L'étude des conversions à l'Islam, en particulier celles impliquant des spécialistes de l'embryon, révèle un phénomène complexe aux multiples facettes. Cet article se propose d'explorer ce sujet en profondeur, en s'appuyant sur des témoignages et des analyses diverses.
Le contexte mondial du djihadisme et de l'Islam
Daech, malgré ses revers militaires, conserve une capacité de frappe mondiale. Les attentats perpétrés par Daech, y compris pendant le mois sacré du Ramadan, démontrent que les musulmans sont les premières victimes de cette organisation. La volonté d'imposer un credo totalitaire par la terreur souligne l'importance de comprendre les motivations et les stratégies de Daech. La reconquête de Fallouja, bien que présentée comme une victoire, s'est accompagnée d'un désastre humanitaire et n'a pas empêché des attentats meurtriers à Bagdad. Les exactions des milices chiites et les exécutions de condamnés à mort risquent d'aggraver la polarisation communautaire en Irak. Dans ce contexte, l'engagement de troupes au sol en Irak serait contre-productif, car les forces irakiennes ne sont pas perçues comme une armée nationale. La coopération avec les milices kurdes n'a pas non plus donné les résultats escomptés. La Syrie, quant à elle, attire davantage les djihadistes étrangers que l'Irak. Les attentats en Arabie Saoudite, bien que moins sanglants qu'auparavant, sont préoccupants. Al-Qaïda et Daech considèrent le régime saoudien comme une apostasie à purger. Le Ramadan 2016 a prouvé l'inefficacité de la coalition anti-Daech à enrayer l'expansion djihadiste. Les "libérations" territoriales ne doivent pas masquer cette triste réalité.
Filiation et substances en Islam
La filiation en Islam est un concept complexe qui articule des éléments socio-juridiques et biologiques. Le nasab, ou filiation patrilinéaire, met en jeu des représentations sociales du corps, de la procréation et de ses substances. L'analyse des textes fondateurs de l'Islam, tels que le Coran, la Sunna et le droit musulman (fiqh), révèle l'importance du sperme comme support biologique essentiel de la filiation patrilinéaire. Les avis juridiques récents sur les procréations médicalement assistées (PMA) s'inscrivent dans les représentations musulmanes traditionnelles de la filiation. Les pratiques liées à la filiation dans la société maure de Mauritanie illustrent l'utilisation du droit musulman pour donner une filiation à des enfants illégitimes. L'expression de conception illégitime est préférée à celle de naissance illégitime, car les usages sociaux et juridiques sont surtout utilisés avant la naissance de l'enfant. Cependant, les réformes juridiques récentes de certains pays musulmans remettent en cause ces techniques de légitimation. Le sang n'est pas considéré comme une substance transmettant la filiation, mais plutôt comme une substance vitale. L'expression arabe "être du dos" (min ẓahr) désigne la lignée patrilinéaire. Dans le Coran, le mot ẓahr renvoie à la descendance patrilinéaire. Le sperme provient de la colonne vertébrale, ce qui explique que la parenté patrilinéaire se réfère explicitement au dos et implicitement au sperme. La parenté utérine, référée à l'utérus (raḥim) ou au ventre (baṭan), désigne les enfants de même mère. La maternité est liée au fait de porter l'enfant et de lui donner naissance. La lignée matrilinéaire n'existe pas réellement au-delà d'une génération, tandis que la filiation patrilinéaire se transmet à travers les générations. Le sperme joue un rôle dans l'établissement de la filiation patrilinéaire et est à l'origine de la parenté de lait (riḏâ‘a). La parenté de lait engendre des interdits matrimoniaux sans créer de lien de filiation. Le lait de la nourrice a son origine dans le sperme de son mari et transmet quelque chose de l'identité substantielle de son conjoint. La substance de l'époux de la nourrice transmise par le lait n'altère pas la substance souche transmise à l'enfant par son père biologique. Toute union entre deux personnes apparentées par le lait est considérée comme incestueuse. Le Prophète ordonne à un homme de se séparer de son épouse après qu'une femme esclave a déclaré avoir été leur nourrice. L'étude des représentations de la filiation en Islam demande d'opérer une conversion de regard vers le sperme plutôt que le sang.
