L'histoire de Joachim Murat est une saga familiale complexe, marquée par l'ascension fulgurante d'un aubergiste devenu roi, des alliances matrimoniales prestigieuses, un engagement militaire indéfectible envers la France, et un destin tragique lors de la Seconde Guerre mondiale. Cet article explore en détail les ramifications de cette famille, de ses origines modestes à son rôle dans l'histoire napoléonienne et au-delà.
Les origines familiales : de l'auberge au trône
Joachim Murat, né le 25 mars 1767 à La Bastide-Fortunière (aujourd'hui Labastide-Murat), est issu d'une famille de la petite bourgeoisie. Son père, Pierre Murat-Jordy, tenait une auberge et un relais de poste et s'occupait également des affaires communales. Bien que destiné initialement à une carrière ecclésiastique, Joachim est attiré par la vie militaire. Il s'engage dans le 12e régiment de chasseurs à cheval, malgré l'opposition de sa famille.
Cette légende d'un Murat fils d'aubergiste a été entretenue par les opposants au régime impérial pour décrédibiliser les proches de Napoléon. En réalité, la famille Murat gérait les biens communaux et ecclésiastiques et possédait un relais de poste pour compléter ses revenus.
L'ascension fulgurante de Joachim Murat
Son engagement et sa bravoure permettent à Joachim Murat de gravir rapidement les échelons militaires. Il se distingue lors des émeutes de Vendémiaire, où il sert sous les ordres du général Bonaparte, et participe aux campagnes d'Italie et d'Égypte. Son rôle décisif lors du coup d'État du 18 Brumaire consolide sa position auprès de Bonaparte.
En 1800, il épouse Caroline Bonaparte, la sœur de Napoléon, scellant ainsi son destin à celui de l'Empire. Ce mariage, bien que n'étant pas le premier choix de Napoléon, s'avère être une union d'amour. Caroline, dotée d'un tempérament de feu et d'une ambition certaine, joue un rôle important dans l'ascension de son mari. Talleyrand disait d'elle qu'elle était « le cerveau de Cromwell dans le corps d'une jolie femme ».
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Maréchal d'Empire et roi de Naples
Sous l'Empire, Joachim Murat est comblé d'honneurs : maréchal d'Empire, grand amiral, grand prince, et chef de la 12e cohorte de la Légion d'Honneur. En 1806, il devient grand-duc de Berg et de Clèves. En 1808, Napoléon le nomme roi de Naples, en remplacement de son frère Joseph, envoyé en Espagne.
À Naples, Joachim Murat entreprend de profondes réformes. Il abolit les droits féodaux, redistribue les terres aux paysans, instaure le Code civil, et modernise l'administration et l'économie. Il crée une armée et une marine nationales, lutte contre le banditisme, et embellit la capitale. Il se veut un héritier des Lumières. Il fait de Naples un État moderne.
Joachim Murat avait compris le principe de l’éveil des nationalités provoqué par le développement de l’Empire napoléonien. Il est devenu la référence politique d’une mouvance libérale qui entendait promouvoir une monarchie constitutionnelle et parlementaire, garante des libertés individuelles et fondée sur la souveraineté de la nation. Il a été le champion et le symbole de la lutte pour l’unité italienne.
Les campagnes militaires et la rupture avec Napoléon
Joachim Murat participe à de nombreuses campagnes militaires aux côtés de Napoléon, notamment en Autriche, en Prusse et en Russie. Il se distingue par sa bravoure et son panache, devenant une légende parmi les cavaliers. Cependant, des tensions apparaissent entre les deux hommes, notamment en raison de la politique de Napoléon envers l'Italie.
En 1814, Murat signe un traité d'alliance avec l'Autriche pour sauver son trône de Naples. Cette décision est souvent perçue comme une trahison envers Napoléon, bien que certains historiens estiment qu'il s'agissait d'une tentative de préserver son royaume et de défendre les intérêts de l'Italie.
