Introduction

La scolarisation des filles est un enjeu crucial pour le développement socio-économique des nations, en particulier en Afrique. Bien que des progrès significatifs aient été accomplis en matière d'accès à l'enseignement primaire, des disparités persistent, notamment dans l'enseignement secondaire. Parallèlement, la procréation médicalement assistée (PMA) soulève des questions éthiques et juridiques complexes, notamment en ce qui concerne les droits de l'enfant et la filiation. Cet article explore les liens entre la scolarisation des filles et la PMA, en mettant en évidence les défis et les opportunités qui se présentent.

L'accès à l'éducation des filles en Afrique : Progrès et défis

Progrès accomplis

Le droit à l'éducation est un droit humain fondamental. Il faut saluer les progrès réalisés dans l'accès des filles à l'enseignement primaire sur le continent africain. Depuis 2000, le taux de scolarisation global dans les régions en développement a atteint 91 % en 2015, et le nombre d'enfants non scolarisés au niveau mondial a chuté de presque moitié. Le taux de scolarisation des filles n'a jamais été aussi élevé.

Défis persistants

Le défi est maintenant l'enseignement secondaire. Les statistiques montrent que les filles sont 15 % moins nombreuses que les garçons à suivre les trois dernières classes du secondaire. 65 millions d'enfants en âge d'être scolarisés ne vont pas à l'école primaire dans le monde ; plus de la moitié vit en Afrique subsaharienne et dans des zones de conflits. Neuf des dix pays où l'accès des filles à l'éducation est le plus difficile sont en Afrique, et tous sont des États fragiles (ou faillis) en situation de crise ou de conflit. Au Soudan du Sud, premier pays du classement, seulement une fille sur quatre va à l'école primaire. Au Burkina Faso, en huitième position, seul 1 % des filles ont terminé leurs études secondaires.

Obstacles à la scolarisation des filles

Plusieurs facteurs entravent l'accès des filles à l'éducation :

  • Problèmes sociétaux : Des parents ne donnent pas la même valeur à l'éducation d'une fille ou d'un garçon. La fille est destinée à être mariée et ensuite on ne s'en occupera plus. Le garçon doit assurer la survie de la famille par son travail. Son éducation est un investissement pour l'avenir.

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  • Obstacles concrets : Les parents, en envoyant leurs filles à l'école, ont besoin d'être certains qu'elles seront en sécurité sur le chemin de l'école et à l'école. Les filles sont plus exposées à la violence sexuelle que les garçons. Il faut aussi prévoir des infrastructures pour les accueillir, comme, par exemple, des toilettes spécifiques. Pour qu'elles puissent plus facilement accéder à l'enseignement secondaire, généralement situé dans les villes, il est important de développer le transport scolaire, mais aussi des foyers où les filles seront pensionnaires.

  • Pauvreté : Le niveau élevé de pauvreté constitue un obstacle majeur à la scolarisation des filles. Les enfants des foyers les plus défavorisés sont quatre fois moins scolarisés que ceux des foyers les plus riches.

  • Conflits armés et urgences : Les conflits armés et autres urgences (sous-alimentation, manque d'accès aux soins, etc.) entravent également la scolarisation des filles.

Mesures financières nécessaires

La mention du genre doit être intégrée dans les politiques nationales d'éducation, avec les financements correspondants. Par exemple, au Niger, le président Issoufou a pris des engagements sur l'accès des filles à l'éducation, en leur garantissant un accès gratuit à l'enseignement. Il faut passer à l'action et cibler plus spécifiquement les jeunes filles du Sahel.

Genre et « invisibilité » statistique de certains enfants

Enfants des rues

Les enfants « en situation de rue » échappent le plus souvent aux opérations de collecte de données démographiques classiques, recensements et enquêtes, et ne sont de fait pas pris en compte dans le calcul des taux de scolarisation, au niveau des projections des populations scolarisables. Sachant qu’il s’agit d’un phénomène urbain et que la plupart de ces enfants ne sont pas scolarisés, les prendre en compte conduirait à revoir à la baisse ces taux dans les villes, selon une ampleur très variable selon les contextes.

