Les kystes ovariens sont des formations fréquentes chez les femmes, souvent liées au cycle menstruel. Bien que la majorité soient bénins, il est important de comprendre les différents types de kystes, leurs causes, leurs symptômes et les options de traitement disponibles. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète des kystes ovariens et de leur relation avec le cycle menstruel.

Introduction

La présence d'un kyste ovarien peut susciter des inquiétudes, mais il est essentiel de comprendre que la plupart de ces formations sont bénignes et souvent liées aux fluctuations hormonales du cycle menstruel. Un kyste est une cavité fermée, remplie d'une substance liquide. La formation de kystes sur l’ovaire n’est pas exceptionnelle. Cet article explorera les différents types de kystes ovariens, leurs causes, les symptômes associés et les options de prise en charge, en mettant l'accent sur leur lien avec le cycle menstruel.

Cycle menstruel et kystes fonctionnels

La durée des cycles menstruels peut varier de 25 à 35 jours : certaines femmes ont des cycles plus courts, d’autres plus longs, sans que cela soit le signe d’un problème de santé. En revanche, il arrive qu’un cycle dure particulièrement longtemps, accompagné de douleur des seins et de maux de ventre, avec un test de grossesse négatif. Parfois, ces symptômes sont dus à un kyste fonctionnel de l’ovaire. Les fluctuations hormonales (œstrogènes, progestérone) qui caractérisent le cycle menstruel favorisent l’apparition de kystes ovariens chez la femme en âge de procréer. Les kystes dits fonctionnels sont les plus courants (90 % des cas de kystes avant la ménopause). Ils évoluent à partir d’un ovule immature ou du tissu qui reste dans l’ovaire après l’ovulation. Étant donné leur lien étroit avec le cycle menstruel, ces kystes ovariens surviennent généralement avant la ménopause.

Types de kystes fonctionnels

Les kystes fonctionnels englobent les kystes ovariens folliculaires et les kystes ovariens lutéaux. Le kyste folliculaire se forme lorsqu’un follicule, qui devrait normalement libérer un ovule, ne se développe pas correctement. Quant au kyste ovarien lutéal, il apparaît lorsque le corps jaune, une structure temporaire qui se forme après l’ovulation, grossit anormalement. L’évolution de ces kystes fonctionnels est étroitement liée aux cycles menstruels. Ils disparaissent généralement de façon spontanée. L'ovaire se met à grossir et à faire mal. La règle est donc simple face à cette affection sans gravité : ne pas intervenir. On essaie d'attendre qu'il diminue. La plupart du temps, trois cycles menstruels suffisent à voir ce type de kyste disparaître. Une surveillance régulière est toutefois nécessaire, à l'aide d'échographies. Ces images permettent de constater si l'induration évolue.

Facteurs de risque et causes des kystes ovariens

Les causes exactes des kystes ovariens ne sont pas toujours connues. Cependant, les fluctuations hormonales liées au cycle menstruel sont un facteur important dans le développement des kystes fonctionnels chez la femme en âge de procréer. La grossesse et ses bouleversements hormonaux favorisent aussi l’apparition de kystes fonctionnels de type kystes lutéaux, entre la 14e et la 16e semaine. Ces kystes lutéaux se résorbent d’eux-mêmes. Il arrive que les traitements destinés à stimuler l’ovulation provoquent la formation de kystes fonctionnels. Certains traitements médicaux augmentent également le risque de complications ovariennes, notamment la formation de kystes. D’autres facteurs, tels que l’âge, les antécédents familiaux, des pathologies comme une endométriose, une infection pelvienne sévère ou un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) peuvent également jouer un rôle. Lorsque la patiente présente un problème de surpoids ou d'obésité, la première recommandation du médecin sera la perte de poids. En effet, les surcharges pondérales influent directement sur la qualité de l'ovulation. Perdre quelques kilos permet également de diminuer la sécrétion d'androgènes et, bien souvent, de restaurer un cycle menstruel plus régulier.

