L'histoire d'une femme accouchant de neuf bébés au Cameroun a suscité l'étonnement et la curiosité, mais il est essentiel d'examiner les récits de femmes, leurs espoirs et les réalités de la maternité en Afrique. Cet article explore des récits poignants, des traditions ancestrales et des défis contemporains liés à la grossesse et à l'accouchement en Afrique, en s'inspirant d'histoires vraies et de recherches approfondies.
L'espoir et la fertilité : Un héritage culturel
Dans de nombreuses cultures africaines, la fertilité est synonyme de bénédiction, d'espoir et de continuité. La poupée Ashanti, née des traditions spirituelles d’Afrique de l’Ouest, incarne la fertilité et l’espoir. Transmises de mère en fille, ces poupées représentent la foi, l’espoir et la résilience face aux épreuves liées à l’enfantement. Ces poupées qui existent sous différentes formes sont ornées de motifs sacrés, incarnent l’union entre l’art, la culture et la spiritualité. L'histoire d'Akua, qui prenait soin de sa poupée Ashanti comme d'un véritable enfant, illustre cette dévotion et cette foi en la fertilité. Malgré les rires et les jugements des femmes du village, Akua persista avec sa dévotion, convaincue que sa foi et son engagement porteraient leurs fruits. Quelques mois plus tard, Akua tomba enceinte et donna naissance à une fille en pleine santé. Depuis lors, les Akua’ba ou poupées Ashanti sont devenues des talismans précieux dans le royaume Akan et au-delà.
Parcours individuels : Entre espoir et épreuves
Chaque grossesse est une histoire unique, faite d'espoirs, de joies, mais aussi d'épreuves. L'histoire de Claire, une jeune femme de 20 ans victime d'une thrombophlébite cérébrale, témoigne de la fragilité de la vie et de la force de la résilience. Claire a 20 ans, un amoureux, des études et une vie qui commence à peine. Et puis, un jour, son corps la lâche. Des maux de tête intenses, des vomissements et… le noir total. Elle l’ignore encore, mais elle est en train de faire une thrombophlébite cérébrale - une forme rare d’AVC . Miraculée, elle se reconstruit lentement, réapprend à manger, marcher, vivre, redevenir elle-même. Des années plus tard, elle a donné naissance à une petite fille en pleine santé. " Je m’appelle Claire, j’ai 34 ans. Je viens de la région Auvergne Rhône-Alpes. Après avoir surmonté cette épreuve, Claire a donné naissance à une petite fille, réalisant ainsi son désir de maternité.
Le désir d'enfant malgré les risques
Après cet AVC, Claire n'avait qu'une peur : ne jamais pouvoir avoir d'enfant. Pourtant, aucun des médecins qui l’ont soignée ne l’a alertée des risques, mais elle a un présentiment. Elle demande donc un rendez-vous avec une gynécologue spécialisée dans les grossesses à risque à l'Hôpital Couple-Enfant du CHU de Grenoble. Cette hématologue préconise qu’une fois enceinte, elle soit sous anticoagulant toute sa grossesse (piqûre à faire une fois par jour) pour éviter tout risque de récidive. Soulagée de savoir qu’elle pourra avoir des enfants, même si ça veut dire vivre une grossesse à risque, Claire et son mari décident de fonder leur famille. La grossesse se passe bien, avec une surveillance médicale accrue et un traitement anticoagulant. Claire se prépare à l'accouchement en intégrant le lien à l’enfant, et c’est comme ça qu’elle découvre l’haptonomie. L’écoute et la bienveillance de sa sage-femme l’aident aussi à se projeter dans cette naissance et, progressivement, le projet de naissance sans péridurale devient central. Depuis sa thrombophlébite, elle fait aussi beaucoup d’exercices de respiration et de sport, ce qui l’aide à avoir une vraie connexion à son corps.
Un accouchement émouvant
Le jour de l'accouchement, après dix heures après sa dernière piqûre, Claire perd les eaux. À la maternité, son col est dilaté à 7. Elle gère les contractions grâce à différents outils qu’elle a mis en place. Finalement, elle finit par prendre la péridurale. Ma fille dans mes bras, je la vois ouvrir les yeux pour la première fois sur le monde sur la musique "Eyes of the Child" de Christine and the Queens. Aujourd'hui, Claire a très envie que sa famille s'agrandisse mais elle cours toujours le risque en cas d’exposition aux hormones. Elle a reconsulté un hématologue pour savoir quelle serait la conduite à suivre en cas de nouvelle grossesse et, a priori, ce serait le même processus que pour la première. J’ai longtemps cru que ma thrombophlébite cérébrale m’avait volé la possibilité d’être mère. Et puis un jour, j’ai tenu ma fille dans mes bras.
Lire aussi: Conseils nutritionnels pour femmes enceintes
La maternité en Afrique : Défis et réalités
Si la maternité est une source de joie et d'épanouissement, elle est aussi synonyme de défis, notamment en Afrique. La mortalité maternelle reste un problème majeur, en particulier dans les zones rurales. On sait que la mortalité maternelle est forte en Afrique, et particulièrement au Niger (autour de 10 %0) 1. Les projets "Maternité sans risques" ont du pain sur la planche, tant en milieu rural qu'en milieu urbain. Les conditions sont d'ailleurs très différentes dans ces deux environnements. L'accouchement en maternité est dominant à Niamey (mais non exclusif, puisque 26 % des femmes y accouchent encore à domicile 2) et l'évacuation relativement facile vers la maternité centrale en cas de complications. Au Niger, une enquête menée dans des villages a révélé des pratiques traditionnelles liées à l'accouchement, ainsi que des obstacles à l'accès aux soins de santé.
