L'histoire de la vallée de la Fensch, en Lorraine, est intimement liée à l'exploitation du fer. Des origines artisanales à l'essor de la sidérurgie, ce territoire a façonné son identité autour de cette ressource naturelle. Une association, "Faire et savoir faire", s'est constituée pour préserver et valoriser ce patrimoine unique.
Les Origines Métallurgiques : Un Héritage Ancien
L’histoire a débuté par la fabrication d’outils agricoles, de clous, de faux et d’accessoires indispensables à l’activité humaine. C’est le gisement de fer de la mine de Baburet qui en donna la possibilité en 1588. Henri de Navarre (futur Henri IV), et Antoine d’Incamps ayant compris l’intérêt de cette ressource minière, ils la mirent en exploitation.
Dès l’époque romaine, le fer est exploité sur le territoire hayangeois dans ses limites actuelles. Les premières traces écrites de l’existence d’une mine datent du XIIème siècle lorsque Thierry de Hayange concède l’exploitation de la mine de Hayange à Thibaut, comte de Bar. La première forge de Hayange date de 1323 et sa création fut rapidement suivie par de nouvelles exploitations, mais après la guerre de Trente ans il ne reste que deux forges à Hayange : la Rodolphe et la Marolles.
En 1704, avec l’installation de Jean-Martin Wendel à Hayange, l’exploitation du minerai de fer passe du stade artisanal à celui de l’industrie sidérurgique. Son petit-fils, Ignace de Wendel, expérimente la première coulée de fonte en utilisant le coke au lieu du charbon de bois.
Pendant la Révolution française, les forges sont revendues à Louis Gandthil. Ce n’est qu’en 1803, que François de Wendel peut racheter l’entreprise familiale. Après un voyage en Ecosse, il introduit les procédés anglais : affinage de la fonte à la houille, four à puddler, machines à vapeur et laminoirs mécaniques. En 1881 la Société de Wendel achète l’exclusivité du brevet Thomas Gilchrist pour une durée de 15 ans, puis fit construire les deux aciéries de Hayange et de Moyeuvre.
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"Faire et Savoir Faire" : La Naissance d'une Association
En 1993, un groupe d’amis très au fait de l’activité métallurgique se forma pour que l’on sauve de l’oubli le berceau même de celle-ci. Ce fut « Faire et savoir faire » qui établit tout naturellement son siège à Arthez-d’Asson avec un objectif très clair : restaurer, protéger et mettre en valeur le site de la « ferrarie ».
Bien qu’il y ait déjà eu du travail de fait, il en reste encore beaucoup à accomplir.
La Vallée de la Fensch : Un Territoire Façonné par l'Industrie
La vallée de la Fensch, c’est un territoire situé le long du sillon mosellan. Une vallée marquée par l’industrie et dans lesquels de nombreux sites industriels sont à découvrir, qui témoignent de l’histoire industrielle de cette espace. Des anciennes mines de fer, aux hautsfourneaux d’Uckange, en passant par les hauteurs de Hayange, ballade dans ce territoire mosellan qui a l’industrie chevillée au corps.
Pour découvrir la vallée, le mieux est encore de prendre de la hauteur et de grimper à la statue de la vierge sur les hauteurs d’Hayange. Un sentier permet d’accéder à la statue de Notre Dame, qui surplombe la commune à 307 mètres de hauteur. Une statue coulée en fonte à la gloire des sidérurgistes et financée par la famille De Wendel. Ici se trouve aussi une table d’orientation où l’on peut voir un panorama qui s’étend des usines aux hauts fourneaux en englobant toute la vallée. Cette galerie était une ancienne mine exploitée.
L'Extraction du Minerai : Un Travail de Longue Haleine
En Lorraine, l’extraction a duré plus d'un siècle et demi entre 1830 et 1997. Dans la région, les 55 mines ont employé jusqu'à 23.000 personnes. 60.000 km de galeries ont été creusées.
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Les Cités Minières : Témoins d'une Époque
Avec l'afflux de population venue pour travailler dans les centres miniers, il fallait trouver des logements. De nombreuses communes de la vallée de la Fensch gardent encore la trace de ces anciennes cités. La cité Gargan à Hayange est la plus ancienne de la vallée. Elle a été construite à partir de 1865, mais il en existe encore bien d’autres dans la vallée de la Fensch, mais aussi dans le nord de la Meurthe-et-Moselle.
Le Haut Fourneau U4 d'Uckange : Un Monument Historique
Le dernier des six hauts fourneaux d'Uckange a été sauvegardé grâce à son inscription à l'inventaire des monuments historiques en 2001. Il témoigne de ce que fut l’histoire de la sidérurgie dans la vallée de la Fensch avec son apogée dans les années entre 1960 et 1980. Ce haut fourneau est mis en lumière certains soirs.