Adoption et filiation en Islam
L'interdit de la parenté adoptive en Islam témoigne de l'impossibilité de penser une filiation sociale qui ne serait pas fondée sur le biologique. L'Islam limite les effets juridiques de l'adoption du point de vue de la filiation. La sourate du Coran consacrée à l'adoption (tabannî) parle d'une forme d'adoption opposée à la filiation. Cette interprétation a ouvert la voie à la reconnaissance d'une forme particulière d'adoption, appelée kafâla dans certains pays du Maghreb. Cette procédure permet à un enfant d'être recueilli par une famille sans pouvoir porter le nom ni hériter de ses adoptants. Des réformes récentes acceptent la concordance de nom entre l'enfant adopté (kafîl) et l'adoptant (makfûl) afin d'effacer le stigmate de l'illégitimité de l'enfant, sans lui permettre pour autant d'hériter de l'adoptant. Le mariage de l'enfant avec ses parents adoptifs ou avec ses frères et sœurs adoptifs n'est pas prohibé. En Tunisie, la loi sur l'adoption promulguée depuis 1958 a totalement éclipsé la kafâla. L'analyse de cette forme d'adoption musulmane particulière révèle l'importance du partage d'un même substrat biologique dans la détermination des prohibitions matrimoniales.
La conversion : un retournement
La conversion, du latin cum-vertere, porte sur l'aboutissement de l'acte, quelle que soit sa durée. Le converti est celui qui s'est tourné vers Dieu. La pression de l'usage religieux du mot conversion a fait disparaître sa dimension d'instantanéité et sa marque corporelle. Le mot conversion renvoie à plusieurs lignes de sens, comme la conversion d'unités de mesure ou la conversion hystérique. Le skieur débutant apprend à se retourner par un bref demi-tour de conversion. Le changement de chemin est un acte qui, selon son intentionnalité, apparaîtra esthétique, moral ou religieux. Ces conversions sont délibérées et élaborées. Pour redonner sa dimension de fulgurance et d'engagement corporel à ces conversions, on peut les nommer mystiques. Les conversions mystiques présentent une unité de traits qui témoigne d'un même processus psychique à l'œuvre.
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L'angoisse et l'issue mystique
La grille de lecture de la conversion mystique se base sur la pratique et l'expérience cliniques de l'analyste et du psychiatre. Elle suit le fil de l'angoisse, qui porte cet acte vital et décisif et le rétablissement du lien d'altérité. Cette mutation subjective réoriente l'existence du sujet et celle des siens. Les conversions mystiques produisent de vrais renversements de la pensée et s'accompagnent d'un engagement auprès des autres humains. Elles ne sont pas le produit d'une démarche consciente, mais la conséquence d'un appel, la levée soudaine d'une ignorance ou la réalisation d'une protection. Après un instant de saisissement fulgurant, dans une sensation de transformation radicale, éprouvée au plus profond du corps, le sujet est effrayé. Les conversions mystiques sont un coup de foudre, une passion subite, une rencontre vitale, un serment miraculeusement réalisé où l'existence s'engage. La bascule de la croyance se produit dans une situation de terreur alors que le sujet est déjà fragilisé. Il y perd ses repères qui étaient déjà, à son insu, vacillants. Après l'effroi de la rencontre, il lui faut un temps pour se reconstruire depuis la nouvelle certitude. Le moment de l'élaboration reconstructrice laisse toujours une trace, même s'il est effacé au profit de la fulgurance de l'instant de renversement de la croyance. Dans le monde de l'écrit, la reconstruction réussie tend à effacer l'effet d'angoisse et d'effroi qu'a traversé celui qui en fait témoignage.
