La placentophagie, ou le fait de manger son placenta après l'accouchement, est une pratique qui suscite de plus en plus d'intérêt, notamment grâce à l'influence de certaines célébrités. Bien que cette tendance puisse sembler nouvelle, elle soulève des questions importantes concernant les risques et les avantages potentiels pour la santé de la mère et de l'enfant. Au Canada, les organismes de santé publique ont émis des mises en garde concernant cette pratique, soulignant l'absence de preuves scientifiques de ses bienfaits et les risques de contamination.
Qu'est-ce que la placentophagie ?
La placentophagie est le terme utilisé pour désigner la consommation du placenta après l'accouchement. Cette pratique, considérée comme du cannibalisme par certains, est motivée par la croyance que le placenta possède des propriétés bénéfiques pour la santé, telles qu'un regain d'énergie, une augmentation de la production de lait, une diminution du risque de dépression post-partum et une amélioration du lien mère-enfant.
Bien que la placentophagie soit courante chez la plupart des mammifères, les raisons de ce comportement restent débattues. Chez l'humain, différentes méthodes de consommation du placenta existent, allant de la consommation crue à la cuisson, en passant par l'encapsulation et l'incorporation dans des smoothies ou d'autres plats.
Méthodes de consommation du placenta
Plusieurs méthodes de consommation du placenta sont utilisées, notamment :
- Crue ou cuite : Le placenta peut être consommé cru ou cuit, rissolé avec de l'huile d'olive et des assaisonnements, en tacos, en soupe ou en sandwich.
- Encapsulation : Le placenta est déshydraté, broyé et mis en capsules. Cette méthode est considérée comme la moins désagréable et est proposée par certaines entreprises spécialisées.
- Smoothie : Le placenta peut être ajouté à un smoothie pour masquer son goût et sa texture.
Éliane, une mère de trois enfants, a consommé son placenta sous forme de capsules après ses deux premiers accouchements. Elle avait commandé une machine pour encapsuler et s’est activée en cuisine après son accouchement. « Ça sent un peu le foie, il y a une odeur particulière », détaille-t-elle. Selon son expérience, un placenta produit environ 200 capsules. Elle a consommé toutes celles de son premier accouchement et considère que ça lui a donné un peu d’énergie.
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Cadre légal au Canada et au Québec
Au Canada, les méthodes utilisées pour préparer le placenta à la consommation ne sont pas réglementées, ce qui augmente le risque de contamination. Santé Canada n'a homologué aucun produit de santé contenant du placenta humain destiné à la consommation.
Au Québec, il est autorisé depuis 2017 de quitter l'hôpital avec son placenta. Le parent qui désire repartir avec son placenta doit alors en faire la demande officielle avant l’accouchement et s’engager par écrit à respecter certaines conditions, parmi elles : manipuler le placenta avec des gants imperméables, se laver les mains avec de l’eau et du savon après l’avoir manipulé, s’assurer que des enfants ou des animaux ne puissent pas y avoir accès et ne pas le céder ou le vendre.
Risques potentiels pour la santé
Malgré les témoignages anecdotiques et les croyances populaires, aucune étude scientifique n'a démontré de manière concluante les bienfaits de la consommation du placenta pour la santé. En revanche, les risques potentiels sont bien documentés.
- Contamination bactérienne : Le placenta peut être contaminé par des bactéries, des virus ou des champignons nuisibles, même après cuisson ou déshydratation.
- Infection du bébé : Un cas a été rapporté aux États-Unis où un bébé a été infecté par la bactérie streptocoque B après que sa mère ait consommé des capsules de placenta contaminées.
- Concentration de toxines : Le placenta agit comme un filtre pendant la grossesse et peut concentrer des métaux lourds ou d'autres toxines.
Santé Canada déconseille fortement de manger un placenta, qu’il soit cuit au four, rissolé à la poêle, mijoté dans un bouillon ou déshydraté et mis en capsules.
Absence de preuves scientifiques des bienfaits
Il est important de noter qu'aucune étude rigoureuse n'a démontré que la consommation de placenta améliore les taux de fer, l'humeur ou la production de lait maternel. Les études menées jusqu'à présent présentent des limitations importantes, telles que des échantillons trop petits, des méthodologies insuffisantes et l'absence de groupes témoins adéquats.
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Influence des célébrités et effet de mode
La placentophagie a gagné en popularité grâce à l'influence de certaines célébrités qui ont publiquement déclaré avoir consommé leur placenta après l'accouchement. Kim Kardashian, Hilary Duff et January Jones sont quelques exemples de personnalités qui ont contribué à populariser cette pratique.
Cependant, il est essentiel de se rappeler que ces témoignages ne sont pas des preuves scientifiques et que les risques potentiels pour la santé doivent être pris en compte.
Préparation à l'accouchement et bien-être de la mère
Il existe de nombreuses façons plus sûres et éprouvées de se préparer à l'accouchement et de favoriser le bien-être de la mère après la naissance.
Alimentation et hydratation
Une alimentation équilibrée et une bonne hydratation sont essentielles pendant la grossesse et le post-partum. Voici quelques conseils :
- Bouillon d'os : Riche en minéraux et en acide hyaluronique, le bouillon d'os est une boisson facile à préparer et bénéfique pour la santé des articulations et de la peau.
- Légumes à feuilles vertes : Riches en magnésium, fer, zinc, calcium, oméga 3 et vitamines, les légumes à feuilles vertes sont importants pour la santé de la mère et du bébé.
- Algues : Les algues apportent de l'iode, essentiel pour la fonction thyroïdienne.
- Graines : Les graines de citrouille, de sésame, de tournesol, les amandes et le quinoa sont riches en minéraux, protéines et acides gras essentiels.
- Patates douces : Les patates douces fournissent les amidons et les œstrogènes nécessaires à la fabrication de l'acide hyaluronique dans le corps.
- Dattes : Une étude a montré que les femmes qui mangeaient 6 dattes ou plus par jour pendant les 4 semaines précédant l'accouchement avaient une dilatation significativement plus importante.
- Aliments riches en cholestérol : Le cholestérol est le bloc de construction de l'œstrogène et une clé pour les récepteurs d'ocytocine.
- Foie : Le foie est riche en vitamines B, fer, magnésium et zinc, ce qui en fait un excellent aliment pour la construction du sang et l'oxygénation.
- Melons : Les melons sont un bon moyen pour augmenter le niveau de liquide amniotique et contiennent des quantités élevées d'oligo-éléments électrolytiques.
Probiotiques
Les légumes fermentés, le yaourt, le kéfir et d'autres produits laitiers de culture sont d'excellentes sources de probiotiques, importants pour équilibrer la flore générale de l'organisme.
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Lâcher prise et gestion des émotions
Il est important de lâcher prise et de gérer les émotions pendant la grossesse et l'accouchement. Voici quelques conseils :
- Préparer son nid : Prenez le temps de préparer votre nid et de prendre soin de vous.
- Se détendre : Allez vous faire masser, détendez-vous dans un bain chaud, marchez dans la nature.
- Exprimer ses émotions : Acceptez, vivez vos émotions et laissez-les aller. N’ayez pas peur de les exprimer.
- Méditer : Méditez sur la naissance, sur votre rôle de mère.
- Communiquer avec son conjoint : Ayez un moment à cœur ouvert avec votre conjoint pour échanger et partager vos états d’esprit sur ce qui vous attend.
- Parler à son bébé : Dites des mots doux à votre bébé, caressez-le, rassurez-le.
Activité physique
Une activité physique adaptée peut être bénéfique pendant la grossesse, à condition de respecter certaines précautions et contre-indications.
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