La lécithine de soja, un émulsifiant naturel dérivé du soja, est largement utilisée dans l'industrie alimentaire. Elle suscite un intérêt croissant en tant que complément alimentaire, notamment pour les mères allaitantes. Cet article explore les bienfaits potentiels, les risques associés et les alternatives à la lécithine de soja pendant l'allaitement, en tenant compte des connaissances scientifiques actuelles et des recommandations des professionnels de santé.
Qu'est-ce que la Lécithine de Soja ?
La lécithine de soja est une substance utilisée comme émulsifiant, un additif qui permet de lier les différents ingrédients dans certains aliments. Elle est présente sur les étiquettes sous les noms de lécithine de soja E471 ou lécithine E322. Composée de choline, de phospholipides et d'huile, elle est issue des jaunes d'œufs, du colza, du lait et du soja. La choline favorise le fonctionnement normal du foie et se lie aux graisses et au cholestérol, facilitant l'élimination de l'excès de cholestérol. La lécithine de soja contient également des protéines de soja.
Bienfaits Potentiels de la Lécithine de Soja
La lécithine de soja détient un certain nombre de bienfaits sur l’organisme. En effet, cette substance contient des phospholipides. Ces phospholipides sont un composant majeur des membranes cellulaires de notre corps.
Effets Hypocholestérolémiants
Les phospholipides exercent un effet hypocholestérolémiant. Ainsi, chez des patients souffrants d’hypercholestérolémie, la supplémentation de lécithine de soja réduit significativement le taux de cholestérol plasmatique. Chez le hamster et le lapin hypercholestérolémiques, la supplémentation en phospholipides de soja permet d’augmenter le taux de cholestérol HDL et de réduire le rapport LDL/HDL, qui est un facteur de risque connu de maladies métaboliques. Ces effets seraient dus au fait que les phospholipides sont capables de diminuer l’activité de la HMG-CoA réductase microsomale (enzyme impliquée dans la voie de biosynthèse du cholestérol) et l’absorption entérocytaire du cholestérol. Ils augmentent également l’excrétion du cholestérol biliaire, la beta-oxydation des lipides et la concentration plasmatique en ApoA1 (Apolipoprotéines A1 est la principale composante protéique des lipoprotéines de densité élevée HDL qui sont antiathérogènes).
Amélioration de la santé digestive et cardiovasculaire
La lécithine de soja, riche en acides gras polyinsaturés, pourrait améliorer la santé digestive et cardiovasculaire de la mère.
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Impacts Potentiels sur la Composition du Lait Maternel
L'effet de la lécithine de soja sur la composition du lait maternel est un sujet qui suscite des interrogations.
Modification de la Viscosité du Lait Maternel
Des études suggèrent que la lécithine, grâce à ses propriétés émulsifiantes, pourrait modifier la viscosité du lait, le rendant potentiellement plus fluide. Ceci pourrait faciliter la tétée pour certains bébés, notamment ceux qui ont des difficultés à téter ou qui présentent des problèmes de succion. Cependant, il est important de souligner que ces observations ne sont pas encore confirmées de manière définitive par des études à grande échelle et rigoureusement contrôlées.
Influence sur le Profil en Acides Gras
De plus, la lécithine de soja pourrait influencer le profil en acides gras du lait maternel. Sa richesse en acides gras polyinsaturés (AGPI), notamment en oméga-3, pourrait augmenter la proportion de ces acides gras dans le lait. Les AGPI sont essentiels au développement cérébral du nourrisson. Néanmoins, l'ampleur de cette modification et son impact réel sur la santé du bébé restent à élucider. L'absence d'études concluantes sur les effets à long terme de la modification de la composition du lait maternel par la lécithine de soja nécessite une approche prudente.
