L'histoire de Rochebonne est riche et multiple, oscillant entre les vestiges d'un château fort ancestral et l'engagement social d'une maison d'enfants. Cet article explore les différentes facettes de Rochebonne, depuis ses origines médiévales en tant que forteresse du Vivarais, jusqu'à son incarnation moderne en un lieu d'accueil et de soutien pour les enfants et adolescents confiés à l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE).
Rochebonne : Forteresse Médiévale du Vivarais
Selon Pierre-Yves Laffont, Rochebonne est mentionné dans la liste des 43 châteaux-forts du Vivarais qui figurent dans des textes avant 1100. À 850 m d’altitude, le Château de Rochebonne domine la vallée de l’Eyrieux en véritable sentinelle. Les vestiges de ce monument du XIème siècle sont emprunts d’histoire. Vous serez séduit par le caractère légendaire du site et son environnement naturel. Un circuit de randonnée pédestre s’offre à vous pour explorer le château depuis le village de Saint-Martin-de-Valamas. Laissez-vous transporter par ce patrimoine exceptionnel ! Informations supplémentaires : Beau point de vue sur les ruines du chateau. Possibilité de visiter les ruines. Panorama sur la vallée. Chemin de randonnée pour y accéder. Visites guidées lors des Journées du Patrimoine.
Rochebonne joua un rôle important dans les guerres qui désolèrent le pays à différentes époques. A la fin du XIIIe siècle, Rochebonne et son mandement appartenaient à plusieurs seigneurs : Guillaume de Châteauneuf, Pons de Brion, Hugon et Gérenton de la Mastre.
La Co-Seigneurie de Rochebonne
Le 17 novembre 1273, Pons de Brion vendit sa part de Rochebonne à Guillaume de Châteauneuf moyennant 10 000 sols viennois. Le 9 mars 1313 un acte nous apprend que la part d'Hugon et Gérenton de la Mastre était passée aux maisons de Romegier et de Sauzet. Arnaud de Solignac, héritier de Pons de Romegier, avait acquis sa part de Rochebonne des Sauzet par un échange avec Bermond de Sauzet. Son fils Gérenton de Solignac céda sa part de Rochebonne à sa tante Alasie de Solignac, mariée en troisièmes noces à Guillaume de Châteauneuf. C'est à partir de cette époque que les Châteauneuf possédèrent l'entière seigneurie de Rochebonne.
Les Châteauneuf de Boutières
Hugues de Châteauneuf, d'une famille issue des seigneurs du Mézenc, fit sa résidence à Châteauneuf-en-Boutières, aujourd'hui commune de Saint-Julien d'Intres, et en prit le nom. Ces seigneurs vivaient en communauté dans leur château du Mézenc formant une sorte de clan qui incluait non seulement toute leur famille mais aussi leurs domestiques. Quelque peu brigands, ils sortaient de leur repaire pour aller en expéditions armées. Ils descendent d'Ithier, tige des seigneurs de Mercoeur, fait comte d'Auvergne en 778. Les seigneurs du Mézenc participèrent à la prmeière croisade et sont parmi les aïeux des puissants comtes de Poitiers-Valentinois dont l'immense seigneurie sera, au XVe siècle, la plus puissante du Vivarais-central, territoire du département de l'Ardèche appelé «les Boutières».
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Parmi les enfants d'Hugues retenons Guillaume de Châteauneuf et sa soeur Arthaude, épouse de Pons de Brion. Guillaume de Châteauneuf est qualifié de «Domicellus Miles», seigneur de Châteauneuf et de plus de 80 paroisses en Vivarais, Velay et Gévaudan. Il épousa en 1057 Antoinette de Mercoeur, dame de Randon, descendante lointaine d'Ithier, comte d'Auvergne (tout comme lui). Elle lui apporta ses biens du Vivarais, du Velay et du Gévaudan. Parmi leurs nombreux enfants nous citerons :
- Pons Ier, seigneur de Châteauneuf-en-Boutières, Borée, Contagnet. C'est de lui que descendent les seigneurs de Châteauneuf dits de Rochebonne.
- Agaris ou Armand-Guérin, héritier des biens d'Antoinette de Mercoeur, sa mère, et fut la tige des Châteauneuf-de-Randon.
- Pons II est mineur en 1096 à la mort de son père Pons Ier.
- Gervais de Châteauneuf.
- Claude Ier marié à Jordanne de Fay.
