L'apprentissage de la propreté est une étape importante dans le développement d'un enfant. Cependant, il arrive que cette transition se heurte à des difficultés, notamment lorsque l'enfant refuse de faire ses besoins ailleurs que dans sa couche. Ce refus, bien que déconcertant pour les parents, est un phénomène courant qui peut avoir diverses causes et pour lequel il existe des solutions.

Le syndrome du refus du pot : qu'est-ce que c'est ?

Le syndrome du refus du pot est un blocage qui se manifeste par un refus catégorique de l'enfant de s'asseoir sur le pot, malgré tous les encouragements et les tentatives des parents. Il est important de noter qu'il n'y a pas d'âge universel pour débuter l'apprentissage de la propreté. En général, cette étape débute entre 18 et 24 mois, mais il est préférable d'observer les signes qui montrent que votre enfant est prêt à franchir le cap plutôt que de fixer une échéance. Ces signes incluent :

  • Rester au sec plusieurs heures d'affilée.
  • Montrer de l'intérêt pour le pot.
  • Être capable de baisser et remonter son pantalon tout seul.
  • Verbaliser ses sensations ("j'ai fait pipi", "ma couche est sale", "je veux aller sur le pot").

Il est important de noter que demander le pot, c'est aussi explorer, tester, imiter. Laissez-le s'y asseoir sans pression, même s'il ne fait rien. Valorisez l'initiative et proposez-lui de réessayer plus tard.

Causes possibles du refus

Plusieurs facteurs peuvent expliquer pourquoi un enfant refuse de faire caca ailleurs que dans sa couche :

  • La peur du pot : Certains enfants redoutent la sensation de vide lorsqu'ils font leurs besoins, d'autres peuvent être perturbés par le changement de position entre la couche et le pot. Si votre bébé a peur du pot, nous vous conseillons de l’accompagner avec bienveillance, en instaurant des habitudes qui favorisent un transit serein.
  • La constipation : Si votre tout-petit a ressenti de l’inconfort en allant sur le pot une fois, il peut rapidement associer cette expérience à une sensation désagréable… et se retenir par peur de revivre ce moment. Moins il va sur le pot, plus les selles ont tendance à devenir dures, et plus l’appréhension grandit.
  • L'affirmation de l'autonomie : À cet âge, votre enfant découvre aussi qu’il a du pouvoir sur son corps… et sur vous. Dire non au pot peut être une manière d’affirmer son autonomie.
  • Une transition sensorielle difficile : La sensation d’évacuer sans sa couche, la position assise sans soutien, les bruits dans les toilettes… tout cela peut être déroutant pour lui. Ce blocage est donc fréquent et totalement compréhensible.
  • Apopathophobie: L'apopathophobie est la peur d'aller à la selle. Elle se manifeste par une tendance à la constipation et par des traces des selles, voire l'ensemble des selles, dans la culotte.

Solutions et conseils

Face à ce refus, il est important d'adopter une approche douce et patiente. Voici quelques conseils qui peuvent vous aider :

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  • Instaurer une routine : Proposer le pot à des moments clés de la journée (au réveil, après les repas, avant le bain) va l’aider à en faire un réflexe naturel.
  • Rassurer l'enfant : Si votre bébé a peur du pot et part se cacher pour faire dans sa couche, la Société Française de Pédiatrie conseille également de mettre votre enfant sur le pot avec sa couche.
  • Choisir le bon pot : Optez pour un modèle stable et confortable, et placez-le dans un endroit calme où votre enfant se sent en sécurité.
  • Rendre l'expérience ludique : Utilisez des livres sur la propreté, des petites comptines ou même transformer ce moment en jeu. L’objectif ?
  • Éviter la pression : Même si votre bébé a peur du pot, ce moment ne doit jamais devenir une source de stress (ni pour vous, ni pour votre enfant). Chaque tout-petit évolue à son propre rythme, et il est essentiel de respecter ce timing sans imposer ni forcer.
  • Lâcher prise: Laissez-lui la possibilité de le découvrir, en jouant avec ou simplement en s’asseyant dessus tout habillé : ce sont de petits éléments qui vont l’aider à se familiariser. Le plus important, c’est de créer un climat de confiance où il se sent libre d’essayer… ou de repousser un peu cette grande étape.
  • Ne pas forcer à la maison si l'enfant est en apprentissage à la crèche: Non, surtout pas. Même si la crèche amorce l’apprentissage, chaque enfant avance à son rythme.
  • Consulter un pédiatre: En cas d’encoprésie véritable il proposera une prise en charge conjointe pédiatrique et pédopsychiatrique. En effet l’encoprésie et la constipation sont souvent intriqués et il convient de prendre en charge les 2 simultanément.

Gérer la constipation

Si la constipation est un facteur contribuant au refus, il est important de la traiter. Vous pouvez :

  • Ajuster l'alimentation : Plus de fibres douces, compote de pruneau, légumes bien cuits.
  • Assurer une bonne hydratation.