Il est crucial de noter que la composition du lait maternel est influencée par de nombreux facteurs, notamment l'alimentation de la mère. L'impact de la lécithine de soja sur le profil lipidique du lait pourrait donc être modeste comparé à celui d'une alimentation globale équilibrée. Par conséquent, il est prématuré de conclure sur les bénéfices réels de la consommation de lécithine de soja pour modifier la composition du lait maternel. Des recherches plus approfondies sont nécessaires pour valider ces effets et évaluer les conséquences à long terme sur la santé du nourrisson. L'approche individualisée reste indispensable, et la consultation d'un professionnel de santé est recommandée pour toute prise de décision concernant la supplémentation en lécithine de soja pendant l'allaitement.
Effets sur le développement cognitif du bébé
L'hypothèse selon laquelle la lécithine de soja, grâce à sa richesse en acides gras polyinsaturés (AGPI), pourrait influencer positivement le développement cognitif du nourrisson repose sur des bases théoriques solides. Les AGPI, notamment les oméga-3 et les oméga-6, sont des constituants essentiels des membranes cellulaires cérébrales et jouent un rôle crucial dans la maturation du système nerveux central. Une consommation adéquate d'AGPI durant la grossesse et l'allaitement est donc essentielle pour un développement cérébral optimal. Cependant, il est important de souligner le manque crucial d'études scientifiques robustes et concluantes démontrant un lien direct entre la consommation de lécithine de soja par la mère allaitante et les capacités cognitives de son enfant. Les recherches existantes sur les AGPI et le développement cérébral se concentrent principalement sur l'alimentation maternelle globale et non sur l'impact spécifique de la lécithine de soja. De plus, les effets potentiels de la lécithine de soja pourraient être masqués par d'autres facteurs nutritionnels et environnementaux influant sur le développement cognitif. L'absence de données probantes ne permet donc pas d'affirmer avec certitude un effet bénéfique de la lécithine de soja sur les capacités cognitives du nourrisson. Des études plus approfondies, à long terme et contrôlées, sont nécessaires pour établir un lien de causalité entre la consommation maternelle de lécithine de soja et le développement cognitif de l'enfant. Il est prématuré de recommander la lécithine de soja spécifiquement pour améliorer les capacités cognitives du bébé. En attendant des résultats de recherche plus concluants, il est primordial de privilégier une alimentation diversifiée et équilibrée pour la mère allaitante, afin de garantir un apport suffisant en AGPI et autres nutriments essentiels au développement optimal du nourrisson. La prudence reste de mise, et toute décision concernant la supplémentation en lécithine de soja doit être prise en concertation avec un professionnel de santé.
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Risques et Précautions d'Emploi
Plusieurs éléments nécessitent une approche prudente quant à l'utilisation de la lécithine de soja pendant l'allaitement.
Allergies
Une personne allergique au soja est en fait allergique à la protéine qui se trouve dans le soja. Certains aliments qui contiennent cette protéine en très petite quantité n'induisent pas de réaction, car l'estomac est capable de la digérer. Cependant, au-delà d'une certaine quantité, une allergie peut apparaître sous forme de picotements dans la bouche, de rougeurs, de démangeaisons, de symptômes respiratoires, de troubles gastro-intestinaux, de problèmes cutanés, d’une accumulation de liquide au niveau du visage ou du reste du corps et, dans le pire des cas, d’une anaphylaxie (ou choc anaphylactique). Il existe un risque d'allergie alimentaire aux protéines de soja pour le nourrisson. D’ailleurs, le soja fait partie des 14 allergènes qui doivent faire l'objet d'un étiquetage spécifique. Il peut également agir comme un pneumallergène. La prévalence de l’allergie au soja est estimée à 1% de la population générale. Dans la plupart des cas, l’allergie disparaît après éviction de l’allergène. Ainsi la première mesure consiste à supprimer l’allergène de l’alimentation. Pour éviter le soja et les dérivés du soja, consultez attentivement la liste des ingrédients des produits que vous achetez.
