La relation entre un patient et son psychologue est un espace unique, fondé sur la confiance et la confidentialité. Cependant, cette relation particulière soulève des questions importantes concernant les limites de l'intimité, la normalité des sentiments d'attirance et les implications éthiques des relations sexuelles entre un thérapeute et son patient.

Intimité et Limites dans la Relation Thérapeutique

Lors d'une séance avec un psychologue, il est courant d'aborder des sujets intimes, comme la sexualité. Il est important de se rappeler qu'il n'y a aucune obligation de tout révéler. Le cabinet d'un psy est un lieu où la parole doit trouver sa place en toute liberté. Parler de sexe est tout à fait normal, tant que cela reste un choix personnel et que le professionnel n'est pas intrusif.

La sexualité est centrale dans la problématique de chacun et en parler à son psy peut être important, si le besoin s'en fait ressentir. Il existe mille façons de parler de soi et de sa sexualité, et il n'est pas obligatoire d'aborder les sujets frontalement.

L'Attirance envers Son Thérapeute : Un Phénomène Courant

Ressentir de l'attirance pour son thérapeute est plus fréquent qu'on ne le pense. Le thérapeute connaît nos secrets les plus intimes et devient parfois notre plus proche confident. Ce genre d'attirance n'est pas inhabituel et il est probable que votre thérapeute y ait déjà été confronté.

Ce phénomène est souvent lié au transfert, un report émotionnel d'une relation à une autre. Le patient projette sur son thérapeute des expériences passées, ce qui explique souvent les schémas relationnels qu'il reproduit.

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Il est important de comprendre pourquoi vous éprouvez ces sentiments. La thérapie établit une relation personnelle très positive et stimulante, si bien qu'il n'est pas inhabituel de voir naître de tels sentiments. L'admiration et la gratitude ressenties peuvent se cristalliser en béguin platonique.

Si votre thérapeute fait bien son travail, il vous ménage un espace dans lequel vous ne craignez pas de vous montrer vulnérable. Peut-être associez-vous cette situation au fait d'être aimé. Si l'on se sent seul(e) ou en danger, il est naturel de développer des sentiments pour celui ou celle qui prend soin de nous. On projette souvent sur les thérapeutes l'image des personnes de notre vie avec qui nous n'avons pas entretenus les relations désirées.

En fonction de la formation du thérapeute, celui-ci peut s'appuyer sur les expériences émotionnelles de son patient pour traiter d'autres facettes de sa vie. Une certaine attirance peut aussi servir de révélation, en prenant conscience qu'on éprouve des sentiments pour la personne qui prend soin de nous parce qu'on n'a peut-être pas l'habitude d'être l'objet d'une telle attention.

Il est important de comprendre que ce ne sont que des émotions, et que la façon dont vous les gérez en détermine la valeur. Bon nombre de thérapies encouragent l'expression de ce genre de ressenti. Si vous décidez d'en faire part à votre thérapeute, sachez que cela fait bel et bien partie du processus.

L'Interdit des Relations Sexuelles : Déontologie et Abus

Il est crucial de comprendre que le thérapeute ne vous rendra pas la pareille, car ce serait enfreindre un interdit fondamental. Tant que l'on considère ces émotions comme un élément à traiter plutôt que comme le moteur d'une action, tout va bien. Votre thérapeute saura vous aider à comprendre si vos sentiments peuvent être dépassés ou si ceux-ci gênent l'analyse entamée ensemble.

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Si l'attirance sexuelle que vous ressentez entrave votre évolution, il serait sans doute préférable de consulter quelqu'un d'autre. Il est tout à fait possible de trouver un nouvel analyste sans avoir à revenir à la case départ ou à défaire tout le travail déjà réalisé.

Dès les débuts de la psychanalyse, Freud a instauré l’interdit des relations sexuelles entre psy et patient comme règle de base. Non par souci de moralisme, mais pour avoir constaté que le psy doit s’effacer, s’oublier en tant qu’individu, afin de permettre au patient d’explorer son inconscient et ses fantasmes.

Aujourd'hui, les relations intimes et sexuelles sont clairement interdites par les codes de déontologie des organisations professionnelles de psys. Malheureusement, cela n'empêche pas certains thérapeutes de confondre leur cabinet et leur chambre à coucher.

Les Conséquences des Relations Sexuelles Thérapeute-Patient

Les relations sexuelles entre un thérapeute et son patient sont toujours nocives, car elles sont vécues comme un inceste. Le psy symbolise le père tout-puissant et omniscient, qui ne saurait se tromper. Le patient étant sous influence, il lui est difficile de dire non.

Les patientes abusées, comme les enfants victimes d’inceste, se sentent coupables, ne parviennent pas à incriminer le véritable responsable, et ont envie de mourir. Selon une étude helvétique, 95 % des patientes ayant eu une relation amoureuse avec leur thérapeute présentent effectivement ces symptômes.

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Pour guérir de ce drame et faire le deuil de l’expérience traumatisante, les thérapeutes préconisent une thérapie avec un nouveau psy. Il faut avoir suffisamment d’estime de soi pour s’opposer aux manœuvres d’un psy trop insistant. Il est conseillé d’envoyer des courriers au conseil de l’ordre des médecins et aux organisations professionnelles de psys, pour qu’une trace existe.

Codes de Déontologie et Responsabilités Professionnelles

Le Code de déontologie des psychologues stipule que le psychologue a pour obligation de ne pas exploiter une relation professionnelle à des fins personnelles. Le psychologue n’use pas de sa position à des fins personnelles, de prosélytisme ou d’aliénation économique, affective ou sexuelle des personnes qu’elle rencontre.

La déontologie médicale proscrit l’abus de faiblesse des patients par les médecins, et plus particulièrement les relations intimes et actes à caractère sexuel de médecin à patient, au regard de l’obligation éthique du respect du patient et de sa dignité.

Il est important de rappeler que le consentement implique une relation qui ne soit pas une relation (psycho)thérapeutique entre un·e professionnel·le et un·e patient·e. Il est impossible dans une telle relation de pouvoir. Si un·e professionnel·le s’autorise à avoir une relation sexuelle dans ce cadre ou à sexualiser la relation, il s’agit forcément d’une situation de violence sexiste et·ou sexuelle.

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