L'utilisation de myorelaxants, et plus particulièrement du thiocolchicoside (présent dans le Miorel), pendant l'allaitement suscite des interrogations légitimes. Cet article vise à fournir des informations claires et structurées pour aider à prendre une décision éclairée, en tenant compte des données scientifiques et des recommandations officielles.

Myorelaxants : Qu'est-ce que c'est ?

Les myorelaxants sont des médicaments destinés à réduire la tonicité musculaire. Ils sont couramment prescrits pour soulager les contractures musculaires douloureuses, telles que les maux de dos (lumbago), les torticolis ou les courbatures. Ils agissent en détendant les muscles et en réduisant la douleur associée.

Le Thiocolchicoside (Miorel) : Particularités et risques

Le thiocolchicoside, commercialisé notamment sous le nom de Miorel, est un myorelaxant. Il est utilisé comme traitement d’appoint des contractures musculaires douloureuses en pathologie rachidienne aiguë, chez les adultes et les adolescents à partir de 16 ans. Son efficacité est parfois controversée.

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a émis des mises en garde concernant le thiocolchicoside en raison de son potentiel génotoxique. Des études précliniques ont montré que l’un des métabolites du thiocolchicoside (SL59.0955) induit de l’aneuploïdie (soit un nombre anormal de chromosomes dans les cellules après division cellulaire) à des concentrations proches de celles observées chez l’homme lors de l’administration par voie orale du thiocolchicoside aux doses maximales recommandées de 16 mg par jour (8 mg 2 fois par jour).

L’aneuploïdie est reconnue comme un facteur de risque de tératogénicité, d’embryofœtotoxicité, d’avortement spontané et d’altération de la fertilité masculine tout comme un facteur de risque potentiel de cancer.

Lire aussi: Comprendre le lien entre règles et allaitement

En conséquence, le thiocolchicoside est contre-indiqué pendant la grossesse, l'allaitement, et chez les femmes et les hommes en âge de procréer qui n’utilisent pas de contraception efficace pendant le traitement. Cette contraception « doit être maintenue après l’arrêt du traitement pendant 1 mois pour les femmes et 3 mois pour les hommes », rappelle l’ANSM.

Myorel et allaitement : Les risques potentiels

La principale préoccupation concernant l'utilisation de myorelaxants pendant l'allaitement est le passage potentiel du médicament dans le lait maternel et ses effets sur le nourrisson. Les données sur le passage du thiocolchicoside dans le lait maternel sont limitées. Cependant, compte tenu des risques potentiels liés à la génotoxicité du thiocolchicoside, son utilisation est contre-indiquée pendant l'allaitement.

Les effets secondaires possibles chez le nourrisson comprennent :

  • Troubles digestifs : Diarrhées, nausées.
  • Somnolence : Le médicament peut rendre le bébé somnolent ou léthargique.
  • Réactions allergiques : Bien que rares, des réactions allergiques sont possibles.

Que faire si un myorelaxant est prescrit pendant l'allaitement ?

Si un médecin prescrit un myorelaxant, en particulier du thiocolchicoside, pendant l'allaitement, il est crucial d'avoir une discussion approfondie avec lui. Plusieurs options peuvent être envisagées :

  1. Discuter des alternatives : Évaluer s'il existe d'autres traitements non médicamenteux ou des médicaments compatibles avec l'allaitement. Dans le cas d'un lumbago, un traitement par AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) seul pourrait être suffisant.
  2. Suspendre temporairement l'allaitement : Si le myorelaxant est indispensable, il peut être nécessaire de suspendre temporairement l'allaitement pendant la durée du traitement. Il est important de tirer son lait régulièrement pour maintenir la lactation et pouvoir reprendre l'allaitement après l'arrêt du médicament. Le lait tiré pendant le traitement doit être jeté.
  3. Choisir le moment de la prise : Si la suspension de l'allaitement n'est pas envisageable, il est préférable de prendre le médicament juste après la dernière tétée du soir (s'il n'y a pas de tétée nocturne) pour minimiser l'exposition du bébé.

Conseils pour gérer la douleur et l'allaitement

Dans le cas présenté, une mère souffrant de lumbago et allaitant un bébé de 16 mois se questionne sur la prise de Miorel. Voici quelques conseils adaptés à sa situation :

Lire aussi: Comment choisir un soutien-gorge d'allaitement pas cher ?

  • Évaluer la nécessité du traitement : L'efficacité des myorelaxants étant parfois controversée, il est pertinent de commencer par un traitement anti-inflammatoire seul.
  • Limiter les tétées sans les supprimer complètement : La solution de limiter les tétées, en supprimant celle du soir ou en la réduisant, et en limitant celles de la journée pendant le week-end, peut être un compromis acceptable. Cependant, il est important de peser les bénéfices potentiels par rapport aux risques pour le bébé.
  • Tirer son lait : Si la prise de myorelaxant est maintenue, il est conseillé de tirer son lait pendant la durée du traitement et de le jeter, afin de maintenir la lactation.
  • Surveiller les réactions du bébé : Si la mère choisit de continuer à allaiter pendant la prise du médicament, il est essentiel de surveiller attentivement le bébé pour détecter tout signe de somnolence, de troubles digestifs ou de réaction allergique.
  • Ne pas hésiter à demander un deuxième avis médical : En cas de doute, il est toujours préférable de consulter un autre médecin ou un spécialiste de l'allaitement pour obtenir un avis éclairé.

Alternatives non médicamenteuses pour soulager les maux de dos

Il existe plusieurs alternatives non médicamenteuses pour soulager les maux de dos pendant l'allaitement :

  • Repos : Se reposer autant que possible, en évitant les mouvements brusques et les positions inconfortables.
  • Application de chaud/froid : Appliquer une bouillotte chaude ou une poche de glace sur la zone douloureuse peut aider à soulager la douleur et l'inflammation.
  • Exercices d'étirement et de renforcement musculaire : Des exercices doux d'étirement et de renforcement musculaire peuvent aider à améliorer la posture et à prévenir les douleurs dorsales. Il est conseillé de consulter un kinésithérapeute pour apprendre les exercices appropriés.
  • Ostéopathie/Chiropratique : Ces thérapies manuelles peuvent aider à rétablir l'équilibre du corps et à soulager les tensions musculaires.
  • Acupuncture : L'acupuncture peut être une option pour soulager la douleur.
  • Ergonomie : Adopter une bonne posture lors de l'allaitement et utiliser un coussin d'allaitement peut aider à réduire les tensions dans le dos.

Lire aussi: Tétine et allaitement mixte

tags: #miorel #et #allaitement #avis

Articles populaires: