La machine à écrire, ancêtre de l'ordinateur, continue de fasciner. Cet article explore le fonctionnement et l'évolution de la machine à écrire, en particulier les modèles conçus pour les enfants, un jouet témoin des progrès scientifiques du temps.
Genèse et évolution de la machine à écrire
La machine à écrire est née des conséquences de l’industrialisation et de la mécanisation, révolutionnant le monde capitaliste en reléguant au placard les porte-plumes. Avec la révolution industrielle, les bureaux se sont de plus en plus équipés de machines. La machine à dactylographie était alors utilisée par plus de la moitié des femmes. Il s’agit d’une machine à dactylographie, c’est-à-dire qui va imprimer des textes par le biais d’un clavier. Les modèles à cadran étaient les pionniers de ce dispositif qui est utilisé dans les bureaux et autres domaines administratifs. Au fil des années, son évolution fut très rapide, notamment avec l’apparition du système « typewriter ». Les modèles furent exportés en France et, par la suite, nous avons assisté à l’avènement d’un nouvel emploi inspiré de la dactylo sténographie. Ce dispositif a également connu des évolutions au niveau du design.
C’est en 1873 qu’a été conçue la première machine à écrire telle qu’on la connaît aujourd’hui. Avant cela, il y a eu plusieurs prototypes plus ou moins farfelus et c’est la Writing Ball qui a inspirée la première machine à écrire produite par le fabricant d’armes Remington. Ce 1er modèle n’écrivait qu’en majuscules et le papier était placé sous le mécanisme, on ne voyait donc pas ce que l’on tapait.
Le fonctionnement d'une machine à écrire
Le mode de fonctionnement d’une machine à écrire est assez simple. Entièrement mécanique, sans processeur, sans électricité, uniquement des engrenages, des leviers, des ressorts et des articulations où chaque touche commande un petit marteau qui vient frapper une feuille de papier au même endroit. Chaque touche comprend deux signes différents. La disposition des lettres vise à faciliter la frappe, car les lettres sont disposées en fonction de leur fréquence d’utilisation. Lorsque l’utilisateur tape sur une touche, il enclenche un ruban encreur qui est appliqué sur le papier. C’est le chariot portant la feuille qui se déplace de droite à gauche. A chaque frappe le ruban encreur vient s'interposer entre le marteau et la feuille. Pour aller à la ligne, l’utilisateur enclenche manuellement un levier qui ramène le rouleau en début de ligne. Celui-ci effectue une rotation pour permettre à l’utilisateur d’imprimer sur la ligne en dessous.
Là aussi il a fallu voir passer différents modèles notamment deux rangées MAJ et MIN classées par ordre alphabétique. Si deux lettres placées côte à côte étaient tapées trop rapidement, les tiges se coinçaient et on passait plus de temps à démêler les marteaux qu'à écrire du texte. Il a donc été mis en place un système où les touches les plus utilisées étaient déplacées en les séparant de touches moins utilisées pour éviter ce blocage. Est donc apparu le clavier QWERTY pour les anglo-saxons, AZERTY pour les francophones avec des adaptations telle que le Ñ pour l'Espagne. D’autres dispositions de touches plus simples ont été ensuite imaginées comme le DHIATENSOR aux USA, ou ZHJAY pour le français, mais les utilisateurs étant déjà trop habitués au QWERTY et AZERTY, ces méthodes ont été abandonnées.
Lire aussi: Pectoraux en acier avec le développé couché machine
D’autres innovations sont venues améliorer les capacités de la machine à écrire et augmenter le confort de travail : le retour du chariot le saut de ligne, le ruban encreur bicolore, différentes polices de caractère…L'utilisation du papier carbone a également permis de sortir de la copie unique…
Les machines à écrire pour enfants : Un jouet éducatif
La machine à écrire est un objet design qui a su traverser les époques, les modes et les innovations. Voici, après l’imprimerie rotative, un jouet qui illustre le désir qu’on a eu, au tournant du 19e siècle, de créer des jouets témoins des progrès scientifiques du temps et ainsi de familiariser les enfants à ces progrès : la machine à écrire pour jouer à la petite secrétaire. Mais alors que les imprimeries rotatives étaient régulièrement signalées, dès 1905, dans les catalogues d’étrennes, les machines à écrire semblent beaucoup plus rares.
