Introduction

Le parcours de procréation médicalement assistée (PMA) est souvent semé d'embûches, d'espoirs et de déceptions. Cet article relate le témoignage poignant de Sophie, une femme confrontée à des défis médicaux inattendus et à la complexité de la PMA. Son histoire est un message d'espoir, de résilience et de détermination pour toutes celles et ceux qui traversent des épreuves similaires.

La découverte inattendue

Sophie et son conjoint désiraient un enfant. Après un an d'essais infructueux, elle consulte une gynécologue. Des examens complémentaires révèlent une masse suspecte. "Après un IRM et un scanner en urgence, le radiologue me rassure et me dit qu’il s’agit d’un kyste sur l’appendice." Quelques semaines plus tard, elle subit une appendicectomie, pensant que tout était rentré dans l'ordre.

Cependant, lors d'un rendez-vous post-opératoire, le chirurgien lui annonce la découverte d'une mucocèle appendiculaire rompue. "J’ai de la mucine dans l’abdomen. On m’annonce que c’est une maladie très rare. La maladie gélatineuse du péritoine." Sophie est confrontée à un diagnostic inattendu et effrayant.

Le choc et l'annonce du traitement

Sophie ne ressent aucun symptôme alarmant, se sentant "en pleine forme." Pourtant, elle apprend qu'elle doit subir une intervention chirurgicale lourde associée à une chimio-perfusion hyperthermique intrapéritonéale (CHIP). "Il me parle d’une lourde opération, d’un bain de chimio à haute température dans le ventre, d’une pose de péridurale pour plusieurs jours, d’anus artificiel, de m’enlever une partie du côlon, d’oncologue, de transfert de salle de réveil au service de réanimation en SAMU. De préservation d’ovocytes en urgence." L'annonce est un véritable "cauchemar."

Malgré le choc, Sophie et son conjoint décident de partir en vacances, un voyage prévu de longue date. "Nous nous retrouvons en pleine nature avec le strict minimum. Je n’avais besoin de rien de plus. A croire que le destin fait bien les choses". Ce retour à l'essentiel lui permet de se recentrer et de se préparer mentalement à ce qui l'attend.

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Préparation et organisation

De retour de vacances, Sophie entame un parcours médical intense. "Je ne me sens pas malade alors je continue de travailler mais j’aménage mon planning pour des tonnes de rendez-vous : gynéco, service PMA, des prises de sang, diététicienne, kiné, chirurgien, infirmières, stomathérapeute, assistante sociale, psychologue, oncologue, anesthésiste, cardiologue…" Une équipe médicale se met en place autour d'elle, et elle s'habitue aux salles d'attente. Elle se surprend même à raconter ses rendez-vous avec le sourire, se sentant prise en charge et entourée de bienveillance.

Elle prépare son corps à l'opération en faisant du sport, allant jusqu'à courir des 10 km la veille de son hospitalisation. "Mon chirurgien m’avait conseillé du sport avant cette grosse intervention donc j’allais courir. Je ne le faisais jamais et j’arrivais bizarrement à faire des 10kms jusqu’à la veille de mon entrée à la clinique. J’ai vite compris que quand on veut on peut. Ça m’a fait un bien fou mentalement tout comme trier entièrement ma maison." Cette préparation physique et mentale lui donne la force d'affronter l'épreuve.

La CHIP et la réanimation

L'opération dure 8 heures, et Sophie se réveille en réanimation. "Je n’ai aucune douleur mais je suis impressionnée. J’ai l’impression de regarder une émission comme « Enquêtes d’action » ou « 24h aux urgences » mais non c’est bien réel." Elle est rapidement transférée en ambulance vers un autre hôpital.

Malgré la fatigue et les machines qui l'entourent, Sophie reste déterminée. "J’ai activé le pilotage automatique et j’ai survécu pendant une semaine." Elle communique avec ses proches et tente même de jouer au UNO avec son conjoint. Elle apprend à gérer sa stomie, qu'elle accepte comme un élément vital. "Elle me sauve la vie. Elle est un peu bruyante mais on cohabite. On passe les fêtes de fin d’année ensemble. J’ai fini par l’aimer."

