La Ritaline, dont le principe actif est le méthylphénidate, est un médicament psychostimulant utilisé dans le traitement du Trouble Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH). Sa prescription est encadrée par des conditions spécifiques, visant à garantir une utilisation appropriée et sécurisée, notamment chez l'enfant et l'adolescent. Cet article explore les conditions de prescription de la Ritaline, en particulier par un pédiatre, ainsi que les aspects importants liés à son utilisation.
Qu'est-ce que la Ritaline et Quand est-elle Prescrite ?
La Ritaline L.P. est indiquée dans le traitement du Trouble Déficit de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) dans le cadre d’une prise en charge globale chez l'enfant et l’adolescent de 6 ans et plus et chez l’adulte, lorsque des mesures correctives seules s'avèrent insuffisantes. Le méthylphénidate, principe actif de la Ritaline agit en inhibant la recapture de la dopamine : il permet une amélioration de l’activité dopaminergique sur les récepteurs du même nom, donc de la circulation de l’information dans le cerveau, et donc de l’attention et la vigilance. Le diagnostic doit être établi selon les critères du DSM ou les recommandations de l'ICD et doit se fonder sur l'anamnèse et sur une évaluation complète du patient. L'étiologie précise de ce syndrome est inconnue et il n'existe pas de test diagnostique unique. Habituellement, une prise en charge globale comporte des mesures psychologiques, éducatives et sociales, ainsi qu'un traitement médicamenteux qui vise à stabiliser les enfants présentant des troubles du comportement caractérisés par des symptômes pouvant inclure : des antécédents de troubles de l'attention (attention limitée), une incapacité à se concentrer, une labilité émotionnelle, une impulsivité, une hyperactivité modérée à sévère, des signes neurologiques mineurs et un EEG anormal.
Chez l’adulte, le diagnostic doit comprendre un entretien structuré avec le patient afin de bien définir les symptômes qu’il présente. La préexistence de TDAH dans l’enfance est nécessaire et doit être déterminée rétrospectivement à l’aide des dossiers des patients (dossiers médicaux, bulletins scolaires, par exemple) ou, à défaut, à l’aide d’outils/entretiens structurés et appropriés (par exemple échelle WURS, questionnaires à destination de l’entourage). Le diagnostic ne peut reposer uniquement sur la présence d’un ou de plusieurs symptômes. La décision de prescrire un psychostimulant chez l’adulte doit reposer sur une évaluation approfondie et d’un diagnostic bien établi avec un impact fonctionnel modéré ou sévère sur au moins deux composantes (professionnelle et/ou universitaire, sociale y compris familiale) affectant plusieurs aspects de la vie du patient.
Conditions de Prescription Initiale et Renouvellement
A compter du 13 septembre 2021, les conditions de prescription et de délivrance sont mises à jour pour les spécialités à base de méthylphénidate afin d’améliorer la prise en charge précoce du Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH). La prescription initiale annuelle et son renouvellement annuel sont réservés aux spécialistes : pédopsychiatre, neurologue, neuropédiatre, psychiatre, pédiatre. Les renouvellements mensuels peuvent ensuite être faits par tout médecin, avec possibilité d’adapter les posologies. Un médecin spécialiste en neurologie, psychiatrie ou pédiatrie, exerçant à l’hôpital ou en ville, pourra être à l’origine de la prescription initiale annuelle. Pour rappel, les spécialités contenant du méthylphénidate sont classées sur la liste des stupéfiants. Le méthylphénidate est indiqué dans le cadre d’une prise en charge globale du Trouble Déficitaire de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH) chez l’enfant de 6 ans et plus, lorsque des mesures correctives seules s’avèrent insuffisantes. Une prise en charge globale comporte également des mesures psychologiques, éducatives et sociales.Le traitement doit être initié et suivi par un spécialiste des troubles du comportement de l’enfant. Le diagnostic doit être établi selon les critères du DSM ou les recommandations de l’ICD et doit se fonder sur l’anamnèse et sur une évaluation complète du patient.
