Introduction
L'attrait et les bienfaits de l'allaitement maternel, en particulier lorsqu'il est incarné par des figures comme Lucy Love, sont un sujet complexe et fascinant. Si l'histoire a souvent dissocié le plaisir de la procréation et la santé de la sexualité, les recherches contemporaines reconnaissent de plus en plus l'importance de l'intimité et de l'affection pour le bien-être général. Cet article explore les différents aspects de ce lien, en s'appuyant sur des connaissances scientifiques et culturelles pour fournir une compréhension complète.
L'Amour et la Santé : Un Lien Indéniable
Des millénaires ont été nécessaires pour admettre ce qui est aujourd'hui évident et prouvé par la science : l'amour est bon pour nous. Longtemps, on a séparé le plaisir de la procréation, la santé de la sexualité, le corps de l'âme, comme si l'un menaçait l'autre. Or, des études médicales, épidémiologiques, biologiques et psychologiques réalisées ces dix dernières années prouvent que le sexe et l'amour au sens large sont aussi importants pour notre équilibre physiologique et mental que l'eau fraîche, une nourriture saine ou l'exercice physique. Les scientifiques confirment ainsi les théories libertaires des hippies des années 1960, des adeptes du New Age et des disciples du Kama-sutra : les relations intimes avec nos semblables dissipent les tensions, calment les angoisses, renforcent nos défenses immunitaires et allongent de façon spectaculaire notre espérance de vie. Pour vivre vieux, il ne faut pas vivre solitaire.
La copulation bestiale n'est pas seule responsable de ces bienfaits. L'empathie joue aussi son rôle, de même que la bienveillance et l'attention réciproques, le sentiment de sécurité procuré par la proximité de celui ou de celle avec qui on partage sa vie. En étudiant les rouages biologiques de la sexualité, les chercheurs ont découvert des mécanismes de l'attachement qui font de l'homme un animal social incapable de vivre sans les autres. La molécule qui procure une sensation de plaisir pendant l'orgasme, l'ocytocine, est aussi celle qui favorise le lien unissant la mère et l'enfant au moment de la tétée et la fidélité dans le couple : des rats polygames auxquels on injecte de l'ocytocine dans le cerveau deviennent monogames.
Un Aperçu Historique : De la Grèce Antique aux Lumières
La croyance qu'amour et santé sont antinomiques remonte à très loin, à la Grèce antique. Aristophane donnait l'impression que tout le monde faisait l'amour dans la rue. Eros est déifié et l'amour est pratiqué de façon nette, claire, devant tout le monde. Il n'y a pas encore de traumatisme chrétien. Mais cette célébration de Dionysos ne dure pas. Platon (427-347 av. J.-C.) y met fin. Le philosophe sépare l'essence et la matière, puis l'esprit et le corps. Il inaugure un courant de pensée qui durera plus de deux mille ans, pour lequel les lois des pulsions physiques sont contraires à l'élévation spirituelle. L'usage excessif du corps est néfaste. Ainsi naît le concept d'amour platonique.
Le platonisme nourrira à son tour le christianisme. Les Evangiles ne condamnent pas la chair, mais les Pères de l'Eglise vont prêcher non seulement que la sexualité est contraire au salut de l'âme, mais aussi que l'amour est mauvais pour la santé. Pendant près de vingt siècles, l'amour se fera au péril de la vie spirituelle. Saint Jean Chrysostome et surtout saint Antoine martèlent que l'amour conduit à notre perte. Les ordres monastiques créés par saint Antoine, en Egypte, au IVe siècle, submergent l'Occident et en transforment la culture. Mais la ferveur des premiers moines est telle que ceux-ci sont alors frappés d'un mal étrange : l'acédie (akedia, en grec). Ayant totalement renoncé à ce qu'on appelait alors les sens, c'est-à-dire à tout ce qui peut conduire à l'amour, ils sont plongés dans une léthargie si profonde que l'Eglise doit intervenir. Néanmoins, toute une lignée de penseurs chrétiens, jusqu'aux sermons enflammés de l'abbé Bossuet, continueront de prêcher contre les péchés de la chair. Bossuet affirme que « les spasmes », outre qu'ils abaissent moralement l'homme, lui portent atteinte physiologiquement. Et, contrairement aux autres domaines (la littérature, les sciences, la pensée politique, par exemple), le siècle des Lumières n'aura aucun impact sur cette manière de considérer l'amour. Sans doute parce que, jusqu'au milieu du XXe siècle, faire l'amour c'est, souvent, risquer sa vie. Littéralement. Pendant des siècles, la syphilis fut synonyme de mort lente, de folie et de douleurs atroces. La maladie faisait tellement peur que l'écrivain Julien Green raconte dans son Journal que sa sœur Eléonore mettait des gants pour lire le roman de Charles-Louis Philippe Bubu de Montparnasse, qui évoquait la maladie. Elle avait peur d'être contaminée par sa seule lecture.
