La paternité, un rôle essentiel et irremplaçable, est au cœur des réflexions du Pape François. Il souligne l'importance de l'amour et du désir de faire ressortir le meilleur de l'autre pour être un bon parent. Cet article explore la vision du Pape François sur la paternité, en s'appuyant sur ses discours, ses catéchèses et ses interventions publiques.

La vocation naturelle de la famille et le rôle des parents

« La famille a une vocation naturelle à élever des enfants. (…) Pour être parent il faut de l’amour et le désir de faire ressortir de l’autre le meilleur de soi. La paternité et la maternité sont des rôles irremplaçables. La maternité sait comment apporter amour et protection à la fragilité humaine. La paternité ouvre à l’enfant des horizons inexplorés et pose les jalons de la vie morale qui lui permettront de réaliser courageusement son propre projet de vie ».

Dans son exhortation apostolique Amoris Laetitia, le Pape François aborde le thème de l'éducation des enfants, qu'il considère comme un appel, un défi et une joie. Il met en avant le rôle irremplaçable des parents, soulignant que la maternité apporte amour et protection à la fragilité humaine, tandis que la paternité ouvre des horizons inexplorés et pose les jalons de la vie morale.

Devenir père : une responsabilité et un engagement

Selon le Pape François, on ne naît pas père, on le devient. Et on ne le devient pas seulement parce qu'on met au monde un enfant, mais parce qu'on prend soin de lui de manière responsable. Toutes les fois que quelqu'un assume la responsabilité de la vie d'un autre, dans un certain sens, il exerce une paternité à son égard.

Être père signifie introduire l'enfant à l'expérience de la vie, à la réalité. Ne pas le retenir, ne pas l'emprisonner, ne pas le posséder, mais le rendre capable de choix, de liberté, de départs. L'amour qui veut posséder devient toujours à la fin dangereux, il emprisonne, étouffe, rend malheureux. Dieu lui-même a aimé l'homme d'un amour chaste, en le laissant libre même de se tromper et de se retourner contre lui. La logique de l'amour est toujours une logique de liberté, et Joseph a su aimer de manière extraordinairement libre. Il ne s'est jamais mis au centre. Il a su se décentrer, mettre au centre de sa vie Marie et Jésus.

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La paternité qui renonce à la tentation de vivre la vie des enfants ouvre toujours tout grand des espaces à l'inédit. Chaque enfant porte toujours avec soi un mystère, un inédit qui peut être révélé seulement avec l'aide d'un père qui respecte sa liberté. Un père qui est conscient de compléter son action éducative et de vivre pleinement la paternité seulement quand il s'est rendu "inutile", quand il voit que l'enfant est autonome et marche tout seul sur les sentiers de la vie, quand il se met dans la situation de Joseph qui a toujours su que cet Enfant n'était pas le sien mais avait été simplement confié à ses soins.

Au fond, c'est ce que laisse entendre Jésus quand il dit : « N'appelez personne votre Père sur la terre : car vous n'en avez qu'un, le Père céleste » (Mt 23, 9). Chaque fois que nous nous trouvons dans la condition d'exercer la paternité, nous devons toujours nous rappeler qu'il ne s'agit jamais d'un exercice de possession, mais d'un "signe" qui renvoie à une paternité plus haute.

Paternité responsable : un appel au dialogue et à la prudence

Le Pape François a défendu la position de l'Eglise sur la "paternité responsable". Les couples catholiques ne doivent pas avoir le plus d'enfants possible, a expliqué le souverain pontife, tout en s'élevant contre le "malthusianisme" qui réduit le taux de natalité.

Pour illustrer son propos, le pape François a rapporté les critiques qu’il a faites à une mère de famille. "J'ai fait des reproches à une femme, enceinte du huitième après sept césariennes: "Vous voulez laisser orphelin sept enfants!", lui ai-je dit". Même si "pour les pauvres, l'enfant est un trésor", "l'exemple de cette femme, c'est de l'irresponsabilité", a-t-il estimé. "Elle dit: "j'ai confiance en Dieu". Le pape maintient l’opposition à la contraception médicale.