Rôle du Pédiatre
Un pédiatre peut donc initier la prescription de Ritaline, pour un enfant de 6 ans et plus, sous réserve qu'il soit spécialiste des troubles du comportement de l'enfant. Le traitement doit être initié et suivi par un spécialiste des troubles du comportement de l’enfant. Le diagnostic doit être établi selon les critères du DSM ou les recommandations de l’ICD et doit se fonder sur l’anamnèse et sur une évaluation complète du patient.
Lire aussi: Comprendre Ritaline et cycle
Prescription et Délivrance
Les règles de prescription du méthylphénidate sont strictes. La prescription (ordonnance sécurisée pour une durée maximale de 28 j) est délivrée dans la pharmacie de votre choix, mentionnée sur chaque ordonnance. L’ordonnance doit être présentée au pharmacien dans les trois jours, au-delà elle n’est exécutée que pour la durée de traitement restant à courir.
Protocole de Traitement et Suivi
Avant de prescrire le méthylphénidate, une évaluation initiale de l'état cardiovasculaire du patient, incluant la mesure de la pression artérielle et de la fréquence cardiaque, sera réalisée. La pression artérielle et le pouls doivent être enregistrés sur une courbe percentile à chaque adaptation posologique, puis au moins tous les 6 mois. L'augmentation de posologie sera réalisée avec prudence au début du traitement par méthylphénidate. La dose dépend de l’âge du patient et de la sévérité des symptômes, de l’évaluation clinique et de la réponse du patient au traitement, et elle doit être personnalisée en fonction des besoins du patient.
Adaptation Posologique et Administration
En général, lorsqu’une formulation à libération immédiate est utilisée, la dose initiale recommandée de méthylphénidate est de 5 mg une ou deux fois par jour (½ comprimé de 10 mg de ritaline, le matin et au déjeuner, par exemple). Il est possible d’utiliser des gélules de RITALINE L.P. 10 mg une fois par jour à la place du méthylphénidate à libération immédiate à 5 mg deux fois par jour dès le début du traitement, lorsque le médecin traitant estime qu’une dose quotidienne initiale de 10 mg est appropriée. Si le clinicien est d’avis qu’une dose initiale plus élevée est appropriée, le patient peut débuter le traitement avec des gélules de RITALINE L.P. Si l’effet du médicament s’estompe trop tôt, le soir, les troubles du comportement et/ou les problèmes d’endormissement peuvent ressurgir. La prise, dans la soirée, d’une faible dose de méthylphénidate en comprimé (5 mg) à libération immédiate (de courte durée d’action) peut aider à résoudre ce problème. Si une dose supplémentaire de méthylphénidate en comprimé de courte durée d’action est nécessaire en fin de journée, le traitement par RITALINE L.P. RITALINE L.P. doit être administrée par voie orale en une seule prise par jour, habituellement le matin. La posologie journalière maximale chez l’adulte ne doit pas dépasser 80 mg. La posologie de départ de RITALINE L.P. recommandée chez les patients qui ne sont pas déjà sous traitement par méthylphénidate est de 20 mg en une prise quotidienne. Le traitement par RITALINE L.P. peut également être débuté à la dose de 10 mg par jour si le médecin le juge nécessaire (chez les patients pesant moins de 70 kg, par exemple). La posologie de RITALINE L.P. peut être adaptée progressivement par paliers hebdomadaires de 20 mg maximum chez l’adulte.
Durée du Traitement et Évaluation Continue
L'efficacité et la sécurité d'emploi de l'utilisation à long terme du méthylphénidate n'ont pas été évaluées de façon systématique au cours des études cliniques contrôlées effectuées. Il est nécessaire et souhaitable que la durée du traitement par méthylphénidate soit limitée. Chez l’enfant et l’adolescent présentant un TDAH, le traitement est généralement interrompu pendant ou après la puberté. En cas d'administration de méthylphénidate pour une durée prolongée (plus de 12 mois) chez un patient atteint de TDAH, il conviendra de ré-évaluer régulièrement l'utilité du traitement sur une période prolongée pour le patient et ce en mettant en place des périodes sans traitement pour pouvoir évaluer l’état du patient en l'absence de celui-ci. Il est recommandé d'interrompre le traitement par méthylphénidate au moins une fois par an afin d'évaluer l'état du patient (de préférence pendant les vacances scolaires pour les enfants et les adolescents). En l'absence d'amélioration des symptômes après une adaptation posologique adéquate sur une période d'un mois, le traitement devra être arrêté.
