Manès Nadel, né en 2007, est une figure montante du syndicalisme lycéen en France. À seulement 15 ans, certains le comparent déjà à Philippe Martinez, l'ancien secrétaire général de la CGT, soulignant son potentiel et son engagement précoce. Il est actuellement le président de l'Union Syndicale Lycéenne (USL).

Un engagement précoce et radical

L'engagement de Manès Nadel est récent, ayant débuté au début de sa seconde. Il est le seul membre de sa famille à être activement engagé, bien que ses frères et sœurs le soutiennent. Ses parents, un professeur d'économie et une fonctionnaire, l'encouragent également, même s'ils ne sont pas particulièrement engagés en politique ou syndicalement.

Pour Manès Nadel, il n’y a pas le choix : « Que reste-t-il quand on n’écoute jamais les jeunes ? Quand on préfère des mesures de contrôle comme le SNU plutôt que de véritables politiques d’émancipation ? ». Il souhaite mettre en lumière les contradictions du discours gouvernemental. Pour lui, défendre l’éducation publique est essentiel. Les réformes successives, la privatisation et la précarité étudiante poussent les jeunes dans le moule économique dominant, sans émancipation réelle. L’uniforme, le SNU, c’est de la cosmétique autoritaire. Sur la question de désobéissance, Manès est direct : la désobéissance civile est cruciale face à un État qui préfère militariser la jeunesse plutôt que de l’écouter. La jeunesse n’est pas seule, elle veut prendre sa place. « On ne va pas juste vivre, on va changer les choses », promet Manès Nadel, en appel à ceux qui veulent participer.

L'Union Syndicale Lycéenne (USL)

Manès Nadel a été élu président de l'Union Syndicale Lycéenne (USL) le 10 juillet. Il fait partie des membres fondateurs de l’Union syndicale lycéenne, née de l’unification de la FIDL, de la Voix lycéenne (ex-UNL) et d’autres syndicats locaux. L'USL est issue de la fusion de plusieurs syndicats lycéens et se positionne comme une force unitaire et majoritaire. L’USL participe à défendre activement les droits des lycéens face à un système qui les malmènent.

En tant que président, il appelle à renforcer l'implantation syndicale de l'USL et son exigence d'unité au sein du Nouveau Front Populaire. C’est une transgression du cadre syndical classique. C’est la première fois que l’USL soutient une coalition politique. Mais c’est une nécessité. Il s’agit aussi pour l’USL d’une volonté d’action. L'USL a mis ses forces dans la campagne, dans chaque circonscription pour soutenir les candidats du NFP.

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À très court terme, il faut se mobiliser contre ce qu’Emmanuel Macron est en train de faire. Si le terme de « coup d’état » est trop fort, ça ressemble quand même à une forme d’abus de pouvoir. Il ne respecte pas le résultat sorti des urnes. À moyen terme, il faut dépasser le cadre du NFP pour en faire une structure populaire et citoyenne qui ne se limite pas à un cartel des gauches. C’est de la responsabilité de chacun, et ça ne se décrétera pas par le haut.

Engagements et prises de position

Manès Nadel s'est fait remarquer par ses prises de position claires et son engagement sur plusieurs fronts :

  • Réforme des retraites : Il est l'une des figures émergentes de la mobilisation contre la réforme des retraites. Il estime que cette réforme va accroître le chômage des jeunes puisqu’il y aura plus de travailleurs sur le marché.
  • Service National Universel (SNU) : Il est un fervent opposant au SNU, qu'il considère comme un outil de contrôle et un pas vers la "fascisation". Pour Manès Nadel, le SNU est un outil de contrôle qui ne répond pas aux véritables enjeux éducatifs et sociaux, mais à un idéal conservateur d’un passé largement transformé.
  • Parcoursup et le nouveau bac : Il réclame la suppression de Parcoursup, qu'il juge responsable d'une pression psychologique excessive sur les lycéens, ainsi que la suppression du nouveau bac.

Un discours radical et des actions concrètes

Manès Nadel est connu pour son discours direct et sa volonté d'agir concrètement. Il n'hésite pas à employer un vocabulaire fort pour dénoncer ce qu'il considère comme des injustices et des atteintes aux droits des jeunes.

Il appelle à développer le NFP dans la société et à la mobilisation à la rentrée. Par des mobilisations lycéennes, que nous souhaitons impulser et accompagner. Les modalités d’action seront classiques : des blocages, des manifestations, des occupations… Ce qui va compter, c’est leur intensité, leur répartition sur le territoire.

Il considère la désobéissance civile comme cruciale face à un État qui préfère militariser la jeunesse plutôt que de l’écouter.

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La jeunesse et l'extrême droite

Pourquoi des organisations comme l’Union Syndicale Lycéenne s’impliquent-elles dans la lutte contre l’extrême droite au nom de la jeunesse ? La jeunesse est directement concernée par les conséquences des politiques d’extrême droite : inégalités, précarité et répression, entre autres. Les organisations de la jeunesse doivent aussi faire face à la propagation du discours d’extrême droite qui progresse comme dans les autres strates de la société.

