L'Assistance Médicale à la Procréation (AMP), un domaine en constante évolution, est encadrée par des lois strictes pour protéger les individus impliqués, y compris les donneurs, les receveurs et les enfants à naître. En France, le cadre légal de l'AMP est précis, définissant qui peut y avoir accès et comment elle doit être pratiquée. Cet article explore les tenants et aboutissants de l'AMP illégale, en particulier lorsqu'un médecin choisit de contourner la loi, et met en lumière les risques considérables qui en découlent.

Qu'est-ce que l'Assistance Médicale à la Procréation (AMP) ?

L’AMP englobe les pratiques cliniques et biologiques qui permettent la conception in vitro, la conservation des gamètes, des tissus germinaux et des embryons, le transfert d'embryons et l'insémination artificielle. Elle est destinée à répondre à un projet parental, offrant une solution aux couples formés d'un homme et d'une femme ou de deux femmes, ainsi qu'aux femmes non mariées.

Le Cadre Légal de l'AMP en France

La loi encadre strictement l'AMP, notamment en ce qui concerne l'accès aux données des donneurs. Depuis la loi de bioéthique de 2021, entrée en vigueur le 1er septembre 2022, les personnes conçues par AMP avec tiers donneur ont le droit, à leur majorité, d'accéder aux données non identifiantes et à l'identité du tiers donneur, en contactant la Commission d’Accès des Personnes nées d’une Assistance médicale à la procréation aux Données des tiers Donneurs (CAPADD). Tout donneur consent à ce que la ou les personnes nées de son don aient accès à ses données identifiantes (DI) et non identifiantes (DNI). Ces données sont stockées dans le registre des donneurs de gamètes de l’Agence de la biomédecine et sont strictement personnelles.

L'AMP avec tiers donneur est soumise à des règles strictes. Le donneur majeur est dûment informé des dispositions législatives et réglementaires relatives au don de gamètes, et son consentement est recueilli par écrit, révocable à tout moment jusqu'à l'utilisation des gamètes. Les bénéficiaires de l'AMP avec tiers donneur sont informés des modalités d'accès aux données non identifiantes et à l'identité du tiers donneur par l’enfant devenu majeur, et sont incités à anticiper et créer les conditions qui leur permettront d’informer l’enfant, avant sa majorité, de ce qu’il est issu d’un don.

La conservation des embryons est également encadrée. Les couples ou femmes non mariées sont consultés annuellement sur le maintien ou non de leur projet parental. La conservation est interrompue si elle dure au moins cinq ans et si les personnes concernées ne répondent pas à deux reprises sur le maintien de leur projet parental. S’ils n’ont plus de projet parental, ils peuvent consentir par écrit à ce que les embryons conservés soient accueillis par un autre couple ou une autre femme.

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Les Conditions de Pratique de l'AMP

A l'exception de l'insémination artificielle et de la stimulation ovarienne, les actes cliniques et biologiques d’AMP doivent être effectués dans un établissement ou laboratoire autorisé à les pratiquer, avec des praticiens compétents. Toute violation de la loi constatée entraîne le retrait temporaire ou définitif des autorisations.

La loi prévoit également la préservation de la fertilité pour raison médicale. Toute personne dont la prise en charge médicale est susceptible d'altérer la fertilité peut bénéficier du recueil ou du prélèvement et de la conservation de ses gamètes ou de ses tissus germinaux en vue de la réalisation ultérieure d'une AMP. Le recueil, le prélèvement et la conservation sont subordonnés au consentement de l'intéressé, ou de l'un des parents pour les mineurs.

L'autoconservation des gamètes sans raison médicale est également possible pour toute personne majeure, après une prise en charge médicale par l'équipe clinicobiologique pluridisciplinaire. Le prélèvement d'ovocytes peut être réalisé chez une personne à compter de son vingt-neuvième anniversaire et jusqu'à son trente-septième anniversaire, et le recueil de spermatozoïdes peut être réalisé chez une personne à compter de son vingt-neuvième anniversaire et jusqu'à son quarante-cinquième anniversaire.

Les Risques de la PMA Illégale

La PMA illégale, souvent motivée par un désir d'accès plus rapide ou moins coûteux à l'AMP, ou par la volonté de choisir son donneur, expose les personnes concernées à de nombreux risques.

Risques Légaux

L'insémination artisanale, réalisée en dehors de tout cadre médical avec le sperme d’un donneur souvent trouvé sur Internet, est illégale en France et pénalement répréhensible. L’article 511-12 du Code pénal dispose que toute insémination faite en dehors du cadre légal est une infraction punie d’une peine maximale de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende.

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Risques Sanitaires

Le sperme utilisé pour une insémination artisanale n’est pas analysé, contrairement à ce qui se passe dans le cadre légal de l'AMP. Cela expose les receveuses à des risques de maladies sexuellement transmissibles (MST). En cas de transmission d’une MST, il est difficile de se retourner contre le donneur, car l’insémination artisanale étant illégale, la faute est partagée.

Risques Liés à la Filiation

La loi sur l’AMP par don de gamètes protège les donneurs agréés, qui n'ont aucune obligation envers l’enfant et ne peuvent faire l'objet d'une demande de reconnaissance de paternité. En revanche, le donneur clandestin est considéré par la loi comme le père. L’enfant pourra à tout moment réclamer une reconnaissance de paternité, et la femme peut exercer une action en recherche de paternité et demander le versement d’une pension alimentaire. Le donneur peut également décider de reconnaître l’enfant, même des années après sa naissance.

Absence de Protection Juridique

Les contrats signés entre donneurs et receveuses pour se protéger n’ont aucune valeur juridique. On ne peut pas contracter sur l’état civil d’un enfant, car c’est de l’ordre public.

Risques Psychologiques et Émotionnels

Les motivations des donneurs peuvent poser question. Certaines femmes tombent sur des hommes qui exigent d’avoir recours à la méthode « naturelle », leur assurant que celle-ci est plus efficace. Les donneurs ne sont pas non plus épargnés par les situations délicates, et peuvent se retrouver dans des situations complexes, voire dangereuses.

Le Cas des Médecins Pratiquant l'AMP Illégale

Certains médecins choisissent de pratiquer l'AMP illégale, souvent pour aider des couples de lesbiennes ou des femmes célibataires qui n'ont pas accès à l'AMP dans le cadre légal. Ils réalisent des inséminations avec des paillettes de sperme provenant de banques étrangères, livrées directement à leur cabinet.

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En théorie, ces médecins risquent cinq ans de prison et 75.000 euros d’amende. Cependant, selon le Collège national des gynécologues et obstétriciens français, c’est une pratique minoritaire, et aucun médecin n'aurait jusqu'ici été poursuivi.

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