Mathias Malzieu, figure emblématique de la scène artistique française, est un touche-à-tout de talent : chanteur du groupe Dionysos, écrivain, réalisateur. Son œuvre est imprégnée d'une sensibilité à fleur de peau et d'un imaginaire foisonnant, puisant souvent sa source dans les souvenirs et les émotions de l'enfance. Cet article explore l'enfance de Mathias Malzieu, son influence sur son parcours artistique et sa vision du monde.
Une enfance bercée par la nature et la fantaisie
Mathias Malzieu a grandi à Montéléger, un petit village près de Valence, dans la Drôme. Ce cadre naturel, avec les montagnes bleues du Vercors, les forêts de conifères et les ruisseaux environnants, a profondément marqué son imaginaire. Il décrit comment il régulait son hypersensibilité en se réfugiant dans la nature, aimant grimper aux arbres pour contempler le coucher du soleil en compagnie de son singe en peluche, ou partir en balade à vélo avec sa sœur, dont il était très proche.
Son père, ingénieur commercial, voyageait beaucoup et lui enregistrait des cassettes audio où il lisait des contes, des histoires pour que Mathias et sa sœur puissent les écouter pendant son absence. Sa mère, quant à elle, était employée de mairie et esthéticienne, mais possédait une grande fantaisie et une âme d'artiste. Elle chantait du flamenco avec brio dans sa jeunesse à Oran, avant que ses parents, très traditionnels, ne l'empêchent de continuer. Elle ne s'est reconnectée à sa fibre artistique qu'à la fin de sa vie, en écrivant des poèmes.
À l'école, Mathias se sentait différent, étant le plus petit et le seul roux. Il a ainsi expérimenté très tôt la bêtise du rapport à la différence. Bon élève en primaire, il s'est ensuite moins intéressé aux études au collège, préférant le sport et les filles. C'est en seconde qu'il a eu une révélation en découvrant le film Le Cercle des poètes disparus, qui l'a conduit à s'intéresser à la poésie de Walt Whitman, à la littérature de Jack Kerouac et à la Beat generation. Après le bac, il a étudié le cinéma pendant quatre ans.
L'éveil musical et la naissance de Dionysos
La musique a toujours été présente dans l'environnement familial de Mathias Malzieu. Son père écoutait beaucoup de jazz New Orleans (Louis Armstrong, Sidney Bechet) et les pionniers du rock'n'roll (Elvis, Eddie Cochran, Little Richard, Chuck Berry). Il passait tous les dimanches Rock Around the Clock de Bill Haley & His Comets. Brel, Brassens et Joe Dassin étaient ses chanteurs français préférés. Sa mère adorait Nana Mouskouri, Enrico Macias et le flamenco. Ils dansaient souvent ensemble sur les musiques disco de l'époque.
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L'une des chansons préférées de son enfance était Les Jardins du ciel de Jairo. Il aimait beaucoup la voix parlée du début qui racontait une histoire, ainsi que les chœurs et les percussions de l'arrangement, qui lui donnaient une sonorité latino-américaine. Il passait cette chanson en boucle sur son mange-disque orange. Il aimait aussi beaucoup danser sur YMCA de Village People.
Au collège, il s'est désintéressé de la musique, avant de s'y replonger à l'âge de 15 ans grâce au Cercle des poètes disparus, en faisant des liens entre la littérature, le cinéma et la musique de film. Il a ainsi découvert le jazz be-bop, le Velvet Underground, Tom Waits et les Doors.
Le premier concert auquel il a assisté était celui de son voisin, le chanteur Cyrz, dans la salle des fêtes de Montéléger. Il avait 11 ans. L'envie de devenir chanteur lui est venue lors d'un concert d'un groupe de copains de lycée, les Ithyphallus impudicus, qui chantaient leurs compositions en français sur une musique pop anglaise. Il avait 16 ans. L'énergie du groupe sur scène et l'interaction avec le public l'ont séduit. En rentrant chez lui, il a pris la guitare de sa sœur et a commencé à gratter quelques accords pour mettre en chanson les textes qu'il écrivait déjà.
