Le curetage, également appelé aspiration, est une intervention médicale qui peut susciter des appréhensions. Cet article vise à démystifier cette procédure, en expliquant son déroulement, les situations dans lesquelles elle est pratiquée, et les implications pour la santé des femmes.
Définition et contexte du curetage
Le curetage est une intervention chirurgicale consistant à retirer, à l'aide d'un instrument appelé curette (ou par aspiration), tout ou partie du contenu d'une cavité naturelle, généralement l'utérus. Le terme est souvent utilisé pour désigner l'aspiration utérine. Il est parfois nécessaire à la suite d'une grossesse interrompue, qu'elle soit volontaire (IVG) ou spontanée (fausse couche). Après une IVG ou une fausse couche, l’utérus expulse naturellement l’embryon. Mais il arrive parfois que la grossesse ne "sorte" pas complètement, et qu'il reste, dans l'utérus, des débris comme des morceaux, des caillots, du placenta…
Le curetage peut également être réalisé à des fins de diagnostic, par exemple pour effectuer une biopsie de l’endomètre en cas de suspicion d'un cancer de l'endomètre, qui est fréquent chez la femme. En effet, il se classe 4e derrière le cancer du sein, le cancer du poumon et le cancer colorectal. Conjointement à cet examen, une hystéroscopie est pratiquée. Dans le cadre d'une PMA (Procréation Médicalement Assistée), un curetage peut être réalisé afin de favoriser l'implantation de l'embryon dans l'endomètre.
Déroulement du curetage
Un curetage de la cavité utérine se déroule au bloc opératoire sous anesthésie locale ou générale, selon la demande de la patiente (pour des raisons pratiques ou personnelles). Avant d'être hospitalisée pour son intervention chirurgicale, la femme reçoit généralement un tranquillisant, puis est placée sous perfusion.
Le médecin dilate le col de l'utérus avec des bougies (des instruments qui ont la forme de fines tiges en métal), avant d'y insérer un canule, un tube avec un diamètre allant entre 6 et 10 millimètres, qui lui permettra d'aspirer soit les cellules mortes, soit la grossesse entière. Une échographie est ensuite faite pour vérifier que l'utérus est bien vide. Ce n'est pas une intervention chirurgicale lourde, comme on l'imagine !
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L’IVG chirurgicale (ou instrumentale) consiste en la dilatation du col de l’utérus et l’évacuation du contenu utérin par aspiration. Le terme curetage ne correspond plus aux pratiques actuelles. L’IVG chirurgicale est faite par un ou une médecin ou un· sage-femme, sous anesthésie locale ou sous anesthésie générale (seulement en centre hospitalier) et nécessite dans la plupart des cas une hospitalisation inférieure ou égale à 12 heures. L’aspiration peut être précédée par une préparation cervicale qui consiste en la prise de prostaglandine ou de mifépristone la veille au soir ou le matin de l’aspiration. Elle est recommandée pour les nullipares (femmes n’ayant jamais eu d’enfant) et pour les aspirations à partir de 10 semaines d’aménorrhée. Il est important d’informer les femmes qu’elle peut donc occasionner des saignements et douleurs (voir IVG médicamenteuses) et qu’il est possible de demander des antalgiques. Exceptionnellement, une dilatation mécanique du col par laminaires (Dilapan) est utilisée.
Le choix de l’anesthésie locale ou générale pour une interruption de grossesse, en l’absence de contre-indications médicales, devrait être fait par la femme. Il est possible de réaliser une ivg chirurgicale sous anesthésie locale du col de l’utérus (injection de xylocaïne). Cette anesthésie peut alors être accompagnée du MEOPA, c’est-à-dire d’une inhalation de gaz qui produit une détente. Il sera parfois donné également un médicament à la patiente pour compléter la détente. Une consultation préalable est obligatoire pour une anesthésie générale. L’accompagnement à la sortie de l’établissement est demandé mais si vous souhaitez sortir seule vous pouvez signer une décharge. Pour rappel pour une anesthésie générale, il faut être totalement à jeun (nourriture solide et liquide) et ne pas avoir fumé. L’anesthésie, (injection d’analgésique), dure une vingtaine de minutes avec une surveillance de 1h à 2h après l’IVG en salle post interventionnelle (avec d’autres personnes opérées). Sauf exception, le temps d’hospitalisation est d’une demi-journée.Il est important de s’informer le plus tôt possible car le délai de rendez-vous de 5 jours pour une IVG chirurgicale recommandé par la Haute Autorité de Santé (HAS) peut être plus long en pratique.
