Le verglas est un phénomène météorologique insidieux qui se manifeste par une fine pellicule de glace transparente recouvrant le sol. Cette couche, souvent imperceptible à l'œil nu, transforme les surfaces en patinoires, augmentant considérablement les risques de chutes et d'accidents de la circulation. Comprendre les mécanismes de formation du verglas est essentiel pour anticiper les dangers et adopter des comportements adaptés.

Les Conditions Météorologiques Favorables au Verglas

Le verglas se forme dans des conditions météorologiques bien spécifiques, généralement en période froide. Plusieurs scénarios peuvent conduire à sa formation :

  • Précipitations verglaçantes : En hiver, les précipitations peuvent se produire sous forme de pluie, de neige ou de pluie verglaçante. Le type de précipitation dépend du profil vertical de la température dans l'atmosphère. Si la température est proche ou inférieure à 0 °C sur l'ensemble de la masse d'air située entre la base du nuage et le sol, les précipitations se font sous forme de neige. Cependant, dans de rares cas, une couche d'inversion peut se produire, où une masse d'air plus douce (températures positives) surplombe une pellicule d'air froid (températures négatives) près du sol. Dans ce cas, les précipitations tombent sous forme de neige en altitude, puis fondent en traversant la couche d'air plus chaude avant de geler au contact du sol froid.
  • Fonte et regel : Après la fonte, puis le regel d'une couche de neige, il peut se former du verglas.
  • Brouillards givrants : Les brouillards givrants peuvent déposer du givre au niveau du sol, rendant les chaussées glissantes.
  • Pluie sur sol gelé : De la pluie tombant sur une surface dont la température est inférieure à 0°C peut geler instantanément et former une couche de verglas.
  • Gel soudain d'une surface humide : L'humidité présente sur une surface (par exemple, après la pluie ou la fonte de la neige) peut geler brusquement si la température chute rapidement en dessous de zéro.

Les météorologues expliquent que le verglas se produit principalement lorsque l’air froid venant du nord ou de l’est rencontre des vents doux en provenance de l’ouest. Si la neige arrive, tombant dans la couche d’air chaud, elle dégèlera puis tombera comme de la pluie. Une fois qu’elle atteindra le sol, elle gèlera immédiatement, donnant naissance au verglas. La « glace noire » soudaine peut également être causée par la pluie tombant sur une surface froide ou le gel soudain d’une surface humide.

Les Différents Types de Givrage

Outre le verglas, d'autres types de givrage peuvent se former, notamment sur les aéronefs. Comprendre ces différents types est crucial pour la sécurité aérienne. On distingue principalement trois types de givrage :

  • Givre cristallin : Il se présente sous forme d’aiguilles, d’écailles ou de plumes, ce qui le rend friable. Il se forme par condensation solide, c'est-à-dire par passage direct de la vapeur d’eau en cristaux de glace. Il se produit généralement par temps anticyclonique en hiver, par nuits froides et peu ventées. Le givre cristallin peut se former au sol sur un avion au parking par des températures froides, ou lors d’une descente ou d’une montée rapide dans une couche humide lorsque l’avion est froid.
  • Givre blanc ou givre mou : Il est blanc et opaque, plutôt friable et fragile. Il se forme sur une surface froide, dans un milieu nuageux homogène froid. Les gouttelettes en surfusion congèlent très rapidement et emprisonnent beaucoup d’air en touchant l’avion. Le givre s’accumule en pointe sur les parties exposées (bords d’attaque, etc.) et s’étend vers l’avant.
  • Glace claire ou dure : Elle est homogène, lisse, transparente, compacte et très solide en raison de l’absence d’inclusion d’air. Elle se forme sur une surface froide, dans un milieu nuageux homogène, où les gouttelettes en surfusion s’étalent et congèlent lentement. La glace claire peut créer des formes et se produit généralement lors de perturbations météorologiques.

Le Givrage des Aéronefs : Un Danger Majeur

Le givrage est un phénomène particulièrement dangereux pour les aéronefs. Laisser le givrage s’installer sur un aéronef, c’est perdre le contrôle de la configuration aérodynamique de l’avion. Le givrage est dû à la présence d’eau sous forme liquide à des températures négatives. En impactant l'avion, elle se transforme en glace : il y a accrétion. Le givrage modifie le profil de l'aile (diminution de la portance, augmentation de la traînée) et l'accumulation de la glace sur la cellule augmente le poids de l'avion. Pour les avions munis de moteurs à piston, il y a le givrage du carburateur.

