L'expression "Jusque-là tout allait bien en Amérique" est tirée d'un recueil de chroniques de Jean-Paul Dubois, écrivain français qui a passé de nombreuses années aux États-Unis. Elle suggère une forme d'ironie face à la dégradation de certaines valeurs et à l'émergence d'un certain type d'Amérique, plus brutale et moins idéalisée. Cet article explorera les différentes facettes de cette observation, en s'appuyant sur les réflexions de Dubois et d'autres analyses.
Un long glissement vers la vulgarité et la violence
Selon Dubois, un long glissement s'est opéré aux États-Unis, caractérisé par une absence de "surmoi", une violence et une vulgarité d'esprit et d'attitude. Il a été témoin de pratiques choquantes, comme celles de personnes rachetant les assurances-vie de malades du sida. Il décrit cela comme une "marche en avant de sauvages, une nouvelle civilisation de brutes". Bien sûr, tous les Américains ne sont pas ainsi, mais ce constat l'a poussé à quitter le pays en 2004, avec la ferme intention de ne jamais y revenir.
Dubois s'étonne moins des propos tenus par certaines figures politiques que du fait que les peuples élisent démocratiquement des "fous ou des tyrans". Il prend l'exemple de Trump, qu'il qualifie de "dément, malhonnête et dangereux", tout en soulignant qu'il a été choisi librement par le peuple américain. Il imagine mal un candidat en France ou en Allemagne se permettre les mêmes attaques personnelles et les mêmes outrances que Trump.
Ce glissement est favorisé, selon Dubois, par la fragilité de la démocratie américaine, un pouvoir fédéral qui permet une grande autonomie et indépendance aux États, des disparités économiques importantes et une absence de solidarité structurelle. Il y voit un monde fondamentalement et économiquement égoïste, où des blocs hétéroclites se regroupent autour de personnalités extrêmes comme Trump.
Le renversement des paradigmes et la perte de loyauté
Un autre aspect de ce malaise est le renversement des paradigmes en matière de comportement et de respect des règles. Autrefois, on considérait que plus on montait dans la hiérarchie, mieux on devait se tenir. Désormais, c'est l'inverse : plus on est haut placé, plus on se permet tout ce dont on a envie. Cette perte de loyauté et de respect des conventions contribue à un climat de vulgarité et de déresponsabilisation.
Lire aussi: Tout savoir sur la Reconnaissance de Paternité
Dubois s'interroge sur l'opportunité d'opposer à un tel personnage un homme comme Biden, qu'il juge trop âgé et manquant de force. Il craint que le reste du monde ne tire de mauvaises leçons de cette situation. Cependant, il se dit détaché de tout cela, estimant que les Américains récoltent ce qu'ils ont semé en élisant leur "bourreau" et qu'ils devront en payer les conséquences. Il remet également en question le système électoral américain, qu'il juge "une folie".
Une chronique d'un malaise général
L'œuvre de Jean-Paul Dubois, et notamment son roman "Une Vie Française", est souvent perçue comme la chronique d'un malaise général et d'une incommunicabilité absolue. Ses personnages sont souvent des êtres désabusés, indifférents, qui traversent la vie en spectateurs, confrontés à des drames et à un monde en constante évolution.
Dans "Une Vie Française", le personnage principal, Paul Blick, est un anar sans attaches, journaliste sportif puis photographe malgré lui, qui refuse d'immortaliser Mitterrand et finit par devenir jardinier désabusé. Sa vie est marquée par des drames, mais il traverse les crises et les bouleversements avec une certaine forme de détachement et de mélancolie.
Les romans de Dubois mettent souvent en scène des femmes obsédées, des dentistes maniaques, des hommes livrés à eux-mêmes et des enfants sans avenir. Ils dépeignent un monde où la communication est difficile, où les relations sont souvent superficielles et où chacun est confronté à sa propre solitude.
Le rêve américain en question
Dubois, à travers ses reportages et ses romans, examine de près le rêve américain et ses contradictions. Il a réuni ses chroniques américaines dans deux recueils : "L'Amérique m'inquiète" et "Jusque-là tout allait bien en Amérique". Ces ouvrages témoignent de son regard aiguisé sur la société américaine, ses paradoxes et ses dérives.
Lire aussi: Maternelle : âge maximum
Le rêve américain, fondé sur l'idée que chacun peut réussir grâce à son travail et à sa détermination, est mis à l'épreuve par les inégalités croissantes, la violence et la perte de certaines valeurs. Dubois observe une Amérique où l'individualisme et l'égoïsme semblent primer sur la solidarité et le respect des règles.
Certains films, comme "There Will Be Blood" de Paul Thomas Anderson, explorent également les aspects sombres du rêve américain, en montrant comment la quête du profit et de la réussite peut conduire à la corruption et à la destruction. Ces œuvres remettent en question l'idéal américain et mettent en lumière ses contradictions.
Hommes entre eux : un reflet de l'animalité humaine
Dans son roman "Hommes entre eux", Jean-Paul Dubois explore une facette plus sombre de la nature humaine. L'histoire suit Paul Hasselbank, un homme gravement malade qui part à la recherche de son ex-femme au Canada. Il croise la route de personnages atypiques, confrontés à la violence et à l'animalité.
Le roman explore la difficulté du couple homme-femme à trouver un équilibre durable et satisfaisant. Il met en scène des hommes livrés à leurs instincts, confrontés à la maladie et à la solitude. Les paysages glacials du Canada semblent déteindre sur les personnages, les éloignant de l'humanité.
"Hommes entre eux" est un roman déroutant, qui interroge la part de sauvagerie qui sommeille en chacun de nous. Il pose la question de savoir ce qui distingue l'homme de l'animal sauvage et explore les limites de la condition humaine.
Lire aussi: Poussettes tout terrain avec suspension : le guide
tags: #jusque #la #tout #allait #bien #en