- Guy Ier dit Guigon (1204), père de Guillaume, grand maître de l'ordre de saint Jean de Jérusalem en 1243, compagnon du roi Saint-Louis.
- Hugues II, tué au siège de Damiette avec son fils Jean en 1249.
- Pons III prêta serment de fidélité en 1264 à Aymar de Poitiers, comte de Valentinois.
- Guillaume II mort en 1366.
- Guillaume III, dit Audibert, fils du précédent, père de Robert, commandeur de Saint-Jean-de-Jérusalem, grand prieur d'Auvergne.
- Hugues III, fils du précédent, marié 4 fois mais n'a eu d'enfants que de sa seconde épouse (1336), mort après 1397.
Les Châteauneuf de Rochebonne
Dans l'Histoire des grands officiers de la couronne, le Père Anselme donne la généalogie de la branche des Châteauneuf de Rochebonne qu'il commence à Antoine de Châteauneuf, vivant en 1384, époux d'Isabeau de Talaru. La famille de Châteauneuf de Rochebonne s'est alliée aux premières maisons de France et a fourni plusieurs hommes à l'Église en particulier à l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem et aussi à l'armée.
Antoine II de Châteauneuf, fils du précédent, teste le 31 mai 1464. Guillaume V dit Guillermin, épousa en 1477 Catherine du Blau de Gibertès avec laquelle il eut 13 enfants. Il est chevalier, baron de Rochebonne, Châteauneuf, Chazeaux, Montagu, Créaux, Empurany (Vivarais), Leigniec (Forez), Cordes, Lignon, Montfaucon, Vaselhes, les Arcis, la Roche du Mas (Velay), Freyssenet (Auvergne). Il figure très souvent dans les estimes déclarées au château de Rochebonne entre 1464 et 1466.
Claude de Châteauneuf de Rochebonne,son fils, seigneur de Rochebonne, testa le 28 juin 1533. Il avait épousé par contrat du 1er février 1521 Catherine de Talaru, fille de Gaspard, seigneur de Chalmazel et de Marguerite de Raulin de Beau-Champ.
Pierre de Châteauneuf de Rochebonne, seigneur de Rochebonne, sénéchal du Puy, bailli du Velay, capitaine de 50 hommes d'armes, testa le 3 septembre 1598. Il était né vers 1523. Souvent appelé «Pierre de Rochebonne», le sénéchal du Puy tiendra une place particulière dans les guerres de Religion. Ses châteaux de Rochebonne et de Châteauneuf furent assiégés à plusieurs reprises par les troupes protestantes. Il a épousé en premières noces Huguette de Fougères, dame d'Oingt, fille et héritière de Claude de Fougères tué à la bataille de Cérisoles le 20 avril 1544 et de Jacqueline de Montdor. Huguette testa le 20 avril 1577 et institua son mari pour héritier universel. Pierre de Rochebonne épousa en secondes noces Anne Le Long Chevillat, veuve en 1573 de François de Talaru. Elle fit son testament en faveur de son fils Hugues de Châteauneuf le 25 avril 1586. Enfin Pierre de Rochebonne épousa en troisièmes noces Antoinette d'Auxy dont il eut Imbert, mort sans alliance, Catherine qui épousa François Piedefer et Blandine qui sera religieuse à Anlezy.
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Hugues de Châteauneuf de Rochebonne, comte d'Oingt, produisit en ces qualités, ses preuves de noblesse par devant les commissaires du Roi et y fut maintenu par jugement rendu à Lyon le 10 novembre 1634. Il avait épousé Françoise des Serpens et eurent sept enfants. Pierre de Châteauneuf de Rochebonne, seigneur de Rochebonne, suivit le duc d'Orléans en Flandres et fut tué en duel. Il était célibataire.
François de Châteauneuf de Rochebonne, comte d'Oingt, seigneur de Rochebonne, de Leyniec, de Chambost, demeurant en son château de Theizé en Beaujolais le 15 janvier 1671 lorsqu'il fut déchargé par M. de Bezon, intendant du Languedoc, de l'assignation qui lui avait été signifiée de faire preuve de sa noblesse en cette province. L'acte mentionne qu'il était de la généralité de Lyon dont il avait été député par la noblesse pour assister aux états de la ville d'Orléans. Il épousa Catherine de la Baume de Suze le 22 juillet 1639 d'où trois enfants.
