Clarisse Agbégnénou, championne du monde et championne olympique, a su combiner sa vie de mère allaitante avec son métier, devenant ainsi une figure inspirante pour de nombreuses femmes. À 33 ans, elle incarne la possibilité de concilier maternité et carrière sportive de haut niveau.

Une Maternité Épanouissante et un Nouveau Défi

Clarisse Agbégnénou a déclaré que depuis la naissance de sa fille Athéna, elle se sent à la fois plus puissante et plus préoccupée. Elle explique : "Je trouve que depuis que j’ai Athéna je suis devenue encore plus forte parce que maintenant je ne me bats non pas pour moi mais pour nous deux. Tout ce que je fais maintenant, c’est pour elle d’abord. Je veux être forte pour lui inculquer des valeurs et la protéger et à côté de ça j’ai peur jour et nuit pour elle. Je sais que je ne peux pas tout contrôler et c’est très dur ! Quand elle est malade ou quand elle a mal quelque part j’ai envie de prendre sa douleur !"

Cette ambivalence est partagée par de nombreuses mamans. Pour Clarisse, sa fille est sa priorité. Il était vraiment important pour elle de répondre à ses besoins avant les siens !

L'Allaitement : Un Choix Assumé et Soutenu

Clarisse allaite sa petite Athéna depuis plusieurs mois. Elle a même posté une photo d'elle en train d'allaiter sur les bancs de l'entraînement. "J’ai pris cette photo pour immortaliser ce moment complètement fou : c’était drôle, ce contraste entre moi pleine de sueur en train d’allaiter ma fille. J’ai fait une pause en plein combat parce que ma fille avait faim, je ne me suis pas posée de question, j’ai dit à mes entraîneurs que j’allais nourrir ma fille, ils ont bien évidemment accepté !"

Avant sa reprise plus intensive, elle avait discuté avec ses entraîneurs de son désir d'allaiter le plus longtemps possible, et cela avait été parfaitement accepté. Elle a mis cette photo sur les réseaux car elle montre souvent son quotidien. Elle a été surprise quand elle a vu l’engouement que ça a provoqué et en même temps fière en lisant tous ces beaux messages de soutien ! Le message qu’elle aimerait passer c’est : « faites ce qui vous semble juste pour vous et votre bébé et ne vous cachez plus, ça doit devenir banal !

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L’allaitement, peut-être éprouvant physiquement, on a du mal à imaginer pratiquer un sport à haut niveau pendant cette période, quel est ton secret pour y arriver ?

Clarisse reconnaît que l'allaitement peut être éprouvant. "Je pense que le plus difficile est qu’Athéna ne fait pas ses nuits et tète encore 3 à 6 fois dans la nuit, donc beaucoup de réveils encore avec des entraînements très intensifs 2 fois par jour. Mon secret pour y arriver c’est que je me nourris de ce moment de plaisir ! J’aime tellement allaiter, je trouve ça tellement mignon ! C’est un moment très particulier. Un moment d’amour, de douceur, de calme, de câlins !"

Briser les Tabous et Soutenir le Sport Féminin

Clarisse Agbégnénou évoque régulièrement les tabous liés au sport féminin. Elle estime qu'il y a encore beaucoup d'informations à donner et des sujets à soulever. "Oui il y a encore beaucoup d’informations à donner. Je pense que tous ces tabous sont aussi très culturels et il faut donc du temps pour que cela change. Beaucoup de temps… Il y a encore pas mal de tabous, par exemple sur les règles dans le sport féminin ou le retour après maternité qui est trop peu connu et pour lequel il n’y a presque pas d’aide ni mentalement ni physiquement ni financièrement."

Elle avait d'ailleurs été ambassadrice d'une marque de culottes menstruelles pour briser le tabou des règles dans le milieu du sport. "Moi qui ai fais du judo en kimono blanc, c’est compliqué", expliquait-elle alors au micro de France Info.

La Reprise Sportive : Une Question de Temps et de Priorités

En début de grossesse, Clarisse n'a pas immédiatement pensé à sa reprise sportive. "Lorsque j’ai annoncé ma grossesse, je n’ai pas parlé de ma reprise Sportive, elle allait se faire et je savais que j’avais le temps. J’ai eu de la chance de pouvoir tomber enceinte très rapidement. J’ai donc pu revenir à la performance tranquillement et sereinement. J’ai pensé que le mieux pour moi physiquement et mentalement c’était de vivre le moment présent et de profiter à fond de la grossesse. Je voulais voir comment j’allais accoucher (voie basse ou césarienne), et si mon enfant allait être en bonne santé pour savoir comment j’allais avancer ! Je sais d’expérience que lorsque je veux tout prévoir cela ne se passe pas toujours comme je le veux. Plus je lâche prise, mieux c’est pour moi. Surtout dans une situation comme celle-là, tu ne peux vraiment rien contrôler. J’ai donc profité de ce merveilleux moment."

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Elle s'était toujours dit qu'elle voulait faire cette aventure avec sa fille et écouter leurs deux ressentis ! Elle ne se voyait pas la laisser pour des entraînements, des stages ou compétitions parce qu'elle a besoin d'elle ! Elle veut continuer son allaitement, profiter d'elle, la voir grandir et évoluer chaque jour.

Un Entourage Solidaire

Pour gérer le rythme des entraînements et des déplacements avec bébé, Clarisse peut compter sur un entourage solidaire. "J’ai donc demandé à ma famille et amis s’ils étaient ok pour m’aider dans mon double projet maman et sportive de haut niveau. Ma maman, mon compagnon, mes frères et mes amies, mon agent et mes entraîneurs se relaient pour garder Athéna quelques heures avant les prochaines tétées. Je n’ai jamais voulu tirer mon lait car je veux être là pour ses besoins !"