Dans le domaine médical, le curetage désigne le geste chirurgical qui consiste à retirer (au moyen d'un instrument ressemblant à une cuillère, généralement nommé “curette”) tout ou une partie d'un organe d'une cavité naturelle. On emploie généralement ce terme au sujet de l’utérus. IVG, fausse couche… On peut réaliser un curetage à des fins de diagnostic, par exemple pour effectuer une biopsie de l’endomètre, mais aussi, et surtout, à des fins thérapeutiques, pour éliminer les résidus d’endomètre qui n’auraient pas été évacués naturellement. C’est notamment le cas lorsqu’une fausse couche spontanée ou provoquée n’a pas permis l’expulsion complète de l’embryon (ou du fœtus), l'évacuation du placenta et de l’endomètre. Par extension, le terme de curetage est employé pour parler de la technique d’aspiration, qui est moins invasive, moins douloureuse et moins à risque pour la femme qu’un curetage “classique”. S’il faut réaliser un curetage pour éliminer des résidus de placenta ou d’endomètre, c’est parce que ces tissus peuvent à terme entraîner des complications, telles qu’une hémorragie, une infection ou une infertilité. Mieux vaut donc les retirer avec soin, après avoir laissé un peu de délai pour une éventuelle expulsion naturelle, ou à l’aide de médicaments. Un curetage de l’utérus se réalise au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. Elle est conduite par un chirurgien gynécologue, qui peut parfois administrer un produit pour dilater le col de l’utérus avant l’intervention afin de pouvoir plus facilement accéder à la cavité utérine. Courte, l’intervention s’effectue le plus souvent en ambulatoire, avec une sortie le jour-même.
Le curetage se fait sous anesthésie générale par les voies naturelles. La position est "gynécologique", c'est-à-dire les jambes remontées et écartées. Le chirurgien s'installe face à l'utérus de sa patiente et, grâce à des instruments de diamètres progressifs (appelés "bougies de Hegar"), dilate le col. Puis il pratique le curetage : Le curetage par aspiration consiste à insérer une canule dans le vagin de la patiente et d'aspirer le contenu. Une consultation d'anesthésie est programmée au minimum 48 heures avant l'intervention avec un médecin anesthésiste. Le jour J, l'intervention se pratique au bloc opératoire, sous anesthésie générale ou parfois locorégionale (péridurale ou rachianestésie) par un chirurgie-gynécologue. Après l'intervention, vous séjournez en salle de réveil durant quelques heures avant qu'un-e infirmier-e vous ramène dans votre chambre, où vous pourrez prendre une légère collation.
Quand votre tour sera arrivé, vous irez en salle d’intervention. Vous vous installerez dans un fauteuil gynécologique. L’intervention sera réalisée par un médecin orthogéniste (spécialiste en IVG). Il est assisté d’au moins un membre infirmier. Si vous avez opté pour une sédation (profonde), un somnifère à courte durée d’action vous sera administré par une perfusion posée sur votre bras. Vous vous endormirez en l’espace de 30 secondes. Vous dormirez tout le temps de l’intervention. La sédation profonde n’est donc pas une anesthésie générale. Si vous avez opté pour une anesthésie locale, le médecin procèdera par de petites injections dans le col de l’utérus. Vous ne sentirez quasiment rien. Les IVG sur les patientes enceintes de plus de 13 semaines sont généralement réalisées sous sédation profonde. La durée de l’intervention est de 5 à 25 minutes ; elle varie en fonction du stade de la grossesse. Vous vous réveillerez presque immédiatement après l’intervention. L’infirmière vous reconduira en salle de repos.
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Douleur et aspects psychologiques
On dit que l'échelle douleur est de 6/10. Mais la douleur varie selon les femmes : elle peut être supportable pour certaines, et pas du tout pour d'autres.
Le contexte a son importance : une femme, qui vient de subir une fausse couche, sera très probablement plus frustrée et affaiblie psychologiquement qu'une autre, qui a demandé une IVG et qui peut se sentir comme "libérée d'un poids", par exemple.
Quand la grossesse était désirée, mettre des mots sur cette perte, reconnaître l’existence d’un petit être dont on a souhaité la venue et lui dire au revoir… Le travail de deuil est important. Pour une IVG, l’aspect psychologique est aussi fondamental. IVG ou fausse couche, chaque femme et chaque couple vit cet événement à sa façon. Médicalement, une grossesse après un curetage bien réalisé ne présente pas plus de risques qu’une grossesse classique. Il n’y a pas plus de risque de fausse couche après un curetage.
