com a été formée par le fabricant Jablotron. Notre service clients est localisé en France, à côté de Bordeaux. Le détecteur de mouvements respiratoires Nanny Care est fabriqué en Europe, ce qui garantit une qualité éprouvée. Le moniteur Nanny Care est vendu dans 85 pays.
Le rôle des professionnels de santé et de la prévention
Selon une enquête menée en 2001 par l’asbl Educa-Santé et l’Ecole de santé Publique de l’Université Libre de Bruxelles auprès de 400 médecins généralistes et pédiatres, les praticiens de première ligne sont fortement impliqués dans la prise en charge des traumatismes chez les enfants. C’est surtout à cette occasion qu’ils donnent des conseils préventifs. En dehors de ces occasions, les médecins généralistes et les pédiatres n’ont pas l’habitude de faire des démarches proactives systématiques vis-à-vis des parents pour la prévention des accidents domestiques. Ils estiment manquer de temps, manquer de connaissances des techniques de prévention efficaces dans ce domaine, et manquer d’outils qui permettent d’appuyer leurs conseils aux parents. Ceci dit, les médecins estiment quasi tous qu’ils ont un rôle à jouer dans la prévention des traumatismes.
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Agir au quotidien pour la sécurité des enfants pose la question des relations éducatives avec les parents. Les comportements ne changeront pas en une volée de conseils ni par la distribution de brochures. Les parents ont leur propre vécu de la sécurité de leurs enfants, leurs idées sur le sujet, leurs questions. Lors de ses consultations et surtout de ses visites à domicile, le médecin généraliste qui désire prévenir efficacement les accidents domestiques des jeunes enfants peut intervenir auprès des parents.
Une évaluation d’un processus d’implantation d’une trousse de sécurité a été établie dans la commune de Fontaine-L’Evêque. L’objectif général de ce projet était de diminuer l’incidence des accidents domestiques chez les enfants de 6 à 18 mois. Plus spécifiquement, le projet visait à amener les parents à modifier leurs comportements et à adapter la maison à des normes d’environnement plus sécuritaires.
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