L'allaitement maternel est une aventure unique qui évolue constamment. À 5 mois, l'allaitement est bien établi, mais de nouvelles questions peuvent se poser concernant l'alimentation du bébé, le rythme des tétées et la reprise du travail. Cet article vous offre des informations et des conseils pour vous accompagner dans cette étape.
La montée de lait : un mécanisme physiologique
La montée de lait est un mécanisme physiologique qui se produit généralement entre trois et cinq jours après l’accouchement. Au moment de l’accouchement, ou dès la fin de la grossesse pour certaines femmes, les seins produisent un liquide particulier appelé le colostrum. Le colostrum est un liquide épais, jaunâtre, riche en vitamines et sels minéraux, en protéines, mais pauvre en lipides et en lactose. La production de colostrum dans les heures qui suivent l’accouchement est faible, entre 2 et 20 ml par tétée. Après une durée de 3 à 5 jours selon les femmes, le colostrum est remplacé par un lait de transition, de composition différente (plus de lipides, de calories et de lactose) et produit en quantités plus importantes (entre 300 et 400 ml en 24 heures). La montée de lait est considérée comme normale, lorsqu’elle survient jusqu’à 72 heures après la naissance de l’enfant. Au-delà de ces délais, la montée de lait est considérée comme retardée ou tardive.
Allaitement à la demande : un principe clé
Dès la naissance, le bébé et la mère mettent en place des interactions indispensables au développement de l’enfant. Le plus souvent, le bébé se mettra à téter, stimulé par l’odeur de sa mère, son contact, sa voix, sa chaleur, ses mouvements. La mère saura progressivement reconnaître les besoins et les demandes de son bébé. Stimulé et rassuré, il tétera souvent et efficacement. Grognements, bruits de succion, agitation, tous ces signaux pourront indiquer à la mère le besoin de téter de son nouveau-né. Il n’y a pas de restriction à la demande de téter, ni en terme de fréquence, ni en terme de durée de la mise au sein. Plus le bébé tète, plus la sécrétion lactée est importante. Le réconfort comme l’assouvissement de la faim sont de bonnes raisons pour le bébé de vouloir téter. Si la demande du bébé doit être respectée dans la plupart des cas, un intervalle de 5-6 heures entre deux tétées est un maximum qu’il est prudent de ne pas dépasser les premiers jours.
Le rythme des tétées à 5 mois
À 5 mois, le rythme des tétées est généralement bien établi, mais il peut varier d'un bébé à l'autre. Certains bébés tètent encore fréquemment, tandis que d'autres espacent davantage les tétées. Il est important de continuer à allaiter à la demande, en respectant les signaux de faim de votre bébé.
Signes de faim chez un bébé de 5 mois
- Il porte ses mains à la bouche.
- Il tourne la tête à la recherche du sein.
- Il ouvre et ferme la bouche.
- Il s'agite et devient irritable.
Diversification alimentaire et allaitement
L’Organisation Mondiale de la Santé recommande un allaitement exclusif de six mois. A partir du sixième mois environ, la diversification alimentaire peut progressivement débuter. Le lait maternel reste un élément important de l’alimentation, et ne doit pas être remplacé par du lait industriel préparé à partir de lait de vache. La diversification est recommandée par l’OMS autour du 6ème mois et son rôle principal est de compléter ce que le lait maternel ne comble plus en totalité c’est à dire le fer, le zinc et les vitamines hydrosolubles (donc fruits et légumes). Mais il est important de rappeler que ces apports restent en petites quantités et que ce qui va faire grossir l’enfant se trouve bien dans le lait. L’erreur est parfois d’apporter trop de solides au détriment du lait.
Lire aussi: Utilisation de la levure de bière pour la lactation
Exemples de repas avec allaitement pour un bébé de 5 mois
Voici un exemple de rythme alimentaire pour un bébé de 5 mois allaité et ayant commencé la diversification :
- Une vraie tétée dans la nuit soit 1h soit 3h.
- Tétée à 7h.
- A 12h : 120ml de purée de légumes + yaourt de son âge.
- A 17h : 60ml de compote + petite tétée.
Il est important de ne pas être rigide sur la régularité des quantités et des horaires, cela viendra progressivement. Essayez de le faire téter davantage le soir en augmentant le nombre de tétées, ce qui stimulera aussi votre lactation.
Aliments à introduire
Parmi les légumes, il est possible d’utiliser : carottes, haricots verts, épinards, courgettes (épépinées et sans peau), blanc de poireaux, potirons, betteraves rouges, brocolis, tomates. Les blettes et les endives peuvent être utilisées en quantité limitée, sous forme de légumes jeunes pour limiter l’apport de fibres. Les petits pois peuvent être utilisés seulement s’ils sont extra-fins et en faible quantité. La quantité de carottes sera limitée en cas de constipation.
Il est possible, d’ajouter 10 g de poisson, frais ou surgelé, non pané, 2 fois par semaine : 1 fois du poisson maigre, et 1 fois du poisson gras (saumon, maquereau, sardine, hareng).
