Les vertiges positionnels, en particulier ceux ressentis lorsqu'on se couche, peuvent être déconcertants et affecter significativement la qualité de vie. Cet article vise à explorer les causes, les symptômes, les diagnostics et les traitements de ces vertiges, en mettant l'accent sur le vertige paroxystique positionnel bénin (VPPB), une cause fréquente de cette condition.

Qu'est-ce qu'un Vertige ?

Le vertige est une illusion de mouvement, une sensation anormale de déplacement de soi-même ou de l'environnement. La personne a l’impression que ce qui l’entoure bouge (murs, plafond, objets…), ou ressent une sensation anormale de déplacement. Cette illusion peut être rotatoire (comme sur un manège), verticale (comme dans un ascenseur), ou se manifester par un balancement ou une sensation de chute. Les vertiges peuvent être isolés ou répétitifs, et parfois accompagnés de symptômes tels que nausées, vomissements, sueurs, perte d’audition, acouphènes et maux de tête.

Il est important de distinguer le vertige des sensations vertigineuses, qui sont plus proches d'une sensation de déséquilibre, d'instabilité (comme le tangage d'un bateau), d'ébriété ou de chute imminente, sans impression de mouvement de l'environnement.

Vertige Positionnel Paroxystique Bénin (VPPB) : Une Cause Fréquente

Le vertige positionnel paroxystique bénin (VPPB) est la cause la plus fréquente de vertiges. Il se caractérise par de brefs épisodes de vertiges rotatoires déclenchés par des changements de position de la tête. Ces épisodes durent généralement moins de 60 secondes et sont associés à un nystagmus (mouvement involontaire des yeux), sans signe cochléaire ni neurologique. Le VPPB est souvent déclenché lorsqu'une personne est allongée dans son lit et se tourne sur le côté, ou lors d'un changement de position comme se lever du lit, incliner la tête en arrière ou regarder en l'air.

Causes du VPPB

La physiopathogénie du VPPB est aujourd'hui bien établie. Elle implique une pathologie du canal semi-circulaire postérieur, elle-même secondaire à une atteinte de la macule utriculaire. Cette lésion se caractérise par un détachement des otoconies (petits cristaux de calcium) de la macule utriculaire, qui se déposent à l’endroit le plus déclive de la cavité labyrinthique, c’est-à-dire sur l’ampoule du canal postérieur. Ces otolithes détachés irritent les récepteurs dans les canaux semi-circulaires de l'oreille interne, perturbant ainsi l'équilibre.

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Dans certains cas, le VPPB est idiopathique (sans cause identifiable), mais il peut aussi être secondaire à d'autres pathologies, comme un traumatisme crânien ou une infection de l'oreille interne.

Diagnostic du VPPB

Le diagnostic du VPPB repose sur l'observation d'un nystagmus torsionnel géotropique, vertical supérieur, épuisable et paroxystique, apparaissant après un temps de latence lors de la manœuvre de Dix et Hallpike. Cette manœuvre consiste à basculer rapidement le patient, assis jambes pendantes, vers le côté déclenchant. Si le tableau clinique est typique, il n’est pas toujours nécessaire de faire des examens complémentaires.

Traitement du VPPB

Le traitement du VPPB repose essentiellement sur des manœuvres kinésithérapiques, telles que la manœuvre libératoire de Sémont ou la manœuvre d'Eppley. Ces manœuvres visent à déplacer les otolithes hors du canal semi-circulaire affecté. La manœuvre de Gufoni et al. est également recommandée.

La manœuvre de Sémont consiste à faire passer rapidement le patient de la position couchée sur le côté atteint à la position couchée sur le côté sain, sans modifier la position de la tête. L’apparition après quelques secondes de latence d’un vertige rotatoire (ainsi que d’un nystagmus) atteste habituellement de l’efficacité de la manœuvre.

