Introduction
Juliette Plumecocq-Mech est une actrice française dont le talent et la discrétion ont marqué le paysage culturel. Son parcours, riche en rôles intenses et atypiques, s'est construit au théâtre, au cinéma et à la télévision. Actrice caméléon, intriguante et consciencieuse, Juliette Plumecocq-Mech foule les planches de théâtre et vogue sur les ondes de télévision depuis plus de 30 ans. Avec sa physicalité singulière et une palette de jeu immensément vaste, Juliette Plumecocq-Mech nous charme et nous enivre à travers ces rôles où transpire un amour sincère pour la comédie ainsi que la passion pour un métier aussi douloureux qu’agréable.
Naissance et Origines
Née le 1er janvier 1968 à Soissons, dans le département de l’Aisne, en région Hauts-de-France, Juliette Plumecocq-Mech a passé son enfance à Bordeaux. Elle a grandi dans une famille intellectuelle où ses parents étaient ingénieurs. Dès l’enfance, Juliette se distingue par son goût pour l’imitation, la lecture et la dramaturgie.
Débuts et Formation
C’est à l’âge de 18 ans qu’elle accompagne une amie au concours du conservatoire régional de Bordeaux. Curieuse, elle demande elle-même à présenter un monologue de Shakespeare, puis un passage de Phèdre de Racine. Un pari gagnant, puisque la jeune femme intègre l’institution à son tour. Juliette entame alors une formation théâtrale sérieuse, nourrie de textes classiques et d’un travail d’interprétation en profondeur.
Carrière Théâtrale
Après avoir décroché son diplôme, l’aspirante comédienne est rapidement engagée par des metteurs en scène de théâtre, mais rêve à une carrière plus grande. Au Théâtre du Soleil, elle participe à des créations collectives, où elle forge une solide expérience scénique. En 1995, elle rejoint Christophe Rauck, qui fonde la Compagnie Terrain Vague. Juliette Plumecocq-Mech devient rapidement une actrice centrale du théâtre contemporain. Forte de son talent, elle reçoit en 1993 le Prix de la Critique de la meilleure actrice pour la pièce Quartett de Müller. Durant près de vingt ans, la comédienne foule les planches de théâtre, passant aisément de Brecht à Shakespeare. Grâce à un physique androgyne, la comédienne put interpréter aussi bien des femmes que des hommes. Habituée des planches, elle compte à son actif au moins une vingtaine de pièces.
Au théâtre, vous avez joué trois pièces de William Shakespeare. Ce sont de grands mouvements d’émotions. Il faut être très présent, avoir un objectif, réussir à dégager les pensées. C’est technique. Je ne viens pas du monde du théâtre, donc je suis assez laborieuse. Il a fallu que je me forge une culture rapidement. Sur Shakespeare, il y a un labeur, un texte éprouvé, des sensations. L’émotion arrive à partir du moment où le travail sur le texte est abouti. On ne peut pas proposer l’émotion, faire un choix d’émotions, trafiquer avec, sinon le texte résiste. C’est le talent de Shakespeare, il nous demande d’être concret, d’avoir une vision sur le texte. J’ai travaillé sur le sens de chaque mot. J’ai toujours un dictionnaire avec moi, à portée de main, pour les vérifier, même sur des mots simples, afin d’être sûre du sens, de la fonction de ce mot dans telle ou telle phrase. Quand on travaille sur des textes en vers, on cherche. Par exemple, on essaie de décaler une respiration pour voir si la musicalité arrive. Cette musicalité, il faut aller la chercher.
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Vous avez joué Juliette. Est-ce qu’on ressent une sorte de poids ou de grande responsabilité lorsqu’on incarne un personnage « historique » aussi fort ?Oui ! Surtout, je me suis aperçue d’une chose. Au départ, avec Ricardo Lopez Munoz, le metteur en scène, nous avions réalisé une version adulte de la pièce, où je jouais Paris et la nourrice, qui est dans toutes les confidences et a toute la pensée de cette pièce par rapport à leur relation amoureuse et aux drames des deux familles. Mais nous nous sommes rendus compte que le jeune public ne venait pas au théâtre. Alors, Ricardo a décidé de monter une nouvelle version avec seulement Roméo et Juliette sur scène racontant tous les personnages. C’est là que j’ai interprété Juliette. En interprétant Juliette, j’ai réellement vécu ses traumas. Je n’étais plus extérieure. La nourrice, elle, avait la sensation d’être dans une tragédie grecque. En réalité, ce n’est pas le cas. C’est une simple histoire d’amour entre deux adolescents, c’est très contemporain, très moderne finalement.