Le retour à la maison et la convalescence

Après plusieurs jours en réanimation et en soins intensifs, Sophie rentre chez elle, soulagée d'apprendre que la maladie a été totalement enlevée. "Apaisée car l’on m’avait informée que la maladie était totalement enlevée et qu’il y avait très peu de chance de récidive. Mais surtout, j’ai toujours mes ovaires et mon utérus." Elle est suivie par son médecin traitant et des infirmières à domicile.

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La convalescence est longue et difficile. "Pour ma digestion et mon transit ça a été très compliqué également. Je voulais manger, mais mon corps rejetait tous mes repas. Je pensais que le pire était derrière moi. Finalement non. J’ai perdu 13 kgs." Cependant, elle garde espoir et se concentre sur sa guérison. "Il m’aura fallu six gros mois après la CHIP pour que mon corps s’en remette."

La PMA et l'espoir d'une grossesse

La CHIP a eu des conséquences sur la fertilité de Sophie. "Nous avons été informés des risques de la CHIP et la préservation d’ovocytes n’a pas été possible dans mon cas car trop risqué de re-introduire la maladie plus tard." Malgré cela, elle ne perd pas espoir de devenir mère. "Aujourd’hui une grossesse est encore possible donc nous ne baissons pas les bras."

Elle reprend contact avec sa gynécologue et entame un parcours de FIV. "Nous allons tenté une 1ere FIV dans les prochaines semaines, je l’espère." Sophie aborde cette nouvelle étape avec optimisme et détermination. "Je le vis comme une chance, être dans l’action c’est tout ce qui compte."

Le tatouage et la vie

Sophie a vécu une expérience traumatisante, mais elle en est ressortie plus forte et plus consciente de la valeur de la vie. "Dans ma tête, je n’ai plus l’impression d’être totalement la même. On en ressort changé, grandi. Je me rend bien mieux compte de ce qu’est une journée. De ce que veut dire le moment présent. Des plaisirs simples. De ce qu’est vraiment un problème."

Elle a même décidé de se faire tatouer le mot "VIE" sur son corps, comme un symbole de sa renaissance. "Je me suis fait tatouer, comme un besoin presque vital d’écrire le mot VIE sur mon corps."

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Conseils et message d'espoir

Sophie souhaite partager son expérience pour aider d'autres personnes confrontées à la maladie ou à des difficultés de PMA. "Si vous me lisez, vous venez peut être d’être diagnostiqué et c’est le néant pour vous en ce moment. Un conseil, prenez étape par étape. Jour après jour. Laissez-vous guider par les équipes médicales, faites leur confiance. Elles seront vos meilleures alliées pour les semaines, mois et même années à venir. Faites-vous également confiance, on ne connaît pas vraiment nos limites. Face à la maladie, on se révèle, on se surprend, on s’impressionne de sa force soi-même."

Elle insiste sur l'importance de s'aérer l'esprit, de se reposer sur ses proches et de ne pas hésiter à demander de l'aide. "Aérez-vous et occupez-vous l’esprit. Lire et marcher en bord de mer dès que j’ai pu m’a aidée. Re-posez-vous sur vos proches, surtout, laissez-vous aider."

Autres témoignages et réflexions sur la PMA

Le témoignage de Sophie fait écho à d'autres récits de femmes confrontées à des difficultés de PMA. Certaines témoignent de l'attente interminable, des examens médicaux à répétition, de la fatigue physique et morale, et de l'impact sur leur vie sociale et professionnelle.

D'autres évoquent les aspects juridiques et sociaux de la PMA, notamment pour les couples de femmes. Elles soulignent les inégalités de droits et les difficultés rencontrées pour faire reconnaître leur filiation.

Certaines femmes témoignent également de l'infertilité secondaire inexpliquée, un phénomène frustrant et déroutant. Elles expriment le besoin de parler avec des professionnels de santé et de trouver des solutions pour surmonter leurs blocages psychologiques.

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