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Kystes ovariens organiques

Certains kystes ovariens dits organiques sont permanents et ne disparaissent pas avec une contraception orale. Les kystes organiques recouvrent les kystes séreux, mucoïdes, endométriosiques et dermoïdes. Ils se forment à partir de tissus ovariens eux-mêmes, et ne sont pas directement liés aux fluctuations hormonales. Ils ne régressent pas spontanément, contrairement aux kystes ovariens fonctionnels. Ils doivent faire l’objet d’une surveillance médicale et éventuellement d’une prise en charge ciblée pour éviter tout risque de complication. Les kystes organiques : ils sont beaucoup plus rares. Ils se caractérisent par un diamètre important (plus de 6 cm). Leur dépistage précoce permet de garantir un taux de guérison plus important s'il s'agit d'une tumeur maligne.

Types de kystes organiques

  • Kystes séreux : (Information non disponible dans le texte fourni)
  • Kystes mucoïdes ou mucineux : Composés de plusieurs cavités séparées par des sortes de cloisons. Ils renferment un liquide plus épais, voire pâteux.
  • Kystes dermoïdes : Dont la structure est comparable à celle de notre peau. Ils sont constitués de divers tissus (fragments de peau, cheveux, dents, issus du développement embryonnaire) ou de liquides (mucus, plasma, etc.).
  • Kystes endométriosiques : Liés à la pathologie connue sous le nom d’endométriose. Ces kystes ont une paroi épaisse et parcourue de vaisseaux sanguins.

Diagnostic des kystes ovariens

Un kyste de l’ovaire peut être diagnostiqué en présence de douleurs abdominales, d’une infertilité ou de troubles des cycles menstruels. Il peut également être découvert de manière fortuite lors d’un examen systématique ou lors d’une échographie pratiquée pour une autre raison. Il arrive également que la présence d’un kyste ovarien soit asymptomatique et découverte au cours d’un examen clinique ou d’une échographie abdomino-pelvienne. C’est ce qui permet de découvrir un kyste ovarien pendant la grossesse, par exemple. La présence de kystes au niveau des ovaires est facilement diagnostiquée par une échographie réalisée par voie abdominale ou par voie endovaginale.

Examens complémentaires

En cas de symptômes, prenez rendez-vous avec votre gynécologue ou votre médecin traitant.

  • Échographie abdomino-pelvienne : Réalisée par voie abdominale ou endovaginale. Cet examen permet de visualiser le kyste et de mieux connaître ses caractéristiques, mais aussi d’analyser la circulation du sang au sein du kyste, ou encore de vérifier la normalité de l’utérus et des ovaires.
  • Bilan sanguin : Peut être prescrit si le kyste présente des risques d’être cancéreux, en particulier après la ménopause ou si un kyste organique est diagnostiqué entre 10 et 16 ans.

Complications possibles des kystes ovariens

Bien que la plupart des kystes ovariens soient bénins, certaines complications peuvent survenir :

  • Torsion de l’ovaire : C’est là une situation d’urgence, car elle empêche la vascularisation de cet organe. La torsion se traduit par une douleur brutale et qui persiste malgré la prise d’antalgiques.
  • Rupture du kyste ovarien : Le principal symptôme de cette complication est une douleur dans la région pelvienne, là encore intense et brutale, puis qui diminue.
  • Hémorragie intra-kystique : Cette complication concerne surtout les kystes fonctionnels. Le saignement a lieu à l’intérieur du kyste, provoquant une douleur intense dans la région pelvienne.

Traitements des kystes ovariens

Le traitement d’un kyste ovarien dépend de plusieurs facteurs, comme le type de kyste (fonctionnel ou organique), la taille du kyste, les symptômes et l’âge de la patiente.