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Lorsque la température est faiblement négative, il reste de l'eau liquide (dite en surfusion) dans les nuages. Au contact de l'avion, ces gouttelettes en surfusion se congèlent. Entre 0° et -12°/-15°C très peu d’aérosols constituent des noyaux glaçogènes. L’eau condensée est majoritairement liquide et surfondue. La congélation est le processus par lequel l’eau passe de son état liquide à son état solide. Les gouttelettes liquides ne se congèlent pas nécessairement à 0 °C ; elles peuvent rester à l’état surfondu, c'est-à-dire sous forme de gouttes liquides à température négative. Les noyaux glaçogènes sont tous actifs à partir de - 35 °C. On peut considérer que le potentiel givrant est nul en dessous de - 35 °C. La taille des gouttelettes nuageuses conditionne l’accrétion (captation, forme et zone contaminée) et donc la sévérité.

L’état de surface de l’aile est modifié par la présence de contaminants givrés qui, en fonction de leur rugosité, peuvent affecter gravement les caractéristiques de l’aile. Par contre, si un dépôt de glace se forme dans les fentes des volets de bord de fuite ou aux alentours de ces fentes, il peut se produire un déplacement considérable des courbes de Cz en fonction de l’incidence (i), ce qui signifie qu’il faut considérablement augmenter l’incidence pour obtenir le coefficient de portance correspondant à une vitesse d’approche donnée.

Pour lutter contre le givrage, on utilise des techniques de dégivrage et d'antigivrage. Le dégivrage s'impose quand les avions sont couverts de neige, de givre ou de glace. Ce traitement curatif consiste à nettoyer l'avion en associant à l'eau chaude, le produit est destiné à éviter un regel immédiat de l'humidité résiduelle refroidie. L'antigivrage consiste à pulvériser sur tout ou partie de l'avion propre, une fine couche de liquide à température ambiante.

Les Dangers du Verglas pour la Circulation Routière et Piétonne

Le verglas est l’un des pièges hivernaux les plus dangereux. Cette mince couche de glace est souvent imperceptible à l'œil nu, ce qui la rend d'autant plus dangereuse. Elle peut se former sur les routes, les trottoirs, les ponts, et même sur des surfaces inclinées, augmentant considérablement les risques de chutes ou d'accidents.

Les conditions de froid extrême peuvent affecter la circulation routière et la sécurité des piétons et des automobilistes. L’une des situations les plus dangereuses pour ceux qui conduisent pendant les mois les plus froids est de tomber sur des plaques de glace invisibles. Lorsqu’un trottoir ordinaire ou les rues d’une ville se transforment soudainement en une surface de glace lisse comme un miroir, personne ne souhaite tomber dessus.

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La « glace noire » ou verglas est en fait un phénomène météorologique assez classique en France, notamment au nord de la Loire et dans l’Est.

Comment Se Protéger du Verglas

Face aux dangers du verglas, il est essentiel d'adopter des mesures de prévention et de prudence :

  • Informez-vous sur les prévisions météorologiques : Avant de vous déplacer, consultez les prévisions météorologiques pour anticiper les risques de verglas.
  • Adaptez votre conduite : En cas de verglas, réduisez votre vitesse, augmentez les distances de sécurité et évitez les manœuvres brusques.
  • Soyez prudent en tant que piéton : Marchez lentement, utilisez des chaussures antidérapantes et soyez attentif à votre environnement.
  • Équipez votre véhicule : Utilisez des pneus hiver ou des chaînes à neige si nécessaire.
  • Salez ou sablez les surfaces : Pour prévenir la formation de verglas sur les trottoirs et les allées, utilisez du sel de déneigement ou du sable.

La Formation de la Glace sur les Étangs et les Lacs

L'hiver apporte les premières gelées et les étangs gelés deviennent une scène à ciel ouvert pour les patineurs et les amateurs de hockey. Mais attention à la sécurité. Une nuit sous le point de congélation ne signifie pas que de la glace est présente sur un étang, un lac ou une autre étendue d'eau. Ce n'est pas pour rien que l'expression "patiner sur une glace fine" est associée à un comportement de jeu.

Avant de nous plonger dans les détails, il est essentiel de rappeler qu'aucune surface de glace n'est sûre à 100 %. Par exemple, fais attention aux zones qui ont gelé, dégelé et regelé. Le processus de formation de la glace est influencé par plusieurs facteurs, notamment la température, les courants d'eau, le vent et l'enneigement. Généralement, après deux à trois semaines de températures glaciales, une solide couche de glace commence à se former sur ton étang ou ton lac. Cependant, ces basses températures ne sont pas les seuls facteurs qui influencent la formation de la glace. Pour pouvoir envisager de pénétrer dans un étang gelé, il est bon que la température ne dépasse pas -5 °C pendant au moins 5 jours.