Après la manœuvre, il est conseillé au patient d’éviter les mouvements brusques pendant quelques jours. La SFKV précise : « Il est possible qu’après la séance, le patient se sente instable pendant quelques heures voire quelques jours. On lui demandera peut-être de faire attention à la position dans laquelle il va dormir pendant un à deux jours et d’éviter certaines activités. Dans les minutes qui suivent la manœuvre, il peut ressentir un gros déséquilibre : c’est pourquoi on le garde un moment dans la salle d’attente. Chez environ 70 à 80% de patients, il est peu probable d’avoir à nouveau un VPPB. En cas de récidive, elle peut survenir de façon décalée, de quelques mois à quelques années, alors il est conseillé de vivre normalement ! En particulier, de bouger la tête normalement pour éviter toutes tensions cervicales.

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Dans certains cas, une manœuvre d'habituation peut être conseillée, consistant à s'asseoir sur le bord du lit et à se coucher plusieurs fois de suite sur le côté déclenchant, jusqu'à épuisement du vertige.

Autres Causes de Vertiges Positionnels

Bien que le VPPB soit la cause la plus fréquente, d'autres facteurs peuvent provoquer des vertiges positionnels :

  • Problèmes cervicaux : Les problèmes de la colonne cervicale peuvent provoquer des vertiges, souvent accompagnés de douleurs au cou, de raideur, de tension dans les épaules, de maux de tête ou de bourdonnements dans les oreilles.
  • Hypotension orthostatique : Une chute soudaine de la pression artérielle lors du passage de la position allongée ou assise à debout peut provoquer des étourdissements.
  • Syndrome de tachycardie orthostatique posturale (STOP) : Chez les plus jeunes, une augmentation du rythme cardiaque en position debout peut provoquer des vertiges.
  • Maladie de Ménière : Cette affection chronique de l'oreille interne peut provoquer des crises de vertiges, des acouphènes et une perte auditive.
  • Névrite vestibulaire : Une inflammation du nerf vestibulaire peut provoquer des vertiges soudains et sévères.
  • Migraine vestibulaire : Une forme de migraine associée à des vertiges, souvent sans maux de tête concomitants.
  • Causes cardiovasculaires : Hypotension, arythmie ou insuffisance cardiaque peuvent affecter la circulation sanguine vers le cerveau et provoquer des vertiges.
  • Causes neurologiques : Dans de rares cas, un accident ischémique transitoire (AIT) ou la sclérose en plaques peuvent provoquer des vertiges.

Diagnostic Différentiel et Examens Complémentaires

Il est important de consulter un médecin pour déterminer la cause des vertiges positionnels. Le médecin procédera à un interrogatoire, un examen clinique (tests d'équilibre, évaluation neurologique) et, si nécessaire, des examens complémentaires tels qu'une IRM, un scanner, un bilan sanguin ou un électrocardiogramme. Un bilan otoneurologique complet peut être fait à distance de la crise pour essayer de retrouver la cause du vertige positionnel et prévenir une récidive.

Prévention et Conseils

En plus du traitement spécifique de la cause, certaines mesures peuvent aider à prévenir les vertiges ou à en réduire l'intensité :

  • Se lever lentement : Passez d’abord en position assise quelques secondes avant de vous mettre debout.
  • Boire suffisamment d’eau : La déshydratation peut provoquer des vertiges.
  • Bouger les jambes avant de se lever : Fléchissez les chevilles ou contractez les muscles pour aider le retour veineux.
  • Éviter l’alcool et les repas trop lourds avant de se coucher : Ils peuvent ralentir les ajustements de la pression artérielle.
  • Surveiller sa posture : Un dos droit et une bonne ergonomie devant l'ordinateur peuvent prévenir les problèmes cervicaux.
  • Gérer le stress : Le stress peut perturber le système nerveux autonome et entraîner des vertiges.
  • Surveillance médicale : Suivi régulier en cas de maladies chroniques ou de prise de médicaments affectant l'équilibre.

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