Initialement réticent à l'idée de replonger dans l'univers de Ric Hochet, déçu par les albums récents qui, sous prétexte de modernisation, sombraient dans le ridicule, je préférais me remémorer les années fastes du journal Tintin. C'est avec une certaine appréhension que j'ai abordé ce tome 4 des Nouvelles Aventures. Cependant, Le Lombard a insufflé un vent de fraîcheur à cette vénérable série, et ce nouvel opus s'avère être une réussite.
Un Rafraîchissement Salutaire et Respectueux
À la différence d'autres héros repris par des auteurs modernes, ce Ric Hochet n'est pas un reboot, mais un rafraîchissement salutaire. Les auteurs réutilisent le Caméléon, l'un des ennemis les plus coriaces du héros, qui fut l'objet du tome 4 de la série originale, considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs albums. Zidrou, plus habitué aux séries humoristiques, s'en sort bien en revoyant un peu la définition du personnage, mais sans le dénaturer. Il conserve étrangement son fameux veston en tweed, et la période sixties est également respectée.
Fidélité à l'Univers Original
De nombreux éléments sont conservés pour garder une sorte de cohérence. Les personnages sont modernisés, et l'univers est bien respecté, parsemé de clins d'œil. La dernière page est un clin d'œil évident à l'épisode 4 "L'Ombre de Caméléon", le dessinateur reprenant la situation de Ric sur une façade d'immeuble, et en utilisant des cadrages identiques. L'apparence physique de Ric est plus juvénile.
Innovations et Respect de l'Essentiel
On observe de bonnes innovations, un respect de l'essentiel qui a fait le succès de la série, un scénario bien ficelé, de l'érotisme soft, et un dessin moderne pas désagréable, bien qu'il puisse encore s'améliorer.
R.I.P., Ric ! : Un Nouveau Départ Réussi
Cinq ans après la mort de son dessinateur, Tibet, les éditions Le Lombard sortent le 79e album des aventures de Ric Hochet. Réanimé par Simon Van Liemt et Zidrou (L'Élève Ducobu), le célèbre journaliste détective est-il toujours dans le coup, soixante ans après sa naissance ?
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Né en 1955 dans le journal Tintin, Ric Hochet a traversé la deuxième moitié du 20e siècle, aussi impeccablement que son brushing. Vendeur à la criée du journal La Rafale, Ric y est finalement devenu journaliste. Une évolution de carrière peu crédible à notre époque, mais qu’importe, son titre de journaliste n’est qu’un prétexte. Chaque album est l’occasion de suivre le journaliste enquêteur à la recherche d’ennemis machiavéliques aux sobriquets très premier degré : “le Caméléon” ou “le Bourreau”, pour les plus célèbres.
Ce nouvel album, premier d’une série imaginée par le tandem Van Liemt / Zidrou rassurera les fans. Le Ric Hochet nouveau a toujours la même capacité à se fourrer dans d’improbables situations… et à en sortir. On y retrouve le fameux “Caméléon”, ennemi juré du journaliste et transformé pour l’occasion en sosie de notre héros.
Se déroulant en 1968, l’enquête se situe approximativement entre les précédents tome 9, Alias Ric Hochet, et 10, Les Cinq Revenants. Les nouveaux auteurs n’ont pas osé toucher à la panoplie du héros. Ils s’en amusent même dans une scène où Nadine, la nièce de Bourdon, tente de le relooker dans un grand magasin parisien. Peine perdue, Ric Hochet restera ce bellâtre qui arbore le pull à col roulé et la veste en tweed comme personne.
Seul signe de modernité, le brushing de notre journaliste enquêteur a pris la pluie, ce qui lui confère un air moins naïf. Globalement, c’est tout le graphisme qui est un peu ébouriffé. Un changement qui se traduit aussi dans le ton de l’album, truffé d’une ironie qu’on ne lui connaissait pas, et c’est tant mieux. Les auteurs se permettent même de se moquer du nom de leur héros. “Ses parents devaient avoir un sens de l’humour tout particulier pour l’affubler d’un nom pareil. Pourquoi pas Bill Boquet tant qu’on y est ?” raille le Caméléon dès les premières pages de l’album.
Si le ton est plus moderne, les crimes commis sont également plus cruels. Feuilletez les premières pages de R.I.P., Ric ! Avec ce tome 1 nouvelle formule, les éditions Le Lombard parviennent avec succès à faire du neuf avec du vieux. Une stratégie qui semble payante, car l’aventurier Bob Morane ou encore le jeune Corentin devraient également faire un retour dans le catalogue maison dans les prochains mois. Rien de plus normal, selon Zidrou, qui s’en explique à 20minutes.fr : “Il est logique que les éditeurs essaient de faire vivre leurs "marques", et par là, leur histoire propre, leur catalogue.
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Un Avis Partagé, Mais Globalement Positif
L'accueil réservé à ce tome 4 des Nouvelles Aventures de Ric Hochet est globalement positif, bien que certains lecteurs regrettent certains aspects.
Critique Positive
- Reprise plutôt encourageante: Méfiant au premier abord, j'avais pourtant apprécié la première des Nouvelles Aventures de Ric Hochet, avec ses clins d'oeil au passé, et ses personnages plutôt décomplexés. J'attendais donc avec curiosité la suite…. "Meurtres dans un jardin français" poursuit le renouveau : mêmes personnages…
Critique Négative
- Dressed to Kill: Démarré sur les chapeaux de roue avec un "R.I.P. On se serait davantage attendu à trouver ce genre de propos dans le nouvel essai…
Autres Avis
- Très bien, mais le changement de format est franchement nul: Plus politisé que le premier tome, plus ancré aussi dans l'Histoire, ce 2ème opus est passionnant. Je ne regrette qu'une seule chose : que l'éditeur n'ait pas été fichu de conserver le même format de livre. Celui-ci fait presque un centimètre de plus de hauteur.
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