Suivi post-curetage et risques
Après l'intervention, la patiente ne ressent normalement aucune douleur. Néanmoins, des saignements peuvent durer pendant une quinzaine de jours maximum. Pendant cette période, les bains, comme les rapports sexuels, sont à proscrire. Après l'intervention, si la femme a de la fièvre ou ressent des douleurs, qu'elle n'hésite pas à consulter : elle développe peut-être une infection. Le médecin vérifiera alors que tout est bien parti. Un arrêt de travail est prescrit si la femme le désire.
Après l'intervention, vous séjournerez en salle de repos pendant encore une heure au moins. Pendant ce temps, des antibiotiques seront administrés pour prévenir les infections. La durée de votre hospitalisation dépend du stade de votre grossesse, de votre état de santé et de votre réaction aux médicaments. Vous ne pourrez sortir qu’après avoir été revue par le médecin ou un membre infirmier. Si vous avez été mise sous sédation (profonde), vous n’êtes pas autorisée à prendre la route durant les 24 heures qui suivent votre sortie (vous ne devez pas faire de vélo, ni conduire une voiture, un scooter ou un deux-roues motorisé). Les effets du somnifère perdurent en effet pendant 24 heures, ce qui vous rend moins vigilant.
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Une consultation de contrôle a lieu entre le 14ème et le 21ème jour après l’intervention d’interruption de grossesse. Elle permet de s’assurer qu’il n’existe pas de complication, d’informer et de prescrire une méthode de contraception et, si la personne le souhaite, d’avoir un entretien psycho-social post IVG.
Lorsque l’IVG est réalisée dans de bonnes conditions (personnel formé, matériel stérile, établissement équipé, etc.), comme c’est le cas en France, les complications sont peu fréquentes. Dans de rares cas, il est possible que des lésions au niveau du col de l’utérus ou de la paroi utérine surviennent au cours de l’intervention. Comme pour toute intervention, des complications liées à l’anesthésie peuvent survenir (allergie aux produits d’anesthésie par exemple). Ces complications sont rares et la consultation d’anesthésie préopératoire permet de réduire considérablement ces risques. Les complications suite à l’intervention sont les mêmes que pour l’IVG médicamenteuse : une hémorragie, une infection ou des douleurs persistantes malgré la prise de médicaments antidouleurs. Il est possible dans de très rares cas que la grossesse ne soit pas totalement aspirée. Dans cette situation, une seconde intervention peut parfois être nécessaire. Même si ces complications sont rares en pratique, vous en serez informée lors de la procédure d’IVG pour vous y préparer au mieux. Ainsi, dans les jours suivant l’IVG, si vous présentez l’un ou plusieurs des symptômes/signes suivants, vous devez alors rapidement contacter le professionnel de santé qui vous a suivie pour l’IVG, car cela peut être un signe de complication: de la fièvre, avec une température supérieure à 38 °C ; des pertes très abondantes de sang (si vous devez changer de serviette hygiénique toutes les 30 minutes (serviette taille maxi) pendant plus de deux heures de suite); un malaise ; de très fortes douleurs abdominales qui persistent malgré la prise des antidouleurs. Afin de s’assurer de l’absence de complications post IVG, une consultation de contrôle est programmée 14 à 21 jours suivant l’IVG.
Le curetage réalisé avec une “curette” est un geste invasif, qui, comme tout geste au niveau de l’utérus, peut créer des adhérences dans la cavité utérine. Il arrive alors, dans de rares cas, que ces blessures et adhérences rendent difficile la survenue d’une nouvelle grossesse, ou encore qu’elles gênent l’évacuation des règles. On appelle syndrome d’Asherman, ou synéchie utérine, une maladie utérine caractérisée par la présence d’adhérences dans l’utérus, et pouvant survenir à la suite d’un curetage mal conduit.
Une fois que l’on s’est assuré via une échographie qu’aucun résidu de muqueuse utérine (ou endomètre) ou de placenta n’avait échappé au curetage, et que la cavité utérine est donc saine, rien en théorie ne s’oppose à la survenue d’une nouvelle grossesse. En pratique, c’est à chaque femme et à chaque couple de savoir s’ils se sentent prêts à retenter de mener à bien une grossesse. Physiquement, des saignements et des douleurs de type douleurs menstruelles peuvent avoir lieu dans les jours qui suivent le curetage. Et psychologiquement, il peut être important de prendre le temps. Car une fausse couche ou une IVG peuvent être vécues comme des épreuves difficiles.