Ce jardin de 4 hectares a été créé en 2009. Les anciennes friches sidérurgiques où étaient installés les bâtiments et les usines ont été transformées en jardin. On y trouve trois espaces différenciés qui font référence au passé sidérurgique de Lorraine.
Hayange : Une Ville au Cœur de l'Industrie
Tout au long du XXème siècle, Hayange a connu de nombreuses transformations. La Lorraine possède des ressources naturelles de minerai de fer exceptionnelles, dont l’exploitation précoce lui ont permis de devenir la première région française concernant la production de métallurgie.
Cette période particulièrement riche sur le plan historique est essentielle dans l’évolution urbaine de Hayange. En effet Hayange, petit bourg enclavé dans la vallée, devient une véritable ville commerçante et industrielle. Dès le début du siècle, Hayange se dote d’équipements qui améliorent le confort et la vie de ses 8 500 habitants : l’eau courante arrive dans toutes les habitations, le gaz permet l’éclairage des rues, le téléphone fait son apparition. De nouvelles écoles, un hôpital et un tribunal sortent de terre pour répondre aux besoins de la population qui ne cesse de s’accroître.
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Mais c’est l’arrivée de l’automobile qui contribue fortement à transformer le paysage urbain hayangeois. Ensuite, la circulation s’intensifiait rapidement, notamment pendant l’entre deux guerres, rendant ainsi nécessaire la réfection du réseau routier. Très vite Hayange affirme sa réputation de pôle commercial. Les boutiques avec leurs superbes devantures, attirent une nombreuse clientèle venant de toute la vallée et même du bassin de Longwy. Les pâtisseries et surtout les nombreux cafés, permettent aux badauds de se restaurer et se désaltérer. La foule était encore plus importante les jours de marché. Le marché se tient aux abords de l’église et s’étend sur une bonne partie de la rue Foch. En 1930, la ville commence alors une timide extension le long de la route de Ranguevaux grâce à la création d’un premier lotissement communal.
Après la seconde guerre mondiale Hayange est classée en zone de fumée par le Préfet de l’époque, limitant ainsi fortement les possibilités de construction. Seules quelques constructions sont autorisées. En 1959, quelques villas sont bâties dans le quartier de la Mine Victor. Puis, en 1962, c’est le lotissement Saint-Martin dans la rue Théophile Maire qui voit le jour. Enfin, en 1967, deux nouvelles résidences nommées Alexandra et Victoria, sont érigées sur la côte de Ranguevaux. Le classement en « zone de fumée » est levé en 1971. Hayange s’est enrichie dans les années 70 de trois nouveaux quartiers afin de mieux lutter contre la crise économique qui menace. La physionomie et les limites de la ville s’en trouvent largement modifiées. Les temps changent et des besoins nouveaux apparaissent notamment dans le domaine scolaire. On modifie le réseau routier en créant deux voies nouvelles en 1956, l’une reliant la rue Molitor à la rue de Gaulle, l’autre la rue Foch à l’actuel Hôtel de Ville. Hayange commence à ressembler à la ville que nous connaissons aujourd’hui.
Fortement marquée par l’activité industrielle, Hayange évolue au gré des changements intervenant dans la sidérurgie : constructions de « cités » pour accueillir les ouvriers au début du siècle, puis reconquête des friches industrielles en plein cœur de la ville après 1975. A cette époque, le cœur de la ville est envahi par les installations sidérurgiques. Près de 25 années seront nécessaires pour redonner un nouveau visage au centre hayangeois. Peu à peu, les installations désaffectées laissent la place à des zones commerciales et industrielles dynamiques : espace Foch derrière La Poste, puis, zones Saint-Jacques 1 et 2, et aménagement de la Cartoucherie…Des parkings se créent afin de permettre un meilleur accès au centre-ville : rue de la Marne, et derrière l’ancienne école Molitor. Les quartiers ne sont pas oubliés et sont dotés de nouvelles structures destinées à améliorer la vie quotidienne des habitants. Avec l’arrivée massive des émigrants italiens, polonais, espagnols, Hayange, ville active et en expansion, s’est enrichie dans les années 1970 de plusieurs quartiers : St Nicolas, Marspich et Konacker. Grâce aux efforts de la commune pour créer des passerelles entre les quartiers existants et le centre-ville, Hayange forme aujourd’hui une ville à part entière, riche d’une population variée et solidaire, et de quartiers qui mettent à profit leur spécificité pour faire ensemble de leur ville, une ville unie et unique.