Régression de la propreté

Plusieurs facteurs peuvent expliquer une régression de la propreté. Comme pour les courbes de croissance ou l’apprentissage de la marche, l’âge de l’acquisition de la propreté varie chez chaque enfant. Déterminer la cause du problème : si la vie de l’enfant a été chamboulée par un grand changement, il faut en parler avec lui et l’encourager à exprimer ses émotions. Prendre des mesures : si l’enfant ne veut plus aller sur le pot, car il déteste les toilettes de l’école, ou parce que le nouveau bébé porte des couches et monopolise l’attention des parents, les parents doivent s’efforcer de trouver des solutions, en collaboration avec l’enfant, pour résoudre le problème.

Encoprésie

Devant une incontinence fécale chez l’enfant de 4 à 10 ans, on évoque souvent la possibilité d’un symptôme psychologique appelé encoprésie. Mais comme nous vous le rappelons régulièrement dans les articles FINK, il faut toujours éliminer des diagnostics médicaux avant d’affirmer une origine psychique.

En pratique le premier temps est TOUJOURS la consultation chez le pédiatre. Il réalisera un examen complet et posera le diagnostic adéquat. En cas d’encoprésie véritable il proposera une prise en charge conjointe pédiatrique et pédopsychiatrique. En effet l’encoprésie et la constipation sont souvent intriqués et il convient de prendre en charge les 2 simultanément. Cette constipation fréquemment associée, peut être une conséquence de l’encoprésie, ou alors un facteur déclenchant.

L’encoprésie d’origine psychique est l’émission de selles dans la culotte à tout moment de la journée et le plus souvent volontaire. L’enfant argumente ne pas sentir les selles sortir, mais en réalité s’il n’a pas d’incontinence médicale (troubles sphinctériens, neurologiques), il perçoit pleinement la sensation de défécation. Pour autant, et c’est là toute la finesse de la psychologie infantile, il ne le fait pas exprès !!! L’enfant ne sait sincèrement consciemment pas pourquoi il fait si souvent dans sa culotte, et pourquoi malgré la gêne occasionnée et la colère de ses parents, ils ne stoppent pas cet étrange en symptôme en optant une fois pour toutes pour les toilettes !

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L’enfant qui rencontre un souci psychique a rarement les mots pour le verbaliser et s’en sortir par la simple pensée. Ainsi, c’est souvent son corps qui parle, qui exprime une difficulté en « déchargeant » ses tensions internes.L’encoprésie est donc l’expression d’une difficulté, et c’est ce que le pédopsychiatre va chercher à comprendre et à dénouer avec votre aide.

La solution n’est donc pas dans la réaction des parents aux « accidents ». La sévérité, les prières ou les récompenses sont sans effets positifs. Il convient simplement de verbaliser ensemble le problème, sans le dramatiser, et de changer l’enfant tranquillement, de façon assez neutre, afin de ne pas entrer dans un jeu relationnel autour de ce symptôme.

Le plus souvent, l’enfant va très bien, se développe bien sur le plan affectif et psychomoteur, et le symptôme est assez isolé.Les principaux enjeux psychiques de l’encoprésie se situent autour de la relation parent-enfant.L’enfant encoprétique est fréquemment un enfant assez proche d’un des deux parents, voir un peu fusionnel, qui peut se montrer dans la retenue avec les autres.

En consultation, on découvre souvent chez ces enfants une répression inconsciente de leur agressivité, notamment à l’égard du parent collé. C’est à dire, qu’ils ont tendance à vouloir être trop gentil, et à craindre excessivement les conflits, et être trop peiné par la colère parentale. Leur psychisme refoule alors leur agressivité, ils se permettent des caprices infantiles bien sûr, mais pas d’opposition de fond, de peur d’un conflit qui abimerait leurs parents ou leurs relations affectives.L’émission de selles intervient alors comme une décharge passive-agressive vis à vis de ce monde extérieur et de ces adultes qu’il pense devoir épargner de son agressivité consciente.

Le jeu avec son sphincter anal lui procure aussi des sensations, et une impression de contrôle de lui même et des autres, une certaine toute puissance. Il est important en séance et à la maison d’accompagner ces enfants à élaborer leur agressivité et à appréhender les conflits avec moins de craintes. En pratique, il faut dédramatiser les disputes et les colères à la maison notamment ! « C’est normal d’être énervé, d’être jaloux, de vouloir parfois du mal aux gens qu’on aime. C’est normal de se disputer, ce n’est pas grave ! ».

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Fréquemment ces enfants évoluent dans une famille qui a elle même un souci avec l’agressivité, soit un parent trop colérique et impressionnant, soit le plus souvent des parents eux même « trop doux » et phobiques du conflit. N’hésitez pas à consulter un psy, c’est un trouble fréquent et qui se traite aisément lorsqu’il est bien pris en charge !

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