Impact sur la fertilité
Aspirer le contenu de l'utérus ne rend absolument pas stérile, même si l'intervention est répétée, 3, 4, 5 fois chez une même femme.
Alternatives au curetage : l'hystéroscopie
Le curetage traditionnel peut présenter un risque plus élevé de complications, telles qu’une infection, des lésions de l’utérus ou des saignements excessifs, en raison de la nature plus invasive de l’intervention. Le rétablissement après un curetage traditionnel peut être plus long, car il s’agit d’une procédure plus invasive. Les patientes peuvent ressentir des douleurs abdominales, des saignements et une gêne pendant plusieurs jours. Diagnostic et traitement : l’hystéroscopie permet non seulement d’enlever du tissu utérin, mais aussi de visualiser directement la cavité utérine. Cela en fait un outil utile pour le diagnostic et le traitement des affections utérines telles que les polypes, les fibromes, les septa utérins ou les adhérences. En résumé, alors que le curetage traditionnel est une procédure invasive pour enlever le tissu utérin, l’hystéroscopie est une technique moins invasive qui permet une visualisation et un traitement plus précis des problèmes à l’intérieur de la cavité utérine. L’hystéroscopie et le curetage sont des procédures utilisées dans différentes situations gynécologiques. Moins invasive : l’hystéroscopie est une procédure moins invasive que le curetage. Un risque de complications plus faible : L’hystéroscopie présente un risque de complications plus faible que le curetage traditionnel. Un rétablissement plus rapide : après une hystéroscopie, le rétablissement est généralement plus rapide que lors d’un curetage traditionnel. Diagnostic et traitement combinés : l’hystéroscopie permet une visualisation directe de la cavité utérine, ce qui facilite à la fois le diagnostic et le traitement de diverses affections utérines. Préservation du tissu utérin : l’hystéroscopie préserve la plus grande partie du tissu utérin, car elle se concentre sur l’ablation sélective de zones spécifiques d’intérêt.
Préparation à un curetage
Si vous venez pour une IVG chirurgicale par aspiration ou pour un avortement instrumental, assurez-vous d'être à jeun. Assurez-vous d’avoir une bonne hygiène corporelle. Prenez une douche avant de vous rendre à la clinique. Si vous venez pour une IVG chirurgicale ou pour un avortement instrumental, et si vous des piercings sur la langue ou sur les parties génitales, retirez-les chez vous rendre. Si vous avez de faux ongles, enlevez-en au moins un. Lire la suiteVous ne devez pas consommer de drogues durant les 24 heures qui précèdent l’avortement. Assurez-vous d’avoir sur vous tout ce dont vous aurez besoin pour l’intervention. Quelle que soit la méthode d’IVG, nous vous demanderons dans tous les cas une pièce d’identité, une carte ou un contrat d’assurance, ainsi que la lettre de liaison (si vous en avez une). Si vous venez pour une IVG chirurgicale par aspiration ou pour un avortement instrumental, vous aurez aussi besoin de quelques vêtements de rechange. Faites en sorte d’arriver à l’heure ! Si vous avez du retard, veuillez immédiatement en informer la clinique. En fonction de la raison de votre retard et du type de rendez-vous, nous déciderons de maintenir ce dernier ou de convenir d’une nouvelle date.
Effets secondaires communs après un hystérocuretage
Après le traitement hystérocuretage, vous pouvez ressentir des sensations et des effets secondaires communs. Saignements et pertes vaginales : il est normal d’observer des saignements ou des pertes vaginales au cours des premiers jours suivant l’hystérocuretage. L’importance et la durée de ces saignements peuvent varier, mais ils devraient généralement diminuer progressivement. Douleur et gêne : vous pouvez ressentir un certain degré de douleur ou de gêne dans la région pelvienne après le traitement. Il peut s’agir de légères crampes, de ballonnements ou d’une gêne de type menstruel. Votre médecin peut vous recommander des analgésiques en vente libre pour soulager l’inconfort. Repos et activité physique : Votre médecin peut vous recommander de vous reposer pendant les premières heures ou les premiers jours suivant l’hystérographie. Ensuite, vous pourrez reprendre progressivement vos activités quotidiennes normales. Soins du col de l’utérus : après une hystérocuretage, votre médecin peut vous recommander d’éviter les rapports sexuels, les tampons ou les douches vaginales pendant une période donnée. Résultats et suivi : Les résultats et le suivi peuvent varier en fonction de la raison spécifique de l’hystérochirurgie.
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