Louis Daniel Armstrong, une figure emblématique du jazz, a marqué l'histoire de la musique par son talent exceptionnel de trompettiste, sa voix chaleureuse et son charisme. Né dans la pauvreté à La Nouvelle-Orléans, il a surmonté les difficultés de son enfance pour devenir un ambassadeur mondial du jazz et un défenseur des droits civiques. Cet article explore sa vie, sa carrière et son héritage musical.

Une enfance difficile à La Nouvelle-Orléans

Louis Armstrong est né le 4 août 1901 à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, dans une famille très pauvre. Son enfance est marquée par l'absence de son père, William, qui quitte le foyer peu après sa naissance. Sa mère, Mayann, doit se débrouiller pour subvenir aux besoins de la famille et confie souvent Louis et sa sœur Beatrice à leur grand-mère maternelle, Josephine.

Livré à lui-même dans le quartier difficile de Storyville, Armstrong connaît une jeunesse tumultueuse. Cependant, il découvre rapidement son intérêt pour la musique. Il s'initie au cornet à pistons et se découvre un goût pour le chant. Il entre dans un quatuor vocal qui se produit dans le quartier, attirant l'attention de Sidney Bechet.

Un événement marquant de sa jeunesse est son séjour dans une maison de correction après avoir tiré un coup de feu en l'air lors de la nuit de la Saint-Sylvestre 1913. Cet incident, loin de briser son esprit, lui offre l'opportunité de développer ses talents musicaux. Il y fait la connaissance d'un surveillant qui lui donne des leçons de musique. Armstrong rejoint la chorale, puis l'orchestre de l'établissement, devenant chef de la fanfare.

Les débuts d'une carrière musicale prometteuse

Après sa sortie de la maison de correction, Armstrong se lance dans une carrière musicale. En 1918, il rejoint l'orchestre de Kid Ory et joue sur les river boats. Il acquiert ainsi une expérience précieuse et affine son style.

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En 1922, il rejoint l'orchestre de King Oliver à Chicago, une étape cruciale dans sa carrière. Aux côtés de son ami d'enfance, Clarence Williams, il enregistre de nombreux morceaux. C'est à cette époque qu'il enregistre ses premiers disques en tant que leader avec les Hot Five et les Hot Seven, des enregistrements qui restent parmi les plus influents de l'histoire du jazz.

L'ascension vers la gloire

La réputation et le charisme d'Armstrong lui permettent de s'entourer d'une petite formation néo-orléanaise. Il révolutionne la technique de la trompette, brodant des solos limpides, prolongés par un vibrato nuancé. Sa voix chaude, au timbre voilé, sert à merveille une expression tour à tour pathétique et drôle.

Ainsi, Armstrong, surnommé « Satchmo » (de satchelmouth, « bouche en forme de besace »), codifie l'improvisation telle qu'elle sera toujours pratiquée en jazz par-delà les styles et les générations. Son génie consiste à donner à chaque note une attaque, une durée, une hauteur, une intensité, un timbre et une couleur qui en font un instantané de l'émotion, tout en maîtrisant à la perfection la logique de ses « phrases ».

Avec l'appui indéfectible de l'imprésario Joe Glaser, Armstrong est d'abord l'invité des plus fameux home-bands (orchestres de clubs), puis, dirigeant son propre big band dans les années 1930 (Basin Street Blues, 1933), il fait plusieurs tournées en Europe (1934-1936) et joue dans divers films. Cette période s'achève en apothéose sur la scène du Metropolitan Opera en 1944.

Les All Stars et la consécration internationale

En 1947, Armstrong donne naissance à son All Stars, sextuor qui mêle brillamment la spontanéité du jazz New Orleans et les riffs typiques des big bands (The Complete Town Hall Concert, 1947 ; All Stars Dates, 1947-1950). Avec lui, il parcourt le monde entier jusqu'à la fin des années 1950.