Carrière au Cinéma et à la Télévision
Si le cinéma ne lui tend pas immédiatement les bras, elle est toutefois repérée par la célèbre Ariane Mnouchkine, qui l’intègre à la troupe du Théâtre du Soleil. Le cœur léger et le bagage mince, Juliette Plumecoq-Mech veut conquérir Paris. Si elle joue dans quelques courts-métrages, sa carrière prend un tournant en 2011 quand elle interprète son premier petit rôle au cinéma dans Mon Arbre de Bérénice André. Dès 2011, Juliette Plumecocq-Mech, comédienne au style androgyne, se lance dans le cinéma et participe à une douzaine de longs-métrages, parmi lesquels Je ne suis pas un homme facile d’Éléonore Pourriat et Antoinette dans les Cévennes de Caroline Vignal. Les années suivantes, elle enchaîne les apparitions dans des films importants (Radiostars, Médecin de Nuit, Antoinette dans les Cévennes), jouant souvent sur son androgynie. En 2023, elle interprète une enquêtrice dans Coup de chance, un film réalisé par l’illustre Woody Allen. Mais c’est surtout sur le petit écran que Juliette Plumecocq-Mech fait sa place, à partir de 2014 dans la saison 4 de Hero Corp. Incarnant souvent les commissaires ou les juges, elle se fait notamment remarquée dans Le Tueur du Lac (2017) et son dérivé Peur sur le lac (2020) ainsi que dans Engrenages ou Balthazar. En 2022, Juliette Plumecocq-Mech décroche un rôle important dans Les Vedettes de Jonathan Barré. Courtisée par le cinéma, elle joue la même année dans la comédie familiale Les Vengeances de Maître Poutifard de Pierre-François Martin-Laval. Quelques mois plus tard, son talent traverse l'océan et tape dans l’œil de Woody Allen, qui lui donne le rôle de la détective dans son dernier film, Coup de chance. Une reconnaissance à l’international qui la met encore davantage sous le feu des projecteurs.
Les téléspectateurs ont par exemple pu la voir dans la série Vortex où elle joua Agathe Burtin, informaticienne pour la police à Brest. Côté long métrage, on a notamment pu la voir dans « Antoinette dans les Cévennes » avec Laure Calamy. On peut la voir aussi dans « Radiostars » de Romain Lévy, « Mon arbre » de Bérénice André…
Avez-vous reconnu Juliette Plumecocq-Mech dans la série de France 2 ?Parmi les personnages de Surface, vous aurez peut-être remarqué celui d'une femme d'un certain âge, toujours assise sur un banc du village. Elle se nomme Hélène Saulnier, elle porte des cheveux longs et gris ainsi que des robes à motifs. C'est la mère adoptive de la fillette disparue et elle l'attend depuis, chaque jour sur ce banc. Avez-vous reconnu son interprète ?
Rôles Marquants et Récents
2024 semble résolument être son année puisqu’elle sera à l’affiche de deux projets d’envergure. Ce samedi 26 octobre 2024, c’est à Nîmes que la série de France 2 « Meurtres à… » s’arrête. Les téléspectateurs retrouveront un duo de femmes fortes : Juliette Plumecocq-Mech et Tiphaine Daviot. Dix ans après sa première apparition dans Meurtres au Pays Basque, elle joue à nouveau dans un épisode de ces téléfilms avec Meurtres à Nîmes, diffusé en octobre sur France 3 et dans lequel elle joue une commissaire. Un costume qu’elle enfile à nouveau dans la série événement TF1 Cat’s Eyes à partir du 11 novembre, aux côtés de Camille Lou. Surface : Ce qui vous attend dans les épisodes diffusés lundi 1er septembre 2025Au début de la série Surface, Noémie arrive à Avalone, un petit village dont la partie basse a été engloutie pour mettre en place un barrage et un lac artificiel. Elle est là pour faire un rapport sur le besoin de maintenir ou pas le commissariat local. Mais elle va devoir, avec les forces de l'ordre présentes sur place, mener l'enquête quand un baril remonte à la surface du lac et révèle les ossements d'un enfant. Une vingtaine d'années auparavant, les habitants avaient été bouleversés par la disparition deux trois enfants, deux garçons et une petite fille. Pour les besoins de l'enquête, Noémie va également travailler avec des plongeurs de la fluviale, deux frères incarnés par Tomer Sisley et Kamel Isker. Préparez-vous à découvrir les deux premiers épisodes de la série inédite Surface sur France 2 ce lundi 1er septembre 2025. Cette fiction est adaptée du roman éponyme d'Olivier Norek et raconte le quotidien bouleversé d'un petit village après la découverte d'ossements humains. Dans la série inédite Surface, lancée ce lundi 1er septembre 2025 sur France 2, Laura Smet joue "un animal sauvage et blessé" en le personnage de Noémie Chastain, une capitaine de police parisienne, meurtrie dans sa chair après une intervention policière qui a mal tourné. Adaptée du roman éponyme d'Olivier Norek, cette histoire est également incarnée par des acteurs comme Tomer Sisley (Hugo Massey), Théo Costa-Marini (Romain Valant), Florence Muller (Catherine Valant), ou encore Juliette Plumecocq-Mech (Hélène Saulnier).