Charles-François de Châteauneuf de Rochebonne appelé Charles de Châteauneuf, comte et marquis de Rochebonne, commandant pour le Roi en Lyonnais, Forez et Beaujolais, décédé en 1725, époux de Thérèse-Adhémar de Grignan, fille de Louis-Gaucher Adhémar de Monteil de Grignan et de Marguerite d'Ornano. Elle est décédée le 21 mai 1719 au monastère de Sainte-Marie de Chaînes à Lyon où elle s'était retirée depuis quelques années. Beau frère du comte de Grignan, Charles-Francçois de Châteauneuf reçut à plusieurs reprises la visite de la marquise de Sévigné qui se rendait chez sa fille en Provence.
Louis-Joseph de Châteauneuf de Rochebonne, comte et chanoine de Saint-Jean de Lyon, chamarier puis doyen de cette église, aumônier du Roi par brevet de retenue du 14 juillet 1715, prieur des Cinq plaies de Notre Seigneur en l'église de sainte Eulalie de Montlaur à Carcassonne, coadjuteur le 24 mars 1718 de son oncle Louis Adhémar de Monteil de Grignan, évêque de Carcassonne et lui succédera le 1er mars 1728. A la mort de son père en 1725 il héritera de la terre et du château de Rochebonne en Vivarais. Il est décédé en 1729 instituant comme héritier universel l'hôpital de Carcassonne.
Pierre de Châteauneuf de RochebonneNé en 1522 au château de Leigniecq. Seigneur de Rochebonne, Pierre est capitaine de 50 hommes d'armes. En 1551 la co-seigneurie de Montfaucon passe à ce seigneur vivarois. Par ses alliances, par ses fonctions dans le Velay, par ses actes de guerres, il est incontestablement le plus connu des seigneurs de Rochebonne. Vers 1558 il épouse Huguette de Fougères, héritière de nombreuses terres situées dans le Beaujolais et dont il héritera. Rude soldat, il se qualifie lui-même dans l'une de ses lettres «seigneur de Châteauneuf, baron de Rochebonne, vicomte Dyoing, chevalier de l'ordre du roy, cappiteyne de gensdarmes, sénéchal et bailli du Velay». Dans son ouvrage sur «Les Châteauneuf de Rochebonne, dix siècles d'histoire en Auvergne et Rhône-Alpes», Roger Dugua, président de l'association Les amis de Rochebonne, consacre tout un chapitre à ce curieux personnage qui a joué un rôle important pendant les guerres de Religion.
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La Famille de Rochebonne et la Marquise de Sévigné
Charles-François de Châteauneuf de Rochebonne, seigneur de Rochebonne, est lieutenant des armées du Roi. Il épouse le 22 octobre 1668 Marie-Thérèse Adhémar-de-Monteil de Castellanne-de-Grignan, fille de Louis-Gaucher et de Marguerite d'Ornano. Elle est la sœur du comte de Grignan, gendre de Madame de Sévigné. Nous connaissons quelques épisodes de la vie de ce seigneur grâce aux lettres de Madame de Sévigné publiées par sa peite-fille, Pauline de Simiane. Dans ses «Mémoires complets et authentiques sur le siècle de Louis XIV et de la Régence», le duc de Saint-Simon aborde la question du gouvernement de la province et dans quelles circonstances le marquis de Rochebonne a été nommé gouverneur et dont sa famille bénéficie d'une grande considération à Lyon. Il est proche du maréchal de Villeroy et a assuré le commandement de la province pendant 20 ans.
En raison des fonctions du marquis, la famille de Rochebonne réside le plus souvent à Lyon, dans un hôtel proche du quartier de saint Jean mais aussi dans le château de Theizé-en-Beaujolais. En se rendant chez sa fille en Provence, la marquise de Sévigné s'arrête fréquemment à Lyon où elle est accueillie soit chez le marquis de Rochebonne, soit chez le «chanoine-comte» Charles de Châteauneuf de Rochebonne qui, selon la marquise est «un homme qui emporte le cœur, une facilité et une liberté d'esprit qui me convient et qui me charme». La marquise de Sévigné évoque aussi «un chien de village où Madame de Rochebonne doit bien s'ennuyer». Il s'agit de Theizé et non du château de Rochebonne de Saint-Martin-de-Valamas, bien que dans cette bourgade de l'Ardèche, cette légende reste très présente encore de nos jours.
