Grâce aux progrès de la médecine, les femmes ne sont plus obligées d’accoucher dans la douleur. La péridurale est aujourd'hui la plus répandue des techniques de réduction de la douleur pendant l'accouchement. D’après une étude de l’Inserm, 77 % des accouchements par voie basse se font sous péridurale. Si autant de femmes enceintes souhaitent accoucher avec péridurale, c’est sans aucun doute pour ses nombreux avantages. Cet article a été conçu pour démystifier la péridurale en apportant des réponses claires basées sur des faits et des études.
Introduction
La péridurale, ou épidurale, est une technique d’anesthésie loco-régionale consistant à injecter un produit analgésique ou anesthésique via un cathéter introduit dans la zone lombaire, près des nerfs qui transmettent la douleur. Elle vise à soulager les douleurs liées à l’accouchement. Elle permet d'être moins angoissée et d'accueillir son bébé avec plus de sérénité le jour de sa naissance. Avant de prendre une décision, il est crucial de peser le pour et le contre.
Qu'est-ce que la péridurale ?
La péridurale consiste en l'administration d'un anesthésique local dans l'espace péridural, qui se trouve autour de la moelle épinière. Elle permet d'anesthésier la partie inférieure du corps, soulageant ainsi la douleur liée aux contractions pendant le travail et l'accouchement. Cette technique est généralement administrée par un anesthésiste.
Comment fonctionne la péridurale ?
Pour poser une péridurale, l’anesthésiste-réanimateur va d’abord identifier l’espace péridural, juste à l’extérieur de la membrane qui entoure les nerfs rachidiens. Il réalise ensuite une anesthésie locale, qui ne provoque généralement qu’un léger picotement et une sensation de chaleur. Puis il insère l’aiguille jusqu’à l’espace péridural, et un cathéter très fin est vissé par l’aiguille dans cet espace. C’est par ce cathéter que le produit anesthésiant est injecté à intervalles réguliers au moyen d’une pompe. L’analgésie péridurale consiste à injecter un anesthésique local (éventuellement associé à un dérivé de la morphine) directement au contact des membranes qui entourent la moelle épinière, dans la partie la plus basse de la colonne vertébrale. Cette injection se fait au moyen d’un tube de très petit diamètre, un cathéter, implanté entre deux vertèbres.
Le déroulement de la pose
Pas d'inquiétude, sachez que vous serez bien encadrée lorsque vous arriverez à la maternité. Faites confiance à l'équipe soignante et en particulier aux sages-femmes. Dès qu'elles considéreront que le travail est bien avancé, en fonction de la dilatation de votre utérus, de l'engagement du bébé et de vos contractions, elle appellera l'anesthésiste.
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Dans la grande majorité des situations, le médecin anesthésiste pratique la péridurale lorsque les contractions se rapprochent et deviennent pénibles et lorsque que le col de l'utérus est suffisamment dilaté. La pose de la péridurale s'effectue lorsque le col est dilaté d'environ 4 cm, mais parfois dès 2 cm si les douleurs sont importantes, les contractions sont installées, régulières, rapprochées, très douloureuses et que le travail a débuté.
En position assise ou couchée, le médecin anesthésiste va vous demander de faire le dos rond et de bien respirer. Placé derrière vous, il va commencer par désinfecter le bas de votre dos, puis fera une injection dans la région lombaire à l'aide d'une anesthésie locale: il place une aiguille entre la 3ème et 4ème vertèbre lombaire, puis pose un cathéter entre deux contractions, afin de permettre le passage du produit analgésique pendant toute la durée de l'accouchement. Rassurez-vous, la pose de ce cathéter ne fait pas mal, vous ressentirez juste un petit pincement léger. L'effet du produit commence à se ressentir au bout de 10 minutes et les douleurs disparaissent entre 20 et 30 minutes après, permettant d'insensibiliser la partie basse du corps afin d'anesthésier les nerfs du petit bassin. Les douleurs sont ainsi moins fortement ressenties. Si vous êtes émotive ou que les piqûres ont tendance à vous faire tomber dans les pommes, peut-être que votre tension artérielle va un peu chuter. C'est assez courant et le médecin vous demandera simplement de vous allonger sur le côté gauche juste après. Et voilà : la péridurale est posée, ça n'a pris que quelques minutes et déjà au bout de 15 minutes environ, vous ne ressentez plus les douleurs des contractions.