C’est à l’évidence une très simple machine à écrire à index qui a été vendue à la fin du 19e et au début du 20e siècle, d’abord - et c’est très étonnant - comme machine à écrire sérieuse, ensuite comme jouet, tout en étant toujours le même produit. Elle a été inventée par M. Alando-M. English. Ce dernier a obtenu un brevet en 1892 qu’il a aussitôt cédé à Philip Becker de Brooklyn. En 1899, Ph. Becker et son associé, William Thompson, obtiennent un brevet pour une version améliorée de la machine d’origine, fabriquée par la Simplex Typewriter Co. à New York. Cette entreprise sera finalement contrôlée par le seul Samuel Thompson. Ce dernier était né le 21 février 1873 en Irlande. Lorsque la plupart des machines à écrire à index, devenues obsolètes avec l’arrivée des machines à clavier, ont été forcées de quitter le marché, la Simplex a survécu en tant que jouet d’enfant. Cependant, il faut attendre 1930 pour que Thompson, à l’occasion d’un nouveau brevet, qualifie la Simplex de « machine à écrire jouet spécialement conçue pour les enfants ». La concurrence de Marx Toys et d’autres fabricants de machines à écrire pour enfants aura finalement raison de la Simplex qui disparaîtra à la fin des années 1930.
Dans sa première version, c’était une vraie machine à écrire destinée aux gens aux moyens modestes, elle coûtait 2,50 $ alors qu’une Remington coûtait 100 $. Elle produisait un beau travail malheureusement à un rythme très lent, vingt fois plus lent qu’une machine à clavier. En effet, la Simplex était simplement un appareil d’estampage avec un index rond en étain et une roue de caractères en caoutchouc montés en dessous. Les machines à écrire Simplex ont ensuite été fabriquées comme jouets avec plusieurs versions différentes. La version de type 1 présentée ici a été fabriquée en 1909. Elle ne comporte que des chiffres et des lettres majuscules, alors que le type 2 avait à la fois des majuscules et des minuscules. La machine pèse 420 gr. La base, en bois, mesure 21 x 11,5 cm. Elle dispose d’un cadran rotatif sur lequel figurent les chiffres et les lettres, la mention Special-1909- Simplex Typewriter Trade Mark, « 1 », le nom de l’entreprise et les mentions des différents brevets américains et étrangers. La peinture et les graphiques sont nets. Un papier d’époque avec des essais de frappe est encore dans la boîte d’origine qui, marquée Simplex Typewriter, est en bon état pour l’âge. Au dos du couvercle se trouve le mode opératoire en anglais et français : Pour imprimer et espacer : posez le doigt sur la clé de la lettre, amenez-la jusqu’au cran qui se trouve sur le rebord de la boite, puis appuyez dessus.
Cette petite machine à écrire d’enfant à index date des années 20. Elle a été fabriquée par Schmidt frères, fabricants de jouets dont l’usine était située à Stein près de Nuremberg, en Bavière. Les frères Schmidt ont commencé à fabriquer ces machines à écrire dans les années 1920. Leur logo GSN (Gebrüder-Schmidt Nuremberg) figure sur la machine au-dessus du clavier fictif. Elle est dans son coffret toujours muni de sa clé, entièrement en tôle peinte en noir. Son fonctionnement est tout simple : la feuille de papier de 3,5 pouces de largeur (soit 8,89 cm) est d’abord avancée dans le chariot. Un cylindre, avec des lettres majuscules et minuscules de l’alphabet anglais, est tourné manuellement à la lettre souhaitée. Un levier est enfoncé, ce qui fait avancer tout le chariot vers le cylindre, et la lettre est imprimée sur le papier avec un ruban de machine à écrire encré. Le clavier de la machine à écrire n’est qu’une illustration et les lettres ne sont pas en position standard de machine à écrire.
