L'histoire de Mohamed Hadid est celle d'une ascension fulgurante, un récit captivant qui débute dans un camp de réfugiés et culmine au cœur du "triangle de platine" de Beverly Hills, Bel Air et Holmby Hills, où il érige des demeures somptueuses pour une clientèle fortunée.

Nazareth : Les racines palestiniennes

"Je suis né à Nazareth, en Palestine, à cinq minutes à vol d’oiseau de l’endroit où naquit Jésus." Ces mots ouvrent le récit de Mohamed Hadid, un homme dont le destin est intimement lié à l'histoire mouvementée du Moyen-Orient. Sa naissance en 1948 coïncide avec la création de l'État d'Israël, un événement qui contraint sa famille à l'exil. "Mon arrière-arrière-grand-père était le prince de Nazareth. Mais l’année de ma naissance, 1948, est aussi celle de la création de l’Etat d’Israël. Alors, nous sommes partis nous réfugier en Syrie, où nous avons vécu quelques mois dans un camp." Ces premières années de réfugié marquent profondément Hadid, qui conserve une vive compassion pour les déracinés du monde entier.

L'émigration aux États-Unis : Le rêve américain en marche

Un coup de chance, une partie de backgammon gagnée par son père contre l'ambassadeur de Jordanie, offre à la famille Hadid l'opportunité d'émigrer aux États-Unis. Mohamed a 15 ans lorsqu'il débarque à Washington, une ville en pleine guerre froide. Son père, Anouar, ancien professeur d'anglais à l'université de Haïfa, est engagé par La Voix de l'Amérique, le service de diffusion internationale du gouvernement américain. Mohamed, quant à lui, est un autodidacte qui s'efforce d'apprendre l'anglais et le français.

Les premières réussites : De la boîte de nuit à l'immobilier

L'esprit d'entreprise de Mohamed Hadid se manifeste très tôt. À 20 ans, il s'associe avec un Grec et un Anglais pour lancer à Rhodes une boîte de nuit, Aquarius, qui deviendra l'une des plus grandes d'Europe. Sa passion pour les voitures de luxe le conduit ensuite à devenir importateur à Washington DC. Mais c'est l'immobilier qui révèle véritablement son talent. À 21 ans, il dessine sa première grande maison à Fort Lauderdale, "la Venise de Floride", une ville prisée par les milliardaires. Cette première réalisation lui rapporte un quart de million de dollars, une somme considérable à l'époque.

L'aventure au Qatar : Fortune au cœur du désert

Avant tout le monde, Mohamed Hadid perçoit le potentiel du Qatar, un petit émirat en pleine expansion grâce à ses ressources gazières. "Tout ce qu’ils voulaient, je l’avais. Un architecte pour construire le Sheraton de Doha ? Je me présente ! J’apprends vite. En une nuit, je suis devenu architecte et promoteur !" Son audace et sa capacité d'adaptation lui permettent de faire fortune dans les sables du désert.

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Le retour aux États-Unis : L'ascension immobilière

Fort de son succès au Qatar, Mohamed Hadid revient à Washington avec de nouvelles ambitions. Il investit massivement dans l'immobilier, rénove le Ritz-Carlton de Washington DC et celui de New York, et construit un nouveau Ritz-Carlton à Aspen, suite à un détournement d'avion causé par une tempête de neige. Il se lance également dans la construction de routes et de patinoires, créant un véritable empire immobilier.

La rencontre avec Donald Trump : Choc des titans

L'ascension de Mohamed Hadid le conduit inévitablement à croiser la route de Donald Trump, autre figure emblématique de l'immobilier américain. "Il fallait bien qu’un jour Mohamed Hadid croise son alter ego, Donald Trump, autre Terminator de l’immobilier…" Les deux hommes s'affrontent pour des projets immobiliers, donnant lieu à des procès. Hadid finit par l'emporter. Il décrit Trump comme un homme qui respecte la force, mais qui n'hésite pas à écraser ses adversaires s'il en a l'opportunité. "Si vous êtes aussi fort que lui, il vous respecte. Mais s’il sent qu’il peut vous écraser, il ne s’en privera pas. C’est le genre d’homme qui vous donne un coup sur la tête et qui négocie après. Cela dit, je l’aime bien."