La qualité de la glace est un facteur déterminant de la sécurité. Lorsque tu inspectes la glace, recherche des bulles, de la neige emprisonnée et des crevasses. La couleur de la glace est également un indicateur essentiel de sa qualité et de sa solidité. Une glace bleue est plus solide qu'une glace pâle ou blanche, qui signifie la présence de poches d'air et d'autres défauts. Après s'être assuré de la qualité de la surface de la couche de glace, l'étape suivante consiste à vérifier son épaisseur. La couche de glace la plus fine se trouve toujours au centre et sur les bords près du rivage. En règle générale, une couche de glace inférieure à 7,6 cm est trop fine pour que la plupart des gens puissent marcher dessus. Même avec une couche de glace plus épaisse, sois prudent. Ce n'est pas une mauvaise idée d'avoir une bouée de sauvetage ou un dispositif de flottaison à portée de main au cas où quelqu'un tomberait à travers la glace et commencerait à se noyer. Par conséquent, une autre règle de base consiste à ne pas pénétrer seul dans la zone gelée. Aie toujours un groupe d'amis autour de toi lorsque tu vas sur la glace. Et ne prends jamais de risques. Si tu n'es pas sûr de la qualité de la glace, reste à terre. Selon la Croix-Rouge canadienne, il est préférable de secourir une personne échouée depuis le rivage, et non depuis la glace. Même si tu ne transporteras pas de bouées de sauvetage, etc, veille toujours à avoir une longue perche ou un long bâton solide au bord. Tente de tourner dans le sens où tu es arrivé sur la glace.

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La Formation des Glaciers

Les glaciers se forment à partir de la neige accumulée sur plusieurs siècles, voire millénaires, et suivent un processus complexe qui implique plusieurs étapes :

  1. Accumulation de la neige : La formation des glaciers commence dans des régions où les températures sont suffisamment basses pour qu'il neige en grande quantité et où la neige persiste toute l'année. Cela se produit généralement dans les régions polaires ou en haute montagne. Au fil du temps, la neige s'accumule en couches superposées.
  2. Transformation en névé : En raison du poids des nouvelles couches de neige, les couches inférieures commencent à se tasser et à se compacter. À ce stade, la neige devient plus dense, perdant de l'air et se transformant en une forme granuleuse appelée névé. Ce processus de compaction prend souvent plusieurs années.
  3. Formation de la glace : Avec l'accumulation continue de la neige et l'augmentation de la pression, les grains de névé se compactent encore plus. Les bulles d'air sont progressivement expulsées, et la masse devient de plus en plus dense. Après environ 30 à 100 ans (ou plus selon les conditions), le névé se transforme en glace de glacier, une glace très dense et solide. La glace des glaciers a une structure cristalline unique due à la pression, et elle est capable de se déformer très lentement sous son propre poids.
  4. Mouvement du glacier : Lorsque la glace devient suffisamment épaisse, généralement à partir d'une épaisseur de 30 mètres, elle commence à se déplacer sous l'effet de la gravité. Ce mouvement se produit en deux étapes :
    • Glissement basal : La glace peut fondre légèrement à la base du glacier en raison de la pression intense, créant une fine couche d'eau qui lubrifie la surface. Cela permet au glacier de glisser lentement sur le sol.
    • Déformation interne : Sous la pression exercée par le poids de la glace, les cristaux de glace à l'intérieur du glacier se déforment lentement. Ce mouvement interne permet au glacier de "couler" lentement vers des altitudes plus basses.
  5. Types de glaciers : Il existe différents types de glaciers en fonction de leur taille et de leur emplacement :
    • Glaciers de vallée : Ils se forment dans des vallées montagneuses et descendent lentement le long des pentes.
    • Calottes glaciaires : Ce sont de vastes glaciers couvrant une grande surface, comme ceux du Groenland et de l'Antarctique.
    • Glaciers de cirque : De plus petites masses de glace formées dans des dépressions naturelles sur les montagnes.

Défis Scientifiques Autour du Givrage

Si la compréhension du givrage ne pose pas apparemment de problèmes physiques fondamentaux, le contrôle de son apparition et de sa formation, de même que sa dynamique d’évolution, reste encore mal compris. En particulier, des questions aussi simples que l’épaisseur de givre formé ou les propriétés d’adhésion des structures de glace créées font intervenir le couplage entre plusieurs phases (essentiellement eau liquide et glace, mais quelquefois le taux d’humidité) ou les propriétés des matériaux sur lesquels le givre se forme.