Phytoestrogènes
Le soja contient des phytoestrogènes qui passent dans le lait maternel. Les phytoestrogènes présents dans le soja soulèvent des questions quant à son utilisation pendant l'allaitement. Les rapports de l’Anses (2016) et Afssa (2005) indiquent que la consommation des produits à base de soja doit être limitée à raison de 1mg/kg/jour d’isoflavone ce qui représente environ 1 produit à base de soja par jour. Aussi, comme durant la grossesse, les produits au soja ne sont pas foncièrement interdits durant l’allaitement, mais il est conseillé de limiter sa consommation à un produit à base de soja par jour (yaourt au soja, tofu, lait végétal à base de soja, tempeh…). Tout en sachant que la teneur en isoflavones (les fameux phytoestrogènes tant décriés) des produits à base de soja varie selon le mode de fabrication : les fèves de soja grillées en contiennent bien plus que le tofu, par exemple. Mais comme la teneur en isoflavones n’est pas indiquée sur l’étiquette, difficile d’évaluer son exposition.
Interactions Médicamenteuses
Le soja peut interagir avec certains médicaments, notamment :
- Antidiabétiques : Le soja peut réduire la glycémie et avoir des effets additifs avec les médicaments antidiabétiques.
- Antihypertenseurs : Le soja pourrait avoir des effets additifs avec les médicaments antihypertenseurs et augmenter le risque d'hypotension.
- Lévothyroxine : Les produits à base de soja pourraient réduire l'absorption de la lévothyroxine chez certains patients.
- Progestérone : La recherche clinique suggère qu'une perte osseuse significative peut survenir chez les femmes atteintes d'ostéoporose qui reçoivent une combinaison de progestérone transdermique et de lait de soja contenant des isoflavones.
- Tamoxifène : Des recherches indiquent que la génistéine et la daidzéine, des isoflavones de soja, peuvent interférer avec les effets antitumoraux du tamoxifène à de faibles concentrations, mais qu'elles peuvent renforcer ses effets à des doses plus élevées.
- Inhibiteur de la monoamine oxydase (IMAO) : La consommation de produits à base de soja contenant de fortes quantités de tyramine avec des IMAOs peut augmenter le risque de crise hypertensive.
Grossesse et allaitement
Femme enceinte : utiliser avec prudence. La consommation de soja est considérée comme sûre pour les femmes enceintes lorsqu'elle est consommée en quantités couramment trouvées dans les aliments. Femme allaitante : utiliser avec prudence. Pendant l'allaitement, la consommation de soja est également considérée comme sûre en quantités couramment trouvées dans les aliments. Une dose unique de 20 g de soja contenant 37 mg d'isoflavones produit quatre à six fois moins d'isoflavones dans le lait maternel que dans une formule pour nourrissons à base de soja.
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Cancer de la vessie
Cancer de la vessie : éviter. Les produits à base de soja pourraient augmenter le risque de cancer de la vessie.
Alternatives à la Lécithine de Soja
Face aux préoccupations liées à la présence de phytoestrogènes dans la lécithine de soja et au risque d'allergies, des alternatives existent pour les mères allaitantes souhaitant bénéficier des propriétés des phospholipides.
Lécithine de Tournesol
La lécithine de tournesol représente une option intéressante. Elle possède une composition similaire à celle de la lécithine de soja, riche en acides gras polyinsaturés et en phosphatidylcholine, sans présenter les mêmes inconvénients liés aux phytoestrogènes. Des études suggèrent que la lécithine de tournesol pourrait offrir des bénéfices similaires en termes de soutien de la santé digestive et cardiovasculaire, sans les risques associés à la lécithine de soja. Cependant, il est important de noter que les recherches spécifiques à la lécithine de tournesol et à l'allaitement restent limitées. Il est donc crucial de consulter un professionnel de santé avant de prendre une décision.
