Introduction
La trisomie 21, également connue sous le nom de syndrome de Down, est une anomalie génétique qui suscite de nombreuses interrogations et idées reçues. Cet article a pour but de fournir une information complète et actualisée sur la trisomie 21, en abordant ses causes, ses conséquences, les méthodes de dépistage, les pistes de recherche et les moyens d'améliorer la qualité de vie des personnes concernées.
Qu'est-ce que la Trisomie 21 ?
Découverte en 1959 par un groupe de médecins français (Marthe Gautier, Jérôme Lejeune et Raymond Turpin), la trisomie 21 est une anomalie chromosomique caractérisée par la présence d'un chromosome 21 supplémentaire. Normalement, les cellules humaines possèdent 46 chromosomes, organisés en 23 paires. Dans le cas de la trisomie 21, il existe trois copies du chromosome 21 au lieu de deux, ce qui porte le nombre total de chromosomes à 47.
L'expression « trisomie 21 » a été proposée dans les années 1960 par le professeur Jérôme Lejeune. Elle désigne l’ensemble des manifestations physiques et biologiques découlant de la présence du chromosome 21 en trois exemplaires, au lieu de 2. Avoir un chromosome 21 en trois exemplaires entraîne la présence en excès des gènes portées par ce dernier, déséquilibrant l’ensemble du fonctionnement de l’organisme.
Les spécialistes sont partagés sur la question de savoir s'il s'agit d'un syndrome, et non d'une maladie à proprement parler. D’autres la définissent comme une altération de la santé et des fonctions de la personne touchée qui, par conséquent, peut être déterminée comme une maladie.
Les Différentes Formes de Trisomie 21
Il existe plusieurs formes de trisomie 21, classées en fonction de la manière dont le chromosome 21 supplémentaire est présent dans les cellules de l'organisme :
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- Trisomie 21 libre, complète et homogène: C'est la forme la plus fréquente (environ 95% des cas). Toutes les cellules de l'organisme possèdent 47 chromosomes.
- Trisomie 21 en mosaïque: Certaines cellules sont normales (46 chromosomes) et d'autres sont trisomiques (47 chromosomes).
- Trisomie 21 par translocation: Le troisième chromosome 21 est attaché à un autre chromosome. Le caryotype montre 2 chromosomes 21 libres, le troisième étant accolé à un autre chromosome (transloqué)
- Trisomie 21 partielle: Seule une partie du chromosome 21 est présente en trois exemplaires.
Prévalence et Facteurs de Risque
La trisomie 21 est l'une des anomalies chromosomiques les plus fréquentes. On considère qu’elle touche en moyenne 1 bébé sur 700 à 1.000 dans le monde. En France, on estime qu’il y a environ 50.000 personnes atteintes de trisomie 21, soit environ 500 naissances par an.
Le seul facteur de risque connu est l'âge maternel. L’âge de la mère représente le seul facteur connu, avec un risque accru à partir de 35-38 ans. Concrètement, à 25 ans, le risque est d’1 sur 1.300, d’1 sur 100 à 40 ans et 1 sur 20 à 46 ans. Ce syndrome n’est pas héréditaire et il n’est pas possible de le prévenir.
Dépistage et Diagnostic Prénatal
S’il est impossible de prévenir la trisomie 21, il est possible de la détecter. La loi prévoit qu’au cours de leur grossesse toutes les femmes soient informées de la possibilité de réaliser un dépistage de la trisomie 21. Pris en charge par l’assurance maladie, ce dépistage a pour objectif d’évaluer la probabilité que le fœtus ait ou non une trisomie 21. Il n’est pas obligatoire. Vous avez en effet le choix de réaliser ou non ce dépistage. Votre consentement écrit sera demandé à chaque étape du dépistage.
Le dépistage prénatal de la trisomie 21 a pour but d'évaluer le risque que le fœtus soit atteint de cette anomalie. Il repose sur différentes méthodes :
- Échographie du premier trimestre: Elle permet de mesurer la clarté nucale, un espace situé derrière la nuque du fœtus. Une clarté nucale épaissie peut indiquer un risque accru de trisomie 21.
- Dosage des marqueurs sériques maternels: Une prise de sang chez la mère permet de doser certaines hormones et protéines. Des taux anormaux peuvent également signaler un risque accru.
- Dépistage prénatal non invasif (DPNI) : Depuis 2017, une nouvelle forme de tests a été mise en place, le "dépistage prénatal non invasif". Elle permet de détecter la trisomie via le sang de la mère. Beaucoup moins invasive que l’amniocentèse, cette technique est également bien plus précise avec 99% d’efficacité. Ce test est pris en charge par l’Assurance Maladie. Ce test consiste à analyser l'ADN fœtal circulant dans le sang maternel.