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Les enfants sont en général appréhendés la nuit, afin de respecter le critère de l’item « vit et dort dans la rue » ; or, dans ce contexte nocturne, les garçons sont plus visibles que les filles. Celles-ci apparaissent plus « vulnérables » et dorment de fait plus souvent dans des halls d’immeuble que les garçons, ce qui les rend moins visibles ; quand elles se prostituent, ce qui est plus fréquemment le cas des filles que des garçons, elles peuvent dormir avec leur client et deviennent ainsi invisibles. La plus grande visibilité des garçons vivant dans la rue renvoie de toute évidence au genre dans plusieurs de ses dimensions : la masculinisation/féminisation des espaces sociaux (rue/foyer, i.e. « halls d’immeuble »), la construction sociale de la « vulnérabilité » féminine ou encore de la division sexuée du travail et des rapports au corps, à la sexualité et à son commerce.

La non-prise en compte des enfants des rues induit des biais différents selon le sexe et selon les contextes dans l’estimation des taux de scolarisation.

Enfants réfugiés ou déplacés

Une autre invisibilité statistique pouvant biaiser les calculs est celle des enfants réfugiés ou déplacés, les opérations censitaires et les enquêtes nationales n’intégrant quasiment jamais les populations des camps de réfugiés ou de déplacés. Filles et garçons n’apparaissent pas touchés de façon similaire par le phénomène selon le contexte, voire selon la tranche d’âges.

Faute de données relatives à la scolarisation de ces enfants, nous ne pouvons estimer les biais induits par leur invisibilité statistique sur le calcul du taux de scolarisation par tranche d’âges et par sexe. Toutefois, selon l’importance relative de ceux réfugiés par rapport à l’ensemble des enfants d’âge scolaire du pays dans lequel ils se trouvent, leur non-prise en compte peut avoir un impact, différencié qui plus est selon le sexe des enfants dans des contextes où filles et garçons ne sont pas touchés de la même manière par le phénomène de la migration forcée.

Écoles non reconnues

Si la collecte des données sur les écoles faite annuellement par les services ministériels, et partant le recensement des élèves, se sont assurément améliorés dans les pays africains, pour nombre d’entre eux la couverture demeure néanmoins souvent incomplète en ce qui concerne le secteur privé. Se pose également le problème d’écoles privées, surtout de type confessionnel, qui pour des raisons diverses ne sont pas reconnues par le ministère de l’Éducation et dont les élèves ne sont donc pas comptabilisés.

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Leur fréquentation s’avère généralement très différenciée selon le sexe. Au Burkina Faso, les statistiques scolaires confirment une sous-représentation féminine dans les écoles primaires musulmanes, avec 70 filles pour 100 garçons en 2013-2014, alors que la parité est presque atteinte dans tous les autres types d’école. N’ayant aucune information fiable sur le nombre de ces écoles non reconnues, il demeure impossible d’en évaluer l’impact réel sur la valeur du taux de scolarisation selon le sexe.

L’impact des problèmes de recueil et de déclaration des âges

Bien souvent, du moins en Afrique subsaharienne, la fiabilité des âges déclarés ou recueillis lors d’enquêtes ou de recensements pose problème, entre autres du fait du faible développement de l’état civil et de l’instruction, et/ou du peu d’intérêt des populations pour la connaissance exacte de l’âge biologique ou de la date de naissance ; ce qui peut conduire à des déclarations plutôt approximatives, avec le phénomène bien connu d’une attirance pour les âges ronds et semi-ronds - se terminant respectivement par 0 et 5 - ou les années de naissances se terminant par 0. Au-delà de cette imprécision, le recueil et la déclaration des âges peuvent également être significativement biaisés selon le sexe des individus et ceci pour des groupes d’âges spécifiques pour lesquels sont calculés les taux de scolarisation.