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Le succès de Louis Armstrong dépasse les frontières des États-Unis. Il tourne en Europe et en Asie, devenant un ambassadeur culturel du jazz. Armstrong a joué pour des têtes couronnées, des présidents et des millions de fans à travers le monde.

Sa passion demeure le jazz, qu'il ne cesse de réinventer notamment avec les "All Stars", toujours avec Barney Bigard et le tromboniste, Trummy Young. Autant de titres qui témoignent, comme l'affirmait Louis Armstrong, que "pour savoir jouer, il faut aimer".

L'influence et l'héritage d'un géant du jazz

Imprégné des traditions de La Nouvelle-Orléans, Louis Armstrong a été pendant plus d'un demi-siècle le porte-drapeau du jazz classique. Il est considéré comme l’un des premiers musiciens de jazz à développer un style de jeu soliste, mettant en avant la trompette et improvisant des mélodies complexes.

Armstrong a enregistré de nombreux succès au fil des ans, dont « What a Wonderful World », « Hello, Dolly! » et « Mack the Knife ». Sa discographie est impressionnante, avec plus de 60 albums enregistrés au cours de sa carrière. Parmi les albums les plus célèbres, citons « Louis Armstrong Plays W.C. Handy ».

Louis Armstrong a aussi été un défenseur des droits civiques, utilisant sa musique pour promouvoir l’égalité raciale et pour lutter contre la ségrégation.

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Vie privée et derniers jours

Louis Armstrong s’est marié à quatre reprises: Daisy Parker (de 1918 à 1923), Lillian Hardin (de 1924 à 1938), Alpha Smith (1938 à 1942) et Lucile Wilson (de 1942 jusqu’à sa mort). Il n’a pas eu de descendance légitime mais il avait adopté, avec sa première épouse, un petit garçon mentalement retardé, Clarence.

Le cœur fatigué par les excès, Louis Armstrong ne cesse de travailler jusqu’au dernier jour de sa vie. Il décède d’un infarctus pendant son sommeil, le 6 juillet 1971, à son domicile du Queens. Il est été enterré dans le cimetière de Flushing, de ce même quartier newyorkais.

Sa musique reste à jamais gravée dans la mémoire des gens. Ce jour spécial est l'occasion de se remémorer la vie et l'œuvre de Louis Armstrong, dont la voix et l'âme ont touché des millions de cœurs à travers le monde. Des propos de Louis Armstrong qui augurent de la portée de son art. Autant de titres qui témoignent, comme l'affirmait Louis Armstrong, que "pour savoir jouer, il faut aimer".

Louis Armstrong au cinéma

Dans la vie de Louis Armstrong, le cinéma reste une activité secondaire mais lucrative. Il fait ses premières apparitions à l’écran dès le début des années trente. On le voit dans bon nombre de comédies musicales, parmi lesquelles: «La chansons à deux sous» (1936) avec Bing Crosby, «Un petit coin aux cieux» (1942) de Vincente Minnelli, «Nouvelle Orléans» (1946) avec Billie Holliday ou «Si bémol et fa dièse» (1948) de Howard Hawks avec Danny Kaye. Au cours de son parcours à l’écran, il croise aussi Mae West, James Stewart, Paul Newman, Fernandel et Grace Kelly.

Voici quelques films dans lesquels Louis Armstrong a joué :

  • 1937 : Fifi Peau de Pêche (every day’s a holiday) de A. Edward Sutherland avec Mae West & Edmund Lowe
  • 1946 : Nouvelle Orléans (New Orleans) de Arthur Lubin avec Arturo de Córdova, Dorothy Patrick & Billie Holiday
  • 1956 : La haute société (high society) de Charles Walters avec Grace Kelly, Frank Sinatra & Bing Crosby
  • 1969 : Hello, Dolly! de Gene Kelly avec Barbra Streisand, Walter Matthau, Michael Crawford & E.J. Peaker

Anecdotes

1- Il popularise le scat avec "Heebie Jeebies" en improvisant des syllabes.

2- Surnommé "Satchmo" (bouche de sac) pour sa grande bouche.

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