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La Révolution du XXe Siècle : Vers une Libération Sexuelle et Sanitaire
Qu'est-ce qui fait que, soudain, tout change ? D'abord, on se défait de la maladie. A partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, grâce à la découverte d'Alexander Fleming, la pénicilline permet enfin de terrasser la syphilis. Ensuite, on se défait de la contrainte de la procréation grâce au contrôle de la fécondité. En 1964 est commercialisée la première pilule contraceptive, sous le nom d'Anovlar : « Médicament du blocage de l'ovulation », explique l'étiquette. Surtout, en 1967, la loi Neuwirth abroge la réglementation punitive qui remontait à 1920. Le nouveau texte pose comme principe le droit à la contraception et à l'information. Il aura donc fallu attendre le tout dernier tiers du XXe siècle et la maîtrise de la contraception pour enfin dissocier sexualité et fécondité. Une révolution. Mieux : une libération. Comme ce mouvement va de pair avec l'élévation du niveau de vie, avec une meilleure alimentation, avec l'arrivée de la société des loisirs, la conclusion commence à s'imposer : l'amour est bon pour la santé.
Les Bienfaits Scientifiques de l'Amour et de l'Intimité
Oui, il est bon pour la santé. Et la science, qui en avait laissé l'exploration aux poètes, aux moralistes et aux philosophes, en découvre petit à petit les bienfaits. « L'expérience de l'amour, de la relation amoureuse à un autre être (homme ou femme), l'amour filial, l'amitié même, toutes ces variations de l'amour sont absolument indispensables », affirme le psychanalyste J.-D. Nasio (Un psychanalyste sur le divan, Payot). Il est la condition sine qua non de notre santé psychologique. Les Grecs, qui ont inventé tous les mots de l'amour (aphrodisiaque, homosexuel, hétérosexuel, etc.), en distinguent trois formes : eros, pour l'amour charnel, agape, pour l'amour du prochain, et philia, pour l'amitié. Chacun est différent mais tous sont nécessaires à notre équilibre.
Aimer est un besoin primaire pour chaque être humain, quel que soit son âge ou son sexe. Lorsque ce besoin d'attachement à un autre être ne peut être satisfait, nous pouvons même être conduits à nous attacher à un objet morbide. « Sans émotions, nous développons des maladies psychiques », affirme le professeur de psychiatrie de l'enfant, Daniel Marcelli (La Surprise : chatouille de l'âme, Albin Michel). « On meurt moins vite du manque d'affection que du manque de nourriture, mais on en meurt autant », renchérit le psychiatre David Servan-Schreiber (Guérir, Laffont). D'ailleurs, l'amour est indispensable à la survie de l'espèce. Pendant des siècles, l'enfant non relié à sa mère par l'amour pouvait mourir, affirme Servan-Schreiber. Ou au moins souffrir dans son développement. « L'amour est plus qu'une histoire à la Tristan et Iseut, insiste-t-il. C'est un besoin biologique. »
L'Amour : Un Impératif Darwinien
L'amour est donc un impératif darwinien : toutes les créatures recherchent ce qui leur fait du bien et évitent ce qui leur fait du mal. « Ceux qui apprennent cela vivent plus longtemps », affirme J. Gayle Beck, professeur de psychologie à l'université de Buffalo (Etat de New York). Que nous soyons ou non doués pour l'amour (« ce sentiment proche de l'extase », selon l'expression de Daniel Marcelli), eros prolonge notre vie. Information rassurante pour ceux qui, là aussi, sont maladroits : peu importe la qualité de nos relations sexuelles nous en tirons une foule de bénéfices. Dernière trouvaille en date : des médecins australiens viennent de découvrir un traitement préventif du cancer de la prostate particulièrement efficace. Il permet de réduire de 30 % le risque de développer la maladie qui, en France, touche chaque année 40 000 hommes. Il ne s'agit pas d'arrêter de fumer ni de prendre des vitamines ou des médicaments. Simplement, il suffit d'avoir régulièrement des orgasmes.
