Mohamed Amra, né à Rouen (Seine-Maritime) en mars 1994, est un narcotrafiquant multirécidiviste français, devenu le fugitif le plus recherché du pays après son évasion spectaculaire et sanglante le 14 mai 2024. Son parcours criminel, marqué par de multiples condamnations et une dangerosité croissante, a culminé avec une évasion meurtrière qui a choqué la France. Après neuf mois de traque, il a été arrêté en Roumanie le 22 février 2025.

Jeunesse et premiers délits

Fils d'immigrés algériens, Mohamed Amra grandit dans le quartier populaire de la Sablière à Rouen. Sa scolarité est difficile et il est renvoyé de son collège avant de décrocher en troisième. Dès l'âge de 11 ans, il commet ses premiers délits, ce qui conduit à son placement en centre éducatif renforcé (CER). À 13 ans, il commet ses premiers vols aggravés. C'est à cette époque qu'il hérite de son surnom, "La Mouche", car il ne restait jamais en place.

Un casier judiciaire qui s'alourdit

Entre 2009 et son évasion, Mohamed Amra a été condamné 15 fois, principalement pour des faits de délinquance contre les biens ou des délits routiers. Sa première condamnation remonte à 2009 pour vol en réunion. Ces actions lui valent des allers-retours incessants en prison, avec une détention "presque tous les ans depuis 2014".

En 2013, il est condamné à deux reprises pour conduite sans permis, ainsi que pour recel. Un an plus tard, il écope de deux ans de prison, dont 16 mois avec sursis pour tentative de vol avec effraction. En 2015, il est condamné six mois de prison pour outrages et refus d’obtempérer, puis à trois mois de ferme pour remise d’objets à un détenu.

Malgré ce lourd casier judiciaire, son avocat souligne qu'il n'a jamais décelé chez lui un profil dangereux. Il décrit ses condamnations comme étant "essentiellement des vols et des problèmes de conduite, donc rien qui n'attire particulièrement l’attention".

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Implication croissante dans le crime organisé

À partir de 2015, l'activité délictuelle de Mohamed Amra "dérive vers la violence". Des poursuites ultérieures noircissent son profil judiciaire : séquestration de plusieurs personnes en 2019, tentative de meurtre en 2021.

Sa mise en examen en septembre 2023, pour complicité de meurtre en bande organisée, constitue "le marqueur judiciaire de sa véritable envergure de délinquant impliqué dans la criminalité organisée". Les faits remontent au 17 juin 2022, date à laquelle il aurait participé au meurtre depuis sa cellule du centre pénitentiaire Paris-La Santé.

Dans le cadre de cette information judiciaire, sa cellule est sonorisée, signe "d’une dangerosité grandissante". Les écoutes révèlent qu'il parvient à poursuivre "ses activités de trafic de produits stupéfiants en ayant recours à la plus grande violence" depuis la prison. Il est soupçonné d'avoir commandité des meurtres liés à ces trafics et d'être à la tête d'un réseau.

Détention et tentatives d'évasion

Mohamed Amra est incarcéré à la maison d’arrêt d’Évreux à partir de janvier 2022, en exécution de plusieurs peines. Trois mois d'emprisonnement prononcés le 14 avril 2020 pour rodéos motorisés. Trois ans d’emprisonnement prononcés le 5 janvier 2022 pour plusieurs infractions dont association de malfaiteurs criminelle, extorsion, vol par effraction et violence avec arme. Et enfin 18 mois d'emprisonnement prononcés le 7 mai pour vol par effraction aggravé.

Durant sa détention, il exploite les "failles" de la prison de La Santé, où il possède téléphones portables et produits stupéfiants en cellule. Il est plusieurs fois envoyé au quartier disciplinaire.

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Transféré à Marseille à partir du 26 septembre 2023, il est placé à l’isolement, change une à deux fois par mois de cellule, et fait l’objet de fouilles. Son escorte passe à un "niveau réservé aux personnes détenues dont le profil requiert une sécurisation particulière (…) et qui implique la présence de trois agents et un conducteur".

De retour à Évreux en avril 2024, il est placé sous surveillance renforcée le 5 mai 2024, et change de cellule "tous les trois jours". Les personnels découvrent qu’il en a photographié les barreaux. Le 13 mai, sa cellule est fouillée: un barreau a été scié.

L'évasion sanglante d'Incarville

Le 14 mai 2024, Mohamed Amra s'évade lors de l'attaque d'un fourgon pénitentiaire au péage d'Incarville (Eure). Un commando lourdement armé attaque le véhicule, tuant deux agents pénitentiaires et blessant trois autres.

L'attaque a lieu sur le trajet qui ramenait Mohamed Amra à la maison d’arrêt d'Évreux, après un interrogatoire par le juge d’instruction de Rouen. "Ses complices ont tiré sur les escortes à l'arme lourde", avait indiqué Eric Dupond-Moretti, le ministre de la Justice de l'époque.

Cette évasion spectaculaire et sanglante choque la France et lance une vaste opération de recherche pour retrouver Mohamed Amra et ses complices.

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Traque et arrestation

Après l'évasion, Interpol diffuse rapidement une notice rouge à l'encontre de Mohamed Amra, un avis de recherche international adressé aux 196 pays membres d'Interpol.

Après neuf mois de cavale, Mohamed Amra est arrêté en Roumanie le 22 février 2025. Son arrestation marque la fin d'une longue traque et soulève des questions sur les circonstances de son évasion et les complicités dont il a pu bénéficier.

Conséquences et enquête

L'évasion de Mohamed Amra et la mort des deux agents pénitentiaires ont conduit à une enquête approfondie sur les failles de sécurité et les dysfonctionnements au sein de l'administration pénitentiaire. L'enquête vise également à déterminer les responsabilités et à identifier les complices de Mohamed Amra.

Plusieurs personnes ont été mises en examen dans le cadre de cette affaire, portant à 41 le nombre total de mises en examen.

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