L'allaitement est une période spéciale et cruciale pour la santé du nourrisson. Cependant, les jeunes mamans peuvent être confrontées à divers problèmes de santé, notamment les maux de tête, qui nécessitent parfois un traitement médicamenteux. Il est donc essentiel de connaître les médicaments autorisés et ceux à éviter pendant l'allaitement afin de protéger la santé du bébé.
Migraine et grossesse : une amélioration possible
Il est fréquent de constater une amélioration de la migraine pendant la grossesse, voire une disparition des crises chez la majorité des femmes à la fin du premier trimestre. La stabilisation des taux d’œstrogènes chez la femme enceinte a une action protectrice sur les vaisseaux sanguins. Pour les femmes qui notent une amélioration de la migraine pendant leur grossesse, la prise de médicaments peut être évitée.
Cependant, lors de crises sévères, un traitement est nécessaire car leur répétition peut présenter un danger pour le fœtus. Il est impératif d'éviter toute prise d'antimigraineux pendant la grossesse sans l'avis d'un professionnel de santé.
Médicaments contre le mal de tête autorisés pendant l'allaitement
Plusieurs traitements de crise sont autorisés pendant l'allaitement, car ils ne passent qu'en faible quantité dans le lait maternel :
Paracétamol : L'utilisation du paracétamol est possible pour soulager une crise de migraine pendant l'allaitement. Il s'agit de l'antalgique et de l'antipyrétique de choix chez la femme allaitante. Il permet de soulager les maux de tête, les douleurs dentaires et de faire baisser la fièvre.
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Ibuprofène, kétoprofène et diclofénac : Ces anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) passent très faiblement dans le lait maternel et peuvent être utilisés pendant l'allaitement.
Aspirine (en prise unique) : L'aspirine peut être utilisée de façon ponctuelle et en prise unique au cours de l'allaitement.
Triptans (sumatriptan et élétriptan) : Les médicaments de la famille des triptans passent également dans le lait maternel. Le sumatriptan, première molécule développée de la classe des triptans, bénéficie de données de pharmacovigilance robustes et rassurantes.
Médicaments contre le mal de tête à éviter pendant la grossesse
Certains médicaments sont formellement contre-indiqués pendant la grossesse, notamment :
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : L'ibuprofène, le kétoprofène, le naproxène et l'aspirine sont formellement contre-indiqués, même en prise ponctuelle, à partir du cinquième mois de grossesse, quelles que soient la dose et la voie d'administration.
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Codéine : La codéine, un dérivé de la morphine, utilisée pour soulager la douleur ou la toux ne doit pas être utilisée.
Traitements de fond autorisés pendant la grossesse
Si un traitement de fond doit être mis en place ou poursuivi, les bêtabloquants (le propranolol et le métoprolol) peuvent être utilisés pendant la grossesse. L'amitriptyline peut également être utilisée, mais elle doit être arrêtée un mois avant le terme pour éviter un syndrome de sevrage chez le bébé.
En cas d’échec avec ces molécules, le pizotifène et l’oxétorone peuvent être une alternative mais le CRAT doit alors être contacté. La posologie du traitement de fond choisi sera la plus faible possible en tenant compte de l’efficacité et de la tolérance. La poursuite du traitement sera réévaluée au cours de la grossesse, en fonction de l’évolution. Il est d’usage d’arrêter le traitement au cours du 3ème trimestre.
Conseils importants pendant l'allaitement
Consultez toujours un professionnel de santé : Ne prenez aucun médicament sans l'avis de votre médecin, même ceux vendus sans ordonnance.
Privilégiez les médicaments compatibles avec l'allaitement : Votre médecin choisira un médicament compatible avec l'allaitement. La plupart le sont en réalité.
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Lisez attentivement la notice : La notice apporte des informations précieuses en cas de grossesse ou d'allaitement.
Evitez l'automédication : Il est essentiel de demander conseil à son médecin traitant, à sa sage-femme ou à son pharmacien avant de prendre tout médicament.
Prenez le médicament au bon moment : Evitez de prendre un médicament avant de nourrir votre bébé au sein afin de minimiser le risque de passage des molécules dans le lait maternel. Le meilleur moment de prise se situe le plus souvent juste après une tétée, bien que cette règle ne soit valable que pour les médicaments d’élimination rapide.
Adaptez les horaires de tétée : Votre médecin peut vous conseiller une adaptation des horaires de tétée de façon à ce que votre enfant tète au moment où le médicament est le plus faiblement présent dans le lait.
Envisagez un lait de substitution : Si le traitement est de courte durée, vous avez la possibilité de choisir un lait de substitution adapté à l’âge de votre enfant pendant la période d’interruption de l’allaitement.
Allaitement et maladies courantes
En cas de maladies courantes (grippe, bronchite, angine, gastro-entérite, etc.), interrompre l’allaitement ne se justifie pas. Au contraire, la maman transmet à son bébé des facteurs de défense qu’elle est en train de fabriquer contre le germe par l’intermédiaire du lait. Il faut veiller à bien se laver les mains et éviter les contacts salivaires avec le bébé pour ne pas le contaminer. Mettez un masque quand vous l’allaitez et vous occupez de lui.
La fièvre en soi n’est qu’un symptôme et ne justifie pas d’interrompre l’allaitement. La prise de paracétamol à dose habituelle est possible ainsi que tout traitement local comme spray nasal ou buccal. Si vous avez de la fièvre, il est préférable de consulter votre médecin afin d’en préciser l’origine. Si cette fièvre reste inexpliquée, votre médecin pourra décider de suspendre l’allaitement jusqu’au diagnostic.
Ressources utiles
Centre de Référence des Agents Tératogènes (CRAT) : Ce site internet est dédié au risque médicamenteux pendant la grossesse et l’allaitement. Il est régulièrement actualisé et est accessible librement en ligne. Il comporte des informations pratiques sur tous les médicaments y compris ceux vendus sans ordonnance qui peuvent également être contre-indiqués.
Guide de l’allaitement maternel : Ce guide est édité par l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES) et le Ministère de la santé.
L’allaitement de la première à la dernière tétée : CD-Rom réalisé par l’Association française de pédiatrie ambulatoire (AFPA) avec le concours des Lactariums de France et de l’Union régionale des médecins libéraux (URML).
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