La crise et la renaissance : Réinventer le rêve à Los Angeles

En 1990, Mohamed Hadid connaît un revers majeur : le marché immobilier s'effondre et il perd 90 % de sa fortune. "A 42 ans, Hadid n’a toujours pas connu l’échec, cet élément essentiel, pourtant, de la réussite à l’américaine. Lacune bientôt comblée : en 1990, le marché s’effondre. Il perd 90 % de sa fortune." Pendant deux ans, il se retire de l'immobilier et participe même aux Jeux olympiques d'hiver d'Albertville en ski de vitesse. "J’étais le plus vieux coureur olympique. Je n’ai rien gagné mais j’ai survécu et bien ri."

Au bout de dix ans, il renaît de ses cendres, avec une idée novatrice : réinventer le rêve pour les plus riches habitants de Los Angeles. Il se spécialise dans la construction de demeures extravagantes dans le "triangle de platine", rivalisant de luxe et d'originalité. En 2012, son Palazzo di Amore, une propriété de style méditerranéen de 3 200 mètres carrés, est revendu 195 millions de dollars. "Je construis des résidences pour des gens sophistiqués qui savent qu’ils n’achètent pas seulement un bien immobilier mais une œuvre d’art."

Les projets actuels : Toujours plus loin, toujours plus haut

Mohamed Hadid ne cesse d'innover et de développer de nouveaux projets. Il en a actuellement dix en cours, dont six à Los Angeles, trois en Égypte et un au Mexique. Sa "mega mansion" de Bel Air, une propriété contemporaine de 5 100 mètres carrés avec une vue à 360 degrés et la plus grande salle de cinéma privée au monde, est mise en vente pour 200 millions de dollars. Il affirme que ses clients sont principalement des Américains qui investissent en Californie, mais aussi des personnalités du Moyen-Orient et d'ailleurs.

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La polémique : Défendre sa vision

Les constructions pharaoniques de Mohamed Hadid suscitent parfois la controverse, certains l'accusant de détruire le paysage. Il se défend en soulignant que tous ses projets sont approuvés par la municipalité et qu'il respecte les règles en vigueur. "Tous les plans que je fais ont été approuvés par la ville à 100 %. Si la municipalité est d’accord, je ne vois pas où est le problème. Tant qu’ils respectent les règles, pourquoi empêcher les gens qui ont de l’argent de construire ?"

L'identité : Un Arabe d'origine palestinienne

Mohamed Hadid revendique fièrement ses origines palestiniennes. Il se dit blessé par les accusations portées contre lui, qu'il considère comme une attaque contre son identité. "Un article récent dans le « New York Times » l’accusait de tous les maux de la terre, ce qui le met encore hors de lui. « Un tissu de mensonges ! s’exclame-t-il. Les menteurs sont comme les zèbres, ils ne peuvent pas se débarrasser de leurs rayures. Cet article n’est pas contre moi comme promoteur mais contre ce que je suis et reste, un Arabe d’origine palestinienne. Ma mère, mon père sont palestiniens. Je suis né en Palestine, même si je n’y ai jamais vécu. La plupart des gens qui m’attaquent ici ne savent même pas où est la Palestine sur la carte. Je ne suis pas un promoteur palestinien, je suis un promoteur tout court ! J’aurais pu changer mon nom, je n’ai jamais voulu le faire. Mais si je m’appelais Michael Hill, on ne parlerait pas de moi ! »"

La famille : Une priorité

Malgré ses succès professionnels, Mohamed Hadid considère que son plus grand talent est d'être un bon père. Il est très proche de ses cinq enfants, Alana, Marielle, Gigi, Bella et Anwar, dont il a fait peindre les visages au plafond de sa salle de cinéma. Il est particulièrement fier de la réussite de ses filles Gigi et Bella, mannequins de renommée internationale. "Mes enfants sont un don de Dieu. Je leur ai construit des ailes solides pour voler, mais ils ont les pieds sur terre. Je suis très fier d’eux. Il y a des milliers de filles plus belles que Gigi et Bella, mais il y en a peu qui travaillent aussi dur. Elles n’usurpent pas leur succès. Ça me rend fou quand j’entends qu’elles le doivent à la fortune de leur père !"

La vie privée : Entre passion et sérénité

Depuis quatre ans, Mohamed Hadid partage sa vie avec Shiva Safai, une Iranienne élevée en Norvège. Elle le décrit comme un génie doté d'une jeunesse d'esprit.

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