Surveillance des Effets Secondaires
Les patients traités par méthylphénidate à long terme (c'est-à-dire plus de 12 mois) devront être surveillés attentivement conformément aux recommandations décrites dans les rubriques 4.2 et 4.4, relatives à l'état cardiovasculaire, la croissance, l'appétit, l'apparition de nouveaux troubles psychiatriques ou l'aggravation de troubles psychiatriques préexistants. Un bilan pré-thérapeutique cardiovasculaire est notamment recommandé chez les patients présentant des antécédents personnels ou familiaux d’ordre cardiovasculaire.
Lire aussi: Tout savoir sur la pilule du lendemain
Contre-indications et Précautions
Le traitement par méthylphénidate comporte des contre-indications et nécessite des précautions particulières. Il est contre-indiqué :
- En cas de traitement par les inhibiteurs de la mono-amine-oxydase (IMAO) ou pendant les 14 jours suivant leur arrêt, en raison du risque de survenue de poussées hypertensives.
- Chez les patients présentant des troubles cardiovasculaires sévères.
- En cas de troubles psychiatriques préexistants susceptibles d'être aggravés par un psychostimulant, notamment la schizophrénie et la psychose hallucinatoire.
- Chez les enfants allergiques au méthylphénidate ou à l'amidon de blé.
- En cas d'excès d'hormones thyroïdiennes dans le sang.
Il est crucial de surveiller attentivement les patients traités par méthylphénidate, en particulier en ce qui concerne :
- L'état cardiovasculaire (pression artérielle, fréquence cardiaque).
- La croissance (en particulier chez l'enfant).
- L'appétit.
- L'apparition ou l'aggravation de troubles psychiatriques (anxiété, agitation, tics, troubles de l'humeur).
Effets Indésirables Potentiels
Bien que le méthylphénidate soit généralement bien toléré, il peut entraîner des effets indésirables. Parmi les effets indésirables les plus fréquemment rapportés figurent :
- Diminution de l'appétit.
- Insomnie.
- Céphalées.
- Douleurs abdominales.
- Nervosité.
Dans de rares cas, des effets indésirables plus graves peuvent survenir, tels que :
- Troubles cardiovasculaires (hypertension, arythmie).
- Troubles psychiatriques (psychose, manie, idées suicidaires).
- Ralentissement de la croissance.
- Érections prolongées et douloureuses (priapisme).
Il est essentiel de signaler tout effet indésirable à un médecin.
Lire aussi: Allaiter après un mois
Alternatives au Traitement Médicamenteux
Le traitement pharmacologique par méthylphénidate est un traitement de deuxième intention pouvant être instauré chez l’enfant de 6 ans et plus ayant un diagnostic établi de TDAH selon les critères de l’AMM, lorsque les mesures correctives psychologiques, éducatives, sociales et familiales seules s’avèrent insuffisantes. Dans le cadre d'une prise en charge globale du TDAH, il est important de considérer les alternatives non médicamenteuses, telles que :
- La psychothérapie (thérapie cognitivo-comportementale, thérapie familiale).
- Le soutien scolaire et les adaptations pédagogiques.
- Les interventions psychosociales.
- L'amélioration de l'hygiène de vie (alimentation équilibrée, activité physique régulière, sommeil suffisant).
Ritaline : idées reçues
Il est important de démystifier certaines idées fausses concernant la Ritaline :
- C’est une amphétamine ? Non !
- Il est Interdit à la vente ? Non ! c’est un traitement prescrit par un médecin spécialiste
- C’est un dopant utilisé par les étudiants et les sportifs ? Non, car pas d’amélioration de la performance chez le sujet sain.
- Il crée une addiction ? Non !
tags: #la #ritaline #peut #elle #etre #prescrit