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Vie Privée
Juliette Plumecocq-Mech est très discrète sur sa vie privée. Elle évite les interviews intimes, les réseaux sociaux personnels et les magazines people. La question « Juliette Plumecocq-Mech est-elle mariée ? » reste sans réponse. De nombreuses rumeurs circulent, mais aucune source fiable ne confirme l’identité d’un compagnon ou d’une compagne. La réponse est : non confirmé. Aucun enfant n’est mentionné dans les médias ou dans sa biographie officielle. Son profil professionnel ne fait référence à aucune maternité.
Anecdotes et Réflexions sur son Métier
Qu’est-ce qui vous a poussé vers la comédie, quel a été le déclencheur ?Enfant, je faisais beaucoup le clown. J’imitais des voix d’hommes politiques et j’essayais d’être ventriloque avec mes mains ou une paire de chaussettes. J’avais envie de raconter des histoires par un autre médium que le mien, un peu en étant cachée, parce que j’étais une enfant solitaire. Arrivée en Terminale, une amie a sollicité mon aide pour lui donner la réplique sur un texte de Shakespeare lors de son concours d’entrée au Conservatoire de Bordeaux. À la fin de l’examen, le jury nous a demandé de descendre et, je ne sais pas pourquoi, quelque chose m’avait plu sur scène. Je n’avais pas envie de partir. Alors, j’ai demandé à jouer le monologue de Phèdre. Je n’ai pas attendu leur réponse et j’ai interprété ma scène. Une fois finie, il y a eu un petit silence et ils m’ont dit d’aller m’inscrire avec une dérogation. Comment les parents réagissent-ils à ce virage professionnel ?(rire). Je viens d’une famille d’ingénieurs, donc ce n’était pas propice. Mais je pense qu’ils avaient surtout peur de ne pas pouvoir m’aider ou m’accompagner. Puis, nous étions dans les années 80, aussi, et les comédiens étaient considérés comme des patachons, des gens qui gagnent mal leur vie, etc. Ils n’ont pas essayé de me dissuader pour autant.
Vous souvenez-vous de la première fois que vous êtes montée sur scène et ce que vous avez ressenti ?Pendant notre cursus au Conservatoire, le directeur estimait que nous devions avoir une expérience professionnelle. Nous jouions alors dans des écoles, par exemple. Ce n’était pas sur une scène, mais c’était déjà une première confrontation avec le public. C’était déjà troublant. Surtout, je me suis rendue compte de l’énergie que j’avais. Habituellement calme, posée, timide, je courais là dans tous les sens. C’est ensuite que j’ai compris ce qu’était l’adrénaline.La première scène, ce fut lors de la dernière année de conservatoire lorsqu’un des professeurs/metteurs en scène m’a proposé la pièce L’Arlésienne et le rôle de Rose Mamaï. Nous avions le Philharmonique de Bordeaux avec nous. J’ai eu l’impression que cela avait duré que quelques secondes, alors que la pièce dure 2h15. Je ne voulais pas que ça s’arrête. Ça a concrétisé mon besoin d’être là. Juste avant de monter sur scène, j’ai eu les genoux qui claquaient. Depuis ce moment-là, qui fut une sensation désagréable, et le bonheur qui s’en suit de jouer après, je me suis dit que ça ne valait pas le coup de se mettre dans des états pareils. Maintenant, je n’ai plus le trac. C’est une libération.Qu’est-ce que le théâtre vous a appris humainement et professionnellement ?Le théâtre m’a tout appris parce que j’étais une enfant solitaire, qui n’était pas raccordée avec la réalité et qui n’a grandi que très tard (dans ma tête). Je suis toujours un peu enfantine. Toutefois, ça m’a appris l’autre, la pensée politique, le contact avec l’autre, que je touche l’autre, qu’il me touche émotionnellement parlant, comment l’émotion se donne et s’offre, ainsi que l’écoute. Au théâtre, cette obligation de l’écoute créait du silence, de l’émotion. C’est un bel apprentissage. Puis, une conscience du monde à travers les grands auteurs. La valeur de l’artiste également, j’ai appris à ce que ma singularité soit acceptée. Enfin, elle m’a offert la liberté et le voyage.