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Malgré cette alliance, Murat reste en contact avec Napoléon et l'aide à préparer son évasion de l'île d'Elbe. En 1815, lors des Cent-Jours, il lance un appel à l'unité italienne et déclare la guerre à l'Autriche, mais il est vaincu à Tolentino.
La mort tragique de Joachim Murat
Après la défaite de Tolentino, Joachim Murat tente de reprendre son royaume, mais il est capturé et fusillé le 13 octobre 1815 à Pizzo, en Calabre. Sa mort marque la fin d'une époque et la chute d'un roi atypique, à la fois soldat, réformateur et symbole de l'unité italienne.
La descendance de Joachim Murat
Joachim Murat et Caroline Bonaparte ont eu quatre enfants :
- Achille Murat (1801-1847)
- Laetizia Murat (1802-1859)
- Lucien Murat (1803-1878)
- Louise Murat (1805-1839)
Les descendants de Joachim Murat ont continué à jouer un rôle dans l'histoire de France et d'Italie. Ses filles ont épousé des aristocrates italiens, tandis que ses fils ont vécu en Italie et aux États-Unis.
Achille s’installe aux États-Unis, épouse la nièce de George Washington, combat les Indiens Séminoles et gère des plantations. Il crée même la Légion étrangère belge, qui aura une courte existence. Mort sans enfants, il est enterré en Floride. Son frère Lucien rentre en France sous le Second Empire comme membre de la famille de l’Empereur. Il aura une carrière politique sous le Second Empire en tant que député.
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Les Murat n’ont pas été frappés par la loi d’exil de 1886. Restés en France ils ont toujours défendu la mémoire des deux Empereurs. Ils se sont tous engagés dans l’armée, donnant leur vie pour la France, comme le grand-père du prince Joachim Murat actuel en 1944, ou dans la politique, notamment sous la IIIe République en tant qu’élu de l’Appel au Peuple, parti bonapartiste.
Joachim Murat (1920-1944) : un héros de la Résistance
Au XXe siècle, un autre Joachim Murat, né en 1920, se distingue par son engagement dans la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce Joachim Murat, 7e prince Murat, est le fils de Joachim, Napoléon, Michel Murat, prince de Pontecorvo, et l'arrière-petit-neveu de Napoléon Ier.
Il est élève pilote aviateur lorsqu'éclate la guerre. Il est hébergé au château du Blizon, où il s'engage dans la Résistance. Il est promu sous-lieutenant au sein du bataillon Carol. Il prend Robert Boutin comme agent de liaison personnel.
Le 20 juillet 1944, Joachim Murat est abattu par les Allemands près de l'auberge de la Gabrière, à Lingé. Il reçoit la mention "Mort pour la France" à titre posthume.
Une stèle est érigée sur la D78, près de l'endroit où il a été tué, en sa mémoire. Une autre stèle rappelle le souvenir de son chauffeur, Olivier Paquin, également tué lors de l'attaque.
Depuis 1945, une aiguière en argent surnommée « la Murat » est remise au vainqueur des Internationaux de France de golf, en mémoire de ce prince sportif et engagé.
Joachim Murat aujourd'hui
Aujourd'hui, la famille Murat continue de perpétuer la mémoire de ses illustres ancêtres. Le 8e prince Murat, Joachim Louis Napoléon, est président d'honneur du Souvenir napoléonien et représente fréquemment sa famille dans les manifestations liées à l'histoire napoléonienne.
Son fils, le prince Joachim Murat, prince de Pontecorvo, né le 3 mai 1973, est également engagé dans la valorisation de l'héritage familial. Diplômé en droit et en sciences politiques, il a servi dans les unités parachutistes et s'intéresse à la réhabilitation de figures historiques mal comprises.
En 2021, le prince Joachim Murat a épousé Yasmine Lorraine Briki. Le 3 août 2021, ils ont eu un fils, Joachim Georges Laurent Napoléon Murat, assurant ainsi la continuité de la lignée.
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