Au-delà du verglas qui perturbe la circulation, le givre peut clouer au sol un avion pour lequel le dégivrage sera long, impliquant souvent l’emploi de produits chimiques coûteux et polluants. En vol, il peut se former sur la carlingue et affecter l’aérodynamique de l’avion ou, plus grave encore, altérer les sondes de pression cruciales pour le bon fonctionnement de l’avion. Le dépôt de givre sur une éolienne conduit souvent à l’arrêt de celle-ci et là également il faut mettre en œuvre des dispositifs complexes et coûteux pour y remédier.

Pour illustrer simplement cette interaction entre hydrodynamique et solidification, on peut regarder comment une goutte d’eau déposée sur une surface très froide, par exemple un bloc de métal, gèle, conduisant à la formation inattendue d’une pointe de glace au sommet de la goutte ! Au début, on observe un front de solidification presque plat se propager dans la goutte à partir du substrat. La vitesse de propagation de ce front peut se comprendre simplement : la chaleur latente relâchée lors de la solidification est absorbée par le substrat par diffusion au travers de la couche de glace, ce qui conduit à une croissance en racine du temps de la couche de glace. Lors de cette croissance, c’est la condition de mouillage de l’eau sur la glace qui engendre la formation de la pointe de glace à la fin de la solidification.

On peut comme second exemple s’intéresser aux structures de glace qui se forment lorsqu’une goutte d’eau impacte une surface très froide (par exemple une aile d’avion au sol ou une pale d’éolienne en hiver). La goutte d’eau s’étale lors de l’impact, alors qu’une mince couche de glace se forme au contact du substrat. Ensuite, après un temps de latence, le film d’eau non encore gelé se rétracte sur la couche de glace pour former in fine deux structures distinctes suivant, selon le cas étudié, la température de la plaque : à température moins basse, l’eau restante forme une goutte qui en solidifiant forme un dôme et l’allure finale de la goutte gelée ressemble à celle d’un œuf sur le plat. Mais attention ! Ce dôme n’est pas vraiment sphérique : il possède une pointe à son sommet, réminiscence de la dynamique de solidification décrite ! À température plus basse en revanche, le film liquide est stoppé lors de sa rétractation par le gel au centre du film et on observe la formation d’un demi-anneau de glace sur la couche fine de glace initiale.

Ces structures une fois formées, il reste à savoir si elles sont stables ou, plus précisément, si elles restent accrochées à la plaque ou si elles peuvent facilement s’en détacher, évitant ainsi l’altération des propriétés aérodynamiques du substrat par exemple. En effet, une fois gelée, la goutte reste au contact de la plaque, qui est à très basse température, et la glace continue donc de se refroidir, engendrant sa contraction. Cette contraction n’est pas compatible avec l’adhésion sur le substrat et on peut, suivant la température et la nature du substrat, obtenir la déstabilisation de la structure de deux manières très différentes. Dans d’autres cas, on observe au contraire la formation de fissures, apparaissant plus ou moins brutalement suivant la température de la plaque.

Pour finir, lorsque l’eau coule sur une surface très froide, la glace qui se forme est cette fois alimentée continûment par le filet d’eau qui va donc geler en s’écoulant. Cette situation peut se retrouver pendant les phases de dégivrage des ailes d’avion par exemple, où un chauffage est appliqué localement et entraîne la formation de filets liquides qui peuvent éventuellement regeler sur les zones plus froides (non chauffées) de l’aile. Dans ce cas, les échanges thermiques entre la paroi et le film liquide conduisent à l’évolution de la couche de glace via la chaleur relâchée par la solidification, et la formation d’une couche limite thermique dans le film liquide.

Les géométries des structures de glace formées lorsqu’un écoulement est au contact d’une surface très froide varient donc fortement en fonction des paramètres à la fois de l’écoulement et du substrat. Leur compréhension impose de considérer le couplage entre thermique et mécanique des fluides et des solides, afin de pouvoir, par exemple, calculer leur stabilité mécanique.

La Métamorphose de la Neige

C’est lorsque le refroidissement continu (environ -12 °C) que vont venir s'agglomérer ces particules d’eau sur d’autres particules contenues dans le nuage : du sable, de la poussière, pollution, cendre, etc. Chaque cristal possède des caractéristiques résultant de sa métamorphose, en gros le cristal est une chenille qui devient papillon !

  • Cohésion de feutrage : les dendrites (extrémités des cristaux de neige fraiche), s’enchevêtrent les unes aux autres. La cohésion est fragile.
  • Cohésion de frittage : des ponts de glace se créent entre les grains. La cohésion est bonne (ex.
  • Cohésion de regel : Le manteau neigeux a subit une humidification (augmentation de température, pluie) puis un refroidissement. Il se peut qu’il n’y ait aucune cohésion entre les grains (gobelets, faces planes).

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