Allaitement et reprise du travail
Vous vous dites peut-être que vous devrez arrêter d’allaiter à la reprise du travail ? Sachez qu’allaiter en travaillant est tout à fait possible, avec un peu d’organisation, d’anticipation et le soutien de vos proches, notamment du papa/co-parent. La loi indique d’ailleurs que les entreprises doivent mettre en place des mesures spécialement prévues à cet effet (accès à une salle pour tirer le lait, horaires aménagés, temps dédié pour tirer son lait…). La reprise du travail et le changement d’habitudes qui l’accompagne (passage des tétées au sein au biberon de lait maternel, nouveau rythme, séparation en journée…) s’accompagneront naturellement d’une période d’adaptation pour vous, comme pour votre bébé, quel que soit son âge. A la reprise du travail, il se peut que vous fassiez face à une baisse de lactation.
Lire aussi: Conseillère en Lactation : Belgique
Conseils pour maintenir l'allaitement lors de la reprise du travail
- Tirez votre lait régulièrement au travail pour maintenir votre production.
- Continuez à allaiter à la demande lorsque vous êtes avec votre bébé.
- Prévoyez des moments de peau à peau avec votre bébé pour stimuler la lactation.
La succion : besoin ou réflexe ?
La succion n’est pas un besoin mais un réflexe. Sur la tétine, le bébé ferme sa bouche, alors que sur le sein, il doit l’avoir grande ouverte, les lèvres retroussées. Les bouts de sein en silicone diminuent la stimulation car la bouche du bébé n’est pas en contact direct avec le sein et qu’il est moins bien vidé.
Allaitement et nuits
Il n’y a malheureusement aucune solution agréable autre que de lui refuser le sein la nuit. Il a tout à fait l’âge de ne plus être allaité la nuit. Surtout s’il sait prendre le biberon. C’est maintenant au papa de jouer : vous avez eu votre lot de nuits décousues c’est à son tour maintenant :-). Pour aider à ce « sevrage nocturne » vous devez aussi prendre de la distance avec le sein la journée. Ce n’est plus l’âge de l’allaitement « à la demande » mais l’âge de l’allaitement « à l’amiable ». C’est votre attitude qui lui apprendra à faire des nuits complètes. Il est important aussi que le soir on ne l’endorme pas au sein mais qu’on le mette au lit après la tétée sans qu’il soit complètement endormi.
Comprendre la lactation : un mécanisme complexe
La lactation est un mécanisme naturel qui ne nécessite pas de préparation en lui-même. Le corps est si bien fait qu’il se prépare tout au long de la grossesse, puis comprend les signaux qui lui indiquent que c’est le bon moment pour commencer à produire du lait.
Les hormones de la lactation
Deux hormones principales jouent leur rôle clé dans la lactation: la prolactine et l’ocytocine.
- La prolactine est responsable de la production du lait. Le grand nombre de tétées quotidiennes maintient la production de prolactine et donc la production de lait. Plus la stimulation est régulière, plus votre production sera abondante. Il y a deux pics de prolactine la nuit : le premier en début de nuit, le deuxième pic en fin de nuit. C'est pour cela que les tétées nocturnes sont considérées comme le carburant de l'allaitement maternel à long terme.
- L’ocytocine est l’hormone de l’expulsion du lait. Lorsque bébé tète ou que vous tirez votre lait, elle agit comme un déclencheur en contractant les petites cellules autour des glandes mammaires, poussant le lait vers les canaux lactifères jusqu’au mamelon. C’est ce qu’on appelle le réflexe d’éjection.
Régulation de la production lactée
Par la suite, la production de lait va dépendre :
Lire aussi: Lactation et tire-lait : conseils et astuces pour une stimulation efficace
- Des hormones (ocytocine et prolactine)
- De la stimulation régulière et efficace du bébé ou du tire-lait
Au fil du temps, la lactation passe progressivement d’un contrôle hormonal (endocrine) à un contrôle local (autocrine), assurant une production ajustée aux besoins du bébé.
Conseils pour un allaitement réussi
Quelques règles fondamentales assurent un allaitement réussi et sont le fruit de l’expérience des mères accumulée durant des millénaires.
- Favoriser le peau à peau dès le jour de la naissance et par la suite, dans la mesure du possible, aurait beaucoup de vertus, notamment induire la tétée précoce du bébé. Posé contre sa maman, le bébé va reconnaître son odeur, être réchauffé, rassuré et ramper jusqu’au sein pour téter. « Pour favoriser une bonne lactation, vous devez cohabiter avec votre bébé 24h/24h », explique la sage-femme. L’idéal est donc de le garder dans votre chambre toute la nuit, pour pouvoir répondre à ses besoins. « Car allaiter à la demande, c’est allaiter aux signes d’éveil et de recherche du bébé (mouvements de succion, petits bruit…) ».
- Avoir une alimentation équilibrée et variée et de penser à boire suffisamment d’eau, notamment pendant les tétées.
- Des tétées fréquentes jour et nuit, et efficaces sont le gage d’une bonne lactation.
- Ne pas hésiter à proposer les 2 seins à chaque repas. Cela favorise une lactation plus abondante puisque les deux seins sont stimulés.
tags: #lactation #femme #5 #mois #informations