Si le risque de trisomie 21 est élevé, un examen diagnostic peut être proposé pour confirmer ou infirmer le diagnostic. Les examens diagnostiques sont invasifs et comportent un faible risque de fausse couche :
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- Amniocentèse: Prélèvement de liquide amniotique pour analyser les chromosomes du fœtus.
- Biopsie de trophoblaste: Prélèvement de cellules du placenta pour analyse chromosomique.
Manifestations et Conséquences de la Trisomie 21
Chaque personne atteinte d’une trisomie 21 est unique, avec sa manière spécifique de porter son syndrome. Seules certaines particularités physiques sont communes : forme du nez, taille globale, des mains et des pieds plus petits…La trisomie 21 se traduit principalement par une déficience intellectuelle généralement légère à modérée, des troubles de la croissance et une insuffisance de la tonicité musculaire associée à une hyperlaxité ligamentaire. L’importance du retard du développement psychomoteur dépend de chaque personne avec un rôle prépondérant joué par l’environnement, l’accompagnement et l’apprentissage dans le développement des capacités, puis de leur maintien.
Les conséquences sur l’organisme se retranscriront principalement par des troubles de la croissance et une insuffisance de la tonicité musculaire, associée à une hyperlaxité ligamentaire. Contrairement à une idée reçue, le quotient intellectuel (QI) est très variable, il n’y a pas de degré défini dans la trisomie 21. Chaque personne est différente. Par conséquent, si vous vous inquiétez pour l’avenir d’un de vos proches, sachez que la plupart des personnes touchées sont capables de s’intégrer à la société de façon autonome à l’âge adulte.
Les personnes atteintes de trisomie 21 peuvent présenter :
- Particularités physiques: Visage rond, petite taille, nuque plate, yeux en amande, mains courtes et larges.
- Déficience intellectuelle: Généralement légère à modérée, mais variable d'une personne à l'autre.
- Hypotonie musculaire: Faible tonus musculaire, pouvant entraîner des difficultés motrices.
- Problèmes de santé: Risque accru de malformations cardiaques, de troubles digestifs, de problèmes de vision et d'audition, de troubles de la thyroïde, de leucémie et de la maladie d'Alzheimer précoce.
D’éventuelles complications congénitales (malformation cardiaques, digestives…) peuvent intervenir à la naissance ou au cours de la vie (troubles, orthopédiques, visuels, auditifs ou encore épilepsie, voire leucémie). Le risque de développer certaines pathologies est également plus fort : maladies infectieuses (otites chroniques), maladies endocriniennes (hypothyroïdie, diabète), maladies neurologiques, apnée du sommeil ou encore reflux gastro-œsophagien.
Améliorer la Qualité de Vie
Bien que la trisomie 21 ne puisse être guérie, une prise en charge adaptée permet d'améliorer considérablement la qualité de vie des personnes atteintes.
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- Stimulation précoce: Il est essentiel de stimuler l'enfant dès le plus jeune âge pour favoriser son développement moteur, intellectuel et social.
- Suivi médical personnalisé: Une surveillance médicale régulière permet de dépister et de traiter précocement les problèmes de santé associés à la trisomie 21.
- Prise en charge paramédicale: La kinésithérapie, l'orthophonie, la psychomotricité et la psychologie peuvent aider l'enfant à développer ses compétences et à acquérir de l'autonomie.
- Scolarisation: L'intégration scolaire, en milieu ordinaire ou spécialisé, est essentielle pour favoriser la socialisation et l'apprentissage.
- Soutien aux familles: Les associations de parents jouent un rôle important en offrant un soutien moral et pratique aux familles touchées par la trisomie 21.
Vous avez un enfant atteint de trisomie 21 ? Vous pouvez contribuer à son épanouissement. En effet, le stimuler dès le plus jeune âge peut aider à son développement moteur, intellectuel et à celui du langage. Or, les façons de stimuler votre enfant, ne diffèrent pas tellement de celles de tout autre enfant :
- Complimentez-le quand il fait quelque chose de bien, même infime, pour l’inciter à prendre confiance en lui
- Faites attention à écouter son point de vue et à toujours bien lui expliquer vos décisions afin qu’il ne se sente pas sous-estimé
- Incitez-le à se lancer dans de nouveaux projets
- Soulignez ses forces et nommez tous ses progrès pour le pousser à se dépasser
- Encouragez-le à se lier socialement aux autres, que ce soit via l’école, les activités extrascolaires, voire les réseaux sociaux. En effet, la scolarisation des enfants ayant une trisomie 21, est non seulement possible mais essentielle, que ce soit dans une école traditionnelle ou une classe spécialement encadrée.