Autres Options
Outre la lécithine de tournesol, d'autres sources de phospholipides peuvent être envisagées, mais il est essentiel de vérifier leur pureté et leur origine, afin d'éviter toute contamination ou additif indésirable. Une alimentation équilibrée et diversifiée, riche en fruits, légumes, et en sources naturelles de graisses saines, reste la base d'une lactation optimale. Il est important de se rappeler que les compléments alimentaires ne doivent pas se substituer à une alimentation saine et variée. Le choix de la meilleure alternative à la lécithine de soja dépendra des besoins individuels et des antécédents médicaux de la mère et de son enfant. L'avis d'un professionnel de santé est donc primordial pour évaluer les risques et les bénéfices de chaque option et pour adapter le choix à la situation spécifique de la mère allaitante. La transparence et la qualité des produits utilisés sont des critères importants à considérer. N'hésitez pas à poser toutes vos questions à votre professionnel de santé.
Dosage et Utilisation
Il n'existe pas de consensus scientifique sur le dosage optimal de lécithine de soja pour les mères allaitantes. L'absence d'études cliniques spécifiques rend difficile l'établissement de recommandations précises. Toutefois, la littérature suggère des doses variant généralement entre 1200 et 2400 mg par jour, réparties en plusieurs prises. Il est crucial de commencer par une dose faible, par exemple 1200mg par jour, et de l'augmenter progressivement en observant attentivement la réaction de la mère et du nourrisson. Une augmentation progressive permet de détecter plus facilement d’éventuels effets indésirables.
La lécithine de soja se présente sous différentes formes : gélules, capsules, poudre ou granules. Le choix de la forme dépendra des préférences et des tolérances individuelles. Il est important de choisir des produits de qualité, issus de sources fiables et contrôlés pour leur pureté. La lecture attentive de l'étiquette est indispensable pour vérifier la composition et l'absence d'additifs indésirables. Il est conseillé de privilégier les produits certifiés biologiques et sans OGM.
Pendant la prise de lécithine de soja, il est important de rester hydraté en buvant suffisamment d'eau. Une surveillance attentive du bébé est nécessaire pour détecter tout signe d'allergie ou d'effet indésirable. En cas de réaction allergique (éruptions cutanées, troubles digestifs, difficultés respiratoires), il est crucial d'arrêter immédiatement la prise de lécithine de soja et de consulter un médecin.
Avant de commencer toute supplémentation en lécithine de soja, il est impératif de consulter un professionnel de santé. Il pourra évaluer les risques et les bénéfices en fonction de la situation individuelle de la mère et du nourrisson, et adapter le dosage et la durée du traitement en conséquence. L'auto-médication est fortement déconseillée, surtout pendant la période sensible de l'allaitement.
Ce qu'il faut manger et boire pendant l’allaitement
Pendant l’allaitement, on garde les bonnes habitudes alimentaires prises pendant la grossesse, afin de s’assurer qu’on produit un lait qui répond aux besoins de notre nourrisson ! Bonne nouvelle : l’alimentation idéale pendant l’allaitement est plus permissive que pendant la grossesse. La question serait plutôt “Y a-t-il vraiment des aliments interdits quand on allaite ?” Car contrairement à la grossesse, où nombre d’aliments sont interdits pour des raisons bactériologiques (pour éviter toxoplasmose, listériose, salmonellose…), l’allaitement est beaucoup plus permissif. S’il ne fallait retenir qu’un seul aliment fortement déconseillé lorsqu’on allaite, ce serait en fait… une plante. La sauge est déconseillée, tout simplement parce qu’elle a une activité “œstrogènes like” et que, de ce fait, elle diminuerait drastiquement la production de lait. Le persil et la menthe sont plutôt à consommer avec parcimonie, car ces deux plantes seraient, comme la sauge, antigalactogènes, c’est-à-dire susceptibles de diminuer la lactation. Ail, chou, épices… On entend toutes sortes de choses quant aux aliments qu’il vaudrait mieux éviter