L'évolution des politiques sociales en France est un sujet complexe, marqué par des tensions entre les besoins croissants de la population et les contraintes budgétaires. Plusieurs facteurs, tels que le vieillissement de la population, la lutte contre les inégalités et la nécessité de réformer les dispositifs existants, contribuent à façonner le paysage social français.
Vieillissement de la population et perte d'autonomie
L'arrivée aux grands âges des générations du "baby-boom" accélère le vieillissement de la population française. Ce phénomène est profondément genré, les femmes représentant la très grande majorité des personnes âgées, et leur part augmentant avec l'âge. La perte d'autonomie sévère augmenterait encore plus rapidement, affectant 300 000 seniors supplémentaires à l'horizon 2050, traduisant une évolution annuelle moyenne de + 1,2% et une évolution globale de + 45%. Pour maintenir un taux d'accueil identique à âge et autonomie donnés, il faudrait accueillir 1 million de personnes en EHPAD au début des années 2050.
Face à ce défi, la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées a annoncé l’instauration d’un « contrat qualité » dans le cadre du plan grand âge, censé relever le défi du vieillissement et d’établir une stratégie jusqu’en 2050. La prévention de la perte d’autonomie constituera un volet important de ce plan. La CNSA et la DGCS ont confié à l’Agence technique de l’information sur l’hospitalisation (ATIH) la réalisation en 2026 d’une nouvelle étude nationale de coûts (ENC) concernant les services autonomie à domicile (SAD) afin de mieux comprendre les coûts de l’activité d’aide et d’accompagnement à domicile.
Revalorisation des métiers du travail social
Les sénateurs ont adopté une proposition de loi visant à revaloriser les métiers du travail social. Cette mesure vise à renforcer l'attractivité des métiers de la santé, du social, du handicap, du grand âge et de la petite enfance, et de répondre à la fragilisation préoccupante des CCAS et CIAS. L’UNCCAS a identifié quatre leviers d’action pour consolider l’action sociale locale.
Allocation sociale unifiée (ASU)
Le Premier ministre a annoncé la présentation d’un projet de loi visant à créer une allocation sociale unifiée (ASU). Cette mesure doit permettre de regrouper plusieurs aides (comme la prime d’activité, le RSA et certaines aides au logement) en un seul versement, effectué à une date commune. L’objectif est de réaliser des économies de gestion, mais l’Uniopss conteste le principe même d’une telle allocation.
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Protection de l'enfance
Le ministre de la Justice et la ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées ont présenté les grandes lignes d’un projet de loi pour refonder la protection de l’enfance. La CNAPE demande à l’Etat d’élaborer une stratégie interministérielle de prévention et de protection de l’enfance et la création d’un fonds pluriannuel pour son financement.
Inclusion des personnes handicapées
Les acteurs du handicap sont invités à passer d’une logique de place à une logique d’offre de services coordonnés. Malgré des chiffres positifs concernant la scolarisation des enfants en situation de handicap en milieu ordinaire, de nombreux enfants n'ont que des "bouts" de solution, sont en errance, ou sans solution du tout. L’école inclusive ne doit pas devenir un dogme.
Les résultats d'une étude montrent que lorsqu’un handicap est mentionné dans la candidature, le taux de réponses positives chute de 27,6% à 22%.
Intelligence artificielle au service de l'autonomie
La CNSA a présenté la feuille de route IA 2025-2026 de la branche Autonomie.
Défis et perspectives
Le secteur associatif de la solidarité connaît une fragilisation sans précédent. L’isolement extrême des aînés explose, avec 750 000 personnes âgées en situation de mort sociale. Un vent mauvais souffle sur les solidarités.
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Les inspecteurs de l’IGAS et de l’IGF mettent en évidence des différences importantes entre départements dans la gestion de la PCH, tant en densité (nombre de bénéficiaires) qu’en intensité (montants versés). La mission conjointe IGF-IGAS a identifié des leviers pour harmoniser les pratiques entre départements et la gestion de ces cinq aides sociales légales.
A l’issue des deux premières années de mise en œuvre du dispositif, 10 015 établissements et services ont été évalués par des organismes externes, soit près d’un quart des 45 000 ESSMS répartis sur le territoire. Si les résultats 2024 « restent relativement élevés et illustrent le haut niveau de qualité de l’accompagnement au sein des ESSMS », la HAS pointe néanmoins une tendance globale à la baisse.
Le parcours de Clémentine, accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) et militante syndicale donne à voir les principales caractéristiques d’un groupe professionnel largement féminisé : invisibilisation du travail, précarité et temps partiels imposés, faibles rémunérations, défaut de formation, relations de travail parfois complexes avec le corps enseignant et la hiérarchie, etc.
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