Lova Moor, figure emblématique du Crazy Horse, a marqué le monde du spectacle par son talent et son charisme. De son vrai nom Marie-Claude Jourdain, elle est née le 5 mars 1946 à la Grève-sur-Mignon, en Charente-Maritime. Son parcours, jalonné de succès et d'épreuves, témoigne d'une personnalité hors du commun.

Une enfance marquée par la nudité et la perte

Marie-Claude Jourdain grandit dans une famille modeste. Elle est la troisième d'une fratrie et est très tôt confrontée au décès de son père. Dès son plus jeune âge, elle est mise en scène par ses parents. Elle confie à Thierry Ardisson qu'elle aimait se cacher pour observer les adultes. Elle se souvient également : "Mes parents me faisaient monter sur la table de la cuisine, lorsque j'avais pris mon bain, et l'on me faisait danser. J'entendais 'Qu'est-ce qu'elle a un joli corps cette petite fille' (…) Chez moi, je descendais nue les escaliers et j'attendais que mon père et ma mère me fassent ce genre de réflexion." Elle évoque aussi une sexualité qui sera, comme souvent, très précoce. "Il fallait ouvrir la bouche et mettre la langue, se souvient-elle. J'ai dû le faire vers 12 ans." Elle ajoute : "Je suis resté sage de 12 à 20 ans". Cette familiarité avec la nudité et le regard des autres influencera sans doute son parcours artistique.

D'éducatrice spécialisée à danseuse étoile

Initialement, Marie-Claude se destine à une carrière d'éducatrice spécialisée, motivée par le désir d'aider les enfants en difficulté. Elle entreprend des études dans ce domaine. Cependant, son rêve de devenir danseuse la tenaille. Le destin bascule lors d'une soirée en discothèque. Un chorégraphe du Crazy Horse Saloon la remarque et, subjugué par sa grâce, lui propose de passer des essais. C'est une aubaine pour la jeune femme, qui est engagée comme danseuse nue. Elle prend alors le nom de scène de Lova Moor.

L'ascension au Crazy Horse

Le talent de Lova Moor ne passe pas inaperçu. Alain Bernardin, le fondateur du Crazy Horse Saloon, est séduit par son charisme et sa présence scénique. En 1977, il lui offre le rôle principal dans son film Crazy Horse de Paris, la propulsant au rang de star et d'icône du célèbre cabaret. Elle devient meneuse de revue, incarnant l'esprit audacieux et glamour du Crazy Horse.

Diversification artistique : Chanson et animation

Forte de son succès au Crazy Horse, Lova Moor explore d'autres facettes de son talent. Dans les années 80, elle se lance dans la chanson. En 1986, elle sort son premier titre, Tendresse SOS, qui ne rencontre pas le succès escompté. Elle persévère et enregistre Je Danse, qui se classe à la neuvième place du TOP 50. Elle collabore également avec des artistes renommés comme Didier Barbelivien et François Valéry.

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Dans les années 90, Lova Moor se tourne vers l'animation télévisée. Elle présente l'édition télévisée du festival Juste pour Rire en 1993. Son charme et sa fantaisie lui ouvrent les portes de nombreuses émissions populaires, telles que Les Grosses Têtes et Sacrée Soirée. Elle refuse cependant en 2010 de faire La Ferme Célébrité. Elle lance également un parfum à son nom, dont le flacon est inspiré de ses formes.

Vie privée : Amours et tragédie

En 1985, Lova Moor épouse Alain Bernardin. Leur relation est passionnelle et fusionnelle. Cependant, en 1994, la tragédie frappe. Alain Bernardin se suicide dans son bureau du Crazy Horse, en se tirant une balle dans la tête. Ce geste inexplicable plonge Lova Moor dans un profond désarroi. Eddy Barclay, un ami proche du couple, témoigne sur RTL : "C'est un sale coup. J'ai beaucoup de peine. Il était en pleine forme. C'est incompréhensible. La seule explication qui me vient à l'esprit c'est qu'il allait avoir 78 ans et s'est dit: 'Bon, maintenant c'est terminé'".

Avant son mariage avec Alain Bernardin, Lova Moor a eu une liaison avec Alain Delon dans les années 1960. Bernard Violet relate dans son livre Les derniers mystères Delon, Tous ses secrets révélés leur rencontre et leur idylle. Delon aurait complimenté Moor en lui disant : « Mademoiselle, vous êtes roulée comme un cigare ! ». Leur relation se serait poursuivie dans un restaurant, puis dans l’appartement de Delon. Moor se souvient avoir vu « le petit Anthony, gardé par une nurse, attendant le retour de son papa avant d’aller dormir ». Elle évoque également des moments intimes partagés avec Delon, et des ébats endiablés en pleine rue.

L'éloignement de la scène et la réflexion sur la mort

Après la mort de son mari, Lova Moor s'éloigne progressivement du Crazy Horse et de la vie publique. Ses apparitions se font de plus en plus rares. Elle se consacre à sa vie privée et à ses proches.

La question de la mort est une préoccupation constante chez Lova Moor. Elle confiait à Thierry Ardisson : "Très souvent, je pense que c'est moi qui programmerai ma mort", expliquant qu'elle pourrait choisir de se suicider.

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