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Approche médicamenteuse

Un kyste fonctionnel bénin ne nécessite généralement pas de traitement médicamenteux. Toutefois, pour prévenir l’apparition de nouveaux kystes, le médecin peut prescrire un traitement hormonal en continu de type pilule, pour inhiber l’ovulation. Ce traitement hormonal est également applicable en cas de kyste ovarien endométriosique. Pour favoriser une ovulation trop paresseuse, les gynécologues prescrivent des inducteurs d'ovulation dont le plus connu est le citrate de clomifène. Mais trouver le bon dosage s'avère parfois compliqué.

Intervention chirurgicale

L’ablation chirurgicale d’un kyste ovarien peut être nécessaire dans différents cas :

  • Le kyste dit fonctionnel ne disparaît pas à l’issue de 3 cycles menstruels, grossit (plus de 5 cm) ou change d’aspect.
  • Le kyste ovarien donne lieu à des complications : torsion de l’ovaire, hémorragie intra-kystique, rupture du kyste. Une intervention en urgence est alors nécessaire.
  • Le kyste est lourdement symptomatique : il entraîne la compression de la vessie ou du rectum, voire d’autres organes de la zone pelvienne. Il provoque des douleurs, des hémorragies, des troubles digestifs et mictionnels (constipation, ballonnements, pollakiurie, urgenturie).
  • Le kyste a un aspect suspect : si le kyste semble malin à l’échographie endovaginale, une biopsie ou une ablation complète peuvent être réalisées pour exclure la présence d’une tumeur.

L’intervention se déroule la plupart du temps par coelioscopie. Si vous n’êtes pas encore ménopausée, seul le kyste est retiré : c’est une kystectomie ovarienne. Le liquide du kyste est extrait à l’aide d’une fine aiguille. L’intervention est réalisée par voie endo-vaginale et guidée par échographie. L’intervention est réalisée sous anesthésie générale par cœlioscopie pour être la moins invasive possible. Cependant, une laparotomie peut se révéler nécessaire si la biopsie révèle au cours de l’intervention une nature cancéreuse du kyste. Le type d’intervention va dépendre du fait que la patiente soit en âge de procréer ou non. Si la patiente n’est pas ménopausée, dans la mesure du possible, le kyste seul est retiré au cours de l’intervention (kystectomie ovarienne). Il s’agit de ne pas nuire à la fertilité de la personne.

Chez les femmes en âge de procréer, les médecins privilégient une chirurgie conservatrice - c'est-à-dire qu'ils retirent le kyste en conservant le tissu de l'ovaire. Une stratégie qui permet de préserver la fertilité de la patiente.

Prise en charge spécifique des kystes endométriosiques (endométriomes)

Il s’agit alors d’une tumeur bénigne se développant au niveau de l’ovaire, mais dont les conséquences sur la vie quotidienne et la fertilité sont nombreuses. Comme pour toutes les formes d’endométriose, l’endométriome ovarien est lié à la migration de cellules de muqueuse utérine vers d’autres organes. Un seul ovaire ou les deux peuvent être concernés, et le kyste provoqué par l’endométriose peut mesurer de quelques millimètres à une dizaine de centimètres.

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Les dysménorrhées (ou règles douloureuses) s’expliquent par le fonctionnement même du kyste. En période de menstruation, il sécrète du sang qui ne peut pas être évacué et finit par se dégrader au sein du kyste endométriosique. L’endométriome ovarien provoque d’une part une inflammation de l’ovaire (et souvent des trompes) qui complique la fécondation. Il peut aussi dégrader la qualité des ovocytes contenus dans les ovaires.