Lire aussi: Tout savoir sur la machine à café pour enfants
Marques prestigieuses et modèles notables
Les principaux fabricants restent les Américains avec les marques Remington, Underwood, Royal et les Allemands avec Adler, Triumph et Olympia. Chaque pays avait sa marque. En Italie Olivetti, au Japon Brother, Hermès en Suisse et Japy en France. Au total, on dénombre une centaine de marques partout dans le monde, pour la plupart éphémères… Certaines se sont démarquées de la concurrence : le Suisse Hermès fut le premier à fabriquer une machine à écrire portative, la Baby en 1935. Elles sont surtout devenues portables pour pouvoir être apportées au plus près des évènements.
- We R Memory Keepers : Ce fabricant culte a su allier un style rétro à une machine assez sophistiquée. Pour faciliter son utilisation, la marque a mis au point un système d’écriture bicolore (rouge et noir). Elle s’est également penché sur la qualité du texte en incluant quatre options d’espacement de ligne. Son design rétro séduira les nostalgiques et les amoureux de machines de qualité. Les touches blanches sur fond noir témoignent de ce style assez unique en son genre. Sa compatibilité avec de nombreux rouleaux bicolores la rend encore plus attrayante. De plus, elle s’intègre parfaitement à une décoration rétro et peut donc faire office d’élément décoratif à part entière.
- Olympia 252661001 : Pour les adeptes de machines à dactylographier aux multiples fonctions, la Olympia 252661001 constitue un meilleur choix. D’après les tests et avis des utilisateurs, elle fournit un confort d’utilisation optimal grâce à ses touches pratiquement similaires à celles d’un ordinateur. Les divers modes de correction permettent d’ajuster les caractères ou de justifier un texte entre autres. Son système permet de mémoriser environ 90 caractères. Il s’agit d’un appareil entièrement connecté et doté d’un écran E-Link. De nombreux utilisateurs affirment dans les résultats de leurs tests que l’une des particularités de cette machine est qu’elle fournit une synchronisation des documents avec le Cloud, grâce à Dropbox, Evernote, et Google Drive. Celle-ci est favorisée par les touches semblables à celles d’un ordinateur. D’après certains testeurs, la batterie offre une autonomie de près d’une semaine. C’est pour cette raison que vous pouvez la transporter partout avec vous sans que vous ayez à vous inquiéter, même si vous faites face à une coupure d’électricité.
Olivetti faisait dessiner ses modèles par des designers, aujourd’hui les 2 best sellers de la marque sont la Lettera 22 dessinée par Marcello Nizzoli en 1949 et la Valentine, sortie le 14/02/1969 par Ettore STOTTSAS.
L'âge d'or de la dactylographie et la féminisation des bureaux
Pour faire la promotion de leur machine, les fabricants organisaient des dactylographies. Ces courses d’écriture étaient couvertes comme des compétitions sportives par la presse et la championne madame Piau se vantait d’arriver à écrire 140 mots par minutes. C’est l’émergence de la Sténodactylo et la féminisation dans les bureaux.
