Comment un simple projet d'animation sur l'automobile s'est-il transformé en un phénomène culturel mondial ? La réponse se trouve dans l'histoire de Flash McQueen, personnage central de la franchise Cars, des studios Disney Pixar. Ce film, sorti en 2006, a conquis le public grâce à la qualité de son animation, ses décors typiques de l'Ouest américain et ses différents niveaux de lecture.

L'étincelle créative : John Lasseter et la Route 66

L'idée originale de Cars revient à John Lasseter. En 1998, accompagné de Joe Ranft, scénariste de Toy Story, il commence à imaginer un film d'animation autour de l'automobile. Le projet prend d'abord le nom de « Route 66 », en hommage à cette route mythique, durement touchée par le développement du réseau autoroutier américain. La Route 66, mère de toutes les routes américaines, a connu un renouveau spectaculaire.

Pour John Lasseter, l'objectif de réaliser un film d'animation sur l'automobile ne date pas tout à fait de 1998. L'équipe du film s'est constituée avant de partir en périple sur la Route 66 durant neuf jours, afin de s'imprégner de l'ambiance des petites villes oubliées de l'Ouest américain. Une ville a particulièrement marqué Lasseter : Kanab, dans l'Utah. La légende raconte que John Lasseter avait l'habitude de traverser cette ville de 3 500 habitants lorsqu'il se rendait dans sa résidence sur les rives du lac Powell, jusqu'à s'en inspirer pour créer Radiator Springs dans le premier épisode de Cars. Kanab avait déjà largement accueilli Hollywood avant même la naissance du directeur artistique de Pixar. À l'époque du cinéma muet, le western Deadwood Coach y avait été filmé.

La traversée de Kanab est fidèle à l'expérience de Flash McQueen. Rien ne rappelle vraiment Radiator Springs, pas plus que le passage de John Wayne, Johnny Cash, Franck Sinatra ou Dean Martin. Il faut se resituer : nous sommes entre l'Utah et l'Arizona. Il gèle en hiver et la température dépasse les 40°C l'été. C'est la force de Cars : faire vivre une partie de la culture américaine au cœur d'un conte pour enfants. Le Rookie qui ne pense qu'à la vitesse, qu'à la gloire et à la victoire se trouve confronté à une vie qu'il ne connait pas. Où le temps - le chrono - n'a qu'une valeur très relative.

Inspirations et Hommages

Dans le dessin, John Lasseter s'est inspiré de Susie, le Petit Coupé Bleu, une création de 1952. Les yeux du personnage ne sont pas simplement placés à la place des phares, ils occupent la totalité du pare-brise. Le reste est une succession d'hommages.

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Le nom de Lightning McQueen lui est dédié, même s'il est évident que McQueen évoque bien d'autres souvenirs aux amateurs de la culture automobile.

La plaque d'immatriculation de Fillmore est « 51237 », soit la date de naissance de George Carlin (12 mai 1937) qui lui prête sa voix.

Dans les premiers scénarios, Lightning McQueen (Flash en français) devait porter le numéro 57 (année de naissance de Lasseter). Il est devenu 95, en référence à l'année de sortie de Toy Story. Et les pneus de Lightning, un placement produit ? Lightyear fait référence à Goodyear, mais aussi et surtout à Buzz Lightyear, l'un des principaux personnages de Toy Story, toujours Toy Story. Et encore Toy Story ? Encore des hommages ? Lors de la première course de Cars, le King dépasse une voiture au 294e tour. Elle est blanche, frappée du logo Apple et elle porte le numéro 84 de l'année du lancement de Macintosh… Un clin d'œil à son compère Steve Jobs. Et la plaque de Mater (aussi le numéro du train qui manque d'entrer en collision avec McQueen) ? A113, le numéro de la salle fréquentée par John Lasseter, Brad Pitt et beaucoup d'autres dans l'université California Institute of Arts.

L'évolution de la franchise Cars

Cars 2 a imposé une réflexion totalement différente. C'est un film d'espionnage sous fond de sport automobile. Au-delà des dizaines d'easter-eggs 100 % Pixar (The Incredibles, Toy Story, Brave, Ratatouille, 926 nouveaux personnages ont été modélisés pour créer des figurants et des villes ont été « voiturisées ». À Tokyo, à Paris, à Porto Corsa ou Londres, les bâtiments sont construits à partir de pièces de véhicules et de moteurs.

Dans Cars 3, vous aurez encore l'occasion de chercher le camion de livraison Pizza Planet, l'inscription A113, le carrosse de Cendrillon (Pixar appartient désormais à Disney), le ballon Pixar (très, trop transformé) et pour les fans de Nascar, les vrais pilotes engagés en course (Bubba Wallace est Bubba Wheelhouse, Daniel Suarez est Daniel Swervez, Chase Elliott est Chase Racelott et Ryan Blaney est Ryan Inside Laney. Côté voix, Lewis Hamilton, Darrell Walltrip, Jeff Gordon et Richard Petty reviennent et un instant émouvant vient de la reprise d'un enregistrement de Paul Newman.