Une de vos premières apparitions au cinéma, c’est dans Radiostars de Romain Lévy, qui est devenu un petit incontournable de la comédie française. Vous incarnez la chauffeuse de bus, Danielle, qui emmène ces stars de la radio en tournée. La première séquence de votre apparition est très drôle, chacun se demandant si vous êtes un homme ou une femme. Nous l’avons tournée en tout dernier à Paris. Romain Lévy, le réalisateur, avait très peur que je retire mes lunettes, car il avait peur qu’on me reconnaisse en tant que femme, alors que tout se jouait sur mon androgynie et cette ambiguïté. C’était assez drôle. J’avais envie de taquiner Pascal Demolon, qui est un mec hilarant et déchaîné sur ses répliques. Il était vraiment à fond. Et j’ai ensuite enlevé mes lunettes (rire). […] Je continue de les suivre. C’est une sacrée bande que nous avons eue là. Tout le monde est en haut de l’affiche désormais. Romain a eu beaucoup de feeling et Les Productions du Trésor nous ont admirablement accompagnés. J’ai vu le dernier film de Benjamin Lavernhe, En Fanfare, je l’ai trouvé superbe. Il va chercher des choses à des endroits différents. Pour revenir sur cet aspect physique qui fait écho à cette séquence dans Radiostars, vous faites partie de ces artistes caméléons qui ont un physique atypique, une gueule qu’on voit rarement, et capable de tout jouer. Est-ce que ces particularités vous ont été plus bénéfiques que disqualifiantes pour certains rôles ?Au théâtre, c’était fantastique parce que je n’avais pas à jouer les rôles de jeunes premières. Elles ont rarement une grosse voix et ne font généralement pas 1m78. Je pouvais alors faire tous les rôles masculins que je voulais. Ce fut extraordinaire pour moi. Pour le cinéma, quand je suis arrivée à Paris en 1988, j’avais de grands espoirs cinématographiques. Mais le cinéma n’étant pas ce qu’il est aujourd’hui, il n’y avait pas de place pour une personne androgyne comme moi, parce qu’on ne savait pas où me mettre. Puis, j’ai eu la chance de rencontrer Sophie Barrois, mon agente. Elle a eu confiance. Peut-être grâce à cette particularité. Ça lui a tapé dans l’œil. Dans les premiers castings pour le cinéma et la télévision, je ne me suis pas posé la question. Cela fait peu de temps que je fais de l’image, et les choses ont donc eu le temps d’évoluer. Maintenant, j’essaie toujours d’être là où on ne m’attend pas. J’ai toujours tenté d’être méconnaissable d’une pièce à l’autre. Je veux pouvoir tous jouer : une mairesse, une Présidente de Tribunal, une grand-mère, une mère de famille. Je veux être caméléon. La comédie et le drame vous sied parfaitement. Mais l’ambiance des films de genre comme dans le court-métrage Les Barricades mystérieuses (vidéo ci-dessous). Avec cette capacité de caméléon, vous aimeriez aller vers le genre ?Bien-sûr !