La machine à écrire vintage : un objet de collection et de décoration
Encore aujourd'hui, la machine à écrire est un objet design et vintage très prisé par les collectionneurs. La machine à écrire aura vécu 120 ans, ringardisée par l’apparition des ordinateurs et du traitement de texte qui aura hérité de son clavier. Aujourd’hui les ordinateurs sont maîtres au travail comme à la maison. Simplicité d’utilisation, archivage, partage, ils sont des assistants hors pairs. Malgré cela, nombreux sont les amateurs de machine à écrire vintage qui aiment la touche d'élégance qu’elle apporte à leur bureau et surtout à leurs écrits. Le toucher du papier et l'empreinte des lettres ont un charme dont certains auteurs ne peuvent se passer. Comme une inspiration, une matérialisation de leurs mots… Ils aiment le bruit familier du cliquetis répétitifs des touches ponctué par le tintement du chariot à chaque fin de ligne…
Bien que les smartphones et ordinateurs gagnent du terrain à l’heure actuelle, la machine à écrire continue toujours de séduire plus d’un. De plus, les meilleures machines sont résistantes et durables par rapport à un ordinateur portable. Je la conseille également pour les écrivains et auteurs, car elle ne risque pas de faire l’objet de bugs ou de virus informatiques. Une machine à dactylographie manuelle permet une économie d’énergie dans la mesure où vous n’aurez pas à la brancher sur le secteur pour la faire fonctionner. De plus, ces dispositifs sont extrêmement résistants. Tout ce que vous écrirez est tout de suite imprimé sur le papier. Les machines à dactylographie manuelles comprennent des touches équipées de leviers qui exercent une pression sur un rouleau sur lequel est fixée une feuille en papier. Les machines portables peuvent être déplacées. Elles sont donc identiques aux ordinateurs portables et comprennent une mallette spécifique. Les machines à dactylographie standard sont plutôt dédiées à une utilisation en milieu professionnel, notamment dans les bureaux. Elles sont plus grandes que les modèles portables et peuvent aller jusqu’à 18 kilos. Les machines anciennes ont généralement été conçues vers le 20ème siècle. Leur design est facilement reconnaissable. Les modèles “upstike” comme la caligraph ne donnent pas la possibilité de voir les caractères imprimés. Ceux qui fonctionnent à l’aide du mécanisme “downstrike” permettent, par contre, de voir partiellement les lettres. Les machines à écrire anciennes sont plus lourdes et difficiles à réparer. Les appareils modernes sont composés d’un couvercle en verre et de touches en nickel. La disposition des lettres suit le format QWERTY. Ce type de machine est plus facile à entretenir et à réparer, car vous pouvez encore trouver des pièces de rechange.
Lire aussi: Guide complet : La musculation avec Basic-Fit
Choisir et entretenir sa machine à écrire
Voici quelques conseils pour bien la chiner. Il vous faut bien sûr l’essayer et ne pas vous contenter de constater si le ruban encreur écrit encore ou pas. Ce n’est pas très important puisque pour quelques euros il est possible de le remplacer. Ce qui est important, c’est de vérifier la mobilité du chariot (le retour) et les touches du clavier. Pour vérifier si son clavier est fonctionnel à l'atelier nous donnons une astuce… il suffit de l'essayer en écrivant la phrase suivante : “Monsieur, portez ce vieux whisky au juge blond qui fume la pipe au coin du feu” Ces quelques mots utilisent l’ensemble des lettres de l’alphabet, il est ainsi facile de vérifier si toutes les touches du clavier sont fonctionnelles. Si le ruban est sec ou déchiré, il vous faudra le changer. C’est une simple bande de tissu ou de papier qui porte l’encre. Il est enroulé sur deux tambours qui tournent l'un vers l'autre. L'un des tambours est couvert d'un crin ou d'un tissu qui frotte contre le ruban et le nettoie. Prenez soin de bien noter la référence de votre machine lors de votre commande de ruban et de bien suivre les instructions pour le changer. Nous réalisons toutes ces vérifications d’usage lorsque nous avons la chance de trouver une machine à écrire ancienne dans nos pérégrinations. Une fois de retour à l’Atelier, chacune est soigneusement démontée pour ôter toute traces de poussière grâce à un fin pinceau, le mécanisme est soigneusement huilé. Patience et minutie sont de rigueur pour cette étape très importante qui garantit la fluidité de la frappe de son futur utilisateur.
Lorsque vous choisissez la meilleure machine à dactylographier, vous devez d’abord considérer le design. Les modèles vintage sont particulièrement prisés pour leur attrait et les collectionneurs. Pensez également à l’usage que vous voulez faire de la machine à écrire. Si vous voulez écrire avec, vous devez bien sûr vous assurer qu’elle est en bon état et fonctionne parfaitement.
tags: #machine #à #écrire #enfant #fonctionnement
