La perte d'un enfant est une épreuve dévastatrice. Comprendre les causes de ces décès est essentiel pour mieux les prévenir et soutenir les familles endeuillées. Cet article se penche sur les différentes causes de décès chez les enfants de 10 ans et moins, en abordant à la fois les aspects médicaux et les facteurs environnementaux.
Décès inattendus : Le suicide d'une enfant de 9 ans
Un événement tragique récent a mis en lumière la complexité des causes de décès chez les jeunes enfants. En Moselle, Sara, une fillette de 9 ans scolarisée en CM2, a été retrouvée morte à son domicile. L'hypothèse privilégiée est celle d'un suicide par pendaison. Les parents ont évoqué des moqueries sur sa corpulence infligées par des camarades d'école.
Enquête et soutien psychologique
Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de la vie scolaire de l’enfant depuis la rentrée de septembre, ainsi que les événements susceptibles d’être intervenus dans sa vie hors du temps scolaire. Une cellule d'écoute a été mise en place à l'école primaire Montagne supérieure de Sarreguemines où l'enfant était scolarisée. L'association d'aide aux victimes a été saisie par le parquet pour porter assistance à la famille de la victime.
Signes de détresse et prévention du suicide
Ce drame souligne l'importance de la prévention du suicide chez les jeunes. Il est crucial de repérer les signes de détresse psychologique et d'offrir un soutien adéquat. Plusieurs services d'écoute anonymes et gratuits sont disponibles, tels que le numéro national 3114 et l'association Suicide écoute au 01 45 39 40 00.
Une psychologue a expliqué que "la volonté des enfants qui passent à l'acte ce n'est pas de mourir, mais c'est de ne plus souffrir". Elle a décrit les signes de souffrance psychique qui doivent alerter les parents.
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Les maladies infantiles : Un enjeu de santé publique
Outre les causes externes, les maladies infantiles représentent une part importante des décès chez les jeunes enfants. L’UNICEF lutte activement contre la propagation des maladies infantiles. Une maladie infantile est une pathologie qui touche particulièrement ou exclusivement les enfants. La vaccination sauve chaque année 2 à 3 millions d’enfants en les protégeant contre plusieurs pathologies mortelles.
Maladies virales fréquentes
La varicelle est une maladie d’origine virale très contagieuse, fréquente chez les enfants de moins de 10 ans. La rougeole est une maladie très contagieuse pouvant donner lieu à des complications neurologiques (cécité, œdème cérébral). Elle peut cependant être facilement évitée dès l’âge d’un an grâce au vaccin ROR (Rougeole Oreillons Rubéole). Maux de tête, fièvre, inflammation des glandes salivaires et douleurs au niveau des oreilles sont les symptômes fréquents des oreillons. Infection infantile aiguë et contagieuse qui se développe entre 5 et 9 ans, la rubéole entraîne fièvre et éruptions cutanées.
Maladies bactériennes et respiratoires
La coqueluche est une maladie respiratoire d’origine bactérienne qui affecte les voies respiratoires et entraîne une toux convulsive pouvant durer plusieurs semaines. Elle peut se dégrader en pneumonie et entraîner la mort chez les jeunes enfants, s’ils ne sont pas traités à temps. La pneumonie est la maladie infantile la plus mortelle chez les enfants de moins de 5 ans dans le monde. D’origine virale ou bactérienne, elle se traduit par une infection des poumons qui entraîne toux, fièvre et difficultés respiratoires.
Maladies liées à l'hygiène et à l'eau
Avoir accès à l’eau potable et se laver les mains à l’eau et au savon permet de réduire de plus de 40 % les décès liés aux maladies diarrhéiques. Les rotavirus sont également une cause fréquente de diarrhées abondantes chez les enfants de moins de 2 ans, entraînant une déshydratation qui peut être mortelle, si elle n’est pas prise en charge.
Maladies évitables par la vaccination
Maladie infantile virale qui endommage le système nerveux, la polio peut entraîner une paralysie irréversible et devenir létale si elle atteint les muscles respiratoires. L’infection est incurable, mais peut être évitée grâce à la vaccination. Le vaccin VHB permet de prévenir efficacement la maladie de l'hépatite B. Le tétanos tue 59 000 nouveau-nés et des milliers de mères dans les pays les plus défavorisés. Les cas de diphtérie ont fortement diminué grâce à la vaccination.
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Syndrome de Sanfilippo
Le syndrome de Sanfilippo est la conséquence d’une accumulation de molécules de sulfate d’héparane, partiellement dégradées, dans les tissus de l’organisme. Ceci est le fait d’une mutation génétique qui affecte l’activité d’une enzyme nécessaire pour la dégradation du sulfate d’héparane. Les premiers symptômes de la maladie associent un retard du développement cognitif associé à une hyperactivité, un comportement autistique et des troubles du sommeil. Ils apparaissent habituellement avant l’âge de 3 ans. Par la suite, l’atteinte neurologique entraîne une déficience intellectuelle et une réduction des capacités motrices qui aboutissent à la perte d’autonomie vers l’âge de 10 ans. Il existe quatre types de syndrome de Sanfilippo (A, B, C et D) correspondant à quatre déficits enzymatiques. Leur mode de transmission génétique est dit autosomique récessif : un enfant a des risques d’être atteint si les deux parents sont porteurs d’une mutation génétique responsable de la maladie. Il n’existe aucun traitement pour la maladie de Sanfilippo, et la prise en charge des symptômes associés est difficile.