Il n'a jamais pris de cours de musique étant enfant. Il a appris à jouer de la guitare à 16 ans avec le chanteur Cyrz et Mike, de Dionysos, qu'il connaissait depuis la classe de sixième. Après seulement trois semaines de répétitions, ils ont donné leur premier concert sur la terrasse d'un bar de Valence. Pendant deux ans, ils ont écumé tous les petits lieux de la ville, avant de faire une vraie scène lors de la fête de la musique en 1995. Deux ans plus tard, ils ont enregistré le premier album de Dionysos en autoproduction. Le morceau Wet a eu un petit succès, passant sur la radio suisse Couleur 3. Le groupe Louise Attaque les a remarqués et leur a proposé de faire leur première partie. Ils sont ainsi passés des bars valentinois à de grandes salles. C'est lors d'une de ces premières parties, à Rennes, que le producteur de Louise Attaque leur a proposé un rendez-vous pour les signer dans leur label Tréma.
La première chanson qu'il a écrite s'appelait I Can't Stand That. C'était une chanson de rupture inspirée par son histoire personnelle.
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L'enfance comme source d'émerveillement et de résistance
Mathias Malzieu considère l'enfance comme une période de la vie particulièrement riche en émotions et en émerveillement. Il voit dans le fait de s'émerveiller un acte de résistance poétique, une manière de lutter contre la morosité et le cynisme ambiants.
Cette vision se traduit dans son œuvre, notamment dans le recueil de nouvelles Ô Merveilleux de l'enfance, qu'il a conçu avec un collectif d'artistes. Ce livre est un hommage à l'enfance et aux souvenirs qui la jalonnent. Il invite le lecteur à retrouver son âme d'enfant et à s'émerveiller des petites choses de la vie.
Mathias Malzieu est un artiste qui a su conserver une part de son âme d'enfant. Il continue de puiser dans ses souvenirs, ses émotions et son imaginaire pour créer des œuvres originales et touchantes. Son enfance, bercée par la nature, la musique et la fantaisie, est une source d'inspiration inépuisable.
"Ô Merveilleux de l'enfance" : un recueil de souvenirs et d'émotions
Ô Merveilleux de l'enfance est un recueil de textes abordant les souvenirs de l'enfance avec intelligence et douceur. On y trouve des histoires fabuleuses, aux airs de contes, mêlant des événements réels ou imaginés, accompagnés le plus souvent de phrases poétiques. Les auteurs sont journalistes, chanteurs, poètes ou dessinateurs. Ce sont des artistes qui contribuent et participent à ce projet d'écrire un émerveillement de l'enfance, une histoire marquante issue d'un simple détail, d'un son ou d'une odeur. Il s'agit d'un recueil délicat et humoristique. Les textes sont variés.
Mathias Malzieu y signe une introduction "SU-BLI-ME" en maître de cérémonie de l'enchantement. Le livre est un moyen infaillible de garder au plus près de soi une part de merveilleux. Mathias Malzieu a donné rendez-vous à quelques uns des artistes, créateurs, écrivains qu'il admire, autant de voix qui, entre tendresse, curiosité et nostalgie joyeuse, reviennent à cette période étonnante qu'est l'enfance. Chacun d'eux nous offre un souvenir qui reprend vie dans un texte poétique, tendre, nostalgique et/ou sorti de l'imagination fertile et galopante de l'enfant qu'il a été. Les liens familiaux et l'apprentissage de la vie figurent en bonne place dans ces récits d'où émergent des personnages de légende, des animaux du quotidien, ou un flash relié à un moment ou un lieu marquant. Ces souvenirs sont des petits riens qui ont pourtant pris suffisamment d'importance pour être stockés et gravés dans leur coeur et dans leur tête.
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L'objet livre est magnifique, il est coloré et plein d'étoiles, à mettre en bonne place sur vos étagères ou à offrir à ceux de vos proches qui ont gardé leur âme d'enfant. 16 plumes, 16 singularités, 16 personnalités pour nous parler du merveilleux de l'enfance.
Une escouade de résistants poétiques se sont mis à l'oeuvre dans le plus grand secret. Chacun d'entre eux a pris place dans l'avion en papier géant qu'ils passent leur vie à confectionner, déchirer, recoller et réinventer. Ils s'apprêtent à semer des graines d'histoires dans vos rêves. Il est difficile d'en dire trop, car vu le format court des textes, on risquerait de gâcher la découverte. Mais sachez que chacun, à sa manière vous parlera du merveilleux de l'enfance.
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