Louis VII, surnommé le Jeune, fut un monarque français dont le règne, de 1137 à 1180, fut marqué par des événements majeurs tels que la Deuxième Croisade et le divorce d'avec Aliénor d'Aquitaine. Son règne fut une période de transition pour le royaume de France, oscillant entre la consolidation du pouvoir royal et les défis posés par les puissances voisines.
Ascendance et Jeunesse
Né en 1120, Louis VII était le fils de Louis VI le Gros et d'Adélaïde de Savoie. Il fut élevé au cloître de Notre-Dame de Paris, ce qui lui valut les surnoms de Jeune, Pieux, Éveillé et Flores (fleuri). Initialement destiné à une carrière ecclésiastique, la mort prématurée de son frère aîné Philippe en 1131 le désigna comme héritier du trône. Louis VI, soucieux d'assurer la succession, organisa son mariage avec Aliénor d'Aquitaine, héritière du duché d'Aquitaine, juste avant de mourir.
Le 25 décembre, Louis VII est sacré à Bourges.
Accession au Trône et Mariage avec Aliénor d'Aquitaine
Louis VII succéda à son père, Louis VI le Gros, le 1er août 1137, à l'âge d'environ 17 ans. Quelques jours auparavant, il avait épousé Aliénor d'Aquitaine à Bordeaux. Ce mariage augmenta considérablement le domaine royal, Aliénor apportant en dot la Guyenne, la Gascogne, la Marche, le Poitou, le Limousin, l'Angoumois, la Saintonge et le Périgord, soit une grande partie du sud-ouest de la France. Les frontières du royaume capétien furent ainsi repoussées jusqu'aux Pyrénées.
Début de Règne et Politique Intérieure
Louis VII commença son règne en écartant sa mère de la cour et en s'appuyant sur les conseillers de son père, notamment l'abbé Suger de Saint-Denis. Il poursuivit la politique de son prédécesseur en favorisant le développement du domaine royal. Il multiplia les concessions de privilèges aux communautés rurales, encouragea les défrichements et favorisa l'émancipation des serfs. Il s'appuya sur les villes en accordant des chartes de bourgeoisie (Étampes, Bourges) et en soutenant le mouvement communal (Reims, Sens, Compiègne, Auxerre). Il soutint également l'élection d'évêques dévoués au pouvoir royal.
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C'est pendant cette période que les travaux de construction de la basilique Saint-Denis débutèrent.
Crises et Conflits Initiaux
Les premières crises du règne de Louis VII éclatèrent autour d'affaires d'élections épiscopales. En 1138, il accorda son investiture pour l'évêché de Langres à un moine de Cluny, s'opposant ainsi au candidat de Bernard de Clairvaux. En 1141, il tenta d'imposer son propre candidat au siège de Bourges contre Pierre de La Châtre, élu du chapitre de la cité et soutenu par le pape Innocent II. Ce dernier excommunia Louis VII. Pierre de La Châtre se réfugia en Champagne, ce qui conduisit le roi à envahir le comté et à incendier Vitry en 1142. Le traité de Vitry fut signé en 1143, mettant fin à ce conflit.
La Deuxième Croisade (1147-1149)
En réponse à l'appel de Bernard de Clairvaux, Louis VII prit la croix à Noël 1145 et décida de participer à la Deuxième Croisade pour secourir les États chrétiens de Palestine, menacés par les Turcs. Il confia la régence du royaume à Suger et partit pour l'Orient en 1147, accompagné d'Aliénor d'Aquitaine et d'une importante armée.
La croisade fut marquée par des difficultés et des revers. Les armées françaises et germaniques furent divisées, et Louis VII manqua d'expérience militaire. Les Byzantins, méfiants, nuisirent plus aux croisés qu'ils ne les aidèrent. Louis VII fut battu par les Turcs en Asie Mineure et connut d'autres revers en Syrie. Il rejoignit Antioche, où il fut reçu par Raymond de Poitiers, l'oncle d'Aliénor, en mars 1148.
Aliénor tenta de convaincre Louis VII d'aider son oncle à combattre les ennemis de ses territoires, mais le roi refusa, préférant se rendre à Jérusalem. Cette divergence conduisit à une détérioration de leurs relations. Aliénor aurait eu une conduite déshonorante et aurait même trompé le roi avec un musulman, selon certaines sources.