quand on allaite. Certes, le lait maternel prend légèrement le goût (et la couleur !) des aliments mangés par la maman. Mais justement, il serait dommage de priver bébé de toutes ces palettes de goût, de peur qu’il refuse le sein. Il sera toujours temps, a posteriori, si l’on constate, grâce à un journal alimentaire, que le chou mangé par la maman provoque des gaz au bébé allaité, d’éviter d’en manger à l’avenir. Certaines mamans qui allaitent ont constaté que leur bébé semblait gêné après qu’elles ont mangé du chocolat. Plusieurs raisons sont avancées pour expliquer ce phénomène, sans que l’on ait trouvé de preuve. Des composés tels que la théobromine ou la thiamine seraient-ils en cause ? La présence de substances issues du soja (lécithines notamment) ? Ou encore les résidus de produits laitiers ? Nous l’ignorons. Des mères ont remarqué, par exemple, que leur consommation de chocolat semblait accélérer le débit du lait. La caféine passe dans le lait maternel. Thé, café et autres boissons contenant de la caféine (boissons énergisantes notamment, chocolat dans une moindre mesure) sont donc à limiter, d’autant que l’élimination de la caféine est plus lente chez le bébé que chez l’adulte. C’est la bonne nouvelle pour toutes les femmes qui raffolent de fromage au lait cru, de sushi et autres makis, de steak tartare : les restrictions qui s’appliquaient durant la grossesse n’ont plus de raison d’être. En effet, les éventuelles bactéries présentes dans l’alimentation ne passent pas dans le lait maternel. Pas de risque, donc, de rendre bébé malade. Comme pendant la grossesse, on conseille aux jeunes mamans qui allaitent de limiter leur consommation de poissons prédateurs, tels que la daurade, l’espadon, le marlin, le requin, la lamproie, le siki, le bar ou encore le thon. À éviter aussi, le foie de poisson (de morue notamment), qui accumule beaucoup de polluants. Mieux vaut privilégier les poissons en bas de la chaîne alimentaire, comme la sardine et le maquereau, qui sont, par ailleurs, intéressants pour leur teneur en acides gras oméga-3. “Contrairement à ce qu’on pourrait croire, allaiter ne veut pas dire devenir une sainte”, souligne la consultante en lactation Carole Hervé. Loin de vouloir banaliser la consommation d’alcool pendant l’allaitement, la spécialiste garantit qu’il est possible de concilier une consommation modérée et épisodique d’alcool avec le fait d’allaiter, mais que le problème réside dans la définition de la “modération” et de l’interprétation des femmes. Car l’alcool passe dans le lait maternel : les niveaux d’alcool qui y sont mesurés sont similaires à ceux mesurés dans le sang maternel, et atteignent leur maximum 30 à 60 minutes après la consommation d’une boisson alcoolisée. Carole Hervé confirme que, même lorsque l’on parle d’alcool, les bienfaits de l’allaitement demeurent supérieurs aux risques liés à cette consommation, à condition qu’elle reste occasionnelle et raisonnable. Il existe sur Internet des tableaux (notamment ici ou là) indiquant, selon le poids de la mère et le nombre de verres d’alcool consommés, le temps qu’il faut attendre avant de donner le sein à son bébé. Pour “gagner en quiétude”, les femmes qui allaitent et souhaitent consommer un peu d’alcool peuvent tirer leur lait au préalable, et attendre plusieurs heures avant d’allaiter de nouveau leur bébé, conseille Carole Hervé. Il faut cependant garder en tête que plus un bébé est jeune, plus il tète souvent. Les toutes premières semaines d’allaitement ne sont donc pas vraiment le bon moment pour s’octroyer un petit verre de vin, de champagne ou autre. La montée de lait, qui se produit deux à trois jours environ après la naissance du bébé, est un phénomène physiologique. Ce processus est déclenché par la chute des hormones placentaires après l’accouchement et l’expulsion du placenta. Pour favoriser la montée de lait, plutôt que de se ruer sur des aliments dits galactogènes, on essaiera d’abord d’autres astuces qui ont fait leurs preuves : des tétées précoces (ou à défaut l’expression manuelle du lait ou avec un tire-lait), et des tétées fréquentes et efficaces (ou rendue comme telles par