Les avantages de la péridurale
La péridurale présente plusieurs avantages qui peuvent contribuer à une expérience d'accouchement positive :
- Soulagement de la douleur : Le principal avantage de la péridurale est le soulagement significatif de la douleur pendant le travail. Grâce à la péridurale, les douleurs des contractions, de la descente du bébé dans le bassin et de sa naissance proprement dites sont contrôlées. La péridurale permet d’atténuer voire de supprimer les douleurs provoquées par les contractions de l’utérus pendant le travail et lors de l’accouchement. En réduisant la douleur, la péridurale favorise le repos entre les contractions, ce qui est essentiel pour récupérer de l’énergie.
- Contrôle pendant l'accouchement : Les femmes qui reçoivent une péridurale peuvent rester conscientes et actives pendant le processus d'accouchement, bien qu'elles puissent éprouver moins de douleur. Ainsi, justement dosée, vous pourrez sentir bébé descendre et vous aurez alors naturellement envie de pousser… la douleur en moins et ça, c’est appréciable, surtout quand vous êtes là depuis des heures (voire une journée…).
- Pertinence des interventions : Si des interventions, comme une épisiotomie ou une césarienne, s'avèrent nécessaires, la péridurale peut rendre ces procédures moins stressantes pour la patiente. Bénéficier de la péridurale permet alors d’éviter une anesthésie générale. La pratique d'une épisiotomie sous péridurale ne provoque que très peu de douleurs.
- Sérénité: En plus de soulager les contractions douloureuses mais aussi la sortie du bébé, la péridurale vous aidera à vous tranquilliser afin d’accueillir votre petit bout de chou dans les meilleures conditions qu’il soit. Sereine, vous serez à l’écoute des consignes de la sage-femme et pourrez faire naître bébé dans le calme. Selon l’expérience de certaines femmes, moins souffrir durant le travail aide à accueillir l’enfant plus sereinement. La péridurale est souvent conseillée aux femmes qui désirent éviter d'avoir trop mal au moment de l'accouchement.
Les inconvénients de la péridurale
Il est important de prendre en considération les potentiels inconvénients de cette pratique :
- Temps d'installation : La péridurale nécessite un certain temps pour être mise en place et peut retarder le soulagement immédiat de la douleur. Posée bien avant l’accouchement, la péri, pour les intimes, met environ 15-20 minutes pour agir totalement… et pour que vous bénéficiez de son effet anesthésiant (ce moment où vous rêvez d’épouser l’anesthésiste).
- Chutes de pression : Dans certains cas, la péridurale peut provoquer des baisses de pression artérielle, ce qui peut nécessiter une surveillance accrue.
- Impact sur la mobilité : Les femmes ayant reçu une péridurale peuvent rencontrer des difficultés pour se déplacer pendant le travail, ce qui peut rendre certaines positions douloureuses plus difficiles à adopter. La pose d’une péridurale empêche la future maman de se lever et de marcher, ce qui peut ralentir l’accouchement. Pensez également aux suites après l’accouchement : même si les effets de la péridurale se dissolvent assez rapidement, vous ne pourrez pas vous lever les prochaines heures sans la présence d’une infirmière… Là où l’accouchement naturel vous permet d’être debout tout de suite.
- Effets secondaires: Même si la péridurale est vraiment tentante - et que vous donneriez père et mère pour en bénéficier quand vous avez une contraction -, elle n’a pas que des avantages. Chute de tension, mal de tête, engourdissement des jambes, elle n’est pas sans conséquence, bien qu’inoffensive pour le bébé. Comme toute intervention médicale, la péridurale est susceptible d’entraîner des complications. Parmi les plus bénignes, on compte les chutes de tension, les maux de tête, les vertiges, les engourdissements des jambes ou encore les difficultés à uriner. Les effets secondaires sont généralement légers et temporaires (fourmillements dans les jambes, sensation de chaleur, baisse de la tension artérielle qui peut se traduire par des nausées et/ou des vomissements).
