Laura Hecquet, étoile brillante de l'Opéra national de Paris, s'apprête à faire ses adieux à la scène dans « Appartement », de Mats Ek. Après treize années passées à illuminer le public par son tempérament de feu, sa technique impeccable, son élégance et l'intensité de ses émotions, elle se dit prête à aborder un nouveau chapitre de sa vie.
Des Adieux en Série au Sein d'une Génération
Laura Hecquet fait partie d'une génération de danseurs qui quittent la scène presque simultanément. Myriam Ould-Braham, Mathieu Ganio et Dorothée Gilbert s'apprêtent également à prendre leur retraite. Ils ont discuté ensemble des ballets avec lesquels ils souhaitaient faire leurs adieux. La date de départ à la retraite étant fixée à 42 ans, ils savent très tôt qu'ils interpréteront certaines œuvres pour la dernière fois. Ces petits adieux préparent à l'ultime spectacle.
Laura Hecquet revendique cette diversité qui lui permet d’offrir une danse à plusieurs facettes. Partir avec Appartement, de Mats Ek, c’est une façon de boucler la boucle : elle a été nommée étoile en 2012 sur La Bayadère, de Rudolf Noureev, mais elle avait commencé à danser cette pièce juste avant.
L'Influence de Mats Ek : Un Langage Corporel Singulier
Laura Hecquet apprécie particulièrement l'univers du chorégraphe suédois Mats Ek et sa collaboration avec lui. Son langage spécifique permet de façonner son corps d'une manière différente. Chaque mouvement est porteur d'une intention, et la volonté de raconter des relations humaines avec un message fort est omniprésente. Mats Ek met en scène ces relations sans jugement, laissant le public se faire son propre avis en fonction de son vécu.
Mats Ek ne demande pas à ses danseurs de traduire un sentiment bien défini. Il explique la situation et les laisse réagir et chercher des sources d'interprétation. S'il n'est pas satisfait d'une proposition, il oriente vers une autre réflexion pour que le danseur cherche un chemin différent. Il est toujours dans l'échange, et rien n'est jamais imposé ni figé.
Lire aussi: Laura Smet : Un nouveau chapitre avec Léo
L'Importance du Théâtre dans la Danse
Danser du Mats Ek est l'occasion de mettre en avant le côté théâtral, essentiel aux yeux de Laura Hecquet. Elle a eu la chance d'être formée par de grands interprètes comme Ghislaine Thesmar, qui lui a toujours dit que ce n'est pas la pirouette double qui compte, mais tout ce qu'il y a autour : le regard, le dialogue avec le partenaire. Être un artiste, c'est créer à chaque fois quelque chose de nouveau avec ce qu'on est dans le moment et les expériences qu'on a vécues.
Don Quichotte : Un Rôle Emblématique
Don Quichotte est le ballet que Laura Hecquet a le plus dansé. Elle arrive à un état où elle ne réfléchit plus, car il fait partie de son corps. Ce ballet lui plaît énormément pour la joie qu'il dégage, le caractère explosif qu'il exige et le partage avec toute la troupe. C'est aussi celui où elle a pu le plus utiliser ses origines, en piochant dans ses souvenirs de la vie sud-américaine, l'impression de chaleur. Ce rôle lui permet de ne pas oublier ce qu'elle était à la base, même si elle a énormément appris et évolué au sein de l'Opéra de Paris. Don Quichotte est une occasion agréable de mélanger les deux écoles qui l'ont faite.
Elle est venue en France par goût pour la culture et pour tout ce qui se passait en Europe dans le monde de la danse contemporaine. L'arrivée à Paris lui a fait découvrir le métier à un niveau plus grand. Elle a rencontré des gens bienveillants qui ont commencé à lui dire qu'ils aimaient sa façon de danser et lui ont expliqué comment marchait la maison. Pour autant, elle ne s'est jamais sentie rejetée ou exclue.
Dances at a Gathering : La Liberté du Mouvement
La musicalité du chorégraphe américain Jerome Robbins est à chaque fois un challenge, mais elle offre une grande liberté dans le mouvement. Tout en étant classique et en mettant ses danseuses sur des pointes, il réussit à enlever tous les clichés de la ballerine. On se retrouve en studio à évoluer tous ensemble sur une musique et à partager nos différents élans, à exprimer nos tempéraments uniques. On oublie le port de tête, la tenue de dos et l'en dehors pour redevenir un simple être humain qui danse.
Cette façon de travailler lui a appris à effacer ce qui était superflu pour aller dans une sincérité plus forte. Avec le temps, elle a évolué dans l'énergie du mouvement, découvert comment donner des couleurs et des nuances à sa danse. Elle a aussi compris qu'il ne fallait pas pousser son corps au maximum, mais plutôt mettre un sourire même quand c'est dur, pour capter l'œil du public et jouer avec lui.
Lire aussi: Laura : De MAPR à la maternité
Le Parcours d'une Étoile
La nomination d'un danseur étoile se fait par le directeur ou la directrice de l'Opéra, sur proposition du directeur ou de la directrice de la danse. Généralement, la décision est prise pendant la représentation où le/la futur/e étoile interprète le 1er rôle. Un danseur étoile interprète généralement un rôle principal dans un ballet. Dans une compagnie, il y a généralement plusieurs danseurs étoiles, au sommet de la hiérarchie de l'Opéra de Paris.
Pour devenir danseur étoile, il faut apprendre la danse très jeune, généralement avant 10 ans. Après l'apprentissage des bases du classique, il est recommandé d'intégrer une école de danse prestigieuse, afin d'atteindre les meilleurs niveaux. L'âge limite pour un danseur étoile est de 42 ans et demi à l'Opéra de Paris.
Autres Figures Inspirantes
Misty Copeland est la 1ère danseuse classique afro-américaine à être nommée étoile. Janine Charrat a dansé en étant enceinte, jusqu’à sept mois de grossesse de son fil Paul. Mireille Nègre, première danseuse à l’Opéra de Paris, a quitté la compagnie à l’âge de 22 ans en raison de sa conversion à la foi catholique.
Lire aussi: Les Révélations de Laura Lempika
tags: #laura #hecquet #enceinte #date