Accouchement traditionnel : Le cas de Nana au Niger
Nana habite à Mashe Jan Baushi. Elle n'a jamais été à l'école. C'est sa première grossesse. La grossesse s'est passée sans difficulté aucune. Nana a suivi régulièrement les consultations prénatales (CPN) au Centre de soins intégrés (CSI) de Dan Mairo, situé à environ 15 km de son village. Elle soutient qu'elle s'est rendue plus de quatre fois à Dan Mairo pour les CPN. Lorsque le travail a commencé, elle n'a rien dit à personne. C'était le soir, et elle a passé toute la nuit en travail. Son mari était absent, parti en exode, au moment des faits. Mais elle n'a prévenu ni sa mère, ni son beau‑père. Le travail était intermittent. Alertée, la grand‑mère de son mari lui a donné une décoction à boire. Quant au beau‑père de Nana, il lui a fait boire "le nom de Dieu" (sunan Alla en hausa, appelé aussi rubutu, c'est‑à‑dire l'eau avec laquelle on a lavé une tablette sur laquelle étaient tracés à l'encre des versets coraniques). Ces produits ne firent, manifestement, aucun effet. Le travail durait toujours, sans qu'il y ait progrès. Finalement, après 24 heures de travail et de douleurs, le beau‑père trancha et décida qu'il fallait évacuer Nana. L'évacuation a eu lieu en pleine nuit sur une charrette asine. L'accouchement a eu lieu au CSI de Dan Mairo vers 9 heures du matin. Il semble que tout s'est bien passé.
Croyances et pratiques traditionnelles
De l'avis général, le début du travail (en zarma hayzaNay, et en hausa nakuda) se manifeste toujours par des douleurs au bas‑ventre et souvent par des douleurs au dos. Pour prévenir un travail long, les parturientes, vers la fin de leur grossesse, peuvent boire des décoctions censées accélérer le travail. En cas d'accouchement difficile, les accoucheuses en milieu zarma utilisaient un zumandi tira (charme pour faciliter l'accouchement) qu'on nouait aux cheveux de la parturiente. Pour bon nombre de femmes, l'idéal est d'accoucher dans la discrétion, c'est‑à. dire sans l'assistance de la matrone ou de l'accoucheuse. L'accouchement à domicile se fait en position agenouillée. C'est en fait seulement après l'expulsion que commencent les tâches des accoucheuses ou des assistantes. Après la délivrance, la toilette de la parturiente se fait partout avec de l'eau très chaude, presque bouillante. Le placenta est extrêmement important. En un sens on s'occupe d'abord de lui, avant même de s'occuper du nouveau‑né. Le placenta est appelé en zarma cora (litt. ami) ou hangasin (litt. compagnon) et en hausa ma'haihwa (litt. la chose avec laquelle on accouche), saraunya (litt. reine) ou uwa (litt. mère).
Les Baka du Cameroun : Un peuple de la forêt face aux défis de la modernité
Les Baka, peuple pygmée d’Afrique centrale vivant au Cameroun, au Gabon et en République du Congo, sont confrontés à des défis majeurs liés à la sédentarisation, à la déforestation et à la discrimination. Ils croient en un dieu créateur nommé Komba qui est un être suprême ayant créée l’univers dans lequel vivent les hommes mais un dieu de la forêt existe, fort important aussi nommé Edjengui. Les baka croient en une vie après la mort, les « més » (esprits) peuplent la forêt dans un sanctuaire dans lequel ils peuvent se réincarner dans un animal ou un arbre. Ils essaient de se sédentariser (je serais tentée de dire par la force des choses) et se rapprochent des agriculteurs bantou. La cohabitation est difficile car les baka sont victimes de racisme et asservis et exploités. Ils aident les bantou à défricher les plantations de cacao, de bananes plantain et participent aux travaux des champs, ils chassent pour les bantou. Les communautés baka ont été contraintes de quitter leurs terres et abandonner le mode de vie nomade. Ils vivent la plupart dans des campements le long des routes et ils sont victimes de discrimination et d’atteintes aux droits humains de la part de la société dominante. Leur dépendance de la forêt devient de plus en plus difficile à mesure que la production de celle-ci diminue à cause de la pression démographique et de la récolte excessive. Les gardes forestiers de plus contrôlent l’accès aux forêts et empêchent les baka de chasser le gibier même à des fins de subsistance.
L'action humanitaire : Un espoir pour les femmes et les enfants
Face à ces défis, des organisations humanitaires comme ALIMA (The Alliance for International Medical Action) mettent en place des programmes pour réduire la mortalité maternelle et infantile. Promise, enceinte de 6 mois, se rend au centre de santé d’Awing depuis plusieurs années. « Ma grossesse était compliquée, mais grâce aux médecins et au soutien d’ALIMA, tout s’est bien passé. Violet, 34 ans, enceinte de 5 mois, s’est rendue au centre de santé d’Akum avec sa sœur et son fils de 2 ans, pour suivre sa consultation prénatale. Mirien, 29 ans, est couturière et enceinte de 8 mois. Les soins offerts ici sont essentiels pour des familles comme la mienne. Après quatre fausses couches, cette grossesse est une chance inespérée. L’acceptation d’ALIMA par les communautés est impressionnante. ALIMA n’exclut personne. Les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans sont prioritaires, mais je réponds aussi aux questions des hommes et des jeunes.
Lire aussi: Circonstances juridiques de l'affaire Palmade
Lire aussi: Grossesse : Anecdotes amusantes
tags: #la #femme #qui #a #accouche #9