- Action incertaine: Il vous faudra attendre que vous soyez dilatée à 3-4 cm pour en bénéficier : il y a donc un certain nombre de contractions que vous aurez l’immense privilège de ressentir, surtout si l’anesthésiste tarde à venir. Et c’est sans compter les petits problèmes d’anesthésie qui n’agit pas ou que d’un côté… Eh oui, ce n’est pas une science exacte ! (Mais cela reste peu fréquent.) De même quand, vous arrivez à la maternité, vous ne savez pas où vous en êtes de votre dilatation… Parfois il est trop tard pour la poser… Tout miser sur cette anesthésie locale n’est donc pas toujours judicieux : mieux vaut se préparer à l’éventualité de faire sans. Contrairement aux idées reçues, la péridurale ne marche pas à tous les coups. Il arrive, pour des raisons difficilement identifiables, qu’elle ne fonctionne que partiellement ou sur une durée limitée. De même, pour certaines femmes, le travail est si rapide que la péridurale n’a pas le temps d’être posée.
- Risque d'accouchement plus long: Bien que cette question fasse encore débat dans le milieu médical, la littérature scientifique tend à montrer que le recours à la péridurale est synonyme d’un accouchement plus long. Pour cause, cette technique d’anesthésie peut freiner la dilatation du col de l’utérus ainsi que la progression du bébé dans le bassin. Un accouchement avec péridurale est nécessairement plus médicalisé qu’un accouchement naturel.
- Dosage : Quant au dosage à la pompe de la péridurale, elle a un inconvénient : si l’équipe ne vous tient pas au courant régulièrement de l’avancement du travail, vous risquez de vous en remettre une dose alors que vous êtes à dilatation complète. Et là, vous ne sentirez plus rien, et pourrez avoir du mal à pousser efficacement.
Quand demander une péridurale ?
La décision de demander une péridurale dépend de vos préférences personnelles et de la situation lors de l'accouchement. Voici quelques éléments à considérer :
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- Sensation de douleur : Si vous ressentez que la douleur devient trop intense et difficile à gérer, c'est un bon moment pour discuter des options d'anesthésie avec votre équipe médicale. Vous décidez vous-même du moment où vous souhaitez qu’on vous injecte la péridurale.
- Progression du travail : Il est souvent préférable d'attendre que le travail soit bien engagé avant de demander une péridurale, car cela peut augmenter son efficacité. La péridurale est proposée à toutes les femmes enceintes. Toutefois, il faut savoir que celle-ci est mise en place entre 3cm et 6cm d’ouverture du col. Très rarement après. Pour poser une péridurale, l’anesthésiste-réanimateur va d’abord identifier l’espace péridural, juste à l’extérieur de la membrane qui entoure les nerfs rachidiens. Il réalise ensuite une anesthésie locale, qui ne provoque généralement qu’un léger picotement et une sensation de chaleur. Puis il insère l’aiguille jusqu’à l’espace péridural, et un cathéter très fin est vissé par l’aiguille dans cet espace. C’est par ce cathéter que le produit anesthésiant est injecté à intervalles réguliers au moyen d’une pompe. On peut la poser dès que le travail a commencé (c’est-à-dire dès que les contractions sont régulières et que le col se modifie). Sauf cas particulier, la sage-femme informe la parturiente qu’elle est éligible à l’analgésie péridurale et l’anesthésiste la pose dès que la patiente le souhaite.
Idées reçues sur la péridurale
Il existe de nombreuses idées reçues et des mythes circulent autour de son utilisation. Cet article a été conçu pour démystifier la péridurale en apportant des réponses claires basées sur des faits et des études.
