Au bord de la Sèvre Niortaise, à La Crèche, la minoterie Boiron s'apprête à cesser sa production de farine, marquant la fin d'une époque. Gaëtan Boiron, meunier de père en fils, a pris la décision de fermer ce moulin familial après des années de service, faute de repreneur. Cette fermeture représente la disparition d'un savoir-faire local et d'un élément du patrimoine de la région.
Un Moulin Familial Chargé d'Histoire
Le moulin de Boiron a transformé des centaines de tonnes de farine au fil des décennies. Racheté par les parents de Gaëtan Boiron au début des années 1980, il a ensuite repris le flambeau à la fin des années 1990, lors de leur départ à la retraite. La minoterie Boiron, c'est avant tout une entreprise familiale qui a fait travailler trois personnes. Le bâtiment, doté de cylindres depuis les années 1930, témoigne d'une longue tradition meunière.
Gaëtan Boiron exprime son regret de voir disparaître une partie du patrimoine local. Il avait cherché pendant trois ans un repreneur pour assurer la pérennité de l'activité, mais en vain.
Un Savoir-Faire Local à Transmettre
Gaëtan Boiron est animé par la volonté de transmettre son savoir-faire. Il souligne qu'une formation à l'école nationale supérieure de meunerie à Surgères est possible pour ceux qui souhaitent se lancer dans ce métier. Il apprécie particulièrement le contact avec les artisans boulangers indépendants et les particuliers, des relations qu'il regrettera sans doute.
La minoterie Boiron est membre du groupement "Petits Moulins de France", qui rassemble des meuniers indépendants. Elle travaille exclusivement avec des blés de Poitou-Charentes, gage de qualité et d'attachement au terroir. Le moulin produit différentes farines : T45 (pâtissière), T65, T80 (semi-complète) et T150 (complète), ainsi que des farines pour pains spéciaux et préparations pâtissières. La production annuelle s'élève à 1000 tonnes de farine. La minoterie vend sa production directement sur place aux professionnels et aux particuliers, ainsi que dans une dizaine de magasins autour de La Crèche.
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L'Évolution du Métier de Meunier
Le métier de meunier a connu de profondes transformations au fil du temps. Jusqu'à la seconde moitié du 19e siècle, la production de farine était assurée par de nombreux petits moulins à eau et à vent. La modernisation des moulins à blé hydrauliques entre 1830 et 1880 a entraîné une augmentation significative de leur productivité.
Autrefois, le travail s'apprenait sur le tas, souvent en étant couplé à celui d'exploitant de ferme. Désormais, il existe des écoles de meunerie, comme celle de Surgères, accessibles dès la classe de 3e. Le métier consiste à s'approvisionner en blé, le nettoyer, le calibrer, le stocker, le préparer en l'humidifiant, le laisser reposer, le mouiller une seconde fois, puis fabriquer la farine grâce à une succession de passages dans les broyeurs, convertisseurs et tamiseurs, et enfin la conditionner.
L'aspect technique du métier est important, car il est nécessaire d'entretenir le matériel et de savoir réparer les petites pannes des machines. L'entraînement par une roue hydraulique a été progressivement remplacé par des moteurs thermiques, puis par l'électricité. Les machines ont relativement peu évolué, et des équipements anciens restent performants.
Le minotier-meunier entretient des relations étroites avec l'agriculteur céréalier et l'artisan boulanger. Il doit analyser le blé pour corriger ses éventuelles imperfections et produire une farine de qualité. La traçabilité est une contrainte importante, et l'informatisation a créé de nouveaux métiers au sein des minoteries.
Les Défis et les Joies du Métier
Le métier de meunier présente des contraintes, comme le travail de nuit et les changements d'horaires. Cependant, il offre également des satisfactions, comme la diversité des tâches et le contact avec les clients.
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Entre les années 1970 et 1980, la diversification des farines a entraîné une diminution des quantités produites par type. Parallèlement, les boulangers ont réduit la taille de leurs pétrins et ont développé la fabrication de pains moins gros, comme la baguette. La farine, autrefois livrée en sacs de 80 ou 100 kg, est aujourd'hui ensachée par 50 kg, voire 25 kg, pour faciliter le stockage.
Gaëtan Boiron apprécie la diversité de son travail : "Entre la réparation des pièces usées, la livraison et la vente, ce n'était pas monotone." Il souligne également l'importance de la transmission du savoir-faire : "À 85 ans, je travaille encore avec mon fils parce que cela me tient en forme. J'ai appris le métier en sortant de l'école à 15 ans avec mon père, né en 1900, de la même manière que mon fils l'a appris avec moi."
La Minoterie Boiron et son Environnement
La minoterie Boiron est située dans un environnement riche en histoire et en traditions. La Crèche et ses environs offrent un patrimoine varié, allant des églises aux châteaux en passant par les moulins.
Les lycéens du lycée professionnel niortais Thomas-Jean-Main ont eu l'occasion de découvrir la minoterie Boiron et son rôle dans la filière blé-farine-pain. Cette visite pédagogique leur a permis de comprendre l'importance des circuits courts et de la qualité dans l'alimentation.
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