Les Enfants de Rochebonne : Un Foyer d'Accueil à Saint-Malo
Gérée par l’Armée du salut, la maison des enfants Les Enfants de Rochebonne, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), accueille 154 enfants et adolescents de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). La maison d’enfants Les Enfants de Rochebonne a été agrandie, pour mieux accueillir les 154 enfants qui lui sont confiés.
La maison d’enfants Les Enfants de Rochebonne, à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), a choisi d’inaugurer son nouveau lieu de vie partagé durant la semaine internationale des droits de l’enfant. Et c’est Abdulaye, l’un de ses résidents, qui a le mieux résumé les trente et un mois de chantier qui y ont chamboulé son quotidien. Lui y est arrivé à l’âge de 13 ans, en 2019. Ici sont accueillis 154 enfants et adolescents, confiés par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) du Département.
Avec un pôle internat pour trente enfants et adolescents, âgés de 3 à 18 ans et un pôle d’accueil de mineurs non accompagnés (MNA) disposant de cinquante-deux places, pour des jeunes de 12 à 18 ans. Grâce aux travaux réalisés, la maison bénéficie de plusieurs agrandissements, qui ont permis de réaliser une unité de vie pour les 3-8 ans. Un « espace distinct qui renforce le caractère rassurant du lieu, précieux pour les plus jeunes », explique Claire Oberthur, directrice. De créer aussi de nouvelles salles de vie dans un esprit de « maisonnée », ainsi qu’un nouveau coin loisirs. Une maison qui n’attend plus que l’aide des associations volontaires pour proposer toujours plus d’activités à tous ces enfants et adolescents.
Un Exemple d'Intégration : L'Ancienne Gendarmerie de Sens-de-Bretagne
L’ancienne gendarmerie de Sens-de-Bretagne (commune située entre Rennes, Fougères et Combourg) héberge 24 mineurs étrangers. Les jeunes vont à l’école dans les alentours et commencent à prendre leurs marques.
17 h 30. Tous les volets sont ouverts dans l’ancienne gendarmerie de Sens-de-Bretagne. « Beaucoup rentrent en bus, ils ne vont pas tarder » , calcule Grégory Devos, en regardant la pendule.
Cuisine en Commun
Youssouf, 17 ans, vient de poser son sac à dos dans sa chambre. « Je suis au lycée à Rennes. J’ai pris le bus ce matin à 6 h 59 et là je vais faire mes devoirs » , décrit ce garçon né en Gambie. « Les maths ça va, mais les matières littéraires, ce n’est pas toujours facile » , poursuit-il dans un français impeccable. Le lycéen partage le pavillon avec cinq autres jeunes. « On s’entend bien. On s’est réparti les tâches. Les premières semaines, c’est le service restauration de la maison de retraite de Sens qui amenait les repas. « Mais une soupe le soir ou le gratin de salsifis, ça ne calait pas bien les ados » , rit Grégory Devos. L’équipe, composée de six éducateurs et travailleurs sociaux qui se relaient 7 jours sur 7, s’adapte à la réalité. Dama, 16 ans, vient chercher les ingrédients du dîner dans les frigos communs. « Je vais faire un mafé, il paraît que c’est moi qui fais le meilleur ! » , blague le Malien. Il a fait plusieurs stages pour découvrir différents métiers. « J’ai été pris à la boulangerie de Sens, chez un plombier à Vieux-Vy-sur-Couesnon et dans une pâtisserie à Rennes. Lionel Le Roux, conseiller d’orientation de la Faculté des Métiers de Rennes vient animer un atelier auprès des jeunes à Sens-de-Bretagne.
L'École, un Plaisir
Les soirées passent vite à Sens. Certains résidents rejoignent directement leurs chambres, d’autres préfèrent se retrouver dans la maison commune. Mais à 22 h 30, c’est extinction des feux, en semaine. « Par rapport à ce qu’ils ont vécu, ces jeunes sont vraiment de bonne volonté, salue l’équipe éducative. L’école est aussi un pivot solide que ces jeunes plébiscitent. « Je suis en 4e au collège de Saint-Aubin-du-Cormier , raconte Juliana, 14 ans. Je n’étais pas allée en classe depuis presque deux ans. Dans la petite commune, les Sénonais les croisent à l’arrêt de bus avec le sourire. Des actions se mettent en place avec les associations sportives, le service d’animation intercommunal. Plusieurs familles des environs sont devenues marraines.
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