L'École Polytechnique, institution bicentenaire, a connu une petite révolution avec la nomination de Laura Chaubard à sa direction générale. Ce changement marque une étape importante pour cette école d'ingénieurs, traditionnellement dirigée par des hommes, et symbolise un virage vers la modernité et la diversité.
Une nomination historique
La nomination de Laura Chaubard à la tête de Polytechnique est inédite à plus d’un titre. Elle est la première femme à occuper ce poste de directrice générale, succédant à Eric Labaye. Bien qu'une autre femme, Marion Guillou, ait présidé l'X entre 2008 et 2013, la nomination de Laura Chaubard marque une nouvelle ère pour l'institution. Ce choix est d'autant plus remarquable qu'elle n'avait pas initialement postulé à la relève et a été préférée à six candidats, tous des hommes.
Un parcours atypique et brillant
Fille de professeurs de lycée en histoire et philosophie, Laura Chaubard se destinait initialement à l'École normale supérieure et à la recherche. Après avoir intégré l'X en 1999, elle obtient un doctorat d’algorithmique à Paris-7 sur la théorie des langages formels. Ses recherches lui ont permis de s’assurer qu’un système reste dans un domaine de fonctionnement acceptable.
Son parcours professionnel est tout aussi impressionnant. Elle a débuté sa carrière à la Direction générale de l’armement (DGA), où elle a participé aux prémices de l’intelligence artificielle de défense. Elle a ensuite occupé le poste de cheffe du bureau des PME stratégiques avant d’être nommée conseillère innovation de Florence Parly, ministre des Armées, en 2017.
En 2019, elle devient directrice générale de La Villette, où elle a notamment organisé l’exposition Napoléon. Trois ans plus tard, en 2022, elle est sollicitée pour prendre les rênes de l’X, ce qu’elle accepte.
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Les défis de Polytechnique
Laura Chaubard a pour mission prioritaire de renforcer la visibilité internationale de l’Institut polytechnique de Paris (IP Paris), un ensemble de recherche et d’enseignement créé en 2019 avec quatre autres grandes écoles d’ingénieurs : Ensta Paris, Ensae Paris, Télécom Paris et Télécom SudParis.
Elle souhaite également poursuivre les chantiers en cours, tels que les concertations sur la réforme de la gouvernance, la refonte des formations à l’aune du changement climatique et la rénovation du campus. Elle souhaite également accélérer sur la diversité au sein de l'école.
La féminisation de l'école
La féminisation de Polytechnique est un enjeu majeur pour Laura Chaubard. Elle constate que le vivier de candidats manque de femmes et de diversité sociale. Elle souhaite encourager les jeunes filles à s'orienter vers les sciences en montrant combien ce domaine est créatif.
Elle a mis en place un nouvel uniforme pour les étudiantes polytechniciennes, afin d'évacuer les discriminations genrées. Malgré ces efforts, la proportion de femmes admises au concours du cycle ingénieur a reculé en 2024, passant de 21 % à 16 %. Laura Chaubard reste déterminée à inverser cette tendance et à faire de Polytechnique une école plus inclusive.
L'importance de la démarche scientifique
Laura Chaubard est convaincue de l'importance de la démarche scientifique dans un monde où la vérité scientifique a du mal à se faire entendre. Elle estime que le rôle d'une école comme Polytechnique est de diffuser les fondamentaux de cette démarche et de former des ingénieurs prêts à servir un enjeu qui les dépasse, attachés à l'intérêt général.
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Elle souhaite également aider ses élèves à relever les défis futurs liés à l’IA. Elle a mis en place un cours dédié aux grands principes du machine learning, obligatoire pour tous les élèves ingénieurs. Ce cours aborde à la fois les fondements mathématiques et informatiques de l’IA, ainsi que ses applications dans différents domaines.
L'adaptation aux aspirations des élèves
Laura Chaubard est attentive aux aspirations de ses élèves, qui sont de plus en plus nombreux à vouloir s'engager dans des secteurs professionnels qui ont du sens et qui contribuent au bien commun. Elle constate une préoccupation très forte d’avoir, dès le début de leur carrière, un emploi aligné avec leurs convictions.
Elle souhaite adapter les formations de Polytechnique pour répondre à ces nouvelles aspirations et former des ingénieurs capables de relever les défis du XXIe siècle. Elle est convaincue que l'ouverture internationale de l'école est une richesse et qu'il faut continuer à la cultiver.
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