Une personne porteuse de trisomie 21 peut souffrir de sévères complications. D’où la nécessité d’une surveillance médicale personnalisée dès le plus jeune âge. Aujourd’hui, la plupart des problèmes et troubles de santé peuvent être dépistés et traités rapidement. Un suivi médical est donc recommandé tout au long de la vie. Le traitement médical n’a pas seulement pour but de pallier d’éventuels problèmes de santé, mais aussi de favoriser la socialisation et l’intégration de l’enfant ou de l’adulte touché : en effet, une prise en charge spécialisée (kinésithérapie, orthophonie, psychomotricité) permettra à votre enfant de développer ses capacités et d’acquérir la plus grande autonomie possible ; la prise en charge paramédicale de l’adulte repose sur le même principe. Bénéficier d’une complémentarité d’approches thérapeutiques et d’un accompagnement spécifique lui permettra de s’intégrer et de s’adapter beaucoup plus facilement aux autres et au monde qui l’entoure. Car contrairement aux idées reçues, les jeunes adultes trisomiques n’ont généralement pas un caractère solitaire et fermé, mais au contraire joyeux et ouvert. Ils sont très souvent à la recherche de contacts.
Recherche et Perspectives d'Avenir
La recherche sur la trisomie 21 progresse constamment. Les scientifiques s'efforcent de mieux comprendre les mécanismes biologiques à l'origine des manifestations du syndrome, afin de développer de nouvelles thérapies.
Gaëlle Friocourt, chercheuse en génétique à l’Inserm, se consacre plus particulièrement à l’étude fonctionnelle de gènes dont les mutations sont responsables de la déficience intellectuelle, comme c’est le cas pour la trisomie 21, les troubles autistiques, ou encore les troubles moteurs d’origine génétique. Les recherches sur le gène CBS consistent à identifier des petites molécules potentiellement bloquantes de l’enzyme CBS, qui est produite en trop grande quantité par le gène tripliqué. En effet, le surplus de CBS va provoquer la diminution d’un acide aminé essentiel au fonctionnement normal du cerveau humain : la méthionine. Cette méthionine est liée au cycle des folates, qui permet le bon développement du cerveau. Les fœtus porteurs de trisomie 21 vont donc sur-exprimer l’enzyme CBS et manquer de méthionine, qui participe à leurs malformations cérébrales et leur déficience intellectuelle. Gaëlle Friocourt va donc tester l’effet de diverses molécules, sur des modèles cellulaires présentant des caractéristiques communes avec les cellules des patients, dans le but d’identifier des inhibiteurs bloquant l’activité enzymatique de CBS, qui seront de potentiels candidats-médicaments.
De nombreux essais cliniques sont en cours dans le monde, dont deux actuellement en France. Depuis la découverte dans les années 60 d’un chromosome surnuméraire dans le syndrome de Down, et son séquençage complet en 2 000, nous avons fait de grands progrès dans la connaissance des quelques 300 gènes qui le constituent. Parmi ceux-ci, le gène DYRK1A a fait l’objet de plusieurs études. La dernière en date est conduite par une société de biotechnologie bretonne, Perha Pharmaceuticals, qui teste un médicament qui, en inhibant les effets de ce gène, améliorerait les capacités cognitives. D’autres travaux portent sur un neurotransmetteur, GABA (pour gamma-aminobutyric acid), présent en excès dans le cerveau des personnes atteintes de Trisomie 21. L’hypothèse testée est qu’en diminuant l’excès de GABA, on parvienne à améliorer le fonctionnement du cerveau et restaurer les déficits cognitifs. Dès 2011, mon équipe, à l’Institut du cerveau, a montré, chez une souris porteuse de T21, les effets thérapeutiques d’une molécule bloquant l’effet du neurotransmetteur GABA. Une des pistes explorées aujourd’hui concerne un récepteur particulier, appelé CB1. Une société de biotechnologie bordelaise, Aelis Farma, a développé une molécule qui inhibe ce récepteur spécifique. Une première étude clinique sur 29 adultes porteurs de trisomie 21 a montré une amélioration de leurs capacités comportementales et cognitives. Une étude internationale doit maintenant confirmer ces résultats. Enfin, une équipe franco-suisse, Inserm et centre hospitalier universitaire vaudois, a mené une étude pilote sur l’effet de l’injection d’une hormone, la GnRH, dont les mécanismes de production sont dérégulés chez les personnes atteintes de T21, sur leurs fonctions cognitives, avec des résultats prometteurs chez les patients traités pendant 6 mois.
Les pistes de recherche actuelles incluent :
- Thérapies ciblant les gènes: Identifier et cibler les gènes responsables des manifestations de la trisomie 21.
- Médicaments améliorant les fonctions cognitives: Développer des médicaments pour améliorer la mémoire, l'attention et d'autres fonctions cognitives.