Accidents de la vie courante : Une cause majeure de décès
Les accidents de la vie courante (AcVC) regroupent les accidents domestiques, de sports et de loisirs, ceux qui surviennent à l’école et lors de tout autre moment de la vie privée. Ils sont la première cause de décès chez les enfants de 1 à 4 ans, et la deuxième cause de décès chez les 5 à 14 ans. Responsables chaque année de plus de 200 décès d'enfants de moins de 15 ans, les AcVC constituent un enjeu majeur de santé de santé publique et font partie de la de la stratégie nationale de santé 2018-2022. Première cause de décès chez les enfants de 1 à 14 ans, les AcVC seraient à l’origine de 2,4 millions de recours à des professionnels de santé chez les moins de 15 ans en France.
Circonstances et prévention
Quel que soit l’âge, les chutes étaient la cause principale des accidents : le mobilier était le plus souvent impliqué chez les moins de 5 ans ; chez les plus de 5 ans, les chutes étaient souvent spontanées (lors de jeux en trébuchant). Ces accidents surviennent plutôt dans le cadre domestique chez les très jeunes alors que la part des accidents à l'école, sur des aires de sport et de jeux augmente après 5 ans. Les chutes représentaient le mécanisme le plus fréquent chez les plus jeunes qui ont encore une mobilité limitée alors que pour les enfants plus âgés les produits impliqués étaient plutôt spécifiques aux activités de sports (ballon) et de loisirs (vélo, trampoline, toboggan, patinette).
Les mesures doivent cibler en priorité les chutes, accidents les plus fréquents et qui peuvent conduire à des lésions graves, comme les traumatismes crâniens. Elles doivent également cibler les accidents par toxiques et les accidents par asphyxies/suffocations, en raison de leur sévérité. Le déploiement de programme de prévention à grande échelle permettrait de contribuer à l’amélioration de la prévention des AcVC en France.
Étude des passages aux urgences
Sur la période 2014-2018, 208 735 passages aux urgences pour AcVC d'enfants de moins de 15 ans ont été enregistrés dans les sept hôpitaux du réseau EPAC inclus dans cette étude (soit une moyenne de 41 000 passages par an). Les recours aux urgences pour AcVC étaient plus fréquents chez les très jeunes enfants (1-3 ans) et les « pré-adolescents » (10-13 ans) par rapport aux enfants des autres classes d'âge. Les victimes d’accidents étaient en majorité des garçons, quel que soit l’âge et pourrait s’expliquer par la pratique plus fréquente d’activités accidentogènes. Près de deux tiers des cas n’entraînait ni hospitalisation, ni suivi médical ultérieur. Toutefois, le taux d'hospitalisation suite à un passage aux urgences était plus important chez les moins de 1 an (11 % vs entre 4 et 6 % chez les plus âgés), signe d'une sévérité possible plus importante de ces AcVC dans ce groupe d'âge et certainement d'une plus grande prudence des médecins. Les AcVC par asphyxie ou suffocation et les AcVC par effets chimiques présentaient des taux d'hospitalisation élevés, respectivement 18 % et 19 %, signe de leur gravité.
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Mort subite du nourrisson et du sujet jeune
Chaque année, des jeunes en parfaite santé apparente s’effondrent brutalement, victimes d’une mort subite d’origine cardiaque. Parmi les causes, le syndrome de mort subite arythmique (SADS) est l’un des principaux responsables chez les moins de 35 ans, notamment chez les sportifs. Le syndrome de mort subite arythmique désigne un décès brutal d’origine cardiaque sans cause apparente, même après autopsie.
Centre de prise en charge de la mort subite du sujet jeune
Afin d’offrir une prise en charge globale des familles touchées par une » mort subite « , les professeurs Vincent Probst et Hervé Le Marec ont créé le Centre de prise en charge dédié à la mort subite du sujet jeune (moins de 45 ans) dans les locaux de l’institut du thorax, sur le site de l’hôpital Nord-Laennec, au CHU de Nantes. Lorsqu’un jeune adulte décède d’une « mort subite », les circonstances de son décès ressemblent à celles d’un autre membre de la famille, mais personne ne se l’explique. Dans plus de 50% des cas, la mise en place immédiate d’une étude familiale permet d’identifier la cause du décès, de l’expliquer aux proches et de prévenir la survenue d’une mort subite chez d’autres membres à risque de la famille.
Importance du diagnostic et de la prévention
Identifier la cause de la mort subite permet une meilleure acceptation du décès par les familles : la disparition d’un proche n’est plus un événement incompréhensible mais la conséquence d’une maladie. De plus, l’enquête familiale s’inscrit dans une démarche de prévention puisque la mort subite risque de survenir chez d’autres membres de la famille.
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