Nulle révolution doctrinale derrière cette énergique diatribe. "L'ouverture à la vie est une condition du sacrement de mariage", a ainsi rappelé le pape lors de la conférence de presse. A Manille, le souverain pontife argentin avait fermement défendu le pape Paul VI et son opposition à la contraception médicale dans l'encyclique Humanae Vitae en 1968 . "Paul VI s'inquiétait du néo-malthusianisme universel" qui "cherchait un contrôle de l'humanité", a expliqué François dans l'avion. "Il était un prophète", a-t-il plaidé, relevant que le versement des retraites et le renouvellement des populations étaient menacés dans de nombreux pays développés.

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"La parole-clé que l'Eglise défend est: paternité responsable. Comment se réalise-t-elle? Par le dialogue. Il existe dans l’Eglise des groupes matrimoniaux, des experts, des pasteurs ».

La présence du père dès la grossesse

Le rôle du père ne commence pas le jour de la naissance d’un enfant, mais bien avant. Dès le début de la grossesse, le père doit se rendre présent pour son épouse et le bébé à naître. En 2015, le pape François avait donné quelques conseils pour aider les papas. Si la maternité est presque immédiate pour la maman, le père reste parfois dans une idée vague qu’un petit être va bouleverser sa vie dans neuf mois sans pour autant s’en rendre compte réellement… Et pourtant, ce bébé est là et lui est déjà papa ! Alors comment faire pendant la grossesse pour apprivoiser ce don de paternité ? Le pape François nous en parle dans ses catéchèses sur la paternité de début 2015.

  1. L’implication du père dès le début : Le pape insiste sur ce point : l’attente d’un enfant n’est pas le seul fait de la mère. Le père aussi a participé à la création de ce bébé et doit s’y impliquer : c’est son devoir. Il pourrait être tenté, devant ce bouleversement qui arrive, de se réfugier dans son travail et ses dossiers. Et c’est tout le contraire que le reste de la famille attend de lui. L’épouse demande souvent une présence accrue, parce qu’elle doit de son côté ralentir son rythme de vie, puisque son métabolisme est au service de deux vies : la sienne et celle de ce bébé. Quand on lui pose la question de la paternité pendant la grossesse, François, père de quatre enfants témoigne : « Pour moi c’est avant tout aider davantage mon épouse dans son quotidien, porter les charges lourdes, l’aider à se reposer, écouter ses angoisses et la rassurer. Et quand les douleurs sont présentes, la masser et la soulager comme je peux ».
  2. La participation aux séances de préparation à la naissance : Dans le suivi de la grossesse, la maman peut avoir des séances de préparation à la naissance. Célestine, sage-femme de 38 ans, invite « les pères à se joindre aux mères pour leur donner des clés pour soulager leurs femmes pendant l’accouchement. » Le papa peut alors avoir un vrai rôle pendant l’accouchement : s’asseoir en tailleur et prendre la maman entre ses jambes pour la bercer en posant sa main où il faut. La sage-femme rappelle d’ailleurs les bienfaits de l’haptonomie « qui permet aux parents de communiquer in utero avec le bébé, et notamment aux papas par le biais de pressions sur le ventre maternel ». Cette méthode développe le toucher in utero à partir du cinquième mois de grossesse. Si vous êtes à l’aise, parlez aussi à votre enfant. Les voix graves et masculines sont d’ailleurs celles qui sont le mieux transmises à travers le liquide amniotique. Ces sons connus sécuriseront ensuite l’enfant quand il sera né.
  3. Le partage des angoisses et des doutes : Dans l’exercice de la paternité, il y a forcément des angoisses et des doutes, car toute naissance est un bouleversement. « J’ai trouvé beaucoup de réconfort dans les discussions avec mes amis déjà pères, qui pouvaient me conseiller », raconte Gabriel, 22 ans, père d’un enfant. « Ça m’a permis de mieux appréhender l’avenir avec un bébé sans transmettre ces angoisses à mon épouse ».
  4. La patience et la prière : « Les pères doivent être patients. Tant de fois, il n’y a rien d’autre à faire que d’attendre. Prier et attendre avec patience, douceur, magnanimité et miséricorde. François a pris pour habitude, à la prière du soir, de bénir tous ses enfants et donc celui qui attend bien au chaud dans le ventre de son épouse : « Je bénis toujours ce bébé en faisant une croix sur le ventre de mon épouse enceinte. » Le papa peut aussi porter cette vie naissance dans sa prière personnelle, demander la grâce d’être un père aidant, saint et aimant.