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Louis VII se rendit ensuite à Jérusalem, où il accomplit son pèlerinage. En juin 1148, il tenta de prendre Damas, mais son armée fut repoussée. Il fut même fait prisonnier par les Byzantins et dut être secouru par Roger de Sicile.
Louis VII revint en France en novembre 1149. La croisade s'avéra être un échec militaire et contribua à la détérioration de son mariage avec Aliénor.
Divorce d'avec Aliénor d'Aquitaine et Conséquences
Dès son retour en France, Louis VII envisagea de se séparer d'Aliénor. Après la mort de Suger en 1151, il décida de procéder au divorce. Le concile de Beaugency prononça l'annulation du mariage le 18 mars 1152, pour des raisons de consanguinité.
Aliénor reprit sa dot et épousa Henri Plantagenêt, comte d'Anjou, le 18 mai 1152. Henri devint roi d'Angleterre en 1154. Cette union créa une rivalité durable entre le royaume de France et le royaume d'Angleterre. Henri Plantagenêt contrôlait désormais un vaste empire s'étendant de l'Écosse aux Pyrénées, comprenant l'Angleterre, l'Anjou, le Maine, la Normandie, l'Aquitaine et la Bretagne. La perte de l'Aquitaine fut une erreur politique majeure pour Louis VII, plaçant le roi de France en infériorité territoriale pendant près d'un demi-siècle.
Conflits avec Henri II Plantagenêt
Le règne de Louis VII fut marqué par des conflits constants avec Henri II Plantagenêt. Louis VII soutint les révoltes de Bretagne et du Poitou contre l'Angleterre, ainsi que les fils d'Henri II contre leur père, lorsqu'ils réclamèrent des apanages.
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En 1158, Louis VII et Henri Plantagenêt se réconcilièrent et promirent un mariage entre Marguerite de France et Henri le Jeune. Cependant, cet apaisement fut de courte durée. En 1159, Henri II attaqua le comté de Toulouse, et Louis VII dut le contraindre à lever le siège de la ville.
Seconds Mariages et Succession
Après la mort de Constance de Castille en 1160, Louis VII épousa Adèle de Champagne. De ce mariage naquit un fils, Philippe, en 1165, qui fut surnommé Dieudonné. Philippe Auguste succéda à Louis VII en 1180.
Soutien à Thomas Becket et Politique Intérieure
Dans l'affrontement entre Henri II Plantagenêt et Thomas Becket, archevêque de Cantorbéry, Louis VII soutint ce dernier. Il poussa également les fils d'Henri II à se rebeller contre leur père en 1172 et 1173.
En 1163, Louis VII offrit une somme de deux cents livres pour la construction de la cathédrale Notre-Dame de Paris.
Fin de Règne et Mort
Louis VII mourut à Paris le 18 septembre 1180, à l'âge de 60 ans, dans la quarante-quatrième année de son règne. Son fils Philippe lui succéda sous le nom de Philippe II Auguste. Louis VII fut enterré à l'abbaye de Barbeaux, près de Melun.
Héritage
Malgré les revers politiques, le royaume de France s'enrichit sous le règne de Louis VII. L'agriculture se développa, la population augmenta, et le commerce et l'industrie prospérèrent. Une renaissance intellectuelle commença, et le territoire se couvrit de châteaux-forts en pierre.
Louis VII est le premier roi à faire publier ses ordonnances, marquant une étape importante dans l'affirmation du pouvoir royal.
Descendance
De son mariage avec Aliénor d'Aquitaine, Louis VII eut deux filles :
- Marie de France (1145-1198), mariée à Henri Ier de Champagne.
- Alix de France (1151-1198), mariée à Thibaut V de Blois.
De son mariage avec Constance de Castille, il eut également deux filles :
- Marguerite de France (v. 1158-1197), mariée à Henri le Jeune, fils d'Henri II d'Angleterre.
- Aélis ou Alix de France (1160-v. 1220), comtesse de Vexin, mariée à Guillaume IV de Ponthieu.
De son mariage avec Adèle de Champagne, il eut deux enfants :
- Philippe II Auguste (1165-1223), roi de France.
- Agnès de France (1171-1240), mariée à Alexis II Comnène, empereur byzantin, puis à Andronic Comnène.
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