Nadia, l’agent de la double championne olympique de judo, et Pauline, sa mère, ont également fait le déplacement jusqu’à Tel-Aviv, en Israël. Fidèle à son projet de préparer les Jeux olympiques de 2024 avec sa petite fille, Clarisse Agbégnénou, 30 ans, ne se sépare jamais d’Athéna.

Les JO de Paris 2024 et au-delà

Le prochain challenge de Clarisse Agbégnénou sont les JO de Paris 2024. Elle aura toutes les Mamans Natur’elles avec elle pour la soutenir !

Clarisse Agbégnénou a été entendue, et elle en est satisfaite. La judoka, qui compte parmi les plus grandes chances de médaille aux Jeux Olympiques de Paris 2024 cet été, a salué la solution trouvée par le comité olympique français pour permettre aux jeunes mamans de continuer à allaiter leur enfant durant la compétition. "Pour moi, peu importe la solution, tout me va du moment que je peux rester avec ma fille. Donc si on me propose de rester à l'hôtel les soirs pour que je puisse être avec ma fille et dormir avec elle, c'est une solution qui me va", a-t-elle déclaré à quelques médias français en marge d'une réception à l'ambassade de France au Japon, où les Bleues effectuent actuellement un stage de préparation. Le comité olympique français avait dévoilé fin février des mesures dérogatoires pendant les Jeux, permettant aux sportives qui allaitent leur enfant de dormir dans un hôtel près du village olympique.

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Selon le règlement du village olympique, les enfants peuvent éventuellement y être invités en journée mais ne peuvent pas y dormir. Par conséquent a été décidé de proposer un logement à l'hôtel Pleyel, situé à quelques centaines de mètres du village olympique à Saint-Denis, pour les mères qui allaitent leur enfant.

Elle envisage même les JO de Los Angeles en 2028, qui seraient ses quatrièmes d'affilée. « Je sais que j'ai encore des ressources. Je vais tout faire, tout essayer » Avec quatre ans de plus, ça risque de ne pas être plus simple…Ce ne sera pas plus simple. Mais je sais ce que je veux. Maintenant, je ne sais pas ce qui va se passer. Je sais que je veux aller aux JO de Los Angeles. Est-ce que je vais y arriver ou pas, je ne sais pas. Mais en tout cas, c'est ce que je veux. Je veux m'en donner les moyens. Vous souhaitez disputer vos quatrièmes et derniers JO d'affilée à Los Angeles mais si vous voyez que vous n'y arrivez pas, vous n'en faites pas un objectif absolu ?Si ce n'est pas possible, ce n'est pas possible. On ne va pas aller dans l'impossible. Mais je vais me donner la peine. Je sais que j'ai encore des ressources. Je vais tout faire, tout essayer.

Une Deuxième Grossesse et des Objectifs Maintenus

Dimanche sur son compte Instagram, Clarisse Agbégnénou (33 ans) a annoncé être enceinte de son deuxième enfant (Athéna est née le 15 juin 2022) dont la naissance est prévue en mars. Soit sept mois avant les Mondiaux en Azerbaïdjan récemment décalés de juillet à octobre (4-11). De quoi jouer en faveur de la sextuple championne du monde des - 63 kg qui fait de ce rendez-vous un premier pas vers son ultime défi : les JO 2028 à Los Angeles, qui seraient les quatrièmes d'affilée pour la championne olympique 2021 des - 63 kg.

Elle continue de s'entraîner pendant sa grossesse, adaptant son programme à son état. « Comment allez-vous après cinq mois de grossesse ?Le début était compliqué, j'ai eu des vomissements mais c'était pareil pour Athéna, pas des vomissements mais des nausées pendant quatre mois. Continuez-vous à vous entraîner ?Oui, physiquement mais aussi en judo, je fais de la technique. Je vais continuer autant que je pourrais. Pour l'instant, je me sens bien. Pour Athéna, j'avais continué jusqu'à deux jours avant d'accoucher. Mais je m'étais entraînée beaucoup moins fort. Pour un premier enfant, on a toujours un peu peur, on fait attention, on ne connaît pas. Là, je suis beaucoup mieux accompagnée, par des gens à l'écoute de mon corps. C'est beaucoup plus facile.

Elle prévoit de reprendre l'entraînement après son accouchement, en écoutant son corps et sans brûler les étapes. Quand comptez-vous reprendre l'entraînement après votre accouchement ?Je ne sais pas. Je veux vraiment être prête physiquement. Je ne sauterai pas d'étape. J'écoute mon corps, ma fatigue, je laisse les choses faire. J'attends d'accoucher et après on verra.

Si son corps le lui permet, elle allaitera son deuxième enfant, mais ne sait pas si elle le fera aussi longtemps que pour Athéna. Vous aviez allaité Athéna assez longtemps. Le ferez-vous avec votre deuxième enfant ?Si mon corps me permet d'allaiter, je le ferai mais je ne sais pas si je le ferai aussi longtemps. Deux ans et demi c'était long. Mais finalement pas pour moi. Il y a tellement eu de stages, de voyages, tout est passé vite. C'était aussi une simplicité durant les voyages.

Avec deux enfants, elle devra trouver un nouvel équilibre, en tenant compte des besoins d'Athéna, qui est maintenant à l'école. Vous avez emmené Athéna partout avec vous, en stage, en compétition. Ferez-vous de même avec deux enfants ?Déjà, Athéna est à l'école. Maintenant, elle a une vie. Je vais faire en sorte qu'elle puisse continuer sa vie et que ce ne soit pas moi qui décide pour elle. On essaiera de trouver un juste milieu. Bien sûr, si j'ai les Championnats du monde, je veux qu'elle soit près de moi, qu'elle puisse m'encourager.

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