Exemples de conversions
Augustin d'Hippone a écrit ses Confessions treize ans après sa conversion. Il y décrit le violent conflit de loyauté entre son attirance pour la foi de sa mère et la fidélité aux idéaux de son père. Il se décrit en plein désarroi et entend une voix d'enfant qui lui dit : "Prends, lis ; prends, lis." Il obéit et tombe sur quelques lignes de l'Épître aux Romains qui résonnent avec sa culpabilité. Paul Valéry a aussi rencontré un changement brutal d'idéaux. Il est saisi par l'angoisse pendant la nuit du 4 au 5 octobre 1892 à Gènes et décide de mettre à distance la poésie inspirée par celle qui sollicite trop intensément ses émotions. Paul Claudel a entremêlé sa carrière littéraire et sa foi pour faire de sa conversion un acte en permanence militant. Il décrit l'impression forte que lui firent les aubes blanches des enfants de chœur pendant les vêpres de Noël à Notre-Dame.
Le renversement
La reconstruction par la conversion vient depuis un point d'effacement de la division subjective. Le sentiment de la plénitude dans le désastre de l'effacement de l'existence, l'émergence d'un point de certitude au cœur d'une crise d'angoisse nouée par le doute, donnent un ancrage qui dissipe la tempête. Le point d'où s'originent les certitudes et le sentiment d'unicité de l'être devient un point où s'effacent l'histoire du sujet et ses divisions subjectives. Il devient le point de renaissance, source des nouvelles valeurs du sujet. Il n'y a pas traduction d'une vérité du sujet en une autre qui lui serait symétrique ou inverse. Le sujet a la certitude d'une totale nouveauté et ne peut que regretter d'avoir ignoré ce qui est maintenant la voie vivante de la Vérité en lui. Il n'y a plus de traces de culpabilité, si ce n'est rétrospective. Il y a eu un retournement dissymétrique. C'est parce qu'il y avait une désorganisation au cœur du sujet, un vide d'orientation et de sens dont il ne sait que faire, que le trop plein de sens qui lui vient alors fait prise. Le renversement est celui que décrit le Caravage dans La conversion de Saint Paul.
Femmes et religion : une approche comparative
Un ouvrage collectif adopte une approche comparative de la question des femmes et du genre dans l'Islam et dans le judaïsme. Ce comparatisme permet de dégager des similarités en matière de conception de la pureté des femmes, de mariage, d'accès des femmes aux textes et aux fonctions rituelles. Il permet également de dégager des différences. L'approche choisie privilégie la notion de genre et comprend les stratégies de négociation et de contournement utilisées par les femmes afin de remettre en cause l'autorité masculine. Les femmes juives et musulmanes ont accès à l'espace cultuel, mais il existe une séparation des espaces et des rôles masculins/féminins. Les femmes accèdent de plus en plus aux fonctions religieuses publiques dans le judaïsme et l'Islam. En Islam, l'accès à l'étude des textes est accepté pour mieux véhiculer l'Islam auprès des femmes, avec un programme élaboré par les instances politiques religieuses. Des femmes sont aujourd'hui ordonnées rabbas aux États-Unis. Au Maroc, la première promotion de femmes murchidat (guides religieuses) a bénéficié d'une formation alliant sciences religieuses et sciences profanes. Des résistances se font jour face à l'étude par les femmes du Talmud et face à l'introduction de ces enseignements pour les filles dans les programmes scolaires des écoles juives. En Islam, des discussions ont lieu pour savoir si la fonction de mufti est accessible aux femmes. Le nouveau code de la famille adopté au Maroc en 2004 est un acte législatif et social révolutionnaire qui instaure un contrat écrit qui représente une meilleure garantie pour les femmes. La ketoubbah est le contrat de mariage juif. Les femmes musulmanes marocaines voient le douaire "fabuleux" de la femme juive comme la raison du nombre réduit de divorces dans les milieux juifs.
Pureté et homosexualité féminine
Ce qui ressort de la comparaison des questions de pureté chez les femmes juives et musulmanes, ce sont les différences de raisons et d'enjeux des pratiques de purification. En contexte juif, la purification rituelle des femmes répond à des impératifs religieux normalisés liés à la vie conjugale. Pour les musulmanes, les pratiques de purification sont laissées à l'appréciation des femmes et à leurs représentations de ce qu'est une "bonne musulmane". L'homosexualité féminine est condamnée par l'ensemble des religions institutionnelles. Dans les textes de la tradition juive, l'homosexualité féminine est invisible ; celle-ci n'est nulle part condamnée explicitement.
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