À la télévision, vous avez beaucoup joué des personnages dans le milieu de la police et du milieu judiciaire. Comment travaillez-vous la posture d’une commissaire ou d’une juge de tribunal ?Honnêtement, l’habit fait le moine. Dans 66-5, Danielle Arbid, l’une des réalisatrices, m’a demandé de mettre la robe de Présidente de Tribunal, rien que cela. Et la situation, assise derrière le grand bureau, vous n’avez pas grand-chose à faire. L’autorité est naturellement là. Il y a eu beaucoup d’improvisations, de textes rajoutés, et nous avions une conseillère judiciaire qui était avec nous pour nous donner les termes juridiques. Dès qu’on les emploie, on trouve aussi une forme de légitimité d’interprétation et une posture. Si on se laisse pénétrer par l’ambiance, le décor, le costume, ça va vite. Ce que j’aime, comme au théâtre, c’est que tout ça n’est qu’un mensonge auquel nous devons croire. C’est une illusion parfaite. Avec des personnages de ce milieu-là, j’essaie toujours d’avoir une musicalité. Dans Cat’s Eyes, je savais qu’Alexandre Laurent ferait une série très rythmée, qu’il allait courir dans tous les sens, avec plein d’action. Cela dépend toujours des scénaristes avec qui nous travaillons. S’il n’y a pas assez d’espace pour créer une originalité, sans tomber dans l’exubérance, je peux refuser le rôle, mais cela reste du dialogue et des échanges. Je pense à Vortex avec Camille Couasse et Sarah Farkas, qui étaient proches de Slimane-Baptiste Berhoun et moi-même. Nous avons pu ajuster énormément de répliques, de styles, afin d’avoir une originalité que Slimane souhaitait. Nous avons essayé de surprendre avec ce personnage pour qu’il ne soit pas anodin, qu’il puisse ressortir. Dernièrement, nous avons pu vous voir dans deux productions télévisuelles à succès que vous avez citées : Vortex de Slimane-Baptiste Berhoun et Cat’s Eyes d’Alexandre Laurent. Qu’il faut s’amuser ! Avec Slimane, nous avons développé une grande amitié artistique et une véritable complicité. Nous avons une joie immense à chercher des répliques, un grand plaisir de travailler ensemble pour parvenir à un résultat qui nous satisfasse. C’est une recherche de petites bêtises intelligentes à insuffler, à distiller afin de rendre les choses succulentes. Il y a cette même façon de travailler avec Alexandre, où nous allons jusque dans le moindre détail, même insignifiant soit-il. Sur Cat’s Eyes, par exemple, il y a un des flics qui essaie de me traduire ce qu’est « la moulaga » dans une chanson de Jul. Nous nous sommes dit qu’il fallait absolument que la Commissaire Bruneau fasse le signe de Jul. Ça fait un peu d’humour. Puis, j’ai fait exprès de ne pas mettre les doigts comme il fallait. Nous avons tellement ri. Ce moment où nous avons trouvé le bon tempo pour ce petit truc, ce n’est que du bonheur. Alexandre est un grand joueur, il a besoin de rire, il est boulimique de plaisir, de fantaisie, il met de la musique pendant qu’on tourne. Les premières scènes de tournage, quand je suis rentrée avec cette musique à fond sur le plateau, je n’ai pas compris et j’ai attendu que la musique s’arrête avant de parler. Il coupe la caméra et me demande pourquoi je ne joue pas. Je lui réponds que j’attendais que la musique se coupe (rire). Non, je devais jouer avec la musique.
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On vous voit très souvent dans de jolis seconds rôles à l’image. Et personnellement, je trouve cela assez frustrant au vu de votre talent. Est-ce un sentiment que vous partagez ?Je l’ai partagé jusqu’à il y a presque un an. En mars dernier, on m’a proposé un premier rôle dans Meurtres à Nîmes aux côtés de Tiphaine Daviot, ce qui n’est pas désagréable. Nous avons réussi, dans le scénario, à avoir de l’intime et du professionnel. C’était un personnage qui allait prendre sa retraite, il y avait tout un background intime non résolu, et ça m’a permis de jouer à la fois sur le tableau de l’autorité et sur l’intime d’une femme brisée. J’ai énormément travaillé pour que chaque séquence ait sa valeur et qu’on n’ait pas simplement une flic qui passe et qui traverse. Deux mois après le tournage, j’ai été heureuse et j’ai espéré que d’autres premiers rôles suivent. Néanmoins, si cela ne suit pas, les guests que j’ai à faire, que ce soit à la télévision ou au cinéma, me plaisent. J’ai toujours quelque chose à défendre. Et même lorsque je n’ai qu’une journée de tournage, on m’en parle encore aujourd’hui. J’ai tourné deux autres fictions de 90 minutes À l’instinct (prochainement) où je tiens le rôle principal avec Christopher Bayemi. Donc, les choses bougent.
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