  • Traitement médical : Si le kyste est petit et peu douloureux, l’attente avec surveillance par échographie est généralement préconisée pour voir si le kyste disparaît de lui-même. Un traitement médicamenteux par agonistes de la GnRH peut aider à réduire le kyste. Les « agonistes de la GnRH » mettent le corps en ménopause temporaire, les ovaires cessent de produire des œstrogènes, ce qui peut aider à soulager les symptômes. Les agonistes de la GnRH peuvent provoquer certains des mêmes effets secondaires que la ménopause, comme des bouffées de chaleur, une perte de densité osseuse et une diminution de la libido.
  • Traitement chirurgical :
    • La kystectomie, qui comporte l’ablation de la paroi du kyste, c’est à dire de la couche fibreuse. La kystectomie par voie coelioscopique (c’est-à-dire de toutes petites incisions) est la technique recommandée pour la prise en charge chirurgicale des endométriomes.
    • L’ablation ou la vaporisation, qui comporte la destruction in situ de la couche de tissu endométrial, sans essayer de détacher la couche de tissu fibreux.
    • La sclérotherapie à l’éthanol ou l’alcoolisation est une autre variante d’ablation. C’est une technique moins invasive que la chirurgie qui consiste à insérer une aiguille dans le kyste, à retirer le liquide du kyste et à y instiller une solution d'éthanol laissée en place 10 à 15 minutes afin de détruire la couche endométriale interne du kyste, sans affecter le tissu ovarien sous-jacent.
    • La ponction-aspiration ou le drainage simple des endométriomes peut être réalisée chez les femmes avec une réserve ovarienne déjà altérée, lorsque le chirurgien souhaite diminuer au minimum l’impact des gestes chirurgicaux sur les ovaires. Cette technique est généralement réalisée avant une prise en charge post-opératoire en fécondation in vitro afin de faciliter la réalisation de la ponction ovocytaire.

La taille du kyste : en cas d’endométriomes volumineux (>7 cm), la kystectomie peut être très délétère, tandis que la vaporisation est techniquement très difficile. Dans la majorité des cas, un bilan de réserve ovarienne est réalisé avant la chirurgie, afin de ne pas méconnaitre une insuffisance ovarienne.

Pour prévenir le risque de récidive des endométriomes opérés, en l’absence de contre-indication et de désir de grossesse, il est recommandé de prescrire une contraception oestro-progestative en post-opératoire. Lors de la prescription d’une contraception oestro-progestative en post-opératoire, il est recommandé de privilégier une administration continue en cas de douleurs menstruelles.

Impact sur la fertilité

L'avantage de l'excision de l'endométriome pour la gestion de la douleur est clair. En revanche, l'excision chirurgicale de l'endométriome dans le seul but d'améliorer la fertilité n'est pas soutenue par les résultats en matière de reproduction des recherches actuellement disponibles. En effet, les médecins soulignent que la fonction ovarienne peut être largement compromise par la chirurgie avec de possibles effets négatifs sur la fertilité post-opératoire, rendant ensuite impossible une grossesse spontanée. Les femmes souhaitant un enfant doivent alors recourir à la FIV (fécondation in-vitro).

SOPK et cycle menstruel

Si la formation d'un ou de plusieurs kystes sur les ovaires reste généralement une manifestation bénigne pour l'organisme, elle entraîne néanmoins une série de symptômes qui ont un impact plus ou moins important sur le cycle menstruel de la femme et donc sur sa fertilité. En effet, le syndrome des ovaires polykystiques provoque souvent un phénomène d'anovulation, c'est-à-dire une absence d'ovulation. Conséquence : les menstruations ne surviennent pas ou très rarement. On parle alors d'aménorrhée. Il se peut également qu'une femme atteinte de ce trouble sécrète anormalement trop d'hormones mâles (androgènes) ou d'insuline. Dès lors que vos cycles menstruels sont perturbés, prenez rendez-vous chez votre médecin gynécologue afin qu'il puisse en définir l'origine.

Prévention des kystes ovariens

D'origine hormonale, les kystes fonctionnels peuvent être prévenus. La contraception orale peut éviter leur formation. Au-delà de cet effet préventif, la pilule est parfois prescrite à de fortes doses pour bloquer l'ovulation. C'est l'un des traitements des kystes quand elle met réellement l'ovaire au repos. Mais cette stratégie est de moins en moins utilisée, car n'a pas fait la preuve de son efficacité.

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