Une équipe du Cancer Council of Victoria, dirigée par le Pr Graham Giles, a réalisé une vaste étude épidémiologique sur 1 529 hommes en bonne santé et 1 079 autres atteints de tumeur prostatique. Les résultats, publiés dans le très sérieux British Journal of Urology, sont sans appel : ceux qui éjaculent au moins cinq fois par semaine diminuent leur risque de cancer d'un tiers par rapport à ceux qui sont dans la moyenne de quatre à sept rapports par mois. Les chercheurs avancent l'hypothèse que les « petites secousses » drainent la prostate des carcinogènes qui s'y accumulent. Ces résultats contredisent ceux d'études précédentes, qui tendaient à montrer que le risque de cancer de la prostate est plus élevé chez les hommes ayant de multiples partenaires sexuels, à cause des infections répétées dues à la promiscuité. Les chercheurs australiens n'ont pas seulement pris en compte les relations sexuelles, mais aussi le plaisir solitaire, ce qui explique le nombre substantiel d'orgasmes à atteindre pour que le « traitement » fonctionne. « Les hommes ont de nombreuses façons de se servir de leur prostate sans avoir recours aux femmes ou aux autres hommes », précise utilement Graham Giles.
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L'Amour et la Réduction du Stress
Des études scientifiques de plus en plus nombreuses tendent donc à confirmer ce que les adeptes de la sagesse tantrique répètent depuis des millénaires : le sexe et les relations affectives ne constituent pas seulement une source de plaisir, mais aussi un rempart contre la maladie. On connaît depuis longtemps les effets du stress sur la santé, comme le bouton d'herpès qui fleurit sur les lèvres quand on est fatigué, l'ulcère à l'estomac du cadre surmené, les otites à répétition du bébé qui vient d'entrer à la crèche. Ces affections « psychodépendantes » sont souvent déclenchées par une diminution des défenses naturelles liées à l'angoisse ou au mal-être. Janice Kiecolt et Ronald Glaser, deux médecins de l'université de Columbus (Ohio), ont mis en évidence une chute des marqueurs biologiques de l'immunité chez les étudiants en période d'examen, chez les couples en instance de divorce et les conjoints de cancéreux (affectés psychologiquement par la maladie de l'autre). Toutes les statistiques démographiques montrent que le taux de mortalité des gens mariés est plus faible que celui des non-mariés, qu'ils soient célibataires, veufs, divorcés ou séparés. « La perte du conjoint entraîne, pour le survivant, une forte augmentation du risque de décéder dans l'année qui suit, explique Patrick Festy, chercheur à l'Ined. La surmortalité des veufs est de 90 % supérieure à celle des hommes mariés. Cette différence tend à s'estomper avec le temps, mais, en l'absence de remariage, l'état de santé des veufs reste plus fragile. »
L'Amour : Un Fortifiant Naturel
Si le stress affaiblit l'organisme, l'amour au contraire le solidifie et prolonge l'existence. Selon une étude publiée en 2000 par le British Medical Journal, les personnes qui font état d'une « vie érotique » satisfaisante souffrent moins fréquemment de diabète, d'hypertension et de maladies cardio-vasculaires. Le sexe, comme la course à pied, est un sport qui prévient l'accumulation des graisses dans l'organisme et aide à éliminer les toxines. « Faire l'amour au moins trois fois par semaine prolonge l'espérance de vie de dix ans en moyenne », affirme le Dr David Weeks, chercheur au Royal Hospital d'Edimbourg, en Ecosse. Il est arrivé à cette conclusion après avoir épluché l'histoire médicale de 3 500 personnes de 18 à 102 ans. Le sexe guérit même le mal de tête, si l'on en croit une étude de la Rutgers University (New Jersey), estimant que l'effet d'un orgasme est identique à celui de deux aspirines. Car, durant l'acte sexuel, le cerveau produit en abondance des endorphines, équivalents naturels des opiacés comme la morphine, qui ont un puissant effet analgésique et relaxant. Voilà enfin un argument imparable pour répondre à la fameuse phrase : « Pas ce soir, chéri, j'ai la migraine » ?