le biais d’un geste de compression de la glande mammaire, par exemple). Car, plus un bébé va téter souvent les premiers jours, plus le sein sera drainé et la lactation stimulée. Il existe des plantes dites galactogènes, connues pour augmenter la production de lait. Citons notamment le fenugrec, le galéga et le chardon béni, ainsi que le fenouil et l’anis vert dans une moindre mesure. En sachant que le fenugrec a une odeur très forte et possède des contre-indications, notamment car il stimule l’appétit et peut entraîner une hypoglycémie (à éviter en cas de diabète, notamment). Attention à ne pas tout mettre sur le dos des coliques, alerte Carole Hervé, consultante en lactation. Attention, en outre, à ne pas mettre trop vite une étiquette de “bébé à coliques”, au risque de passer à côté d’autre chose. Dans un second temps, on pourra mettre en place un journal alimentaire, où l’on notera ce que l’on mange et les réactions du bébé, afin de mettre en évidence une éventuelle intolérance alimentaire, et désigner le ou les aliment(s) responsable(s), qu’il s’agira d’éviter pour le bien-être de bébé. Il est fortement déconseillé de se lancer, pendant l’allaitement, sans accompagnement par un professionnel qualifié, dans un régime amaigrissant hypocalorique. Car un régime drastique et mal conduit pourrait entraîner des carences pour la maman, et in fine des apports incomplets pour son bébé. Il existe en effet des protocoles spécifiques pour mère allaitante, qui se rapprochent plutôt d’un rééquilibrage alimentaire que d’un régime minceur. Il faut toutefois garder en tête qu’une partie du poids que l’on prend durant la grossesse a pour but d’aider la mère à trouver l’énergie nécessaire à allaiter. Plutôt que de se focaliser sur la balance, dont on aimerait voir les chiffres descendre plus vite, mieux vaut-il prendre son mal en patience, car chez certaines femmes, l’allaitement s’accompagne d’une fonte des graisses stockées durant la grossesse, et ce sans le moindre effort ou régime draconien. Ça peut valoir le coup de se donner plusieurs mois pour voir comment son corps réagit à l’allaitement. Une mise en garde cependant : une femme qui allaite et qui suit un régime végétalien (aussi appelé vegan) devra impérativement se supplémenter en vitamine B12, car celle-ci est absente des aliments d’origine végétale ou des champignons (hors produits enrichis). Aussi, si le fait de manger des produits laitiers et/ou de la viande permet généralement de couvrir les besoins en B12, une alimentation végétalienne ne suffit pas. Car ce qu’une mère allaitante ne fournit pas à son bébé par l’alimentation, l’organisme le prend sur les “réserves”. Pas de panique : il n’est nul besoin de compter assidûment les calories lorsqu’on allaite. Cependant, il est bon de savoir que l’allaitement est un processus qui demande de l’énergie : une femme qui allaite de manière exclusive a besoin en moyenne de consommer 300 à 1 000 calories de plus par jour qu’une femme qui n’allaite pas. Ce qui équivaut a minima à deux collations de plus par jour, par exemple en milieu de matinée et au goûter. Pour les atteindre, il est recommandé de manger 3 à 4 produits laitiers par jour, en favorisant les fromages riches en calcium (comté, cantal, beaufort…), et/ou de boire une eau riche en calcium (Hépar, Contrex, Courmayeur…). Mais il existe aussi des sources végétales de calcium qu’il serait dommage de ne pas consommer : fruits à coque (amandes, noisettes, noix…), laits végétaux enrichis en calcium, légumes à feuilles vertes (épinards, poireaux, cresson, roquette…), sésame. Cela étant, de nombreuses femmes enceintes se voient prescrire des complexes multivitaminés par leur gynécologue ou sage-femme, et projettent donc de continuer durant l’allaitement. A priori, pas de problème, mais se pose la question de l’utilité de ces compléments si l’on a une alimentation équilibrée, et que l’on mange de tout en quantité raisonnable. Il faut garder en tête que les compléments alimentaires contiennent des additifs (anti-agglomérants et autres colorants, dont très décrié le dioxyde de titane…).
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