Le père : un modèle de sagesse et de présence

Le Pape François a continué sa catéchèse autour de la figure du père, entamée la semaine dernière, lors de l’audience générale ce mercredi matin dans la salle Paul VI au Vatican. « Mon fils, si ton cœur est sage, le mien sera aussi comblé de joie. Pour le Pape, la plus belle transmission paternelle est la bonne « attitude pour écouter et agir, parler et juger avec sagesse et droiture ».

Pour parvenir à cette sagesse, un père doit avant tout être présent dans la famille pour François, il doit être « proche de sa femme, pour tout partager, les joies et les peines, la souffrance et l’espérance ». Proche de ses enfants également, « attentif à leur croissance et à ce qu’ils vivent, avec douceur et fermeté. Un bon père sait attendre et sait pardonner, a poursuivi François. Sans pour autant être faible ou sentimental, il doit savoir corriger sans humilier, protéger sans écraser. Les pères doivent être patients, a conseillé le Saint-Père. « Les enfants ont besoin, souvent sans le dire, de trouver un père qui les attende quand ils reviennent de leurs erreurs. Ne pas avoir un tel père ouvre en eux des blessures difficiles à cicatriser. Le père sait corriger sans décourager, protéger sans s’économiser ».

Pour le Pape, Dieu est un exemple pour un père : « c’est Dieu lui-même qui exerce la paternité.

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La paternité à l'image de Saint Joseph

Jorge Bergoglio / Pape François souligne que l’on ne naît pas père, on le devient. Et on ne le devient pas seulement parce qu’on met au monde un enfant, mais parce qu’on prend soin de lui de manière responsable. Être père signifie introduire l’enfant à l’expérience de la vie, à la réalité. Ne pas le retenir, ne pas l’emprisonner, ne pas le posséder, mais le rendre capable de choix, de liberté, de départs. L’amour qui veut posséder devient toujours à la fin dangereux, il emprisonne, étouffe, rend malheureux.

Le Pape François insiste sur l'importance de la figure de Saint Joseph comme modèle de paternité. Joseph, en tant que père putatif de Jésus, a su aimer avec une liberté extraordinaire, en se décentrant et en mettant Marie et Jésus au centre de sa vie. Il a respecté la liberté de Jésus et a su se rendre "inutile" lorsque l'enfant est devenu autonome.

Les pères défaillants et les enfants orphelins

Le Pape François a souligné les conséquences graves de l'absence ou de la démission des pères. Il a affirmé que notre société est une société sans pères, où la figure du père serait symboliquement absente, évanouie, éliminée. Il a évoqué le sentiment d'"orphelinage" que ressentent les enfants aujourd'hui, en raison du manque d'exemples et de repères autorisés dans leur vie quotidienne.

Le Pape François a fustigé les pères qui se laissent absorber par le travail et oublient de jouer et de passer du temps avec leurs enfants. Il a également critiqué les pères qui imposent à leurs enfants des choix de carrière ou qui ne leur transmettent pas les valeurs et les règles de vie dont ils ont besoin.

Qualités d'un père sage

Le Pape François a dressé un portrait du père idéal, en mettant en avant sept qualités essentielles :

  1. Sagesse : Qui permet au père d’être « fier et ému d’avoir transmis à son enfant ce qui compte vraiment dans la vie, c'est-à-dire un cœur sage ».
  2. Justesse : « Je serai ému chaque fois que je t’entendrai parler avec justesse. qui fait comprendre et agir, parler et juger avec sagesse et droiture".
  3. Présence : Père présent, toujours.
  4. Patience : Comme celle du Père du fils prodigue. « Que de dignité et de tendresse chez ce père, qui attend, sur le pas de sa porte, que son fils revienne, s’est exclamé le Pape ! pères doivent être patients. faire que d’attendre. magnanimité et miséricorde.
  5. Correction : Un bon père corrige mais n’humilie pas. qui cède, sentimental. Il sait corriger sans humilier.
  6. Protection : justice et dans la protection de Dieu.
  7. Amour libre : Marie quand il découvrit qu’elle était enceinte. putatif. père de la famille de Nazareth ».

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