L'histoire récente d'une fillette de 10 ans, enceinte suite à un viol, et contrainte de se rendre dans un autre État pour avorter, a mis en lumière les dangers et les complications liés à la grossesse chez les jeunes femmes. Cette situation, exacerbée par des décisions politiques restrictives concernant l'accès à l'avortement, souligne l'importance de comprendre les risques spécifiques auxquels sont confrontées les jeunes femmes enceintes.
Risques accrus pour la mère
La grossesse chez les jeunes femmes, en particulier celles de moins de 15 ans, est associée à une augmentation significative de la morbidité et de la mortalité maternelles. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les complications liées à la grossesse et à l'accouchement sont l'une des principales causes de décès chez les filles âgées de 15 à 19 ans dans le monde.
Plusieurs facteurs contribuent à ces risques accrus. Le bassin d'une jeune fille peut être trop étroit pour permettre le passage du fœtus, ce qui peut entraîner un travail prolongé et obstrué, ainsi que des lésions des tissus entre le vagin, la vessie et le rectum. De plus, les jeunes femmes enceintes sont plus susceptibles de souffrir d'anémie, d'infections, d'éclampsie et de dépression post-partum.
Le docteur Ashok Dyalchand, qui a travaillé pendant plus de quarante ans avec des adolescentes enceintes dans des communautés pauvres d'Inde, souligne que le bassin d'une jeune fille est encore bien trop étroit pour le passage d'un fœtus, aussi petit soit-il. Le docteur Shershah Syed, gynécologue et spécialiste de la mortalité maternelle au Pakistan, renchérit en affirmant que "dans la physiologie normale, une enfant de 10 ans n'est pas censée être enceinte. Le fait est que c'est une enfant et [qu'elle] ne peut pas mettre au monde un enfant, elle n'est pas prête." Marie Bass Gomez, sage-femme et infirmière au Bundung Maternal and Child Health Hospital en Gambie, confirme que "lorsqu'une enfant arrive enceinte dans notre centre, c'est vraiment traumatisant pour elle."
Risques pour le nouveau-né
Les grossesses précoces ne mettent pas seulement en danger la vie et la santé de la mère, mais aussi celles du nouveau-né. Les bébés nés de mères adolescentes sont plus susceptibles d'être prématurés et d'avoir un faible poids à la naissance. Ces complications peuvent entraîner des problèmes respiratoires, des infections et un retard de développement.
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Facteurs socio-économiques
Les grossesses chez les jeunes femmes sont souvent associées à des facteurs socio-économiques défavorables. D’après un rapport de l’OMS publié en mai dernier, 95% des accouchements de mères adolescentes concernent les pays à faibles et moyens revenus, plus précisément les populations pauvres, peu instruites et rurales. Le manque d'accès à l'éducation sexuelle, les mariages précoces et la pauvreté contribuent à l'augmentation du nombre de grossesses chez les adolescentes.
Les conséquences sociales pour les adolescentes enceintes non mariées peuvent inclure la stigmatisation, le rejet ou la violence par les partenaires, les parents et les pairs. Les filles qui tombent enceintes avant l'âge de 18 ans sont plus susceptibles d'être victimes de violence au sein d'un mariage ou d'un partenariat.
Prévention et prise en charge
La prévention des grossesses chez les jeunes femmes passe par une éducation sexuelle complète, l'accès à la contraception et la lutte contre les mariages précoces. Il est également essentiel de garantir aux jeunes femmes enceintes un accès à des soins prénatals et postnatals de qualité.
Aux États-Unis, le taux de grossesses précoces est l'un des plus élevés parmi les pays développés. Un moindre accès aux soins prénatals ou des soins inadéquats pourraient augmenter ce risque, car les adolescentes enceintes ne cherchent pas toujours les soins médicaux appropriés, susceptibles de diminuer le taux des complications, notamment par l'éducation et le soutien social. Une étude a montré que les femmes qui n'avaient pas eu de soins prénatals présentaient un risque sept fois plus élevé d'accouchement prématuré que celles qui avaient suivi les consultations recommandées.
La Haute Autorité de Santé (HAS) a défini différents niveaux de suivi selon le degré de risque identifié au cours de la grossesse. Les grossesses à risque demandent une attention particulière pour prévenir les complications potentielles. Une surveillance continue et un accompagnement spécialisé sont essentiels pour protéger la santé de la mère et de l’enfant.
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Accouchement à domicile : une option risquée pour les jeunes femmes
Bien que l'accouchement à domicile puisse être envisagé dans certaines situations, il présente des risques importants, en particulier pour les jeunes femmes enceintes. En cas de complications, l'absence de matériel médical et de personnel qualifié peut mettre en danger la vie de la mère et de l'enfant.
En cas de difficulté, c’est surtout l’enfant qui risque de souffrir. Un travail prolongé le prive d’oxygène et à domicile, il n’y a pas de moyens de le ranimer. La maman, peut également souffrir en cas de travail très prolongé. Après l’accouchement, il y a aussi un risque d’hémorragie si le placenta ne se décolle pas ou partiellement.
Mortalité maternelle : un problème mondial
Selon les dernières estimations publiées dans un rapport des agences des Nations unies, toutes les deux minutes, une femme meurt pendant la grossesse ou l’accouchement. En 2020, 287 000 femmes sont décédées pendant ou après une grossesse ou un accouchement. La majorité de ces décès maternels sont survenus dans des pays à revenus faibles ou intermédiaires.
Les hémorragies graves, l’hypertension artérielle, les infections liées à la grossesse, les complications d’un avortement à risque et les pathologies sous-jacentes qui peuvent être aggravées par la grossesse (comme le VIH/sida et le paludisme) sont les principales causes de décès maternels.
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