Centre commercial de la vallée de la Fensch, Hayange possède un centre-ville particulièrement attractif. Par ailleurs, Hayange connaît aussi une vie culturelle et sportive intense. Durant toute l’année, elle est le théâtre de manifestations et d’animations diverses parmi lesquelles la traditionnelle fête du mouton. Mais Hayange, c’est aussi un patrimoine architectural varié. Le château De Wendel au style romantique germanique, la chapelle De Wendel au style néo-gothique, la maison natale du maréchal Molitor qui abrite aujourd’hui la bibliothèque municipale, ou encore l’église St Martin au style de la renaissance italienne sont autant d’atouts architecturaux à découvrir ou à redécouvrir. Enfin, depuis de nombreuses années Hayange favorise les échanges culturels et économiques avec d’autres villes européennes. Ainsi, des échanges ont eu lieu avec Diekirch (Luxembourg), Arlon (Belgique), Bitburg (Allemagne).
Figures Historiques Hayangeoises
Gabriel, Jean, Joseph Molitor
Gabriel, Jean, Joseph Molitor est né le 7 mars 1770 à Hayange au 105 rue de Wendel. En 1791, il quitte le toit paternel pour Metz où il commence une carrière militaire. En juin 1795, il devient Chef de brigade. Il a servi successivement sous Custine, Jourdan et Hoche. Il est gravement blessé en 1794. En 1800, il est nommé Général de division alors que Napoléon est premier consul. Il est nommé Gouverneur de la 7ème division à Grenoble. Il soumet en 1807 la Poméranie, et enlève le mois suivant Stralsund au roi de Suède. De 1810 à 1813, il devient Gouverneur des îles Hanséatiques, et de la Hollande. Au retour de Napoléon, il est nommé Pair de France, Commandant des gardes nationales de la 5ème division en Alsace. En octobre 1847, il sera nommé Gouverneur des Invalides.
Joseph Barba
Joseph Barba, né à Hayange le 16 juillet 1840, est un personnage totalement oublié aujourd’hui. Il fit ses études au lycée de Metz de 1847 à 1858 et fut admis à l’Ecole Polytechnique en 1858. Joseph Barba donna sa démission en 1875 et entra au Creusot comme ingénieur principal. En 1873, Joseph Barba est chargé de la construction du premier navire en acier : « Le Tonnerre ». Il était Chevalier de la Légion d’Honneur et du Daneborg.
Nicolas Schneider
Nicolas Schneider était un capitaine d’artillerie à pied, décédé le 24 juin 1841 à Hayange où il était né le 9 janvier 1774, fils d’un boulanger de la ville.Il était célibataire et la déclaration de son décès a été faite (comme on peut toujours le lire sur les registres de l’Etat Civil) par deux voisins, l’un maréchal ferrant, l’autre instituteur. Il avait quitté le service en 1815 à la chute de Napoleon I. On a dit du Capitaine Schneider comme du Commandant Lallier, sous les ordres duquel il se trouvait à Huningue à la frontière franco-suisse, qu’il tira le dernier coup de canon contre l’ennemi de l’Empire.
Jean Kobs
Jean Kobs est né le 12 avril 1912 à Hayange, en Moselle, de parents belges émigrés. Durant la guerre de 1914-1918, il séjourne en Belgique, à Houffalize d’où est originaire sa famille maternelle. En février 1919, Jean Kobs et sa mère rejoignent Hayange où le père, Léon Kobs, arrêté puis incarcéré en Bavière durant 9 mois, a été sous surveillance, remis au travail par les autorités allemandes. Ordonné prêtre en 1936, c’est à Erzange qu’il célébrera sa première messe solennelle. Désigné successivement comme vicaire à Barvaux-sur-Ourthe puis comme curé à Dinez-Houffalize, il terminera son ministère pastoral à Dave-sur-Meuse où il séjournait depuis 19 ans.
Casimir de Balthasar
Casimir de Balthasar, Compte de Gachéo, naquit au château de Hayange le 04 novembre 1811. Il appartenait à une famille d’origine hongroise, alliée aux de Wendel et de Gargan, ayant droit de bourgeoisie à Berne depuis 1631. Le jeune hayangeois subit fortement l’influence de l’école romantique dont Delacroix, ce puissant coloriste, était le chef de file.
Le Renouveau du Tourisme Industriel
Alors qu'ArcelorMittal a annoncé, le lundi 17 décembre, la fermeture définitive et le démantèlement des hauts-fourneaux de Hayange, c'est un véritable pan d'histoire qui va disparaître. Sur place, on s'était fait à l'idée que l'activité ne reprendrait pas, mais ça n'empêche pas la tristesse.
Comment faire revivre une friche industrielle dans la vallée de Fensch ? Faire revivre une friche industrielle, c'est le défi que se lance la communauté d'agglomération du val de Fensch sur les anciennes mines de fer d'Algrange, Nilvange et Knutange. Un écoquartier devrait pousser là où se tenaient auparavant les hauts fourneaux de SMK.
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