- La péridurale est toujours nécessaire : Faux. La péridurale n'est pas obligatoire. Chaque femme a des préférences différentes concernant la gestion de la douleur pendant l'accouchement. Certaines optent pour la péridurale, tandis que d'autres choisissent des méthodes alternatives, comme l'accouchement naturel avec des techniques de relaxation ou l'utilisation de médicaments comme le gaz hilarant. Il est important d'explorer différentes options et de discuter avec votre professionnel de santé pour déterminer ce qui vous convient le mieux.
- La péridurale ne fonctionne pas pour tout le monde : Vrai. Bien que la péridurale soit efficace pour la plupart des femmes, il existe des cas où elle peut ne pas apporter un soulagement total. Cela peut être dû à divers facteurs, tels que la position de la péridurale ou la manière dont le corps réagit à l'anesthésie. Dans certains cas, des « zones de douleur » peuvent subsister, même après l'administration de la péridurale.
- La péridurale ralentit le travail : Faux. Des études montrent que la péridurale n'a pas nécessairement un impact négatif sur le travail, mais elle peut avoir des effets variés selon les femmes. Bien que certaines puissent constater que leur travail est ralenti, d'autres ne ressentent aucune différence. L'administration de la péridurale peut rendre le travail plus confortable, ce qui pourrait même permettre une meilleure progression pour certaines femmes.
- La péridurale augmente le risque de césarienne : Faux. Il existe un mythe selon lequel la péridurale augmenterait le risque de césarienne, mais les études n'ont pas confirmé un tel lien. Les césariennes peuvent être nécessaires pour diverses raisons médicales, et l'utilisation de la péridurale ne serait qu'un facteur parmi d'autres. Il est essentiel de discuter de vos préoccupations avec votre médecin pour obtenir des informations précises et personnalisées.
- La péridurale est dangereuse : Faux. La péridurale est généralement considérée comme une procédure sûre lorsque réalisée par un professionnel qualifié. Comme pour toute intervention médicale, il existe des risques, mais les complications graves sont rares. Les effets secondaires les plus communs sont des maux de tête, des nausées ou une douleur au site de l'injection. Il est crucial de suivre les conseils et recommandations de votre anesthésiste.
Alternatives à la péridurale
Il existe d’autres moyens de lutter contre la douleur pendant l’accouchement. Certaines reposent sur les techniques de relaxation et de respiration profonde, d’autres sur les principes de l’acupuncture.
- La rachi-anesthésie : elle insensibilise la moitié inférieure du corps. Son effet est plus rapide que celui de la péridurale mais les risques d’accidents d’hypotension seraient plus importants. Parfois, au cours d’un accouchement sans péridurale, si le médecin souhaite une anesthésie rapide, l’anesthésiste va pratique une rachianesthésie. À la différence de la péridurale, l’anesthésique est alors injecté au contact de la moelle épinière, dans le liquide dans lequel elle baigne.
- L’anesthésie locale consiste en une injection d’analgésique dans les muscles du périnée qui permet d’atténuer la douleur due à une épisiotomie ou à l’emploi des forceps, mais elle ne supprime pas les douleurs des contractions.
- Des pratiques moins « médicalisées » se développent également de plus en plus. L’acupuncture, la sophrologie, l’haptonomie ou les massages sont autant de méthodes de préparation à l’accouchement qui aident, en principe, à mieux tolérer la douleur.
Contre-indications
La consultation obligatoire d’anesthésie qui précède l’accouchement est le meilleur moment pour choisir ou refuser la péridurale. Le jour de l’accouchement, autant que faire se peut, il est donc préférable de ne pas arriver trop tard à la maternité ! Parfois, on ne peut pas faire cette anesthésie en raison de certaines contre-indications médicales. Les troubles de la coagulation, qu’ils soient héréditaires, liés à la grossesse ou à la prise de certains médicaments, en font partie. Une infection locale comme des furoncles dans le bas du dos ou une fièvre (température inférieure à 38°) peuvent aussi être des obstacles. Une déformation de la colonne vertébrale, une scoliose ou une opération d’une hernie discale par exemple, peuvent compliquer la pose de la péridurale. Dans ces cas, elle peut être moins efficace mais elle reste toutefois envisageable.
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