Fécondité précoce et scolarisation des filles

Importance de la question

La fécondité avant 15 ans, bien que représentant une faible part des naissances, n'est pas négligeable, car elle concerne de très jeunes filles qui ont encore l'âge d'aller à l'école, au collège ou au lycée. La connaissance de la scolarisation parmi ces jeunes adolescentes n'est connue que de façon encore parcellaire.

Variations géographiques

La fécondité avant 15 ans varie sensiblement entre pays. Les taux les plus élevés sont observés en Afrique subsaharienne (Niger, Tchad, Mozambique et au Sud Soudan), tout en étant plus élevés que dans les pays occidentaux. Les taux les plus faibles se trouvent en Asie (Corée du Sud, Maroc et la Chine). En Amérique latine, certains pays présentent des taux intermédiaires (en Équateur, au Honduras, ou au Salvador).

Tendances temporelles

La fécondité avant 15 ans a sensiblement diminué depuis les années 1970. Au Bangladesh ou l'Inde, les changements ont été particulièrement prononcés. Dans certains pays d'Afrique subsaharienne, la baisse a été moindre (de l'ordre de 30 % et 40 %).

Conséquences

Les grossesses précoces ont des conséquences néfastes sur la santé des jeunes filles, leur développement personnel et leur avenir socio-économique. Elles compromettent également leur scolarisation, les empêchant de poursuivre leurs études et de réaliser leur potentiel.

La PMA et la scolarisation des filles : Un lien indirect

Bien qu'il n'existe pas de lien direct entre la PMA et la scolarisation des filles, certaines considérations méritent d'être soulignées :

  • Accès à la PMA : La PMA est une technologie coûteuse qui n'est pas accessible à toutes les femmes, en particulier dans les pays en développement. Les inégalités d'accès à la PMA peuvent renforcer les disparités sociales et économiques, affectant indirectement les opportunités éducatives des filles.

  • Conséquences psychologiques : La PMA peut avoir des conséquences psychologiques sur les parents et les enfants conçus par cette méthode. Les filles nées grâce à la PMA peuvent être confrontées à des défis spécifiques en termes d'identité et de construction de soi, ce qui peut influencer leur parcours scolaire.

  • Droits de l'enfant : La PMA soulève des questions complexes en matière de droits de l'enfant, notamment en ce qui concerne la filiation, l'accès aux origines et le droit à connaître ses parents. Ces questions peuvent avoir un impact sur le bien-être et le développement des filles conçues par PMA, affectant indirectement leur scolarisation.

Coparentalité et éducation

Définition et enjeux

La coparentalité désigne le fait d’être deux parents qui exercent ensemble l’autorité parentale, quel que soit le schéma du couple. La notion de coparentalité, ou autorité parentale conjointe, est née de l’évolution des mœurs sociales. L’essor des couples séparés, divorcés, ou unis mais vivants à deux adresses différentes, a rendu nécessaire l’émergence de ce terme.

Coparentalité en milieu scolaire

Réunion de rentrée, bulletins scolaires ou encore rencontre parents-enseignants : la coparentalité en milieu scolaire exige que chaque parent dispose exactement du même niveau d’information. Les demandes des deux parents, en outre, doivent être traitées exactement de la même manière. Chacun doit pouvoir rencontrer un enseignant dans les mêmes conditions, notamment.

Dans le respect de la coparentalité, les deux parents titulaires de l’autorité parentale doivent être associés aux décisions qui concernent l’enfant. Il est essentiel pour les personnels d’éducation de comprendre et de respecter la coparentalité.

Devoirs des personnels d’éducation

Les deux parents doivent recevoir les mêmes informations concernant leur enfant, au même moment. Pour les actes « usuels » de l’autorité parentale, chaque parent est réputé agir avec l’accord de l’autre. Pour les actes non « usuels », il n’y a pas de présomption d’accord des deux parents. Ils doivent être tous deux consultés de manière formelle.

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