- Prévention de la maladie d'Alzheimer: Étudier les mécanismes de la maladie d'Alzheimer chez les personnes atteintes de trisomie 21 et développer des stratégies de prévention.
Si, pour le moment, il n’existe pas de traitement médicamenteux disponible, les progrès de la recherche sont tels qu’il est permis d’imaginer en voir bientôt arriver sur le marché. À ce jour, ce sont les seules qui fonctionnent. La stimulation constante des personnes porteuses de trisomie 21 est une source d’amélioration importante. Ainsi, les thérapies comportementales, l’ergothérapie et une activité physique adaptée sont des sources de progrès. Une attention particulière doit être portée à la nutrition pour limiter les risques de diabète et d’obésité. Par ailleurs, en raison de leur vulnérabilité accrue aux maladies, les personnes atteintes de Trisomie 21 doivent avoir un suivi médical renforcé. On sait que le sommeil est indispensable aux bonnes performances cognitives. Or, les personnes atteintes de T21 sont particulièrement exposées au syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS). Dans une récente étude, une équipe de l’hôpital Necker a montré les bénéfices du dépistage et de la prise en charge précoces de ce syndrome, par une chirurgie des voies aériennes supérieures, sur le développement intellectuel et comportemental des enfants porteurs de T21. Les personnes avec T21 ont un risque très élevé de développer de manière précoce une maladie d’Alzheimer. En effet, le gène précurseur des peptides amyloïdes, APP, responsables des lésions spécifiques de cette maladie, se trouve sur le chromosome 21, que les personnes atteintes de T21 en possèdent en trois exemplaires. Pendant longtemps ces patients étaient systématiquement exclus des essais cliniques sur les traitements contre la maladie d’Alzheimer. Aujourd’hui, avec l’autorisation aux États-Unis et en Europe, d’immunothérapie par anticorps anti-amyloïdes, nous avons bon espoir qu’un essai clinique les incluant soit autorisé en France. Un laboratoire suisse, AC Immune, est en train d’évaluer l’efficacité d’un vaccin expérimental contre ces peptides amyloïdes, et donc contre la maladie d’Alzheimer. Il prévoit d’ouvrir sa cohorte aux personnes porteuses de T21. Inclure ces patients dans les essais cliniques présente le double avantage de mesurer rapidement l’efficacité des traitements sur les maladies neurodégénératives de type Alzheimer et de leur faire bénéficier de traitements qui vont significativement améliorer leur qualité de vie. Il y a beaucoup à apprendre des personnes atteintes de T21 : on sait par exemple qu’elles sont moins affectées par les maladies cardio-vasculaires que la population générale et présentent de plus faibles taux de cholestérol. Qu’elles soient cliniques ou fondamentales, les recherches sur la Trisomie 21 doivent s’appuyer sur une collaboration internationale et des études à grande échelle. Nous n’allons pas trouver demain une molécule qui améliorera d’un coup les performances cognitives ni le moyen de supprimer le chromosome surnuméraire, mais nous allons bientôt être en mesure, en combinant plusieurs cibles médicamenteuses, d’améliorer significativement la qualité de vie des personnes atteintes de T21. Et étendre ces bénéfices aux personnes souffrant d’autres pathologies, notamment neurodégénératives ou inflammatoires.
Le Rôle des Associations
De nombreuses associations se mobilisent pour soutenir les personnes atteintes de trisomie 21 et leurs familles. Elles offrent des services d'information, de conseil, de soutien moral et d'aide financière. Elles militent également pour une meilleure inclusion des personnes handicapées dans la société.
Dans tous les départements et à l’échelle nationale, des associations de parents existent. On peut citer l’UNAPEI, Trisomie 21 France, Grandir à l’école, Fnaseph, Association trisalide, Reflet 21, Enzo 21, Aimet, Plateforme Grandir Ensemble, et bien d’autres encore. Elles sont les porte-paroles des familles qui ont un enfant porteur d’une trisomie 21. Il est conseillé de se renseigner auprès de la mairie pour savoir s’il existe une association de parents ou autre concernant la trisomie 21. Ces associations ont pour but premier d’éviter que les parents ne se retrouvent isolés. Elles contribuent à ce qu’ils se sentent soutenus par d’autres parents qui ont connu le même type de difficultés. Elles soutiennent, initient ou suscitent des activités d’éveil, de loisirs, de vacances, de sports. Certaines soutiennent la recherche pour mieux connaître les mécanismes de la maladie et mettre au point de nouveaux traitements ou modes de prise en charge. D’autres créent une communauté amicale ou spirituelle autour des personnes et de leurs familles. Elles ont été très impliquées dans toutes les discussions et les commissions ayant abouti, début 2005, à la nouvelle loi pour les personnes handicapées (loi « handicap » du 11 février 2005).
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