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Les coulisses techniques d'un succès

L'équipe en charge des effets visuels et de l'animation chez Pixar a dû relever de nouveaux défis pour que les personnages ressemblent au maximum à de vraies voitures. Cars est de ce fait le premier film de ce studio à utiliser le ray tracing : une technique permettant aux voitures de refléter leur environnement de manière réaliste. De plus, l'ajout des reflets a considérablement ralenti et rallongé la durée de calcul des images. Plusieurs jours étaient alors nécessaires pour calculer une seule seconde du film final. Les animateurs ont aussi effectué de nombreux tests de route, afin de définir le comportement et la façon de bouger des personnages pour que tout soit le plus crédible et divertissant possible, allant jusqu'à utiliser les pneus comme des mains.

La musique, un élément clé

Pour la musique de Cars, John Lasseter fait à nouveau appel à son partenaire de Toy Story et 1001 Pattes: "Chaque musique de film que compose Randy Newman est différente des précédentes. Il est capable d'écrire des chansons bouleversantes comme des chansons très drôles. C'est quelqu'un de très intelligent qui a beaucoup d'humour. La musique qu'il a écrite pour Cars reflète les deux mondes : le monde moderne où tout ce qui compte, c'est d'aller vite, et celui de Radiator Springs, où la seule chose qu'ils ont, c'est du temps. Tout est plus lent là-bas, et Randy Newman traduit cela par un mélange de bluegrass, de jazz et de pure Americana. Le monde de la course, lui, est surtout illustré par le rock.

Flash McQueen : plus qu'un personnage, un symbole

Flash McQueen est un jeune véhicule de course anthropomorphe, égocentrique, arrogant et n'accordant aucune attention à ses équipiers, qui le quittent d'ailleurs au début du premier film. Il a pour ambition de devenir le premier rookie à remporter la course de la Piston Cup (une course de type NASCAR), et d'être sponsorisé par Dinoco. Il franchit la ligne d'arrivée exactement au même moment que ses deux adversaires, et une nouvelle course est organisée pour les départager. Sur le chemin de la Californie, il est involontairement abandonné sur la route dans le désert et se retrouve à Radiator Springs, une ville quasi-abandonnée, et dans laquelle il occasionne malencontreusement beaucoup de dégâts, qu'il est condamné à réparer avant de pouvoir partir. Il se lie alors d'amitié pour les habitants de la ville, notamment Martin, la dépanneuse, et Sally Carrera une voiture bleue, dont il tombe amoureux. Cette expérience le conduit à comprendre l'importance de l'amitié et de l'amour, et lui fait comprendre que gagner une course n'est pas la chose la plus importante qui soit dans une vie de coureur automobile.

Son nom, McQueen, est un hommage rendu à Glenn McQueen, un animateur de Pixar décédé en 2002. On peut aussi y voir une référence à Steve McQueen, dont une des grandes passions était la course automobile. C'est la première fois qu'une machine apparaît comme le héros d'un long-métrage de Pixar, mais on assistera à la même situation dans WALL-E, deux ans plus tard.

Les leçons de vie véhiculées par Flash McQueen

Au début de l'histoire, Flash McQueen est une voiture de course très arrogant et agressif. Seul son rêve de devenir le premier rookie à remporter la Piston Cup compte. Il en vient même à se mettre toute son équipe à dos. Seul Mack, le camion qui le transporte reste son ami malgré les réflexions désagréables de Flash. Mais à travers ses mésaventures, le personnage de Flash McQueen fera la connaissance d'autres personnages qui le feront petit à petit évoluer. Grâce à son amour pour Sally, son amitié pour Martin et les leçons reçues par Doc Hudson, le comportement de Flash va finalement changer. Il finira même par renoncer à la victoire pour aider son concurrent.

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Les messages cachés de Cars

La marque de fabrique des longs-métrages d'animation de Pixar est d'insérer un message plus ou moins implicite à travers l'histoire principale.

Cars : finir en tête à tout prix ?

Nous l'avons plus ou moins évoqué plus tôt, la morale du premier volet de Cars évoque le sens des priorités. A travers Flash McQueen, les studios Pixar offrent une histoire où le spectateur comprend qu'il est plus important de se consacrer à ses amis et à l'amour plutôt que de gagner à tout prix. L'honneur est également mis en avant lorsque Flash renonce à gagner pour permettre à son concurrent de ne pas finir sa carrière sur un accident.

Cars 2 : une thématique autour de l'écologie

Cars 2 est peut-être le film de la franchise qui possède le moins de messages sous-jacents même si la thématique de l'écologie reste importante. C'est en effet pour promouvoir un nouveau carburant écologique que Flash McQueen participe au championnat international.

Cars 3 : trop vieux pour gagner ?

Pour Cars 3, la morale tourne autour du temps qui passe et de ce que l'on en fait. Avec l'arrivée de nouvelles voitures plus performantes, Flash va d'abord se morfondre pour finalement se reprendre et tout faire pour revenir au niveau. Ce film peut donc permettre aux spectateurs de comprendre qu'il n'est jamais trop tard pour se dépasser et atteindre ses objectifs.

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