Réactions et critiques

La notoriété de Manès Nadel a rapidement augmenté, faisant de lui une figure médiatique et un porte-parole de la jeunesse engagée. Son discours et son engagement suscitent des réactions diverses. Certains saluent sa maturité, son éloquence et sa lucidité, tandis que d'autres critiquent son discours jugé trop radical et son manque d'expérience.

Certains l'accusent de réciter un "catéchisme syndical" sans l'avoir réellement compris, tandis que d'autres remettent en question sa légitimité à s'exprimer sur des sujets complexes comme les retraites, étant donné son jeune âge.

Contexte familial et historique

Il est intéressant de noter le contexte familial et historique potentiel qui pourrait influencer l'engagement de Manès Nadel. Bien qu'il n'y ait pas d'informations directes reliant sa famille à des événements historiques spécifiques, l'histoire de sa famille pourrait avoir un impact sur sa vision du monde et ses convictions.

L'exemple d'Eva Nadel, une jeune fille juive arrêtée et déportée pendant la Seconde Guerre mondiale, témoigne des conséquences tragiques de l'intolérance et de la discrimination. Cette histoire, bien que ne concernant pas directement Manès Nadel, peut sensibiliser à l'importance de la lutte contre toutes les formes d'oppression et d'injustice.

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L'histoire d'Eva Nadel

La famille NADEL est originaire de Pologne : le père, Joseph NADEL est né le 27 mars 1890 à Krowica, dans l’Est du pays et sa mère, Sala WITMANN est née le 22 septembre 1892 à Keresiow. Entre 1924 et 1928, la famille NADEL arrive en France sans doute pour fuir la misère et l’antisémitisme. Elle s’installe à Villerupt en Meurthe et Moselle, dans la cité ouvrière de Cantebonne puis dans la cité Clémenceau.

Dès 1935, devant la montée des tensions entre l’Allemagne nazie et les démocraties européennes, le gouvernement français avait mis en place un plan d’évacuation des populations civiles qui habitaient dans les départements frontaliers de l’Est du pays. Entre le 1er septembre 1939 et septembre 1940, 60000 Mosellans sont accueillis dans 239 communes de la Vienne. La famille NADEL est évacuée en septembre 1939.

La famille NADEL est arrêtée le 15 juillet 1941 par la police allemande. Toute la famille est arrêtée à nouveau au printemps 1942 par les forces d’occupation, sans avoir une date précise et internée au camp de la route de Limoges. Les parents d’Eva et son grand frère Jacob sont transférés au camp d’internement de Drancy puis déportés à Auschwitz par le convoi n°32 le 14 septembre 1942.

Eva NADEL est recueillie dans une famille juive à Châtellerault, la famille Weil, et qu’elle est scolarisée dans la même ville. Au début de l’année 1943, le commissaire de Châtellerault, sur ordre de Vichy, fait arrêter les enfants juifs séparés de leurs parents en invoquant « un regroupement familial ». Eva NADEL est alors dirigée vers le foyer de l’UGIF, rue Lamarck dans le 18ème arrondissement.

Les enfants du centre de l’UGIF rue Lamarck déménagent à l’école Lucien de Hirsch, avenue Secrétan à Paris dans le 19ème arrondissement après le bombardement des alliés du 21 avril 1944. Dans la nuit du 21 au 22 juillet 1944, une rafle a lieu dans tous les centres de l’UGIF à Paris. Eva NADEL est arrêtée et conduite au camp de Drancy. Elle est immatriculée sous le numéro 25401. Le 31 juillet, elle est déportée avec ses petits frères, Arnold et Léon à Auschwitz dans le convoi 77.

Le convoi 77 arrive à Auschwitz le 5 août 1944. Eva NADEL est sélectionnée pour le travail forcé. Elle est tatouée sous le numéro A16774. En décembre 1944, devant la progression de l’Armée Rouge, les nazis évacuent les détenus du camp d’Auschwitz pour les employer dans des usines d’armement plus à l’intérieur du IIIe Reich. Eva NADEL, est conduite dans le cadre des marches de la mort, au camp de Kratzau. C’était un kommando pour femmes situé en Tchécoslovaquie qui dépendait du camp de concentration de Gross-Rosen. Les détenues travaillaient dans des usines d’armement.

Eva NADEL vit à Paris. On trouve quatre adresses différentes : en 1948, elle réside au 234 rue de Tolbiac mais aussi au 4 rue Guynemer. En 1954, elle habite au 34 boulevard Saint Germain puis en 1958 au 8 rue des Bernardins. Son acte de naissance nous apprend qu’un jugement rendu le 7 mai 1996 par le Tribunal de Grande Instance d’Evry lui permet de faire changer son prénom Chawa sur les actes de l’Etat-Civil. Son acte de naissance ne comporte pas mention de décès. Nous supposons donc qu’Eva NADEL est encore en vie aujourd’hui. Nous ne désespérons pas de la retrouver par le biais des réseaux sociaux, elle ou ses descendants.

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