Amour et Intelligence
Avoir des rapports sexuels réguliers nous rendrait également intelligents, soutient Werner Habermehl, de l'Institut de recherche médicale de Hambourg, car ils augmentent la production d'adrénaline et de cortisol, deux stimulants de la matière grise. Daniel Siegel, professeur de psychiatrie à l'Université de Californie à Los Angeles, a montré comment les expériences d'attachement influencent les émotions et façonnent le développement et la maturation du système nerveux. « Le cerveau est un organe social dont le développement est déterminé autant par la génétique que par les interactions sociales, affirme-t-il. L'esprit ne se constitue pas tout seul, mais par les expériences du monde extérieur et les relations avec les autres. Le sexe, mais aussi les relations d'intimité que nous entretenons avec nos semblables (conjoints, parents ou amis proches) influencent profondément le fonctionnement des organes, modulent notre humeur et influent sur les mécanismes de défense contre les maladies. Le cerveau, le système immunitaire et le système endocrinien interagissent les uns avec les autres et la compréhension de leurs rapports a même donné naissance à une nouvelle discipline, la neuro-psycho-immunologie.
L'Importance des Relations Sociales
« Vivre à deux, c'est s'enrichir en se confrontant à l'autre, explique Robert Dantzer, directeur de l'unité de recherches en neurobiologie intégrative de l'Inserm, à Bordeaux. Les couples n'échangent pas seulement des caresses et des idées, mais aussi des micro-organismes. L'exposition aux agents pathogènes et à la flore de son compagnon ou de sa compagne peut être une source d'infections, mais aussi une stimulation pour le système immunitaire, dont le spectre s'élargit grâce à cette confrontation. » Ce qui est vrai pour les microbes l'est également pour les sentiments, dont les variations affectent le comportement, nos fonctions physiologiques et nos capacités de résistance aux maladies.
Les Mécanismes de l'Amour
Mais comment et pourquoi devient-on amoureux ? On commence à peine à comprendre les mécanismes chimiques et neurologiques qui commandent les pulsions sexuelles, et ceux qui sont responsables de l'attachement, de l'affectivité et de l'empathie envers les autres. En cherchant à décrypter les mystères de la libido, on a fait des découvertes étonnantes sur l'amour, celui qui s'écrit avec un grand A. Les chercheurs distinguent aujourd'hui trois formes d'amour : le désir sexuel, qui nous pousse à copuler, l'amour romantique, c'est-à-dire la passion pour une personne particulière, et l'attachement à long terme, qui nous incite à vivre en couple. Ces trois variantes font appel à des processus neurobiologiques distincts hérités de l'évolution, avec chacun ses propres motivations et ses propres modes de fonctionnement émotionnels. Ce qui peut avoir des effets dangereux. « Vous pouvez ressentir un sentiment d'attachement à l'égard de votre épouse, explique l'anthropologue Helen Fisher, de Rutgers Unive…
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