Le placenta, un organe sacré et essentiel au bon déroulement de la grossesse, suscite un intérêt croissant, mais aussi des controverses, quant à sa consommation post-partum. Cette pratique, connue sous le nom de placentophagie, est de plus en plus médiatisée, notamment par des célébrités, mais elle soulève des questions importantes sur ses bénéfices réels et ses risques potentiels.
Le Placenta : Un Organe Vital et Spirituel
Le placenta est un organe extraordinaire qui assure la connexion physique et psychologique entre la mère et le bébé pendant la grossesse. Il fournit au fœtus les nutriments et l'oxygène nécessaires à son développement, tout en éliminant les déchets métaboliques. Il agit également comme une barrière protectrice contre les bactéries et les toxines. Sur le plan hormonal, il joue un rôle endocrinien crucial tout au long de la grossesse.
Au-delà de ses fonctions biologiques, le placenta revêt une dimension spirituelle pour certaines cultures. Sa forme évoque un arbre avec des racines solides, symbolisant le lien indestructible entre la mère et l'enfant. Des traditions ancestrales témoignent de l'importance accordée au placenta, comme l'histoire de la mère qui enterre le placenta de son fils sous un arbre pour le protéger.
La Placentophagie : Une Pratique Ancestrale Remise au Goût du Jour
La placentophagie, ou le fait de manger son placenta, est une pratique observée chez la plupart des mammifères après la naissance de leurs petits. Chez l'humain, cette coutume a existé dans diverses cultures à travers l'histoire. Au Moyen Âge, les femmes consommaient leur placenta pour améliorer leur fertilité, tandis que dans d'autres traditions, il était utilisé pour renforcer la virilité masculine.
Aujourd'hui, la placentophagie connaît un regain de popularité, notamment aux États-Unis et en Angleterre, où des personnalités publiques en vantent les mérites. Cette tendance est apparue dans les années 1970 aux États-Unis, et a été popularisée par des célébrités telles que Katie Holmes, Kim Kardashian, et January Jones. Elles affirment que la consommation du placenta, souvent sous forme de gélules, les aide à lutter contre la fatigue, la dépression post-partum et à stimuler la lactation.
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Les Raisons Avancées : Énergie, Humeur et Lactation
Les adeptes de la placentophagie mettent en avant plusieurs avantages potentiels :
- Regain d'énergie : Le placenta est riche en fer et en nutriments, ce qui pourrait aider à lutter contre la fatigue après l'accouchement. Jeanne Goujon, dans son livre "Pourquoi j’ai mangé mon placenta", décrit un "shot d’énergie pure" après avoir consommé son placenta.
- Amélioration de l'humeur : Le placenta contient des hormones comme la progestérone et l'ocytocine, qui pourraient aider à prévenir la dépression post-partum et à favoriser l'attachement mère-enfant. Kourtney Kardashian a affirmé que ses pilules de placenta lui avaient apporté "des niveaux d'énergie plus élevés" et "une meilleure connexion avec son bébé".
- Stimulation de la lactation : L'ocytocine présente dans le placenta joue un rôle dans la production de lait maternel. De nombreuses mères témoignent d'une meilleure production de lait après avoir consommé leur placenta.
Les Différentes Formes de Consommation
Le placenta peut être consommé de différentes manières :
- Cru : Certaines femmes le consomment cru, souvent dans un smoothie.
- Cuit : Il peut être cuisiné de différentes façons, comme en steak, en lasagnes ou en chocolat.
- Déshydraté et encapsulé : C'est la méthode la plus courante, où le placenta est séché, réduit en poudre et mis en gélules.
- En teinture mère ou granules homéopathiques : Le placenta est dilué dans une solution hydro-alcoolique ou utilisé pour imprégner des granules homéopathiques.
Les Risques Potentiels : Infections et Contaminations
Malgré les témoignages positifs, aucune étude scientifique n'a prouvé les bienfaits de la placentophagie. Au contraire, des risques potentiels pour la santé ont été identifiés :
- Infections bactériennes : Le placenta peut contenir des bactéries, qui peuvent être dangereuses pour la mère et le bébé, surtout en cas d'allaitement. Le CDC américain a signalé un cas d'infection bactérienne chez un nourrisson allaité par une mère qui avait ingéré des capsules de placenta contaminé.
- Contamination par des substances toxiques : Le placenta agit comme un filtre pendant la grossesse, retenant certaines substances toxiques comme le plomb ou le mercure. La consommation du placenta pourrait donc exposer la mère à ces substances.
- Absence de normes de préparation : Il n'existe pas de réglementation stricte concernant la préparation et la conservation du placenta, ce qui augmente le risque de contamination et d'altération des nutriments.
La Situation en France : Interdiction et Alternatives
En France, la placentophagie est interdite. Le placenta est considéré comme un déchet opératoire et doit être incinéré, sauf s'il est utilisé à des fins scientifiques ou thérapeutiques, avec le consentement de la mère. Cette interdiction vise à prévenir les risques sanitaires et à éviter toute dérive commerciale.
Face à cette interdiction, certaines femmes choisissent d'accoucher à domicile pour pouvoir récupérer leur placenta. Cependant, les professionnels de la santé mettent en garde contre les risques liés à l'accouchement à domicile, notamment le risque d'hémorragie.
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Pour profiter des bienfaits potentiels du placenta, il existe des alternatives plus sûres, comme une alimentation équilibrée riche en fer, en vitamines et en protéines, ainsi qu'un repos suffisant.
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